L'asile de Maison-Blanche


L'asile d'aliénées de Maison-Blanche (Neuilly-sur-Marne), rebaptisé hôpital psychiatrique de Maison-Blanche puis Centre Hospitalier Spécialisé, a ouvert en 1900. Il s'agissait du cinquième asile du département de la Seine, construit dans le voisinage de l'asile de Ville-Evrard, donc dans le département de Seine-et-Oise [aujourd'hui Seine-Saint-Denis].

Pendant ses soixante-dix premières années, l'établissement a été réservé aux femmes, et son personnel soignant était exclusivement féminin.

A la période asilaire a succédé le temps de réformes, qui a conduit à la mise en place d'un système nouveau, connu sous le nom de sectorisation.

Cette grande réforme s'est faite en deux temps, le premier dans les années 1960, avec l'ouverture de plusieurs dispensaires d'hygiène mentale [DHM] et de structures alternatives en ville (Hôpitaux de jour, Ateliers thérapeutiques), le second à partir de 1971, comme tous les autres départements français.

L'hôpital étant alors rattaché à des secteurs parisiens, a poursuivi son implantation à proximité de la population desservie, qui a conduit dans les années 1990 et 2000 à l'installation des services d'hospitalisation dans Paris : l'ouverture de ces sites parisiens s'est accompagnée de la fermeture de la quasi-totalité des unités d'hospitalisation nocéennes.

Maison-Blanche : une chronologie

Travaux préparatoires
1900 : l'ouverture
Les premières années : 1900-1914
La Grande Guerre
Les années 20 à Maison-Blanche
Les années 30 à Maison-Blanche
La Guerre de 40, l'Occupation et la Libération
L'après-guerre : les premiers services libres, la première sectorisation
Les années 70 : sectorisation et mixité
Maison-Blanche dans les années 80 et 90
Des années 95 à 2011 : la fin du site historique nocéen
Le temps présent


coll. M. CaireTravaux préparatoires

1894 (3 juillet). Visite de l'asile de Ville-Evrard et des terrains du domaine en dépendant par la 3e commission du Conseil général du Département de la Seine. « En présence de la dépense élevée qu'aurait nécessité l'achat d'un terrain au Nord de Paris, tous les membres de la commission ont été d'avis qu'il y aurait lieu d'en revenir au projet de construction du 5ème asile sur les terrains du domaine de Ville-Evrard, situés à gauche de la route de Strasbourg » [Procès-Verbaux des séances de la Commission de surveillance des asiles publics d'aliénés du département de la Seine, 1894]

1894 (25 juillet). Ouverture du concours pour la rédaction d'avant-projets concernant la construction de l'asile [Voir « Nouvel asile départemental d'aliénés, à Ville-Evrard (Seine) ». Nouvelles Annales de la Construction, novembre 1897, IV; 165-170, planches]. M. Morin-Goustiaux, architecte, est lauréat [voir L'Architecture, n° du 15 décembre 1894; I-IV et 13 avril 1895: I-VI]

1895 (26 décembre). Délibération du Conseil général portant sur la création d'un 5ème asile pour 700 aliénées femmes et 500 alcooliques hommes.

1896-1900. Travaux de construction, sur les plans de M. Georges Morin-Goustiaux 1859-1909

1898 (6 juillet). Délibération du Conseil général décidant d’affecter le 5ème asile du département de la Seine aux femmes aliénées exclusivement (abandon du projet de 500 lits pour hommes alcooliques)

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1900 : l'ouverture

1900 (4 avril). Par arrêté ministériel, Henri Bonnier est nommé directeur de l'asile. 1900 (1er mai). Installation de Bonnier, en présence de Charles François Pelletier, Chef du Service des Aléiéns de la Préfecture de la Seine, d'Henri Taguet, médecin en chef chargé de l'organisation de Maison-Blanche, de Charles Depay, économe et de MM. Charles Raffaëli garde magasin et Giorgetti concierge.

L'asile s'étend sur environ 30 hectares dont 10 devront être utilisés pour la culture maraîchère. Les deux sections dispose de six pavillons de traitement chacune et d'un pavillon de 24 cellules bien équipé : « Le siège d'aisance de chaque cellule est demi-circulaire et placé dans l'enfoncement d'une niche, de façon à empêcher le malade de monter sur le siège. »)

Les douze pavillons, parallèles et orientés Est et Ouest avec étage, sont tous de même type, sont alignés sur un plan rectangulaire à droite de la ligne médiane. Sur cet axe s'élèvent les services administratifs, salle des fêtes, pharmacie, bibliothèque, cuisine, magasin, réservoir d'eau et bains généraux, lingerie (sur l'emplacement du futur 27), vestiaire, chaufferie centrale, buanderie, couture.
Tout au Nord, les ateliers d'entretien, l'amphithéâtre, le chantier à charbon et les écuries.
Un réseau de galeries permettent de desservir les pavillons à couvert.

1900 (1er ou 5 juillet). Ouverture de la 1ère section, docteur Henri Taguet médecin en chef

1900 (25 novembre). Ouverture de la 2ème section, docteur Guillaume Boudrie médecin en chef

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Les premières années

1901 (17 novembre). Marie Lorenzi, infirmière de la 1ère section, est punie d'un mois de consigne pour avoir laissé pénétrer dans le 2e quartier une personne étrangère à l'asile, qui plus est photographe.

1901 (1er décembre). Nomination de Fernand Druon [1839-1906] comme directeur de l'asile. Ancien officier [capitaine d'Etat-Major, aide de camp du Général Garibaldi en 1870-1871], Druon a ensuite dirigé l'Institution Nationale des Sourds-Muets de Chambéry puis celle des Sourdes-Muettes à Bordeaux.

1901. Epidémie de typhoïde. L'asile de Maison-Blanche comprend 630 malades, 144 agents

1905 (1er janvier). Prise de fonctions de Salomon Lwoff, médecin chef de la 1ère section

1903 (25 janvier). Visite de l'asile par le ministre de la Guerre

1903 (17 juillet). Mme Marie Lorenzi, infirmière sous-surveillante, est l'objet d'une réprimande « pour n'avoir pas surveillé les infirmières de son quartier qui ne portent pas leur trousseau de clés à la ceinture. »

1904 (décembre). Naissance du Syndicat (C.G.T.) dans les deux asiles nocéens

1905 (1er janvier). Prise de fonction de Salomon Lwoff comme médecin en chef de la 1ère section en remplacement de Taguet, retraité.

1905 (9 avril). Décret d’exterritorialité : l’établissement, édifié en Seine-et-Oise, est une partie de l’équipement hospitalier du département de la Seine

1905 (22 août). Mme Marie A., sous-surveillante des bains, est sanctionné d'un avertissement « pour n'avoir pas tenu compte de la plainte de la malade F. qui trouvait le bain "trop chaud" et qui en sortant de ce bain s'est trouvée mal avec perte de connaissance » [Docteur Guillaume Boudrie, médecin chef]

1906 (19 novembre). Arrêté de nomination de Louis Michel [1842-] comme directeur de l'asile

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1907. Le poste de pharmacien est supprimé, par motif d'économie. Il ne sera rétabli qu'en 1913

1907. Instauration à Maison-Blanche pour les infirmières de la journée de 12 heures [deux services : 6h.-18h. et 18h.-6h.], du repos « hebdomadaire » tous les 15 jours, et de 8 jours de congés annuels. Jusqu'ici, les infirmières étaient soumises au « service continu ».

1907 (1er juin). Prise de fonctions de Marc Trénel [1866-1932], médecin chef de la 2ème section, en remplacement de Guillaume Boudrie, nommé à la division des hommes de l'asile de Ville-Evrard.

Les deux premières sections au 1er septembre 1907 :
Les quartiers de classement de la « 1ère section » [futurs pavillons 21 à 26] : paisibles, demi-paisibles, gâteuses, épileptiques, agitées, grandes agitées, une infirmerie, et 9 cellules, en tout 386 malades.
Les quartiers de classement de la « 2e section » [futurs pavillons 11 à 16] : paisibles, demi-paisibles, infirmerie, gâteuses, agitées, grandes agitées et 9 cellules, en tout 331 malades.

Au total 717 malades pour 621 lits réglementaires (335 à la 1ère, 286 à la 2e), 96 lits supplémentaires et matelas à terre : 49 lits montés au milieu des salles, 24 lits provisoires pliants et brancards, 23 matelas à terre. Ultérieurement, il semble que l'infirmerie ait été rattachée exclusivement à la 1ère section, et les Cellules à la 2e.

Un « Réfectoire central » situé derrière le « Pavillon d'Administration » accueille les malades des deux sections = future Salle des Fêtes. Un tennis est aménagé entre les pavillons 12 et 13 et les pavillons 22 et 23. Entre le Pavillon d'Administration et le 11, le parloir. Une « Infirmerie » [de la 2e section] située entre l'emplacement des futurs bureaux du 32e secteur et du futur pavillon 27. La station de trolleybus est située près de l'entrée principale, sur la gauche de l'« Avenue », qui donne sur la Route de Chelles (RN 34). Les pavillons des médecins-chefs, du pharmacien chef, du directeur, de l'économe sont placés à droite et à gauche de cette avenue et de l'entrée. Une « Maison du Garde » le long de la RN 34, face à l'Usine Centrale de VE, et derrière laquelle de trouve un « Terrain de culture ».

