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Traitement moral

Pour François Leuret, il s'agit de l'« emploi raisonné de tous les moyens qui agissent directement sur l'intelligence et sur les passions des aliénés » (Du traitement moral de la folie, 1840).

Et pour Esquirol, « tout ce qui pourra agir sur le cerveau, directement ou indirectement, et modifier notre être pensant, tout ce qui pourra dominer et diriger les passions, sera l'objet du traitement moral ».

Un autre auteur considère qu'« il est impossible à décrire. C'est tout ce que le médecin trouve dans son cœur et dans son esprit pour soulager, consoler, rassurer, relever, distraire, amuser, occuper, ceux de ses malades dont les facultés ne sont que perverties, ou partiellement altérées; c'est la sympathie sincère qu'il témoigne à celui-ci, les conseils qu'il donne à celui-là; c'est une œuvre permanente de conciliation et d'apaisement; c'est une recherche incessante de tout ce qui peut adoucir les privations nécessairement imposées à ces malheureux; c'est l'art et le désir bienveillant d'écarter de leur esprit la pensée de tous les plaisirs que l'on est obligé de leur refuser, et aussi de modérer leurs accès de désespoir en laissant dans l'ombre ce qui peut leur inspirer le dégoût de la vie et en mettant en lumière à leurs yeux tout ce qui doit les rattacher à l'existence. C'est ainsi que se passe et que s'use la vie du Médecin d'Aliénés, agissant sans cesse par lui-même, sans cesse inquiet, ne pouvant tout faire, malgré toute sa bonne volonté, cherchant à donner ses sentiments à ses auxiliaires, responsable de leur conduite, et n'ayant jamais une minute exempte de soucis et d'inquiétudes. »

Qui saura découvrir l'auteur de ces propos, empreints de bonté, de philanthropie et d'esprit de sacrifice...?

Michel Caire, 2008-2012
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