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Paul-Claude RACAMIER
Pont-de-Roide (Doubs) 20 mai 1924 / Besançon (Doubs) 18 août 1996



Psychiatre français, psychanalyste, pionnier de la psychothérapie psychanalytique des psychoses, auteur de Le Psychanalyste sans divan et fondateur de La Velotte à Besançon.

Né d'un père catholique originaire de la Drôme, ingénieur chez Peugeot, et d'une mère protestante originaire du Pays de Montbéliard, Racamier fait ses études secondaires à Besançon, et y commence des études de médecine qu'il poursuit à Paris.

C’est dans le service du professeur Jean Delay (Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale, Hôpital Sainte-Anne) qu’il rencontre la psychanalyse, par les conversations avec Francis Pasche qui y tenait une consultation de psychothérapie. Il sera analysé par Marc Schlumberger et Evelyne Kestemberg.

Reçu au médicat des Hôpitaux Psychiatriques, Racamier exerce comme médecin chef de service à l'hôpital de Prémontré (Aisne) pendant dix ans, où il montre que, pour lui, la méthode psychanalytique « ne doit pas être une donnée de plus dans l’arsenal théorique et thérapeutique des institutions psychiatriques, mais bien plutôt un organisateur général » (G. Bayle).

Il est ensuite nommé chef de service à la Clinique des Rives de Prangins (Suisse), où il développe le concept de traitement bifocal, l'une des références majeures de la thérapeutique institutionnelle en psychiatrie, et trouve matière à son ouvrage Le Psychanalyste sans divan.

En 1967, il fonde à Besançon le Centre de cures psychothérapiques de La Velotte, organisé sur un mode associatif. Ce centre, unique en son genre et toujours prospère,
associe un hôpital de jour et une maison d’hébergement :

« La Velotte a été fondée fin 1967 par le Docteur Paul-Claude Racamier entouré de quelques parents et de leurs fils ou fille en souffrance psychique grave.

Ensemble, ils créent l’Association EN.FA.SA (EN FAveur de la SAnté psychique). Une petite maison est louée dans le quartier de Velotte : ce sera le "Foyer". Tout petit, hébergeant au départ 4 patients et une équipe médico-soignante restreinte présente pendant la journée, les patients résidant seuls la nuit.

Parmi les premières "structures intermédiaires" la Velotte est reconnue comme un organisme pilote et expérimental et reçoit des visiteurs de France et de l’étranger. A cette époque, elle peut exister grâce à la détermination d’une poignée de parents qui continuent d’assumer seuls les frais de fonctionnement, sans subsides extérieurs.

Ce n’est qu’en 1983 qu’elle reçoit l’agrément de la Sécurité Sociale et qu’une convention de prise en charge à 100% est signée pour l’hospitalisation de jour. Une donation anonyme va permettre l’achat et l’aménagement d’une villa à 100 m du lieu originel. C’est la maison actuelle de l’Hôpital de Jour.

Quelques années plus tard une maison d’hébergement de nuit « La Maison des Champs » est construite dans le même quartier. Les années qui suivent sont celles du développement et du déploiement de l’organisme de soin. Il a changé de tournure et de budget sans changer de cap et sans perdre son élan vital.

Le Dr Paul-Claude Racamier a dirigé la Velotte jusqu’à son décès en 1996. Le Docteur de Sainte-Marie lui a succédé jusqu'en 2013, date à laquelle le docteur Vincent Rebière a repris le flambeau
. »

Historique, sur le site internet de La Velotte


Travaux

- Le terrain psychique des tuberculeux pulmonaires. Thèse de médecine, Paris, 1950, n°419 ; 131 p. (Paris, Masson, 1950 ; 145 p.)

- « Étude clinique des frustrations précoces ». Revue française de psychanalyse, 1953, 17, 3 ; 328-350

- « Etude des frustrations précoces. II La pathologie frustrationnelle ». Revue française de psychanalyse, 1954, 18, 4 ; 576-631

- « Psychothérapie psychanalytique des psychoses », in : La psychanalyse d’aujourd’hui (Sacha Nacht, dir.). Paris, PUF, 1956, vol.II ; 575-690 (2e éd. 1967 ; 375-519, additif pp.491-519)

- « Introduction à une sociothérapie des schizophrènes hospitalisés ». L’Evolution psychiatrique, 1957, 1 ; 47-94

- « Connaissance et psychothérapie de la relation schizophrénique ». L’Evolution psychiatrique, 1958, 2 ; 445-466

- (avec Sacha Nacht) « La théorie psychanalytique du délire ». Revue française de psychanalyse, 1958, 22, 4-5 ; 417-532

- « A propos d’une indication de sismothérapie posée dans le cadre d’une analyse psychodramatique ». Annales médico-psychologiques, 1958, 116 ; 133-138

- (avec Sacha Nacht) « Les états dépressifs : étude psychanalytique ». Revue française de psychanalyse, 1959, 23, 5 ; 567-606

- (avec L. Carretier) « Les lendemains de cure de sommeil ». L’Evolution psychiatrique, 1959, 2 ; 305-330

- (avec C. Sens et L. Carretier) « La mère et l’enfant dans les psychoses du post-partum ». L’Evolution psychiatrique, 1961, 4 ; 525-570

- « Propos sur la réalité dans la théorie psychanalytique ». Revue française de psychanalyse, 1962, 26, 6 ; 675-710

- « Sur la privation sensorielle et sur les choses qui nous entourent ». La Psychiatrie de l’Enfant, 1963, I ; 255-280

- « Le Moi, le Soi, la Personne et la Psychose ». L’Evolution psychiatrique, 1963, 4 ; 525-550