1908 (1er septembre). Prise de fonctions de Paul Sérieux [1864-1947], médecin chef de la 3ème section, poste créé.

1908 (septembre - novembre). Ouverture de la deuxième partie de l’asile : 3e section (futures US 41 à 46) et de la 4e section (futures US 51 à 56), M. Morin-Goustiaux architecte, reproduisant « la conception Suisse et Allemande ». Les six pavillons de chacune de ces deux sections sont non pas alignés comme les deux premières sections, mais dispersés au milieu d'un espace planté d'arbres. Six d'entre eux ont un étage, les six autres ne comportent que des rez-de-chaussée : appropriés à l'hospitalisation des épileptiques et hystériques. 3e section : le futur 51 = « Hystériques », le futur 52 = « Infirmerie », le futur 53 = « Gâteuses », les futurs 54 et 55 = « Epileptiques », et un « Ouvroir »
Le futur 42 = « Infirmerie » de la 4e section
Un parloir entre le Pavillon d'Administration et le pavillon de l'Infirmière en chef (futur service des admissions)

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1909 (1er janvier). Prise de fonctions de Joseph Bonnet, médecin chef de la 4ème section (poste créé).

1909. 1200 malades, 321 agents.

1910 (28 janvier). Inondation de Maison-Blanche et Ville-Evrard (crue de la Marne). Destruction des dossiers médicaux, conservés en sous-sol.

1910 (15 juin). Ouverture de la 2e partie de la 4e section : un quartier des épileptiques (futur 52), un pavillon des gâteuses (futur 53) et des « cellules » (futur 56).

1910 (23 novembre). Ce matin-là, Anne-Marie Lohier née Louesdon, infirmière de la 2e section, 6e pavillon, est victime d'une tentative de strangulation dans l'un des deux dortoirs des grandes agitées servant de salles d'alitement continu, situées en étage. L'effectif est alors d'une seule infirmière par dortoir de 18 malades. Le rapport du docteur Marc Trénel, médecin en chef de la section, adressé au directeur de l'asile, précise qu'une veilleuse commençant son service à 8 heures du soir, par chance, encore présente, est intervenue avec la sous-surveillante pour isoler l'auteur de l'agression dans une chambre, où elle s'est calmée. Trénel demande qu'il y ait deux infirmières de jour par dortoir. Louis Michel, directeur de l'asile, transmet au préfet de la Seine, et le Directeur des Affaires Départementales renvoie au rapporteur du budget de l'asile au Conseil Général, qui propose... de procéder à une étude sur la proportion de personnel dans le service du docteur Trénel et dans les autres services.

1911. 1ère section : paisibles, demi-paisibles, gâteuses, épileptiques, agitées, grandes agitées, une infirmerie, en tout 397 malades dont 62 lits supplémentaires

2e section : paisibles, demi-paisibles, infirmerie, gâteuses, agitées, grandes agitées, en tout 340 malades dont 54 lits supplémentaires

3e section : hystériques, Infirmerie, Gâteuses, Epileptiques (2 pavillons), au total 299 malades dont 47 lits supplémentaires

4e section : Demi-paisibles, Infirmerie, Demi-agitées, Grandes agitées, Gâteuses, Convalescentes, au total 304 malades dont 48 lits supplémentaires

1911. Le délogement des infirmières, dit aussi externement, c'est-à-dire le droit de loger en ville et non plus dans les pavillons de malades, devient obligatoire.

1911 (mai). Prise de fonction de Sarah Imianitoff née Ourisson [1883-1971], première interne femme à Maison-Blanche.

1912 (avril). Guillaume Michel, 52 ans, préposé à la salubrité, est mordu par un des ânes de l'asile en faisant le transport des eaux grasses dans la petite voiture attelée. Il est amputé d'un doigt par le docteur Lucien Picqué [1852-1917], chirurgien en chef des asiles de la Seine.

1912 (1er août). Prise de fonctions de Joseph Capgras [1873-1950], médecin chef de la 2ème section, en remplacement de Marc Trénel, qui mute à Ville-Evrard.

1913 (8 septembre). Licenciement de Mme Germaine C., infirmière, après qu'une malade, Mme Esther Z. « ait subi en prenant son bain des brûlures assez sérieuses par son fait ».

1914 (23 mars). Installation de Georges Bouleau, directeur de l'asile

1914 (31 juillet). 1485 malades présentes (1129 "lits réglementaires" et 356 "lits supplémentaires")

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La Grande Guerre

1914 (4 au 7 septembre). L'offensive allemande menaçant Paris, il est procédé à l'évacuation de Maison-Blanche.

1276 malades valides partent en province : 165 à Auch, 110 à Bassens, 100 à Sainte-Madeleine (Bourg), 200 à Montpellier, 25 à Châteauroux-Bitray, 262 à Saint-Robert (Grenoble), 247 à Naugeat (Limoges), 74 à la colonie correctionnelle d'Eysse (Villeneuve-sur-Lot), 36 à Limoux.

D'autres malades, intransportables parce que trop faibles ou trop agitées, sont réparties entre la Salpêtrière (163 malades) et l'asile de Villejuif (67 malades).

Dans le même temps, plus de 1.000 malades de l'asile voisin de Ville-Evrard sont évacués dans les asiles d'Aix, Auch, Auxerre, Bourg, Chambéry, Grenoble, Limoux, Marseille et Pierrefeu, et ceux de la Maison de santé de Neuilly-sur-Marne (Ville-Evrard), au nombre de 215, à Montdevergues, dont, parmi les 116 femmes, Camille Claudel.

1914 (5 septembre). L'ennemi est aux portes d'Othis, s'empare de Saint-Soupplets (8 septembre). Des patrouilles ennemies atteignent Dammartin, à une vingtaine de kilomètres de Neuilly-sur-Marne.

1914 (8 septembre). Alfred Devaux, interne en médecine à Maison-Blanche, tombe au Champ d'Honneur à Fère-Champenoise.

1915 (janvier). Léontine Verger, infirmière, remplace Henri Chalmel, vaguemestre titulaire, sous les drapeaux.

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1915 (début février). L'asile est transformé en Hôpital militaire et aménage deux sections (dans les locaux de la 3ème et de la 4ème section) où sont admis à partir d'avril des soldats mutilés et amputés. En octobre, ils sont près de 800.

Dans l'ancienne « 3ème section » (hystériques), le pavillon d'isolement est converti à la fois en poste d'observation D.C.A. et en local disciplinaire (le futur « pavillon 56 »). L'ancienne infirmerie (futur « pavillon 52 ») et le pavillon des gâteuses (futur « pavillon 53 » puis « atelier du non-faire ») accueillent les blessés. Des constructions sont élevées par le Service Militaire pour les ateliers de rééducation devant l'ouvroir de la section.

À la « 4ème », section initialement destinée aux alcooliques, quatre pavillons (41, 43, 45 et 46) accueillent des amputés, un autre (le « 42 ») devient l'infirmerie des nerveux, le « 44 » l'infirmerie des militaires en exercice. Ce service, qui constitue non un hôpital chirurgical mais un service de rééducation et de réadaptation est fondé par le docteur Hubert Kresser, qui en assure la direction sous l'égide de l'Union des Colonies Étrangères en faveur des victimes de guerre.

1915 (18 novembre). Transfert du Centre des psychonévroses de Ville-Evrard à Maison-Blanche et installation dans les 1ère et 2ème sections.
Le service des psychonévrosés est placé sous la direction médicale de Maxime Laignel-Lavastine [1875-1953], assisté de Victor Ballet et Paul Courbon [1879-1958].
Le service des confus, dans la 2e section, est sous la responsabilité de Florentin Pactet [1863-1955], assisté de Joseph Bonhomme [1885-1969] et de Charles Nordman.

1916. Ouverture d'une section pour le traitement des gazés et d'un service de rééducation pour mutilés (amputés)

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1918 (26 mai). Georges Bouleau, directeur de l'asile, est tué à l'ennemi à Bacouël (Oise)

1918 (fin de l'année). Devant l'épidémie de grippe, on envisage l'évacuation sur Maison-Blanche de divers services de l'assistance publique et l'affectation de ces services au traitement des grippés.

Ce projet abandonné, la priorité étant d'accueillir les innombrables prisonniers libérés par les Allemands : dans la seule journée du 23 novembre 1918, près d'un millier de ces prisonniers furent dirigés sur notre ancien asile.
Ensuite, on y recevra, sur l'ordre du ministère de l'Intérieur, des réfugiés provenant de la zone des armées ou en instance de rapatriement.

