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[Marie Henri] Joseph [Pierre Étienne] Rogues de Fursac
Cognac-le-Froid (Haute Vienne) aujourd’hui Cognac-la-Forêt, 20 décembre 1872 / Arcachon (Gironde) 22 décembre 1941

Médecin en chef des asiles de la Seine, clinicien apprécié, expert judiciaire reconnu.

Membre de la Société médico-psychologique
Membre de la Société de psychiatrie
Membre de la Société clinique de médecine mentale
Membre de la Société de psychologie
Membre de la Société de médecine légale.

Chevalier de la Légion d'honneur

« Un visage fin, aux traits précis, avec des regards doux et réfléchis, une physionomie qui exprime l'intelligence, une voix calme, posée qui suit avec aisance les mouvements de la pensée : c'est le docteur Rogues de Fursac. » [Le Petit Journal, 1er décembre 1932, pp.1-2]



Joseph est le fils de [Jean Baptiste] Émile Rogues de Fursac [1844-1914], propriétaire agriculteur et de Jeanne Toussaint de la Boulinière [1850-1940]. Il épouse le 21 octobre 1909 Valentine Ducosté -sœur de son collègue de Ville-Évrard Maurice Ducosté [1875-1956] et fille d'Arsène Léon Ducosté et d'Anne Graterolle- née le 11 janvier 1878 à Bordeaux, décédée le 27 octobre 1954 à Paris VIe. Leur fille Josette [1910-2010] née à Neuilly-sur-Marne et décédée à 99 ans le 6 février 2010 à Paris 16e, s’est mariée en 1931 avec le lieutenant de vaisseau Pierre Dufaure de Lajarte [1901-1975].

Rogues de Fursac fait ses études de médecine à l’École préparatoire de Limoges, et sert comme interne à l’hôpital de la ville en 1893. L’année suivante, il est reçu au concours de l’externat des hôpitaux de Paris, et en 1896 au concours de l’internat des asiles publics d’aliénés de la Seine.

Il est interne de 1897 à 1899, année où il soutient sa thèse de médecine à Paris, Les stigmates physiques de dégénérescence chez les paralytiques généraux, qui lui vaut le prix de thèse (médaille d’argent), le titre de Lauréat de la Faculté de Médecine, et le Prix Baillarger 1914.

Cette thèse a fait l’objet d’une analyse par Maurice Dide, publiée dans La Presse médicale :


« Depuis Bayle [Antoine Laurent Jessé Bayle 1799-1858] qui, dès 1822, a isolé de façon définitive la paralysie générale jusqu’au milieu du siècle, la principale cause invoquée est l’hérédité.
En 1857, Esmarch et Jessen [Friedrich von Esmarch 1823-1908 et Peter Willers Jessen 1824-1912] affirment, au contraire, qu’elle est toujours et invariablement causée par la syphilis.
Fournier, Ballet, Kraft-Ebing [Alfred Fournier 1832-1914, Gilbert Ballet 1853-1916, Richard von Krafft-Ebing 1840-1902] ont, depuis, admis cette théorie.

Joffroy [Alix Joffroy 1844-1909] la trouve trop absolue, et, tout en admettant que la syphilis se trouve souvent dans les antécédents des paralytiques généraux, il montre des cas de paralysie générale incontestable où la syphilis ne saurait jouer aucun rôle.
La dégénérescence semble être, dans tous les cas, nécessaire.

Mariani [Joseph Mariani, élève de Joffroy, thèsé à Paris en 1899 : Contribution à l’étude de l’hérédité chez les paralytiques généraux] a montré, d’une part, que la prédisposition héréditaire se retrouvait presque toujours ; elle peut même suffire, très rarement, à l’exclusion des causes occasionnelles le plus fréquentes : alcoolisme, syphilis, surmenage ; Wahl [Paul-Lucien Wahl 1870-1942, thèsé à Paris en 1898, Étude sur la descendance des paralytiques généraux] a signalé la fréquence des dégénérés parmi les descendants des paralytiques généraux. D’autre part, l’étude des stigmates psychiques et physiques est très instructive ; pour les premiers, on conçoit les difficultés à vaincre.

Seules auront de la valeur les observations commencées avant le début de la paralysie générale ; il existe un cas de Höstermann [Carl Eugen Höstermann 1847–1928] et un autre de Joffroy ayant, à ce point de vue, une grosse valeur.