- (avec L. Carretier) « Relation psychothérapique et relation médicamenteuse dans l’institution psychiatrique », in : P.A. Lambert, La relation médecin-malade au cours des chimiothérapies psychiatriques. Paris, Masson, 1965 ; 58-82

- « L’Œdipe dans les Psychoses ». Revue française de psychanalyse, 1967, 21, 5-6 ; 1139-1144

- (avec L. Carretier) « La cure de sommeil dans la perspective psychothérapique », in Actualités de Thérapeutique psychiatrique, 2e série. Paris, Masson, 1967; 225-264 [rééd. in : Revue française de psychanalyse, 2002, 66, 2 ; 579-607]

- « Le Psychanalyste et l’institution » [Conférence du 25 avril 1967]. L’Evolution psychiatrique, 1969, 3 ; 525-558

- « Le soin institutionnel des psychotiques : nature et fonction ». L’Information psychiatrique, 1970, 46, 8 ; 745-761

- Le génie des origines. Psychanalyse et psychose. Paris, Payot, 1970 ; 411 p. Paris, Bibliothèque Scientifique Payot, 1992 ; 420 p. (les chapitres 9 et 10 ont été réédités en 2012 chez Payot & Rivages, 124 p., sous le titre : Les perversions narcissiques)

- « La psychiatrie nouvelle face aux nouvelles illusions ». La Nef, 1971, n°42 ; 55-92

- « Psychiatres de Toujours et Psychiatres de Maintenant ». L’Evolution psychiatrique, 1971, 36, 3 ; 544-564

- (avec Pierre Bailly-Salin, G. Lucas, Pierre Mâle, Roger Mises) Les troubles à l’adolescence. Problèmes posés à l’intérieur et hors de l’institution. Paris, éd. du Scarabée, 1972; 151 p.

- Les paradoxes des schizophrènes. Paris, PUF, 1978 ; 92 p.

- De psychanalyse en psychiatrie. Etudes psychopathologiques. Travaux réunis. Paris, Payot, 1979 ; 313 p. (rééd.1992, rééd. 1998, 313 p.)

- (avec René Diatkine, Serge Lebovici, Philippe Paumelle et avec la collaboration de P. Béquart, L. Carretier, S. Ferraresi-Taccani et D. Masson) Le Psychanalyste sans divan. La psychanalyse et les institutions de soins psychiatriques. Paris, Payot, 1970 ; 422 p. 2e éd. 1973 ; 433 p. 3e éd. Paris, Payot, 1993; 444 pages.

« Un divan devant un fauteuil : c’est ainsi qu’est matériellement circonscrite la situation où le psychanalyste intervient en tant que tel. Mais hors de son fauteuil et sans son divan, que peut-il faire ?

Que se passe-t-il lorsque le psychanalyste travaille dans des organismes de soins destinés à des patients psychotiques, qui souffrent psychiquement mais n’ont pas les possibilités psychologiques de bénéficier des ressources propres à la situation psychanalytique ?

Expériences personnelles et documents en main, Paul Claude Racamier, avec notamment René Diatkine, Serge Lebovici et Philippe Paumelle, essaie de répondre à l’un des vœux les plus difficiles que Freud ait exprimés : celui que la science psychanalytique féconde la pratique psychiatrique. »

- Les schizophrènes. Paris, Payot, 1980 ; 207 p., ill. (21 dessins originaux de Jean Messagier) (rééd.1983, rééd. 1990 ; 241 p. ; rééd. 2012 ; 242 p.) Payot-poche, 1990 (Petite Bibliothèque Payot, 2001)

- La cure psychanalytique individuelle des schizophrènes. EMC, 1984 ; 7 p.

- « Les travaux psychanalytiques de langue française sur les psychoses et les processus associés ». Revue française de psychanalyse, 1986, 50, 5 ; 1421-1440

- Antiœdipe et ses destins. Paris, Apsygée, 1989 ; 127 p.

- « Entre créature délirante et créativité vraie ». Psychologie médicale, 1991, 23, 1 ; 88-92

- « Souffrir et survivre dans les paradoxes ». Revue française de psychanalyse, 1991, 55, 4 ; 893-909

- Cortège conceptuel. Paris, Apsygée, 1993 ; 124 p.

- L’inceste et l’incestuel. Paris, Collège de Psychanalyse, 1995 ; 250 p. Paris, Collège, 2002 ; 254 p. Paris, Dunod, 2010 ; 174 p.

- « Le paradoxe du schizophrène. Entretien ». Santé mentale, 1996, 5 ; 17-21

- (avec Maurice Hurni et Giovanna Stoll) La haine de l’amour. La perversion du lien. Paris, L’Harmattan, 1996 ; 386 p.

- « Le traitement de la psychose et l’accompagnement psychotique. Le point de vue psychanalytique ». Psychiatrie française, 1999, 30, 2 ; 103-118


Sur Racamier :

Augustin Jeanneau, « Paul-Claude Racamier 1924-1996 ». L’Information psychiatrique, 72, 10, 1996 ; 1027-1029

Gérard Bayle, « Paul-Claude Racamier (1924-1996) ». L’Évolution psychiatrique, 1997, 62, 1 ; 151-154

Gérard Bayle, Paul-Claude Racamier. PUF, coll. "Psychanalystes d’aujourd’hui", 1997 ; 127 p.

Henri Vermorel, L’œuvre de Paul-Claude Racamier : Paradoxalité, antiœdipe et incestualité. Delachaux & Niestle, coll. "Textes de base en psychanalyse", 1997


Michel Caire, 2014-2015
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