1919 (15 janvier). Date officielle de fermeture de l'Hôpital temporaire de MB (amputés, gazés et prisonniers de guerre rapatriés)

1919. Réintégration progressive des malades à Maison-Blanche à partir de fin février, avec le transfèrement de malades admises à Ville-Evrard. Fin mai, les quatre sections sont de nouveau en mesure de recevoir les entrées de Sainte-Anne.

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Les années 20 à Maison-Blanche


1919 (3 avril)
1ère section : paisibles, demi-paisibles, gâteuses, épileptiques, agitées, grandes agitées, une infirmerie : 397 lits disponibles
2e section : paisibles, demi-paisibles, infirmerie, gâteuses, agitées, grandes agitées, en tout 203 malades et 157 lits disponibles
3e section : hystériques, Infirmerie, Gâteuses, Epileptiques (2 pavillons), 299 lits disponibles
4e section : Demi-paisibles, Infirmerie, Demi-agitées, Grandes agitées, Gâteuses, Convalescentes, 304 lits disponibles

1919. Instauration de la journée de huit heures.

1919 (7 avril). Entrée de Mme Louise M., fille de la Reine des Indes et de Napoléon Bonaparte, souffrant d'un syndrome d'illusion des sosies connu aujourd'hui sous le nom de Syndrome de Capgras, du nom du médecin chef de Maison-Blanche qui en publiera l'observation en 1923 avec son interne Jean Reboul-Lachaux.

1919 (1er décembre). La médaille d'or militaire est remise à Mme Ermentine Strzyzowski, née Boucherie, pour son dévouement aux militaires hospitalisés.

1919 (31 décembre). 949 malades présentes

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1920 (16 janvier). Prise de fonctions d'Achille Leroy [1869-1941], médecin chef de la 1ère section, en remplacement de Salomon Lwoff, qui mute à l'asile de Villejuif.

1920 (16 décembre)
1ère section : paisibles, demi-paisibles, gâteuses, épileptiques, agitées, grandes agitées, une infirmerie : 361 lits occupés, 62 lits disponibles
2e section : paisibles, demi-paisibles, infirmerie, gâteuses, agitées, grandes agitées : 311 lits occupés, 39 lits disponibles
3e section : hystériques, Infirmerie, Gâteuses, Epileptiques (2 pavillons) : 160 lits occupés, 37 lits disponibles
4e section : Demi-paisibles, Infirmerie, Demi-agitées, Grandes agitées, Gâteuses, Convalescentes : 316 lits occupés, 12 lits disponibles

1921 (1er octobre). Prise de fonctions de Victor Truelle [1871-1939], médecin chef de la 3ème section, en remplacement de Paul Sérieux, qui mute à l'Asile Clinique (Sainte-Anne).

1921 (31 décembre). 1496 malades présentes (sous réserve)

1927. Prise de fonctions du docteur Constance Pascal [1877-1937], première femme médecin en chef des asiles du département de la Seine.

1927 (1er août). Prise de fonctions d'Henri Beaudouin [1885-1968], médecin chef de la 3eme section

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1928 [Conseil général, 3e commission]
Directeur M. le docteur Gouzy, Boullery, chef des services économiques, Vassivière, secrétaire de direction
1ère section : Mlle Constance Pascal, 435 lits, 472 malades, une surveillante générale, 16 surveillantes, 84 infirmières
2e section : Joseph Capgras, 380 lits, 381 malades, une surveillante générale, 13 surveillantes, 78 infirmières
3e section : Henri Beaudouin, 355 lits, 393 malades, une surveillante générale, 14 surveillantes, 79 infirmières
4e section : Joseph Bonnet, 400 lits, 414 malades, une surveillante générale, 13 surveillantes, 76 infirmières
Prix de journée 20 frs 76

1929 (12 juillet). Arrêté préfectoral portant création à Maison-Blanche d'une Crèche-Garderie, réservée aux enfants du personnel des deux asiles nocéens, Maison-Blanche et Ville-Evrard (délibération du Conseil général du 28 décembre 1928). Dans les faits, la crèche à ouvert en 1927, sous la direction de Mme Henriette Allix (née Bégy), assistée de Mme Anne-Marie Hengoat (née Houron), sous-directrice et Marie Paturot (née Delépine), infirmière puis sous-directrice.

1929. Asile de Maison-Blanche. Sur la demande de M. Y. Georges Prade, au nom de la 3e Commission, le Conseil Général de la Seine vient d'adopter une délibération approuvant la construction à l'Asile de Maison-Blanche d'un pavillon pour aliénées tuberculeuses.
Asile agricole de Chezal-Benoît. Le Conseil Général de la Seine, sur la proposition de M. Maurice Quentin, au nom de la 3e Commission vient de prendre une délibération approuvant dans la limite d'une dépense de 1.815.000 fr. les plans et devis relatifs à la construction d'un pavillon d'isolement pour aliénés tuberculeux à l'asile agricole de Chezal-Benoît. » [La Presse médicale 7 août 1929, p.1035]

1929 (1er octobre). Prise de fonctions de Georges Demay [1884-1953], médecin en chef de la 4ème section.

1929 (16 octobre). Installation de Paul Gouriou [1888-1962], médecin chef de la 3ème section (qui continue cependant d'assurer ses fonctions de directeur-médecin de l'asile de Saint-Dizier (Marne) jusqu'à fin février 1930).

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Les années 30 à l'asile d'aliénées de Maison-Blanche

1930 (3 décembre). Lettre du directeur à Monsieur le Chef du Service de l'Assistance Départementale, à propos d'un projet envisageant d'adresser à Maison-Blanche "à titre provisoire" un surnombre de 160 malades environ, suscitant la protestation des quatre médecins chefs. « ... Dans certains quartiers difficiles, il arrive souvent qu'une infirmière est seule dans un dortoir avec plus de 30 malades agitées. Cette situation est déjà dangereuse, elle deviendra inadmissible si on ajoute encore 4 ou 5 malades dangereuses dans le dortoir. Il est reconnu que les aliénées difficiles sont d'autant plus agitées qu'elles se trouvent dans un milieu plus bruyant. »

1931. Mme Marie-Joséphine C., infirmière, est sanctionnée par le préfet d'une peine de cinq jours de mise à pied comme responsable d'une évasion, pour avoir envoyé en course sans surveillance, et surtout en robe et chaussée de souliers vernis une malade qui avait ainsi pu passer au milieu des visiteurs du dimanche, et emprunter le tramway sans attirer l'attention.
A ce propos, le directeur estime indispensable « de rappeler au personnel qu'il doit être absolument interdit de laisser les malades porter des effets ou des chaussures non réglementaires et que toutes les administrées doivent être revêtues de l'uniforme. » En effet, « malgré mes observations répétées et mes notes de service impératives », précise-t-il dans une lettre au Préfet, « trop souvent les infirmières et même des surveillantes laissent pénétrer dans les quartiers et conservent elles-mêmes pour des malades des effets ou des chaussures qui réglementairement devraient être déposés au vestiaire.
Il n'existe guère de quartiers dans lesquels ne se trouvent point des vêtements de malades apportés par les familles. Les tolérances sur ce chapitre peuvent entraîner des conséquences graves et il me semble que l'attention de Mrs les Chefs de service doit être attirée sur ce point. Les évasions sont ainsi facilitées et il paraît nécessaire de rappeler à tous que les Administrés des Asiles doivent être revêtues de l'uniforme prescrit par Mr le Préfet. » [Pierre Gouzy, directeur]

1932 (août). Ouverture d'un service de transfusion sanguine dans le service du docteur Constance Pascal, et à son initiative.

1933. L'une des caractéristiques de l'asile réside encore dans l'absence de murs de clôture : il est fermé par une grille n'arrêtant pas la vue de la campagne ce qui évite l'aspect d'une prison. Les cours intérieures sont également fermées par un simple grillage.

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1933 (25 février).
La 1ère section, qui disposait de 315 lits en 1909 (les 6 pavillons et l'Infirmerie), comprend 563 malades
La 2e section, 310 lits en 1909 (les 6 pavillons et les cellules), 505 malades (les cellules comprenant 32 malades)
La 3e : 287 lits en 1909 (6 pavillons), 473 en 1933
La 4e : 236 lits ((les 6 pavillons), 473 en 1933
Dans les mêmes locaux, l'effectif est passé de 1148 à 2014 malades.

1934 (15 janvier). Prise de fonction de Antonin (Alphonse Jean) Roulot [1890-1977], directeur de l'asile jusqu'en 1955

1934 (1er mars). Le docteur Georges Demay, médecin chef, est chargé du service de la crèche-garderie de l'asile, en remplacement du docteur Pierre Gouzy, retraité.

1934 (28 juillet). Arrêté de nomination de Pierre-Adolphe Chatagnon [1894-1986], médecin chef de la 3ème section.

1934 (1er octobre). Ouverture de la « 3e section », Dr Pascal chef de service, dans six pavillons nouveaux en tôle d’acier (futures US 31 à 36), prévus pour durer environ 15 ans, avec une installation balnéothérapique particulière. Constance Pascal a emmené avec elle « son » personnel et « ses » malades.

