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Jean-Baptiste PUSSIN
Lons-le-Saunier (Jura) 29 septembre 1745 / Paris 7 avril 1811

Ancien garçon tanneur transféré de l'Hôtel-Dieu à Bicêtre comme atteint des humeurs froides (adénite tuberculeuse), Pussin y est promu Gouverneur de l'emploi des fous en 1778. Promoteur du traitement humanitaire des aliénés d'esprit, il devient ensuite l'un des plus proches collaborateurs de Philippe Pinel, de 1793 à 1795 à Bicêtre, puis à la Salpêtrière.

C'est très vraisemblablement Pussin que le peintre Tony Robert-Fleury (auteur du célèbre tableau de 1876, dont un détail est reproduit ci-contre) a voulu représenter par le personnage déferrant une folle.

Ce tableau, conservé à l'hôpital de la Salpêtrière, présente une scène moins invraisemblable que le Pinel fait enlever les fers aux aliénés de Bicêtre, peinture de Ch. Muller exposée aujourd'hui à l'Académie de médecine à Paris : Philippe Pinel a en effet quitté Bicêtre en 1795, sans avoir pu -comme il l'a lui même écrit- y venir à bout de l'utilisation des chaînes : c'est Pussin lui-même qui réalise cette réforme essentielle. Et il n'a obtenu que Pussin le rejoigne à la Salpêtrière qu'en 1801. Alors seulement a-t-il pu mettre un terme aux mauvais traitements jusqu'alors infligés aux folles.

Pussin fut bien plus qu'un simple exécutant, ce « modeste auxiliaire du célèbre médecin » auquel les aliénistes de jadis s'étaient habitués à reconnaitre « les qualités de charité, d'initiative et de dévouement » : remarquablement instruit bien que d'origine très modeste (milieu d'artisans tanneurs franc-comtois) et intelligent, il a sans doute inspiré les réformes humanitaires que l'Histoire crédite à Pinel.

Ses qualités ont été reconnues de son vivant : la première demande de mutation à la Salpêtrière adressée par Pinel à son ministère de tutelle (l'Intérieur) est apostillée par Cabanis, Roussel, Jouenne et Thouret, et la suivante, appuyée par le baron de Gérando.
Dora Weiner a d'autre part découvert que Pussin eut pour témoin de mariage un personnage de premier plan dans le royaume : Jean Colombier, Inspecteur général des hôpitaux civils et maisons de force.

Sur Jean-Baptiste Pussin, voir notre article « Pussin, avant Pinel » et le très beau roman historique de Marie Didier, Dans la nuit de Bicêtre, Gallimard, coll. "L'un et l'autre", 2006.

Michel Caire, 2008-2012
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