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Corybantiasme

de corybantes, prêtres de Cybèle, en Phrygie, du grec korubas, korubantiasmos.

Le corybantiasme, parfois aussi appelé corybantisme, est dans sa définition de Diderot (Encyclopédie, 1754), une « espece de phrénésie dont il est parlé dans les anciens medecins, dans laquelle le malade se voyoit sans cesse obsédé de fantômes, avoit des tintemens d’oreille, & ne dormoit point ou dormoit les yeux ouverts. On prétendoit que ces phrénétiques avoient été frappés de terreur par les prêtres de Cybele. »

Corybantiasme, s.m., corybantiasmus.

« Ce mot tire son origine des Corybantes, prêtres de Cybèle, qui passaient pour avoir la faculté de frapper de frénésie par leurs sortilèges. Les malades affectés de corybantiasme étaient privés de sommeil, ou ne dormaient que les yeux ouverts ; soit dans la veille, soit dans le sommeil, des fantômes se présentaient continuellement devant eux ; ils éprouvaient des tintemens et des sifflemens dans les oreilles. Toujours en mouvement, ils étaient frappés d’une sorte de frénésie, à peu près semblable à celle dont a parlé, dans les temps modernes, G. Horatien, et qu’il a confondue avec la chorée ou danse de Saint-Guy. »

Geoffroy, Dictionnaire des Sciences médicales, 1813

Ces prêtres eux-mêmes exécutaient, dit-on, dans leur extase sacrée, « des danses armées, au son des flûtes, des tambourins, des cymbales » (Larousse), danses enthousiastes, plus ou moins désordonnées et frénétiques, dont le spectacle aurait ainsi pu impressionner les spectateurs, victimes d'une impérieuse force d'imitation.

Telle qu'il est présenté, le corybantiasme confine à la manie confuso-délirante, à l’état d’agitation confuso-onirique aigüe. Ce délire des corybantes, assimilé à une hallucination démoniaque, était autrefois rapporté « à l’hystérie et au délire d’imagination » (Larousse).

Pour en savoir plus, lire l'article d'Alfred Maury : Du Corybantiasme, et de l'analogie que certains auteurs ont établie entre cet état et la chorée ou le tarentisme, publié dans les Annales médico-psychologique, 1847, II, pp. 55-68, et à Paris, impr. de L. Martinet, 1847; 16 p.

Michel Caire, 2014
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