1934. La création de cette nouvelle section entraîne la suppression du jardin potager et le déplacement de l'amphithéâtre, ainsi que des garages, chantier à charbon et des serres en bordure de la N34

1934 (30 novembre). Fixation du cadre de fonctionnement de la section des Sapeurs Pompiers de l'asile.

1935 (1er mars, ou avril selon Gouriou, rapport pour 1935, p.210 et 211 : 15 malades entrées en avril). Ouverture du pavillon sanatorial (futures US 57-59), réservé à l'isolement des aliénées tuberculeuses du département, avec service de radiographie et radioscopie. Dortoirs de 6 à 8 lits séparés par des cloisons vitrées.
Gabriel Midy et J. Rubin, architectes [auteurs d'un article « Pavillon pour cent femmes malades aliénées tuberculeuses », paru dans Le Bâtiment Illustré]. Gabriel [Jules Mathieu Ferdinand] Midy, architecte en chef des Bâtiments civils et architecte divisionnaire du département de la Seine (établissements spéciaux), chevalier de la LH en janvier 1934 [à Chezal-Benoît, le nouveau pavillon destiné au traitement des aliénés tuberculeux a été mis en service le 19 mai 1933]
Rapport Dr Gouriou pour 1935, p.214 : « Aérothérapie. Dès les beaux jours, les malades sortent sous le préau de la cour qui devrait être muni de stores (comme devraient l'être d'ailleurs les fenêtres des dortoirs côté sud). En tous temps, les fenêtres des chambres doivent malheureusement rester fermées en l'absence de grillages que j'ai demandé depuis le début de l'installation. ... Le service de Radiologie a commencé à fonctionner le 15 juin 1936 (sic, pour 1935). »

1935. Aménagement d'un jardin à la française entre les deux premières sections et la 5e section.

1935 (25 mai). « J'ai l'honneur de vous confirmer que le service de la radiologie et de la radioscopie, au pavillon des tuberculeuses de votre établissement, sera assuré par M. le Docteur Misset, radiographe de l'Hôpital Henri-Rousselle. M. le docteur Misset sera rémunéré à la vacation dans les mêmes conditions qu'à l'Hôpital Henri-Rousselle. Ses frais de déplacement lui seront remboursés par votre asile. M. Misset sera assisté de Mlle Vogel, 94 rue de Charonne, que vous voudrez bien recruter comme préposée auxiliaire et qui sera affectée au service de la pharmacie pour effectuer, sous l'autorité de M. Soueges, pharmacien en chef, tous examens et analyses nécessaires. Le sous directeur des Affaires Départementales Michaut au directeur de l'asile. »

Le docteur Alexis Misset [1880-1952], fils d'un anatomiste dijonnais professeur de médecine prénommé Joseph Camille, exerce comme médecin radiologue à Maiosn-Blanche de mai 1935 au 1er avril 1943, date où il est remplacé par Serge Vannier et deux mois plus tard par André Bellin. Chevalier de la Légion d'honneur en 1949. Misset, « médecin de grande valeur, s'est exposé toute sa vie aux dangers de la pratique intensive de la radioscopie et a fini par perdre la vue. »

1935 (14 décembre). Prise de fonction de Françoise Marette (future Dolto) comme interne remplaçante à la 1ère section, service du docteur Beaudouin. Elle quitte l'asile le 28 février 1936.

1935 (7 décembre). Départ en retraite de Victor Sénéchal, Adjudant de la Section des Sapeurs Pompiers. Sont promus au grade d'Adjudant : Gaston Pissis, Sergent; au grade de Sergent : Henri Lazard, Caporal fourrier; au grade de Caporal fourrier : Paul Gaudet, Caporal; au grade de Caporal : André Lamant, sapeur. Est nommé Sapeur : Gérard Allix.

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1936 (11 juin). A 21h45, Jeanne M., infirmière âgée de 31 ans, est tuée de deux balles de revolver par son mari devant la grille de l'établissement, alors qu'elle venait prendre son service de nuit. L'assassin s'est tiré ensuite une balle dans la tête. Transporté à l'hôpital intercommunal de Montfermeil après avoir reçu les premiers soins par les internes de l'asile, il décède au cours de la nuit suivante. Le 28 avril, le mari avait écrit au directeur de Maison-Blanche, l'informant du départ de son épouse du domicile conjugal avec ses deux enfants, et lui demandant « de la sermonner sérieusement ». Dans sa réponse, le directeur avait expliqué qu'il ne pouvait ni ne voulait intervenir « dans une affaire d'ordre familial ».

1936 (août). Mme Augustine Boucher, « infirmière très dévouée. S'est distinguée au cours de l'épidémie de typhoïde de 1931 » se voit remettre une médaille de bronze pour services exceptionnels.

1937. En juillet, 2.827 « unités », c'est-à-dire malades présentes [population maximum enregistrée dans cette décennie, selon un courrier de mai 1950].

1937 (29 décembre). Grève du personnel à la suite d'une décision de l'Assemblée Municipale sur la question du relèvement des salaires. « [...] Les malades n'ont pas eu à souffrir de la grève, les infirmières se relayant pour donner les soins. [...] toutes les dispositions ont été prises par le comité de grève, pour répondre à toute demande urgente, les grévistes se tenant en permanence dans la salle des fêtes de l'Asile » [Lettre du directeur de l'hôpital au Directeur des Affaires Départementales].

1938 (1er mai). Entrée en fonctions de Jacques Vié [1900-1945], médecin chef de la 5ème section qui comporte trois parties : un service de psychiatrie générale, les épileptiques et le pavillon sanatorial, ou pavillon des tuberculeuses du département de la Seine.

1938 (11 mai). Un « convoi » dirigé par Mme Élise Alliaume, surveillante, procède au « rapatriement » d'aliénées polonaise.
M. Seguin, Directeur des Affaires Départementales à la Préfecture de la Seine, qui a reçu un rapport du directeur de Maison-Blanche sur la manière dont le transfèrement s'est déroulé, lui répond par une note : « [...] J'ai pris connaissance, avec satisfaction, de la lettre par laquelle Monsieur le Directeur de Saint-Yon a tenu à signaler "le dévouement et la conscience professionnelle, au dessus de toute éloge" des infirmières de Maison-Blanche qui ont accompagné les malades, et à rendre un "hommage particulier" à Mme Alliaume, surveillante, qui dirigeait le convoi. Conformément à vos propositions, je vous prie d'attribuer à Mme Alliaume et à ses infirmières une gratification exceptionnelle de cinquante francs. »
En fin de carrière, Mme Alliaume sera surveillante générale de la 1ère section.

1938 (27 juillet). Vers 14 heures, pendant environ cinq minutes, un avion militaire survole l'hôpital à très faible altitude. Le sergent pilote auteur de l'infraction aux règles de circulation aérienne est puni de 15 jours d'arrêts de rigueur.

1938 (2 novembre). Prise de fonctions d'Emmanuel Martimor [1889-1983], médecin chef de la 3ème section.

Fin des années 1930. Pratique des bains prolongés 8h-14h dans le pavillon d'agitées de la 1ère section (témoignage de Mme Aimée Lebeau, 31 janvier 2006), à moins que ce ne soit dans le pavillon cellulaire.

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La Guerre de 40, l'Occupation et la Libération

1939 (3 septembre). Déclaration de guerre. L'horaire hebdomadaire de travail est porté à 60 heures, sans diminution d'effectif (effectif soignant de la semaine de 40 heures)

1940 (juin). Des 55 agents absents pour avoir fui à l'approche des armées ennemies, 51 sont licenciées pour abandon de service par le préfet. La plupart sera réintégrée en avril 1941, par mesure de clémence.

1940 (25 juillet). Mesdames Allix et Paturot, directrice et infirmière à la crèche, qui avaient été autorisées à accompagner des enfants du personnel « dans un lieu de repliement », en l'occurence à Gramat (Lot), sont invitées à reprendre leur service afin de permettre la réouverture de la crêche. Les enfants rentrent à Neuilly avec leurs deux accompagnatrices.

1940 (1er décembre). Licenciement de Berthe Vogel, infirmière auxiliaire manipulatrice de radiologie au pavillon sanatorial depuis 1935, en application de la loi du 3 octobre 1940 portant statut des Juifs. Elle sera déportée et assassinée à Auschwitz le 2 septembre 1943.

1943 (1er janvier). Prise de fonction de la 1ère assistante sociale, Mme Marthe Picart, remplacée le 1er avril 1944 par Mlle Odette Carly, alors seule assistante sociale pour plus de 2.400 malades hospitalisées et environ 1.400 entrées annuelles.

