Nicolas
de BLEGNY
1652 / Avignon 1722
Ayant débuté comme simple bandagiste-herniaire, Nicolas de Blégny fait une fulgurante
ascension sociale, puisqu'il est nommé chirurgien de la reine en 1678, médecin
ordinaire de Monsieur (le duc d'Orléans) en 1683 puis quatre ans plus tard médecin
du roi (Louis XIV): en 1687, il peut revendiquer le titre de "médecin artiste
ordinaire du Roy & de Monsieur".
Charlatan imposteur pour les uns, empirique touche-à-tout de génie pour d'autres,
de Blégny fut également un "folliculaire impénitent" (Oberlé) : il passe pour
le fondateur du premier journal médical en 1679 (“Nouvelles découvertes sur
toutes les parties de la médecine”) et publie parmi d'autres ouvrages L'art
de guérir les maladies vénériennes, expliqué par
les principes de la nature et des méchaniques (1673) , Le Remède
Anglois pour la guérison des fièvres (1683, sur le quinquina), La doctrine
des rapports de chirurgie (1684, sur les questions médico-légales),
Le bon usage du thé du caffé et du chocolat pour la préservation & pour la
guérison des maladies (1687) et ses Secrets concernant la beauté et la
santé (1688-1689).
Mais c'est surtout Le livre commode des adresses de Paris pour 1692 (publié
sous le pseudonyme de Abraham du Pradel , réédité en 1878) qui nous intéresse
: dans cet ouvrage manifestement publicitaire, Blégny signale l'existence à
Paris de “lieux destinez pour les maniaques et généralement pour les personnes
qui doivent être privées de la liberté”, et indique l'adresse de son propre
établissement ouvert en 1690 “grande rue de Pincourt” (actuelle rue de la Folie-Méricourt
dans le XIème arrondissement de Paris).
Il s'agit sans doute de l'une des toutes premières maisons de santé privées
recevant des fous en France.
Arrêté en juin 1693, notamment pour avoir construit sans permission et pour
escroquerie, cet "aventurier médical" (Tellier) est incarcéré un temps au château
d'Angers et meurt en disgrâce à Avignon.
Michel Caire, 2008-2009 |