Les stigmates physiques, pour avoir une valeur relativement moindre, n’en sont pas moins intéressants et, dans tous les cas, d’une recherche qui peut être poursuivie avec précision.
M. Rogues de Fursac étudie, à titre de comparaison, chez 50 paralytiques généraux, 50 aliénés simples, 50 individus normaux, les résultats fournis par la céphalométrie ; la grande circonférence crânienne au point de vue de sa forme ; les anomalies crâniennes diverses, celles de la face, du pavillon de l’oreille, de la bouche, des organes génitaux externes. De ce travail considérable et mené à bien, grâce à un esprit très scientifiques, l’auteur tire les conclusions suivantes :

1° Si les stigmates de dégénérescence se rencontrent chez les individus normaux, ils sont cependant beaucoup plus fréquents chez les malades atteints d’affections relevant de la psychiatrie ;
2° Leur fréquence est à peu près la même, que ces malades soient des paralytiques généraux ou des aliénés quelconques, par exemple des vésaniques ;
3° Aucun de ces stigmates ne peut être considéré comme pathognomonique, c’est-à-dire qu’il n’en est aucun qui ne puisse manquer chez les malades et qui ne puisse exister chez les sujets normaux ;
4° Au point de vue des stigmates physiques de dégénérescence, les paralytiques généraux ne se distinguent en rien des autres aliénés, et, si l’on admet que la fréquence de ces stigmates trahit chez ces derniers une prédisposition héréditaire, il est nécessaire de l’admettre également pour les premiers ;
5° La prédisposition héréditaire paraît être la cause essentielle, fondamentale, de la paralysie générale. Toutes les autres causes invoquées, toxiques, infectieuses ou traumatiques, ne font que développer le germe qui existait dès la naissance ; ce sont des causes occasionnelles. »

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En 1899, année où il soutient sa thèse, Rogues devient chef de clinique des maladies mentales à la Faculté de médecine de Paris, à Sainte-Anne, dans le service du professeur Alix Joffroy, titulaire de la chaire et en exerce les fonctions jusqu’en 1901. Au cours de cette période, il y donne des conférences sur l’Anatomie et la Physiologie du Système nerveux.

Nommé médecin adjoint des asiles publics d’aliénés, Rogues prend son premier poste à Clermont-de-l’Oise de janvier 1901 et passe en avril 1907 à la Maison de santé de Ville-Evrard en remplacement d’Achille Leroy [1869-1941], nommé lui-même Directeur Médecin de l’asile de Moisselles (arrêté du 22 avril 1907).

Rogues, toujours médecin adjoint de la Maison spéciale de santé de Neuilly-sur-Marne, participe au premier et très controversé concours spécial du médicat pour la Seine, qui se tient du 5 au 22 mars 1908. Classé premier, il est proclamé « médecin en chef des asiles publics d’aliénés de la Seine » (voir L’Informateur des aliénistes et des neurologistes, 15 mars 1908, p.95 et 15 avril 1908, p.132-135]. Il est donc bien « le premier en date des médecins des asiles de la Seine nommé au concours » [Annales médico-psychologiques 1942, n°2-3, p.159].

Et, par arrêté du 19 août 1908, « M. le Dr Rogues de Fursac, médecin-adjoint à l'asile d'aliénés de Ville-Evrard », est nommé « médecin en chef de cet établissement ». Il obtient de conserver son affectation à la Maison spéciale de santé et succède le 26 août 1908 à Paul Sérieux [1864-1947], nommé à Maison-Blanche.

En 1910, il échoue contre Maxime Laignel-Lavastine [1875-1953] au concours de l’agrégation de médecine mentale près la Faculté de Paris [L’Informateur des aliénistes et des neurologistes, 25 juin 1910, p.214-215]

L’année suivante, en 1911, il quitte la Maison de santé et devient médecin en chef de la division des hommes de l’asile d’aliénés de Ville-Evrard Signalons par ailleurs que Rogues, tout en étant médecin de Ville-Evrard, « a fondé et dirigé le dispensaire médical de la rue Voyer à Gentilly (Seine) 1914-1915. », ainsi qu’il le mentionne dans son dossier de la Légion d’honneur, au titre des « Services rendus dans les établissements de bienfaisance ».