1943 (18 mars)
1ère section : 420 femmes. Pavillon des travailleuses, Calmes-alitées, Infirmerie, Gâteuses, demi-agitées, agitées, demi-agitées (dont les 25 lits font penser qu'il s'agit de l'ancien pavillon des cellules)
2e section : 460 femmes. Pavillon des travailleuses, Infirmerie, Gâteuses, demi-agitées, demi-agitées, agitées, Infirmerie (donc 7 pavillons)
3e section : 346 femmes. Infirmerie, Infirmerie, Travailleuses, Gâteuses, Demi-agitées, Agitées.
4e section : 410 femmes. Demi-agitées, Infirmerie, Demi-agitées, Agitées, Gâteuses, Calmes-travailleuses
5e section : 400 femmes. Calmes-travailleuses, Infirmerie, Gâteuses, Demi-agitées, Demi-agitées, Agitées
Pavillon des Tuberculeuses : 64 femmes
Total : 2.100 lits

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1943. Projet de création d'un service « en faveur de l'enfance anormale », c'est-à-dire souffrant d'« anomalies mentales » : « débiles mentaux et enfants présentant des troubles caractériels ou relevant de cas sociaux »

1944 (26 juin). Mort de Jeanne Tripier, « artiste planétaire, médium de première nécessité », représentante aujourd'hui estimée de l'art brut.

1944 (16 août). René Faugeras, mécanicien à l'hôpital de Maison-Blanche et membre des F.T.P., est exécuté avec des camarades à la Cascade du Bois de Boulogne après avoir été arrêté alors qu'il accomplissait une mission dangereuse pour le compte de l'armée secrète.

1944 (22 août). Francis Bouché, membre du Comité National de la Résistance comme Faugeras, est tué par les Allemands alors qu'il accomplissait une mission pour la Résistance.

1944 (26 août). Elise Legoueix, infirmière de 46 ans, est tuée par une balle ennemie dans son jardin du n°20 impasse Yvonne à Neuilly-sur-Marne.

1945. Détachement à Maison-Blanche d'infirmières de l'hôpital psychiatrique de Villejuif, entièrement réquisitionné par l'armée américaine de décembre 1944 à février 1947.

1945. Installation au pavillon 4/2 de Maison-Blanche d’un « Centre de convalescence pour déportées » de retour des Camps. Un centre analogue pour les hommes ouvre à Ville-Evrard.

1945 (8 mai). Libération de Jeanne Angelard née Bedut, née le 18 août 1909, infirmière puis surveillante entrée dans la Résistance en 1943, internée du 7 juillet au 14 août 1944 puis déportée en Allemagne.

1945 (16 décembre). Décès de Jacques Vié, d'une tuberculose très vraisembleblement contractée au sanatorium de Maison-Bkanche dont il avait la charge en tant que médecin en chef de la 5ème section.

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L'après-guerre : vers la sectorisation

1946 (16 janvier). Prise de fonctions de Guilhem Teulié [1902-1960], médecin chef de la 5ème section, en remplacement de Jacques Vié.

1946 (7 mai). La Commission de Surveillance des Hôpitaux Psychiatriques de la Seine examine un projet d'unification des buanderies de Ville-Evrard et de Maison-Blanche, ayant pour but « la réduction des agents et une meilleure utilisation de la main-d'œuvre des malades ».

1946 (24 juin). Cérémonie avec apposition d’une plaque à la mémoire du docteur Jacques Vié dans le hall du pavillon sanatorial (devenu ensuite les pavillons 5/7 et 5/9 puis l’unité de soins « 57-59 »)

1946 (novembre). Ouverture de l’Ecole Supérieure d'Infirmiers et d’infirmières des hôpitaux psychiatriques pour 13 élèves, installée dans le pavillon 32, sous l’autorité du docteur Théodore Simon et de Mme Beaudoin, monitrice, à laquelle succède en 1947 Louise Beslier.

1947 (1er décembre). Mise en place du « Comité de Grève de l'établissement », présidé par Mme Breton, Assesseurs Pignol, Me Lechartre, Fournier, Moulinneuf et les délégués élus de chaque service.

1948. La superficie totale du domaine passe de 27 à 37 hectares.

1948 (4 avril). Décès d'une patiente, Mlle Clarisse Parisot, annoncé ainsi dans le numéro d'avril-mai de L'Information psychiatrique, p.205 : « L’économe de la salle de garde de Maison-Blanche informe les anciens internes des hôpitaux psychiatriques de la Seine de la mort de Mlle Clarisse Parisot, survenue le 4 avril 1948 dans sa 78e année, après 27 ans de service à l’Internat de Maison-Blanche. Nul doute que chacun, revivant à l’occasion de ce deuil, les belles heures de son internat, ne voit disparaître avec tristesse celle qui fut le témoin de tant de promotions de psychiatres. »

1948 (23 avril). Inauguration de l’école d’infirmières, sous la présidence du ministre de la santé publique, Mme Germaine Poinso-Chapuis, première femme ministre en France.

1948. Effectif prévisionnel (réglementaire) de 2.100 malades, 677 agents.

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1949 (31 décembre)
1ère section, Beaudouin : 7 pavillons (dont très probablement l'ancien pavillon de cellules, de 9 à 12 lits), 440 malades présents
2e section, Chatagnon : 7 pavillons, 499 malades
3e section, Martimor : 6 pavillons (le 2e pavillon est occupé par l'Ecole d'infirmières), 386 malades
4e section, Demay : 6 pavillons, 451 malades
5e section, Teulié : 6 pavillon et Jacques Vié, 505 malades
Total 2.281 malades

1950 (1er mai). Effectif de 2.377 malades

1951 (16 janvier). Prise de fonction de Georges Daumézon [1912-1979], médecin chef de la 3ème section.

1951 (17 février). L'effectif des malades de la 2e section est de 558, pour un médecin chef et un interne.

1952. Premières prescriptions de Largactil. Nombreuses manifestations d'intolérance parmi les infirmières.

1952 (juin). Projet de regroupement des laboratoires biologiques de chaque section en un laboratoire central, commun à Maison-Blanche et Ville-Evrard. Le laboratoire est placé sous la direction de la fille du docteur Chatagnon. Analyses biologiques, recherches de neuro-biochimie, de neuro-anatomie, de neuro-physiologie.

1952 (1er octobre). Prise de fonctions du docteur Maurice Leconte [1906-1987], médecin chef de la 3e section.

1954 (1er avril). Entré de en fonctions du docteur Sven Follin [1911-1997], médecin chef de la 5ème section en remplacement de Teulié.

1954. Ouverture du Laboratoire Central (dans un document daté de novembre 1953, non signé, on le dit « ouvert en juin 1952 », mais on ajoute : « Sa création récente a été prévue en vue d'un fonctionnement commun aux deux établissements voisins de Ville-Evrard et Maison-Blanche. Equipé suivant les directives du Corps médical, le Laboratoire Central doit servir aux analyses médicales, aux recherches de biochimie nerveuse et d'Anatomie et Physiologie nerveuse. »)

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1955 (1er octobre). Prise de fonctions d'Hubert Mignot [1910-1982], médecin chef de la 2ème section en remplacement de Chatagnon.

1955. Le docteur Hubert Mignot est nommé médecin responsable de la crèche du personnel. Lui succèdera en novembre 1958 le docteur Maurice Leconte.

1955 (8 novembre). 2.989 lits occupés : 576 à la 1ère, 686 à la 2e, 477 à la 3e, 623 à la 4e, 627 à la 5e En 1955, le nombre de malades hospitalisées aurait dépassé les 3.000, et le maximum est atteint en 1956

1956 (17 octobre). Installation du docteur André Soulairac [1912-1994], médecin chef de la 6ème section (nouvellement créée).

1957 (1er janvier). Prix de journée Maison-Blanche 1457 frs A Vaucluse : 1677 frs. A Villejuif : 1729 frs (et 2203 au CTRS). A Moisselles : 1898 frs. A Ville-Evrard : 2384 frs (et 3750 au CTRS, 2649 pour l'Institut Médico-Pédagogique, 2938 pour une "Chambre de 1ère catégorie). A Sainte-Anne et Henri-Rousselle : 2618 frs (et 4448 dans le Service de chirurgie et de maternité, 5858 au Centre neuro-chirurgical)

1957 (novembre). Instauration du « système des "secteurs" » pour 4 des 6 services de l'hôpital [Visite de la CS, 1959, p.78)

1958 (1er janvier) 3.043 malades présents. (31 décembre) 2.924 malades

1958 (juillet). Projet d’implanter la nouvelle école d’infirmières à proximité de la RN 34

1958 (1er août). Prise de fonctions du docteur Victor Bertrand [1915-1998], médecin chef de la 5ème section, en remplacement du docteur Follin.

1958 (1er septembre). Nomination de la première psychologue, Liliane Imbert, affectée à la 2e section, docteur Mignot

1958 (1er octobre). Ouverture du Pavillon de Transit (permettant l'évacuation d'un pavillon en travaux)

1959. Premiers "services libres"
Au 1er janvier 1959, 2924 malades présentes, dont 2045 en PV et 879 en PO
Au 31 décembre 1959, 2862 malades présentes, dont 1945 en PV, 912 en PO et 5 en libre 10 femmes en « placement libre » en entrée directe, 5 sorties directes dans l'année, 310 journées en "service libre" (par opposition à "service fermé")

1960. Début de la première « sectorisation » parisienne

1960 (15 mars). Circulaire fondatrice de la sectorisation en psychiatrie.

