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Jean de MIERZEJEWSKI
Yendrscheiew (Jedrzejow, Russie) 19 février 1838 / Paris 18 mars 1908


Elu membre correspondant étranger de l’Académie Nationale de Médecine pour la 1ère division (médecine) le 27 juillet 1897

Professeur de la clinique des maladies mentales à l’Académie médico-chirurgicale de Saint-Pétersbourg.

Membre associé étranger de la Société médico-psychologique (Paris).


Travaux

- Études sur les lésions cérébrales dans la paralysie générale. Paris: G. Masson, 1875; 46 p. [Extrait des Archives de physiologie normale et pathologique 2, 1875 ; 195-235]

- « Note sur les cerveaux d'idiots en général, avec la description d'un nouveau cas d'idiotie ». Revue d’anthropologie 5, 1876; 21-33

- Des causes qui favorisent le développement des maladies mentales et nerveuses en Russie. Discours prononcé au Ier Congrès des aliénistes à Moscou, 5 janvier 1887

- De l’anatomie pathologique de l’idiotie. Compte-Rendu du XIIIe Congrès International de Médecine, Section de psychiatrie, Paris, 1900 ; pp.148-154


Nécrologie in : Annales médico-psychologiques 1908, I, p.502-503

« Le professeur Mierzejewski, de Saint-Pétersbourg, est mort, le 18 mars dernier à Paris, où il était venu pour assister au jubilé de M. Magnan. Il avait soixante-neuf ans.

Professeur de la faculté impériale de médecine de Saint-Pétersbourg et membre du Conseil médical de l’empire russe, le Dr Mierzejewski occupa jusqu’en 1906 la chaire des maladies mentales, et forma de nombreux élèves qui, devenus maîtres à leur tour, occupent aujourd’hui les services psychiatriques de la Russie.

Il avait fait, dans sa jeunesse, un long séjour à Paris, qu’il avait consacré à se perfectionner dans l’étude des maladies mentales et nerveuses. Il suivit assidûment les services de Baillarger et de Charcot, à la Salpêtrière, et de Magnan, à l’asile Sainte-Anne. En collaboration avec ce dernier maître, dont il devint l’ami, il publia d’importants travaux sur les lésions du cerveau de la paralysie générale, travaux aujourd’hui classiques.

Notre savant confrère assista au Congrès international de médecine mentale qui se tint à Paris lors de l’Exposition de 1878. Aucun des rares survivants de cette réunion n’a oublié la magistrale communication qu’il fit à la séance du jeudi 8 août et qui est intitulé : Recherches anatomo-pathologiques sur l’idiotie. C’est une étude à tous égards remarquable, et qui fut très appréciée.

Mierzejewski fonda, en 1883, le « Messager de psychiatrie et de neurologie de Saint-Pétersbourg » et le dirigea depuis avec le plus grand succès. Il était membre associé de la Société médico-psychologique depuis 1878, et l’Académie de médecine l’avait élu membre correspondant étranger en 1896.

Nous ne saurions mieux terminer cette trop courte et incomplète notice qu’en citant les passages suivants du discours prononcé par le président de cette Compagnie, dans la séance du 24 mars 1908 :

« Le professeur Mierzejewski avait l’âme éminemment française… Nos malheurs en 1870 l’avaient profondément affecté. Je relève, dans l’allocution qu’il avait préparée pour le jubilé de Magnan, cette phrase qui exprime bien ses sentiments : "C’est avec a plus anxieuse attention que nous attendions des nouvelles des champs de bataille ; nous espérions toujours, mais hélas ! nos espérances furent ensevelies dans un gouffre de tristesse." « Personne plus que lui n’applaudit au relèvement de notre pays dans les années qui suivirent celle de nos désastres. … « La mort du professeur Mierzejewski est un deuil pour la science russe ; elle est aussi une grande perte pour le monde scientifique français au milieu duquel il est venu mourir et où il comptait de chaudes amitiés. »


Johann Lucian ou Jan Lucjan Mierzejewski repose au cimetière de l’Eglise de la Visitation, à Saint-Pétersbourg


Michel Caire, 2014
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