A partir de mars 1915 -et jusqu’en décembre 1918 selon son dossier de la Légion d‘honneur, il exerce comme médecin chef du service de Psychiatrie militaire de Ville-Evrard : pendant cette période, il « a assuré le traitement des aliénés militaires internés à l’asile de Ville-Evrard. 2° des petits blessés. 3° des militaires atteints de psycho-névrose. 4° des militaires atteints de troubles intellectuels légers « petits mentaux ». » [Dossier de la Légion d‘honneur]. Lui-même écrit avoir été « pendant la guerre. Directeur du service de psychiatrie militaire de Ville Evrard ».

Le 5 octobre 1919, dans son service de Ville-Evrard, Rogues de Fursac est victime d’une grave agression : au cours de sa visite, il est frappé d’un coup de tiers-point à la poitrine [voir Annales médico-psychologiques 1919, pp.546-547 : L'Informateur des aliénistes, décembre 1919, pp.318-31 ; L’Aliéniste français, 1933, p.257 (Martyrologe psychiatrique, par P. Beaussart)]

Reçu chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur par décret du ministre de la guerre en date du 23 février 1921, c’est son collègue Marcel Briand [1853-1927], médecin principal, commandeur de la Légion d’honneur qui lui remet sa croix le 7 mai 1921. Pendant la Grande Guerre, le docteur Briand, médecin des asiles de la Seine dans le civil, avait dirigé le service central de psychiatrie installé au sein de l'hôpital d'Instruction militaire du Val-de-Grâce.

Le 1er octobre 1921, Rogues passe de la division des hommes à la division des femmes de l’asile de Ville-Evrard en remplacement de Victor Truelle [1871-1939] (arrêté préfectoral du 3 août 1921).

Trois ans plus tard, il mute à l’asile d’aliénés de Villejuif le 26 mai 1924, en remplacement de Salomon Lwoff [1859-1939], parti en retraite, comme médecin en chef de la 2ème section hommes, et passe l’année suivante à la division des femmes, 2ème section, en remplacement de Maurice Legrain [1860-1939], retraité. En 1926, il est affecté sur sa demande à la 1ère section femmes en remplacement de Marc Trénel [1866-1932], lui-même affecté à l’Asile clinique (Sainte-Anne). Admis à faire valoir ses droits à la retraite, l quitte Villejuif en 1938.

Rogues de Fursac a siégé au Conseil supérieur de prophylaxie criminelle - Toulouse est l’un des vice-présidents - chargé d’étudier les mesures et les méthodes susceptibles de développer la prévention contre le crime [décret du 22 mai 1936].
Il exercera par ailleurs les fonctions de médecin-inspecteur près la Préfecture de police, et surtout de médecin expert près les Tribunaux, et plus précisément près le Tribunal de la Seine. Parmi bien d’autres affaires, il expertise en 1920 Henri-Désiré Landru [La Lanterne, 3 novembre 1921] avec Charles Vallon [1853-1924] et Jacques Roubinovitch [1862-1950], en 1932 Paul Gorguloff, l’assassin du président Doumer, avec Victor Truelle [1871-1939] et Georges Génil-Perrin [1882-1964], en 1936 Marcel Petiot poursuivi pour vol, bien avant qu’il commette les meurtres qui lui vaudront d’être condamné à mort et guillotiné.

En 1905 et en 1912, à la demande du Ministère de l’Intérieur, il effectue des missions en Scandinavie pour étudier l’alcoolisme et les moyens mis en œuvre de lutte anti-alcoolique. « Grand ami des voyages, il avait rapporté d’un séjour en Angleterre un intéressant travail sur un renouveau mystique au pays de Galles » [AMP 1942, n°2-3, p.159], qui est une étude sur le mouvement évangélique appelé Le Réveil Gallois. Rogues était en outre un grand amateur de musique.

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Principales publications

(avec le Dr Émile Bardier) « Action de la morphine sur les échanges respiratoires du chien ». Travail du laboratoire du Professeur Richet. Comptes-rendus de la Société de Biologie, 1898, n°17

(avec le Dr Henri Dufour) « D’un mode d’élimination du bleu de méthylène différant du mode d’élimination des produits solides de l’urine ». Bulletin de la Société anatomique, mai 1898

Les stigmates physiques de dégénérescence chez les paralytiques généraux. Thèse 1899

(avec Charles Vallon) « Hystérie mâle. Mutisme. Amaurose. Accès mélancolique. État second ». Archives de neurologie, 1899, n°42

(avec Henri Dufour) « Neurasthénie et capsules surrénales ». Société de neurologie, 7 décembre 1899. Revue neurologique, 1899, p.899

« Travaux récents sur les sensations internes ». Revue philosophique de la France et de l’étranger, décembre 1900 ; 625-649

Manuel de psychiatrie. Paris, Félix Alcan, 1903 ; VI-314 p.

