Maurice PARIENTÉ
Sétif (Département de Constantine, Algérie) 27 juillet 1916 / Neuilly-sur-Marne 16 février 1991
Neuropsychiatre.
Médecin chef des Hôpitaux Psychiatriques de la Seine.
Croix de guerre.
Fils de Nessim Parienté [Constantine 1875 - Alger 1952], ouvrier ferblantier devenu plombier et de Belara Hassoun [Saint-Arnaud (El Eulma) 1879 - Alger 1957], Maurice est le neuvième enfants d’une fratrie de onze, dont l’un de ses frères aînés, prénommé avant lui Maurice, est mort en bas âge en 1907. Ses grand-père et arrière-grand-père paternels étaient Algérois, comme son père.
De son mariage le 7 novembre 1949 Paris 4e avec Madelaine (Denise) Garitaine [1919-2007] naîtront quatre enfants, Fabienne, Alain, Denis et Rémi.
Au cours de ses études de médecine à l’Université d'Alger, Parienté fait fonction d’externe à l’hôpital de Mustapha [aujourd’hui Centre hospitalo-Universitaire Mustapha-Pacha d’Alger, dans la commune de Sidi M’Hamed], du 1er janvier 1938 au 16 septembre 1939, où il fréquente notamment le service du Professeur Antoine Porot [1876-1965], titulaire de la chaire de Clinique de neuro-psychiatrie de la Faculté d’Alger.
Cette période prend fin avec sa mobilisation en septembre 1939. Sa conduite glorieuse au cours du conflit mondial lui vaut la Croix de guerre 1939-1945 (Etoile de Bronze avec Palmes).
Démobilisé, il reprend ses activités à l’hôpital Mustapha, du 18 juillet 1945 au 27 février 1947.
Sa réception au doctorat en médecine a lieu à Alger le 24 février 1947, jour de la soutenance de sa thèse intitulée La fonction et les troubles fonctionnels, sous la présidence du Pr H. Aboulker [Alger Républicain, 25 février 1947 et L’Éveil de Sétif, 1er mars 1947]
Cette année-là, il habite déjà à Paris, au 15 rue du faubourg Montmartre, IXe arrondissement : il est alors interne suppléant à l’Hôpital Psychiatrique de Villejuif depuis le 1er juin 1946.
Reçu au concours de l’internat en médecine des hôpitaux psychiatriques de la Seine pour 1947, il poursuit ses fonctions à l’Hôpital Psychiatrique de Villejuif comme interne titulaire jusqu’au 30 avril 1949
et passe interne à l'Infirmerie psychiatrique de la Préfecture de Police, du 1er mai 1949 au 30 avril 1950 [voir la communication devant la Société médico-psychologique le 23 janvier 1950, co-signée Michel Cénac [1891-1965], médecin suppléant de l’Infirmerie et Charlotte Gusdorf [1918-2019], interne).
Reçu au concours du médicat des Hôpitaux Psychiatriques pour 1949 (concours retardé en janvier 1950), Parienté obtient d’être affecté le 1er mai 1950 comme médecin-assistant au Centre de Traitement et de Réadaptation Sociale [C.T.R.S.] de l’hôpital psychiatrique de Villejuif, qui ouvre cette année-là sous la direction de Louis le Guillant [1900-1968].
Puis, « Par arrêté en date du 19 mars 1953, M. le docteur Parienté, reçu au concours du médicat des hôpitaux psychiatriques du 9 janvier 1950, est nommé médecin directeur de l’hôpital psychiatrique départemental de la Roche-Gandon (Mayenne), en remplacement de M. le docteur Deshaies, appelé à d’autres fonctions » [Gabriel Deshaies 1909-1990].
Parienté quitte donc le CTRS le 1er mai 1953 pour La Roche-Gandon où il restera jusqu’au 1er mai 1956 : placé « en position de détachement », il est affecté, réaffecté devrait-on dire, à l'hôpital psychiatrique de Villejuif pour trois ans.