1960 (15 mars). Ouverture de la 6e section

1960 (30 août), Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris. Création d'un service libre en annexe de l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche, service Chatagnon

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1960 (1er octobre). Prise de fonctions du docteur Jean Joyeux [1920-2011], médecin chef de la 3ème section.
1960 (2 octobre). Prise de fonctions du docteur Denise Joyeux-Quercy, médecin-chef de la 7ème section, nouvellement créée.

1961 (1er février). Ouverture de la 7e section = futures US 61 à 66, en trois groupes de deux pavillons chacun : "les manivelles"

1961 (février). Annonce dans les Annales Médico-Psychologiques [p.XVIII et XX] du Cycle de conférences de neuropsychiatrie
(Salle de garde de l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche).
Les séances se tiendront le jeudi à 21 heures, en salle de garde de l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche, 3, av. Jean-Jaurès, Neuilly-sur-Marne (Seine-et-Oise).
2 mars. - M. E. Trillat : Psychoses et schéma corporel.
9 mars. - M. Cénac-Thaly : Propos sur l'hystérie.
16 mars. - M. V. Bertrand : Classification et indications de neuroleptiques.
23 mars. - M. J. Lafon : Les incendiaires.
30 mars. - Mlle H. Chaigneau : Problèmes de groupes à l'hôpital psychiatrique.
6 avril. - M. J. Barbizet : qu'est-ce que la mémoire ?
13 avril. - M. A.-P.-L. Beley : Epilepsie de l'adolescent.
20 avril. - M. Chanoit : Organisation de la vie des malades à l'hôpital psychiatrique.
27 avril. - M. S. Follin : Titre non communiqué.
4 mai. - M. E. Abels-Villiaumey : Paranoïa sensitive.
18 mai. - M. C. Koupernik : Problèmes psychologiques relatifs à l'épileptique.
25 mai. - M. le prof. Ag. Duché : Les fausses arriérations mentales chez l'enfant.

1961. Création d’« Esquirol », association du service du Docteur Mignot et de « La Renaissance », celle du service du Docteur Bertrand. L'Escale-Blanche, association du service du Docteur Schweich, est créée un peu plus tard, et présidée par Mlle le Docteur Hélène Chaigneau.

1961 (1er juin). Prise de fonctions du docteur Michel Schweich [1920-2010], médecin chef de la 6ème section.

1961 (11 décembre). Arrêté préfectoral attribuant le nom de Théodore Simon à l’IFSI (et au service libre du Service d’Enfants et d’Adolescents de l’Hôpital Psychiatrique de Vaucluse)

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1962. Suite à l'indépendance de l'Algérie, un ouvrier maçon qui travaillait depuis 1942 à l'hôpital mixte de Mostaganem est recruté à Maison-Blanche.

1963. Construction d’un bâtiment devant répondre aux besoins de formation du personnel du département de la Seine, regroupant le foyer, le self, l’école des hôpitaux (l’« Ecole des Bleues » y déménage en septembre) = bâtiments actuels de l’IFITS

1964 (mars). « Nous attendons toujours de voir disparaître les robes ou jupes informes, les caracos d'un autre âge, les sous-vêtements en toile rude et de coupe pour le moins peu seyante, au profit de robes, jupes et corsages avenants, coloriés, (...) de sous-vêtements de texture plus fine, lavables dans nos buanderies thérapeutiques, des chaussures et sandales, féminines et pratiques. » (Extrait d'une lettre signée Pierre-Adolphe Chatagnon, Hubert Mignot, Victor Bertrand, Jean Joyeux, Étienne Trillat, Denise Joyeux-Quercy, Michel Schweich, mars 1964).

1965 (1er mai). Installation du docteur Jacques Postel, médecin chef de la 8ème section, nouvellement créée.

1966 (3 janvier). Ouverture du Centre Henri-Duchêne, au 16 rue du Pont-aux-Choux à l’initiative des docteurs Lucien Bonnafé (Perray-Vaucluse) et Mignot (Maison-Blanche), et nomination comme médecin responsable du docteur Kabaker. Le local, acheté par l’O.S.E., est loué un franc symbolique à la Préfecture de Paris dont dépendent les deux hôpitaux.

1967. Fermeture du service de l'Admission à Sainte-Anne. Ouverture du C.P.O.A.

1967-1970. Construction de dix nouveaux pavillons de gériatrie et de défectologie (vieillards invalides, arriérés profonds) de 50 lits chacun, huit pour adultes, deux pour enfants : pavillons de plain pied, toiture terrasse = futures Unités de Soins 37 à 39, 58, 60, 67 à 69 [le « G9 » (G pour Gériatrie) est le futur 58]

1968. Acquisition d’un autocar CITROEN CH 14 (de 14 places), affecté aux « transports divers ». remplacé en 1981 par un autocar MAGIRUS

1969 (6 février). Médecins assistants en poste à Maison-Blanche :
1ère section (Mme le Dr Saucet) : Bernard Bouju
2e section (Dr Mignot) : Françoise Fournet et Odile Schmitt
3e section (Dr Joyeux) : Françoise Bertrandias
4e section (Dr Trillat) : Hélène Ducros et Odette Waks
5e section (Dr Bertrand) : Roger Flambard et René Touly
6e section (Dr Schweich) : Maurice Eme et Yves Toudic
7e section (Mme le Dr Joyeux-Quercy) : Armand Olivennes
8e section (Dr Postel) : Serge Bornstein et Madeleine Postel

1969 (1er octobre). Ouverture de l’Atelier Thérapeutique du docteur Mignot, dans un local acquis par l’OSE, situé en face de l’hôpital de jour, au 19 rue du Pont-aux-Choux. La Mairie de Paris aménage et équipe les locaux.

Fin des années 1960. Port de robes de bures; quelques malades avaient déjà des robes à fleur l'été (témoignage de Mme Lebeau, 31 janvier 2006)

1970 (avril-mai). Dernier séjour d'Unica Zürn à la 5e section, Dr Bertrand, au cours duquel elle ébauche un récit publié sous le titre de « Vacances à Maison Blanche »

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Les années 70 : sectorisation et mixité

1970 (9 juin). Décret érigeant l’Hôpital en établissement public départemental de Paris (en application de l'article 25 de la loi du 31 juillet 1968), comme Sainte-Anne, Perray-Vaucluse et l'Etablissement national de bienfaisance de Saint-Maurice.

1970 (9 juillet). Le Conseil de Paris adopte le projet d'organisation relatif à la prise en charge "sectorisée" des malades mentaux de Paris présenté dans le mémoire soumis par le Préfet de Paris.
Pour Maison-Blanche, le plan de sectorisation conduit à en faire un hôpital bisexué -c'est-à-dire mixte- et de rattacher aux quinze nouveaux services mixtes quinze des trente-huit secteurs de psychiatrie générale parisiens.

1970 (30 septembre). Première séance de la Commission Médicale Consultative.

1971 (1er janvier). Composition du personnel soignant : 8 surveillantes-chefs, 69 surveillantes, 807 infirmiers et infirmières diplômés, 15 aides-soignantes, 183 élèves infirmiers ou infirmières.

1971. Ouverture de sept nouveaux services, de la 9e à la 15e section.

1971 (6 janvier). Début de l’opération d’échange de malades entre Perray-Vaucluse et Maison-Blanche: des malades hommes du 3e arrondissement sont envoyés à Maison-Blanche, les malades femmes du 4e arr. hospitalisées à la 2e section, service du Dr Mignot, sont dirigées sur Vaucluse) : l'arrivée de ces premiers malades hommes constitue l'instauration de la mixité

1971 (1er mai). Ouverture de la « 15e section » dans l’ancien « pavillon sanatorial ». Cette nouvelle section est confiée au docteur Pierre Noël

1971 (25 juin). Délibération du Conseil de Paris approuvant la création d'intersecteurs de psychiatrie infanto-juvénile proposée par l'Administration pour la prise en charge des malades mentaux de Paris (enfants et adolescents) telle qu'elle ressort du mémoire et de la lettre du Préfet de Paris en date des 3 et 21 juin 1971

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1971 (1er décembre). Début de l’application générale du plan de sectorisation, avec passage de 8 sections à 15 services mixtes. Grève de 24 heures, motivé par le trop faible nombre d'infirmiers pour prendre en charge les malades hommes. Ouverture mi-décembre d'un "service d'admission hommes" de 42 lits dans le pavillon 3/21 sous la direction du docteur Noël. Ce pavillon est destiné à accueillir tous les entrants hommes avant leur admission dans les divers services.