Ce manuel est le premier ouvrage publié en France où les conceptions de Kraepelin ont reçu droit de cité. Il propose une classification souvent considérée en son temps comme la plus commode au point de vue du pronostic et du traitement, dans laquelle l’autonomie du délire chronique -placé parmi les démences précoces- est conservée, où il précise les caractères communs des démences précoces, dans l’acception allemande : évolution fatale vers la démence, stéréotypie, phénomènes catatoniques plus ou moins marqués.

Le manuel de Rogues de Fursac, dont la première édition est dédiée à son maître le professeur Joffroy, a été rédigé au début de sa carrière et il a connu plusieurs éditions revues et augmentées -la partie médico-légale prenant une grande importance-, la 2e en 1905, 3e en 1909, 4e en 1911, 5e en 1917 (509 p.), 6e en 1923 (930 p.).

Il a été traduit en 1905 en anglais par le psychiatre Aaron J. Rosanoff [1878-1943], de New York. La traduction a elle-même été plusieurs fois rééditée (à partir de 1927 sous le nom de son traducteur)


Analyse de « A. Pitres et E. Régis, Les Obsessions et les Impulsions. Paris, Octave Doin, 1902 ». Revue philosophique 1903, I ; 442-444

Analyse de « Dr Lucien Pron, Influence de l’estomac et du régime alimentaire sur l’état mental et les fonctions psychiques. Paris, Jules Rousset, 1901 ». Revue philosophique 1903, I ; 445-446

Analyse de « M. Vaschide et Cl. Vurpas, La logique morbide. I. L’analyse mentale. Préface de M. Th. Ribot. Paris, S.R. de Rudeval et Cie ». Revue philosophique 1903, II ; 198-201

Analyse de « Sur la folie hystérique, par Raecke (Francfort-sur-le-Mein) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1904 ; 586-587

Analyse de « Apparition simultanée de troubles mentaux chez deux frères et une sœur, par Franz Selarek et C.-F. van Vieuten ». Journal de psychologie normale et pathologique 1904 ; 587

Analyse de « Le syndrome de Korsakoff dans ses rapports avec les diverses formes morbides ». Journal de psychologie normale et pathologique 1904 ; 587-588

Analyse de « Dr Madeleine Pelletier, L’association des idées dans la manie aigue et dans la débilité mentale. 1 vol. in-18, 148 p., Paris, Jules Rousset, 1903 ». Revue philosophique 1904, I ; 671-673

Analyse de « Dr Paul Sollier, Les phénomènes d’autoscopie, 1 vol. in-18, 176 p., Paris, F. Alcan, 1904 ». Revue philosophique 1904, II ; 185-188

Analyse de « Troubles de la vision des couleurs chez les paralytiques généraux, par Alter (Leubus) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1905 ; 80-81

Analyse de « Les mensurations de la fatigue psychique en clinique, par Willelm Specht (Tubingue) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1905 ; 81-83

Analyse de « Sur l’état de conscience des médiums, par Thoma (Illenau) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1905 ; 90-91

(avec Gilbert Ballet) Paralysie générale progressive. Article du Traité de médecine Charcot-Bouchard-Brissaud, Masson et Cie, 2e éd. 1905

Les écrits et les dessins dans les maladies nerveuses et mentales. Essai clinique. Paris, V. Masson, 1905 ; 306 p., 232 fig.

« De l’avarice. Essai de psychologie morbide ». Revue philosophique, janvier-février 1906 ; 15-40 et 164-201

« Les Écrits et les Dessins dans les maladies nerveuses et mentales ». Revue des idées, 15 mai 1906

Analyse de « L’épilepsie tardive au cours des psychoses chroniques, par P. Nake (Hubertusburg) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1907 ; 285-286

Analyse de « Psychose systématisée chronique à forme quérulante, par Albès (Abel) et Charpentier (René) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1907 ; 562-563

Un mouvement mystique contemporain : le réveil religieux du pays de Galles (1904-1905). Paris, F. Alcan, 1907 ; 188 p.