À la fin de cette période de détachement, il est nommé à l'Hôpital Psychiatrique de Fleury-les-Aubrais, où il remplace Jean Carrère [1911-1979?] le 1er avril 1959.
Le 1er avril 1964, il quitte l’hôpital psychiatrique du Loiret, où il est remplacé le même jour par Roger Gentis [1928-2019] : ayant passé avec succès le concours du médicat des Hôpitaux Psychiatriques de la Seine en 1962, il est, selon la formule consacrée, « mis à la disposition du Préfet de la Seine pour exercer les fonctions dans un des établissements relevant de la préfecture de la Seine » par arrêté du 27 juin 1963.
Sa première affectation comme médecin chef de la Seine est à l'Hôpital Psychiatrique de Ville-Évrard, où il dirige un service du 1er avril 1964 au 31 mars 1969. Là, il participe à la mise en application de la "première sectorisation" (par distinction avec la sectorisation psychiatrique générale, nationale, de 1971), et son service est chargé du « XIe arrondissement femmes », tandis que les hommes de ce même arrondissement dépendent du service du docteur Jacques Borel [1931-2019] à Villejuif.
Le 1er avril 1969, Parienté est affecté à Maison-Blanche où il remplace le docteur Jean Joyeux [1920-2011] comme médecin chef de la « 3ème section » qui est alors sectorisée sur les IXème et XVIIème arrondissement. En 1971, ce service, devenu la « 12ème section » correspondait au secteur 8 de Paris, IXème arrondissement (devenu ensuite secteur 6).
Pendant les quinze années qu’il passe à l’hôpital nocéen, Parienté, très estimé de ses collaborateurs et élèves [S.-D. Kipman, fondateur et premier président de la Fédération Française de Psychiatrie, le considère comme « (son) père en psychiatrie » : voir Témoignage de Simon-Daniel Kipman, enfant caché en France (2025), Mémorial de la Shoah, 1:42], fait œuvre d’innovation, s’inscrivant dans le mouvement de psychothérapie institutionnelle.
Parmi ses plus belles réalisations, on peut citer le « Non-Faire », atelier thérapeutique et artistique hors du commun, mais aussi la tenue d’un « bulletin » qui rend compte des réunions institutionnelles où la parole est libre : ce « bulletin de liaison » était conçu, selon le mot de Parienté, « comme le journal de bord d'un capitaine de vaisseau ». Il a été publié du 16 avril 1971 au 20 décembre 1983.
Parienté y fait quelques déclarations stimulantes, iconoclastes et [im]pertinentes qui rendent bien compte d'une personnalité vraiment originale, tel que : « Quand j'étais à l'hôpital de Mayenne, j'ai inscrit quelques kilos de dynamite, pour faire sauter les vieux pavillons. Tout le monde a pensé que je n'étais pas bien » [Bulletin du 11 juin 1971]. Et le 24 novembre 1971, à la fin d'un éditorial intitulé « Du silence aux réunions », Parienté s'interroge : « Est-il gênant de rêver ».
Le 1er octobre 1984, Maurice Parienté fait valoir ses droits à la retraite et quitte l’établissement.
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Principaux travaux
- (avec Michel Cénac et Mlle Gusdorf), « Alcoolisme chronique. ‘Hallucinose chronique’. Manifestations hallucinatoires auditives intermittentes. Surcharge imaginative. Conviction délirante et systématisation éphémères » [Société médico-psychologique, séance du 23 janvier 1950]. Annales médico-psychologiques 1950, I ; 198-201
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Maurice Parienté naît le 27 juillet 1916 à Sétif (Constantine) de Nessin Parienté et Bllara Hassoun. De son propre aveu, c’est en 1938 qu’il est mis en contact avec la psychiatrie, au cours de son internat dans le service du Pr Porot à la Clinique des Maladies Mentales de la Faculté d’Alger. Il choisit presque instantanément de pratiquer la psychiatrie plutôt que de la théoriser.
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Michel Caire, 2026 |