Georges (Louis) DAUMÉZON
Narbonne (Aude) 3 juin 1912 / 6 mai 1979
Médecin
psychiatre.
Fils d'un zoologue, Georges Daumézon fait ses études à
Aix-en-Provence puis dans sa ville natale, avant de fréquenter les facultés
de droit et de médecine à Montpellier, puis à Paris.
Externe des hôpitaux de Paris en 1931, licencié en droit en 1932,
reçu 2ème au concours de l'internat des asiles de la Seine en octobre 1933, puis en 1937 au concours du médicat
des asiles, Georges Daumezon prend un poste de médecin-chef à Sarreguemines
(Moselle).
L'année suivante, il est nommé médecin-directeur de l'Etablissement
Psychothérapique de Fleury-lès-Aubrais (Loiret), aujourd'hui Centre
Hospitalier Départemental Georges Daumézon.
Admis au concours du médicat des Hôpitaux psychiatriques de la
Seine du 27 octobre 1950, il est médecin-chef à Maison-Blanche
de janvier 1951 à octobre 1952, puis mute à Sainte-Anne où
il dirige le Service des Admissions et devient en 1966 médecin chef de
l'hôpital Henri Rousselle où il fonde l'année suivante le
Centre Psychiatrique d'Orientation et d'Accueil (le « C.P.O.A. »,
qui porte son nom aujourd'hui).
Daumézon a joué un rôle de premier plan dans la vie syndicale
de son corps professionnel, dès 1945, où il est nommé Secrétaire
général du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux.
![Georges Daumézon en 1950 [Nervure, 1988, n°1, p.64]](img/daumezon.jpg)
Il s'engage également très tôt dans le mouvement de réforme
de la psychiatrie publique, dont il sera l'un des principaux acteurs.
Sa thèse de doctorat soutenue à Paris en 1935 : Considérations
statistiques sur la situation du personnel infirmier des asiles d'aliénés
(Cahors, A. Coueslant, 1935; 311 p.) avait révélé son intérêt
pour la formation et le statut des infirmiers psychiatriques : en 1949, il crée
avec Germaine Le Guillant, alors permanente aux Centres d'Entraînement
aux Méthodes d'Éducation Active (C.E.M.É.A.), les premiers
stages de formation destinés aux infirmiers en psychiatrie.
En 1952, il publie avec son élève Philippe Kchlin un article
jugé fondateur, où est utilisé pour la première
fois le terme de Psychothérapie institutionnelle : « La
Psychothérapie institutionnelle française contemporaine» (Anais Portugueses de Psiquiatria, vol. 4, n°4, décembre 1952, pp.271-312).
Un autre de ses élèves internes du temps de Maison-Blanche, Philippe
Paumelle, s'engagera en 1960 dans la réalisation du premier secteur de
santé mentale, dans le XIIIème arrondissement de Paris.
Daumézon est encore à l'initiative des rencontres du "Groupe
de Sèvres" en 1958-1959, réunissant «ceux qui veulent
subvertir l'institution asilaire pour en faire un véritable instrument
de soins» (J. Ayme), dont les travaux conduiront à la circulaire
du 15 mars 1960 sur la sectorisation.
Il trouva la mort le dimanche 6 mai 1979 vers 10h30, au-delà d'Étampes, lorsque la voiture qu'il conduisait s'écrasa contre un platane sur le côté gauche de la route, pour une raison restée inconnue.
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Michel Caire, 2008-2019 |