Analyse de « Alfred Binet, Les révélations de l’écriture ‘après un contrôle scientifique. In-8°, Paris, Félix Alcan, 1906 ». Revue philosophique, 1907, I ; 318-321

« Notes de psychologie religieuse. Les conversions ». Revue philosophique, mai 1907, I ; 518-529

(avec Mlle Constance Pascal) « Adipose douloureuse (maladie de Dercum) chez une démente précoce », L’Encéphale, 1, 1908, 131-138, 2 photos (l'article est écrit en octobre 1907)

Analyse de « Alfred Binet et le Dr Ch. Simon (sic). Les enfants anormaux. Armand Colin, 1907, in-18, 211 p. ». Revue philosophique, 1908, I ; 536-539

Analyse de « Psychose systématisée chronique à forme quérulante, par Albès (Abel) et Charpentier (René) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1907 ; 562-563

Analyse de « De certaines critiques adressées à la morale chrétienne, par James Seth (Edimbourg) ». Journal de psychologie normale et pathologique 1908 ; 61

Voir à partir de 1908 le Journal de psychologie normale et pathologique avec mot clé Rogues de Fursac



« Le Congrès international pour l’assistance des aliénés, Vienne 1908 ». Journal des Débats, 1er novembre 1908

(avec André Vallet) « Éruption pemphigoïde chez un paralytique général hémiplégique ». Société de psychiatrie, séance du 18 mars 1909. Revue de neurologie, 1909, 439-440

(avec Joseph Capgras) « Un cas d’aboulie motrice simulant la mélancolie chronique et guéri au bout de cinq ans. L’Encéphale, avril 1909

« La thérapeutique moderne des maladies mentales. L’hôpital de traitement. Revue scientifique, 10 juillet 1909

(avec M. Allain) « L’attentat de Damiens. Étude de psychologie historique ». Revue politique et littéraire, 21 août, 28 août, 4 septembre 1909

(avec André Vallet) « Histoire d’un aliéné vagabond ». Société de médecine mentale, décembre 1909

(avec Joseph Capgras) « Un cas de folie intermittente. Myoclonie et délire de possession prémonitoires des accès ». Société clinique de médecine légale, 19 juillet 1909. Bulletin de la Société clinique de médecine mentale, 1910

(avec André Vallet) « Dégénérescence mentale familiale avec prédominance d'impulsions au suicide ; père et mère cousins germains, mère atteinte d'épilepsie larvée ». Société de psychiatrie de Paris. Séance du 20 janvier 1910. Revue de neurologie, 1910, 193-195

« L'hérédité dans l'avarice ». Journal de psychologie normale et pathologique, mai-juin 1910

« Les causes de l’avarice. Facteurs sociaux, ethniques et familiaux ». Revue philosophique, mai 1910, I ; 441-463

(avec Joseph Capgras) « Paralysie générale atypique. Conservation des aptitudes au dessin ». Société de psychiatrie de Paris. Séance du 21 avril 1910. Revue de neurologie 1910, p.609

(avec André Vallet) « Observation d'un persécuté voyageur ». Bulletin de la Société clinique de médecine mentale, 20 décembre 1910, pp.341-

(avec André Vallet) « Un cas d’hypothermie chez un paralytique général ». Revue de psychiatrie, mai 1910, XIV, 5 ; 189-201

(avec Joseph Capgras) « Paralysie générale conjugale ». Bulletin de la Société clinique de médecine mentale, avril 1910, 4 ; 143-149

L’Avarice. Essai de psychologie morbide. Paris, F. Alcan, 1911 ; 186 p.