1972 (1er septembre). Prise de fonctions du docteur Yves Racine [1928-1983], médecin chef de la 16ème section, 13ème intersecteur de psychiatrie infanto-juvénile. L'ouverture du service a été préparée par le docteur Jacques Fortineau, qui était médecin assistant de la 3ème section depuis le 1er mai 1969.

1972 (1er novembre). Fermeture du "service d'admission hommes".

1972 (15 novembre). Admission du premier enfant à la 16e section, Dr Racine, pavillon 68

1972 (12 décembre). Maison-Blanche. Création des Conseils de Santé mentale de secteur

1972 (20 décembre). Convention entre la ville de Paris et l'hôpital.

1973 Fermeture du service des tuberculeux de Ville-Evrard sept ans auparavant. Celui de Maison-Blanche, réservé aux femmes, dont on parle de la fermeture, ne l'est pas encore, selon Leconte [M. Leconte, « Faits et méfaits de la sectorisation à la Préfecture de Paris. Le scandale de la déportation systématique des malades mentaux tuberculeux ». Congrès de Monaco, juillet 1973; 948-955 Note de service de la DGASS de la Préfecture de Paris, 13 avril 1973 aux chefs de secteurs (il y a encore des admissions à Chezal-Benoît début 1973)

1973 (3 juillet). Arrêté de nomination du docteur René Bérouti comme médecin chef de la 17ème section (4ème inter-secteur de psychiatrie infanto-juvénile de Paris).

1974. Dans son rapport d’activité annuel, le docteur Delteil, médecin chef de la 4ème section (34ème secteur), dit l’urgence « de prévoir dans un avenir aussi proche que possible la création d’un foyer-hôtel permettant l’hébergement de malades sortant du service hospitalier pour une durée de quelques semaines à quelques mois, mais permettant également l’hébergement, pour une longue durée, de malades susceptibles de vivre sans difficulté en dehors de l’hôpital et capables de travailler normalement, mais dont la fragilité de la personnalité nécessite qu’ils soient hébergés dans une ambiance relativement protégée. »

1974 (4 février). Ouverture du service d'hospitalisation de la 17ème section, Dr René Bérouti, dans le pavillon 67.

1974 (septembre). Prise de fonctions du docteur Odette Waks comme médecin chef de la 6ème section (33ème sectuer de psychiatrie général de Paris)

1974 (5 novembre). Ouverture du nouveau Dispensaire d'Hygiène Mentale du 36e secteur, 33 rue de la Folie Régnault

1975 (1er avril). A Neuilly, dans un pavillon proche de l'hôpital, M. André Maravi, 72 ans est tué par un malade confuso-délirant de la 4e section, service du Dr Delteil, qui s’est évadé : la C.M.C. du 7 est consacrée au drame.

1975. La Durée Moyenne de Séjour à Maison-Blanche est de 111 jours. La plus élevée est celle de la 14e section (Mme le Dr Joyeux-Quercy) : 163 jours. En 1976, c'est la 3e (Mme le Dr Richardeau) : 160 jours. Les moins élevées, en 1975 : 82 jours à la 12e, 95 à la 4e. En 1976, 79 jours à la 12e, 88 à la 8e.

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1976. L'établissement occupe plus de 67 hectares et se compose de 47 pavillons : trois par section adulte, un par secteur infanto-juvénile. Chaque pavillon comprend au maximum 50 lits. Au 31 décembre 1976, 17 médecins chefs, 17 médecins assistants, 68 internes et deux internes à titre étranger, 19 surveillants chefs, 150 surveillants, 830 infirmiers (920 à l'effectif théorique), 342 élèves infirmiers, 22 aides-soignants

1978. Création du service de la Formation Continue

1978 (25 avril). Projection du film Fous à délier.

1978 (27 avril). « Aliénisme et désaliénisme », avec la participation du docteur Lucien Bonnafé. Journée organisée par le service de la Formation Permanente et le docteur Jean-François Reverzy (11e section) et G. Mormin.

1978 (juillet). Ouverture du Dispensaire d'Hygiène Mentale du 11e secteur (Dr Noël) au 39, avenue de la République

1979 (4 mai). Drame au « 4/36 », 6 morts [Un patient, peu après son admission en pleine nuit dans un petit dortoir, égorge huit personnes hospitalisées, dont six ne survivront pas]

1979 (18 juin). La Commission Médicale Consultative donne son accord pour décerner à l’atelier thérapeutique rue du Pont-aux-Choux le nom de « Hubert Mignot », son co-fondateur, retraité le 1er juillet 1978.

1979 (24 juillet). L’Atelier Thérapeutique Hubert Mignot, du Centre de Santé Mentale Henri Duchêne déménage de la rue du Pont-aux-Choux dans des locaux 12 rue des Hospitalières Saint-Gervais, 4e arrondissement, achetés par Maison-Blanche sur ses fonds propres.

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Maison-Blanche dans les années 80 et 90

1980 (1er février). Nomination du docteur Grunberg, auparavant médecin généraliste à Chelles, comme chef de sercice de médecine interne.

1980 (7 mai). Inauguration de la crèche Camille Georges, ancien sous-directeur de la Protection Maternelle et Infantile de 1962 à 1967, ancien vice-président du Conseil d'Administration de Maison-Blanche.

1981. Ouverture du service de médecine générale de 15 lits, Dr Grunberg chef de service

1983 (10 juin). Journée d'Etude de Maison-Blanche sur « Les toxicomanies », sous la présidence des docteurs Étienne Trillat et et Hélène Chaigneau.

1984. Création de l’E.T.E.H. (Entretien technique Extra Hospitalier)

1984. Création du poste d’Assistante sociale du personnel

1986 (1er janvier). Arrêté relatif à l'organisation de la sectorisation psychiatrique en application de la loi n°85-1468 du 31 décembre 1985 : les secteurs 2, 8, 9, 10, 11, 25, 26, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37 et 38 et intersecteurs IV et XIII de psychiatrie de Paris sont rattachés au centre hospitalier spécialisé de Maison-Blanche = les "services publics mis à la disposition" de l'E.P.S. sont les "consultations de secteur", c'est-à-dire les D.H.M. "antérieurement gérés par l'Etat", et dès lors "mis à disposition et placés sous la responsabilité de l'établissement hospitalier" auquel sont rattachés les secteurs et intersecteurs.

1988. L'hôpital dispose de 17 services, et de 1187 lits d'hospitalisation « adulte à temps complet » et 35 lits pour les enfants

1988 (17 octobre). Ouverture du « Centre Gerbier », rue Gerbier, XIème arrondissement. Le projet initial de ce Centre d’accueil et de crise des 2e, 10e et 11e secteurs de Paris remonte au début 1986.

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1989. Recrutement des premiers aides-soignants.

1989. Installation des premiers micro-ordinateurs dans les bureaux des sections

1989. Ouverture d’une consultation d’ethnopsychiatrie, Dr Françoise Bertrandias, 31e secteur

1989. Ouverture du « Centre Carpeaux » dans le XVIIIème arrondissement, secteur Jean-Baptiste Carpeaux.

1990 (6 juillet). Inauguration du pavillon 23 rénové, Mme le docteur Richardeau.

1990 (9 octobre). Inauguration du Centre Médico-Psychologique Rébeval, XIXème arrondissement, qui remplace la consultation de la rue Clavel, dans les locaux d’Enfance & Familles

1991. Transfert au Centre Hospitalier Spécialisé Esquirol du service du Dr Noël (11e secteur) : rattachement le 15 janvier

1991 (11 février). Election du docteur Marie-José Cottereau à la présidence de la Commission Médicale d’Etablissement [C.M.E.]

1991 (7 juin). Deuxième Journée Maison-Blanche consacrée à la loi du 27 juin 1990

1991 (14 octobre). Assemblée constitutive de l’Association scientifique « Paris Maison-Blanche »

1991 (2 décembre). 1ère réunion de la Com.S.S.I. (devenue plus tard le C.S.I.R.M.T., c'est-à-dire la Commission des Soins Infirmiers, de Rééducation et Médico-Techniques)

1991 (11 décembre). Inauguration du service télématique, avec Jean-Claude Pena et Christine Weber

1991 (octobre). Transfert du service du docteur Bogoratz, ancien 26e secteur, 16e arr. au Centre Hospitalier Sainte-Anne.

1991 (29 novembre). Inauguration de l’ « Intermède », Centre Médico-Psychologique du 33e secteur, La Chapelle

1992. Transfert du service du docteur Richardeau, ancien 25e secteur, 16e arr. au Centre Hospitalier Sainte-Anne

1992. Création du réseau ESPAS [Espace Social et Psychologique d'Aide aux personnes touchées par le virus du Sida], installé provisoirement dans les locaux de La Terrasse

1992 (mai). Fondé par le docteur Sonia Bouley, le C.A.T.T.P. Denise Grey (Centre d'Activité Thérapeutique à Temps Partiel spécialisé dans la prise en charge des personnes âgées) ouvre dans des locaux du 10e secteur (il s'installe dans d’autres locaux en mai 1993).