« Observation d'un mythomane. Contribution à la médecine légale de la mythomanie ». Revue de psychiatrie, novembre 1911, XV, 11 ; 465-474

(avec Joseph Capgras) « Délire mélancolique de négation et d'immortalité disparu au bout de deux ans et demi ». Société de psychiatrie de Paris. Séance du 21 décembre 1911

(avec Raoul Leroy) « Tentative de suicide précédée d'un double homicide ». Société clinique de médecine mentale, 15 janvier 1912

(avec Georges Genil-Perrin) « Délire d'imagination chez un paralytique général ». Journal de psychologie normale et pathologique, mars-avril 1912, IX, 2 ; 147-162

(avec Raoul Leroy) « Un ménage de syphilitiques : paralysie générale et démence précoce ». Bulletin de la Société clinique de médecine mentale, janvier 1913, 1 ; 27-31

(avec Georges Genil-Perrin) « Étude statistique sur les antécédents héréditaires des paralytiques généraux ». Annales médico-psychologiques 1913, 4 ; 5-20

(avec Roger Dupouy) « Un cas de phobie à systématisation délirante ». Société médico-psychologique, séance du 31 mars 1913. Annales médico-psychologiques 1913, avril, 471-

(Georges Genil-Perrin) « Étude statistique sur les antécédents héréditaires des paralytiques généraux ». Annales médico-psychologiques, juin-juillet 1913 ; 5-20

« L'intoxication oxycarbonée chronique ». Rapport présenté au IIIème Congrès de médecine légale de langue française, Paris, 26-28 mai 1913. Annales d'hygiène publique et de médecine légale, janvier 1914, XXI ; 43-88

(avec J. Eissen) « Contribution à l'étude du témoignage indirect ». IVème Congrès de Médecine légale de langue française, Paris, 25-27 mai 1914

(avec Duclos) « Automutilation d'origine délirante ». Société de psychiatrie de Paris, 18 juin 1914

« Un cas d'émotivité morbide chez un militaire » (Présentation de malade). Société de neurologie de Paris. Séance du 29 juillet 1915. Revue neurologique 1914-1915, 774-776

(avec Gilbert Ballet) « Les psychoses « commotionnelles » (psychoses par commotion nerveuse ou choc émotif) ». Paris médical (partie médicale), 1916, 19 ; 2-8

« Un cas de mythomanie ». Société de médecine légale, séance du 8 décembre 1919

(avec Marcel Briand) « Trois cas d'atrophie musculaire chez des paralytiques généraux ». L’Encéphale, 10 octobre 1920, XV, 10 ;

(avec Raoul Leroy) « Un cas de délire hallucinatoire ». Société clinique de médecine mentale, séance du 15 décembre 1919

(avec Xavier Abély) « Traitement des états mélancoliques par les injections de cacodylate de soude à haute dose ». Société médico-psychologique, séance du 8 nov. 1921

(avec Octave Crouzon) « Un cas de délire hallucinatoire auditif chez une téléphoniste surmenée ». Revue neurologique 1923, vol.2 ; 517-521

(avec Auguste Monestier) « Codéinomanie ». Société de médecine légale, séance du 11 février 1924

(avec Auguste Marie) « Médecine légale et cinéma ». Société de médecine de Paris, séance du 28 mars 1925

Dans cet article, les auteurs attirent l’attention sur les dangers grandissants du cinéma imprudemment suggestif de crimes et de délits : progression alarmante de délits et crimes de mineurs, isolés ou en bandes, réalisant les attentats tels qu’ils les ont vus figurer en films quotidiens. Ils citent des exemples caracéristiques de cambriolages simulés ou réalisés. Les médecins légistes, comme les juges, constatent ces faits de contamination par le film et réclament des mesures de prophylaxie.
Nihil novi sub sole


« Le spleen ». Le Progrès médical, 1925, 1 ; 491-507

« Le témoignage des psychopathes ». Rapport au XIe Congrès de médecine légale des pays de langue française. Paris, 27-28-29 mai 1926

(avec Georges Demay) « Auto-accusation délirante et impulsion homicide chez un alcoolique subaigu ». XIe Congrès de médecine légale des pays de langue française. Paris, 27-28-29 mai 1926

(avec Jean Picard) « Fracture du crâne mortelle chez une épileptique au cours d'une crise ». Société anatomique, séance du 2 février 1928

(avec Louis-Marcel Caron) « Criminalité sexuelle et alcoolisme ». Comptes Rendus du Congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française, Barcelone, 1929, pp.437-441

(avec Maxime Laignel-Lavastine et Georges d'Heucqueville) « Le pH urinaire dans le diagnostic des états de dépression ». Société médico-psychologique, séance du 23 février 1931. Annales médico-psychologiques, avril 1931, I, 4 ; 345-357

(avec Georges d'Heucqueville) « Contribution à l'étude de la mimique fronto-orbitaire ». Annales Médico-psychologiques, janvier 1934, I ; 1-27

« La pathologie dans l'histoire. Psychologie et maladies d'Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu ». Annales Médico-psychologiques 1935, II ; 537-545

(avec Xavier Abély, Jean Fretet et Georges Rallu) « Les mères bourreaux de leurs enfants reconnues aliénées ». Société médico-psychologique, séance du 12 novembre 1936.

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Nécrologie
Annales médico-psychologiques 1942, II, 5, p.443-444

J. Rogues de Fursac (1872-1942) (sic)

Les milieux psychiatriques ont appris avec tristesse le décès du Dr J. Rogues de Fursac. Notre collègue était une des personnalités les plus éminentes et les plus respectées de la psychiatrie française contemporaine.

Cette autorité lui devait surtout du succès de son Manuel de Psychiatrie, qui n’a pas eu moins de six éditions françaises et au moins deux éditions de langue anglaise. Ce livre, qu’il a publié très jeune, a été constamment augmenté et perfectionné : il constituait pour tous un véritable bréviaire de la psychiatrie. Il est remarquable par sa clarté et la simplicité de l’exposé, le souci de donner au médecin des notions sûres sur lesquelles il peut s’appuyer avec tranquillité pour la pratique et la médecine légale. Mais l’œuvre de Rogues de Fursac est loin de se restreindre à ce Manuel : elle comprend d’autres ouvrages de tendance différente, qui montrent combien son esprit était curieux de tout ce qui entre dans le domaine de la psychologie médicale.

Son livre sur les Écrits et les Dessins dans les maladies nerveuses et mentales a, peut-on dire, inauguré une série de recherches du plus haut intérêt. Qu’il me suffise de citer les applications à l’étude des écrits et des dessins à la psychopathologie des schizophrénies à la psychanalyse et à la psychologie en général. L’étude sur l’Avarice montre combien un psychiatre peut apporter de finesse et de pénétration nouvelle dans l’étude d’une anomalie qui semblait épuisée par les essais successifs des littérateurs.

L’ouvrage sur un mouvement mystique contemporain au Pays de Galles est extrêmement vivant et intéressant : il peut aussi bien charmer le lecteur cultivé que le spécialiste et je suis convaincu que s’il avait eu la publicité suffisante, il aurait eu beaucoup de succès auprès du grand public. C’est un véritable reportage écrit par un psychologue.

Je ne puis énumérer toutes les publications et les communications de Rogues de Fursac à nos Sociétés de psychiatrie ; je dois cependant rappeler que, sans avoir pu les réunir en un volume, il avait fait sur la mimique des aliénés de nombreuses recherches du plus haut intérêt, avec l’aide du cinématographe et de l’investigation électrophysiologique.

Quelques médecins, particulièrement féconds, sont si absorbés par la rédaction de leurs livres et de leurs articles qu’ils n’ont guère le temps de s’occuper de leur service. Rogues de Fursac était bien le contraire de ceux-là ; il poussait jusqu’au scrupule la conscience de son devoir de médecin d’asile. L’ordre, le soin méticuleux, le souci de l’application des prescriptions réglementaires et des principes d’humanité, le respect des malades, une délicatesse innée dans ses paroles et dans ses actes caractérisaient la direction de son service. Tous ses internes, j’en suis bien convaincu, ont conservé une profonde impression de leur séjour auprès de ce Maître.

Une autre face capitale de l’activité de Rogues de Fursac était la médecine légale. Nul mieux que lui ne réalisait le médecin-légiste idéal : connaissances techniques éprouvées, impartialité et conscience professionnelle admirées par tous, jugement sûr inaccessible au paradoxe et aux excès de l’imagination, style sobre et simple. Dans toutes les affaires difficiles et importantes, les magistrats ne manquaient pas de faire appel à sa science et à sa droiture. Ce croquis ne serait pas complet sans la mention de l’esprit philosophique qui animait et dirigeait la vie de notre regretté collègue. Il appréciait particulièrement, et en sanscrit, le œuvres des philosophes hindous, qui cadraient bien avec le stoïcisme de son caractère.

Avec Rogues de Fursac, la psychiatrie a perdu une noble figure. »

Paul Guiraud

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Voir aussi : J. Bieder, « Joseph Rogues de Fursac (1872-1942) [sic] ». Annales médico-psychologiques 2007, 165 ; 225–229

Michel Caire, 2025
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