1992 (12 juin) Troisième Journée de Maison-Blanche, sur un « nouveau livre blanc de la psychiatrie »

1992 (30 juillet). Visite impromptue de Bernard Kouchner, ministre de la Santé.

1992 (2 décembre) Ouverture de La Roseraie, unité de soins de longue durée pour les personnes âgées, dans les locaux des anciennes US 47 à 49.

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1993 (19 mars). Inauguration du Centre de Psychiatrie Infanto-juvénile « La Pomme », 4 rue Charles Lauth regroupant une Unité d’Hospitalisation conjointe Mère-Enfant sous la responsabilité du Dr René Bérouti, un Hôpital de Jour de 15 places et un Hôpital de Nuit de 5 places sous la responsabilité du Dr Teboul. Les locaux ont été réaménagés par André Bruyère, architecte.

1993 (20 avril). Ouverture de l’U.H.M.E. (Unité d’hospitalisation mère-enfant), Dr René Bérouti

1993 (17 mai). Inauguration de « La Roseraie ».

1994 (4 février) Fermeture des 23 lits du service d’hospitalisation du 4e intersecteur, Dr René Bérouti

1994 (22 septembre). 4ème Journée de Maison-Blanche « Exclusions »

1994 (octobre) Ouverture de l’unité de substitution Méthadone de « La Terrasse »

1994 (24 novembre). L’Atelier Thérapeutique Hubert Mignot fête ses 25 ans

1995 (janvier) Création du Comité SIDA

1995 (12 janvier) Inauguration du Centre Méthadone de « La Terrasse » par Mme Simone Veil, ministre des affaires sociales et de la ville.

1995 (1er août). Ouverture de la « boutique Boréal » (devenue depuis CAARUD), 64 ter rue de Meaux, rattachée au 33ème secteur (devenu depuis 24e secteur), pour l'accueil et la prise en charge sanitaire des usagers de drogues.

1995 (19 octobre) Inauguration de la maison de jour de la rue de Bordeaux à Chelles (38e secteur)

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Des années 95 à 2011 : la fin du site historique nocéen

1995 (11 décembre) Arrêté préfectoral autorisant la création « dans l’ancienne Clinique Rémy de Gourmont de 57 lits d’hospitalisation complète et 8 lits de centre de crise/thérapie brève par suppression de 65 lits d’hospitalisation complète sur le site de Neuilly-sur-Marne. » ainsi que, au Centre de la Métairie situé 5, cour de la Métairie 75020 Paris, de « 8 lits de centre de crise/thérapie brève, 8 lits d’hospitalisation de nuit et 16 places de centre de post-cure par suppression de 32 lits d’hospitalisation complète sur le site de Neuilly-sur-Marne ».

1996 (26 septembre) 5e journées scientifiques de Maison-Blanche, au Cirque d’Hiver.

1996 (14 novembre). Célébration du Cinquantenaire de l’Ecole Théodore Simon (Institut de Formation en Soins Infirmiers)

1997 (2 janvier) Ouverture du service de médecine générale « restructuré », dont une unité de 5 lits d’Hôpital de Jour au pavillon 21

1997 (29 janvier). Début de la séquestration du directeur, lors d'un mouvement social opposé à la fermeture annoncée pour l'an 2000 du site de Neuilly-sur-Marne.

1997 (25-26 septembre). 6èmes journées de Maison-Blanche « Les voix(es) du livre. Du dit à l'écrit en psychiatrie »

1998 (23 mars). Ouverture de 60 lits d’hospitalisation temps plein (51 lits + 9 lits de Thérapie Brève) à la Clinique Rémy-de-Gourmont, Paris XIXe

1999. Fusion des anciens 9e et 10e secteurs de psychiatrie générale (actuel 7e secteur) et des anciens 31e et 32e secteurs (actuel 23e secteur).

1999 (octobre). Résiliation définitive du bail de l’hôpital de jour [H.D.J.] Henri Duchêne

1999 (26 décembre). La tempête provoque la chute ou le déracinement partiel de près de deux cents arbres. Aucune victime humaine.

2000 (3 février). Inauguration de la Clinique Rémy-de-Gourmont par Mme Dominique Gillot, secrétaire d'Etat à la santé

2000 (22 juin). Journée du Centenaire

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2001 (9 et 11 juillet). Vente des premières parcelles à la Mairie de Neuilly-sur-Marne (vente réitérée en 2015)

2000 (21-22 septembre). 8èmes journées de Maison-Blanche « Avec le temps... Aspects de la temporalité en psychiatrie »

2001 (1er septembre). Transfert de l’extra-hospitalier du 2e secteur (3e arrondissement) de Maison-Blanche à l’hôpital Esquirol (Saint-Maurice).

2002. Transfert de l’intra-hospitalier du 2e secteur de Maison-Blanche à l’hôpital Esquirol (Saint-Maurice)

2002 (19 septembre). La Commission Médicale d'Etablissement annonce la suspension de la participation des médecins à toutes les instances

2003 (3 novembre). Déménagement du centre de crise Gerbier à « Maison-Blanche Avron »

2004 (16 mars). Ouverture de l’unité intersectorielle 58 pour « Patients à Séjour Prolongé » (23 mars). Installation du 27e secteur à Avron (30 et 31 mars). Installation du 29e secteur à « Maison-Blanche Avron », rue d'Avron, XXe arr.

2005 (4 février). Fermeture de la cafétéria « Renaissance ».

2005 (février). Ouverture par le C.A.S.P. (Centre d’action sociale protestant) de places d’hébergement pour S.D.F. (40 pour femmes, 40 pour hommes)

2005 (septembre). Ouverture de l’US 67 pour l'hospitalisation des « Patients à Séjour Prolongé » (13 septembre). Ouverture des unités d'hospitalisation du 28e secteur à « Avron Est », rue d'Avron, XXe arr.

2005 (25 et 28 novembre). Vente de parcelles à la Mairie de Neuilly-sur-Marne (réitérée en 2015)

2006 (23 janvier). Ouverture des unités d'hospitalisation des IXe et Xe arrondissements rue d'Hauteville (inauguration le 16 juin)

2006 (août) Ouverture à Neuilly-sur-Marne d’un centre d’hébergement par l’association « Le Cœur des Haltes »

2006 (10 octobre). Rattachement à Maison-Blanche du 22e secteur (qui était depuis 1971 à Perray-Vaucluse) et ouverture de son service d'hospitalisation dans un bâtiment construit à cet effet par Maison-Blanche à l'hôpital Bichat, XVIIIe arr.

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2007 (2 janvier). Ouverture de Sampaix, dans la rue du même nom

2007 (23 janvier). Installation du 24e secteur à l'hôpital Bichat, XVIIIe arr. [« Maison-Blanche XVIIIe »]

2007 (25 janvier). Avis de la C.M.E. favorable au transfert du siège social de l’E.P.S. de Maison-Blanche, du 3, avenue Jean-Jaurès, Neuilly-sur-Marne au 6/10, rue Pierre Bayle, Paris XXe arr.

2007 (6 mars). Installation du 23e secteur à l'hôpital Bichat, XVIIIe arr. [« Maison-Blanche XVIIIe »]

2007 (17 octobre). Inauguration à Bichat des Unités d'Hospitalisation « Maison-Blanche XVIIIe »

2009 (20 janvier. Déménagement de l’U.S. 58 à l’U.S. 68 (les « PSP » ou Patients à Séjour Prolongé)

2009 (23 décembre). Fermeture du Foyer de Post-Cure « Dollfus », rue du même nom dans le XVIIIe arr.

2011 (18 janvier). Transfert des patients de la Clinique Rémy-de-Gourmont au 10-14 rue du Général Lasalle, le matin : 25e ; l’après-midi : 26e; (19 janvier). Transfert des patients des U.S. 61 et 62 de Neuilly-sur-Marne à Lasalle

2011 (17 mars). Inauguration des unités d'hospitalisation « Maison-Blanche - XIXe », rue du Général-Lasalle.

2011 (avril). Fermeture de l’unité 55 pour polyhandicapés, auparavant unité 63 et antérieurement 56, et mutation des patients dans une partie de l’unité 67, le « 67bis »

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Le temps présent

2012. Déménagement à Paris, rue Rémy de Gourmont, de la bibliothèque médicale

2013 (21 octobre). Dimanche, vers 21 heures 30, incendie aux Archives Centrales de Maison-Blanche (Neuilly-sur-Marne), destruction de dossiers du personnel, et de dossiers médicaux de l’ex-5e section, 23e secteur (Dr Schweich-Cottereau-Msellati) des années 1953 à 1984 (?). Départ du feu dans un container dans le hall d’entrée. Alarme inactive. Découverte lors d’une ronde. Intervention des pompiers. Dépôt d’une plainte le 22.

2016 (9 décembre). « L'IFITS fête ses 70 ans. Apprendre à prendre soin ? »

2019 (1er janvier). Installation du GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences [Maison-Blanche, Perray-Vaucluse et Sainte-Anne]


E.

Michel Caire, 2022
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