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Unica Zürn
Berlin Grünewald 6 juillet 1916 / Paris 19 octobre 1970


Peintre, poète et romancière surréaliste

Tous ses biographes, et Unica Zürn elle-même font état de ses hospitalisations en psychiatrie: hôpital Wittenau de Berlin, La Rochelle, Sainte-Anne (Professeur Delay) à Paris, puis Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne en 1966, 1969 et 1970, la Clinique de Chailles enfin.

Les renseignements médicaux ont été déjà largement publiés (dérogeant à la règle des 150 ans à compter de la date de naissance de l'intéressée).
Son dossier médical de Maison-Blanche, communiqué tant de fois, est aujourd'hui introuvable.

Mais de cette vie en tension entre délire et création, ce que nous apprend son œuvre est bien plus précieux que les hypothèses diagnostiques ou les traitements prescrits: anagrammes (ses "écritures sorcières"), dessins automatiques et poèmes illustrés (exposés dans diverses galeries), romans, où elle mélange souvenirs et fiction.

Son texte majeur, Der Mann im Jasmin, en français L'Homme-Jasmin, sous-titré "Impression d'une malade mentale", est écrit à la troisième personne "comme si elle se contemplait..., parenté signalée déjà du récit avec un miroir et l'aspect de mirage présenté là par la confession" (A.P. de Mandiargues, grand ami et préfacier).
Descriptions subjectives de l'univers psychiatrique d'alors, évocations pathétiques et superbes d'états de dépersonnalisation, théâtre vécu où se mêlent imaginaire et réalité, expériences oniroïdes terrifiantes et surréalistes.

Autre texte écrit sur l'expérience de la folie, Vacances à Maison-Blanche, est un court récit ébauché lors de son dernier séjour à l'hôpital de Maison-Blanche en avril-mai 1970, qui met en scène les personnages et la vie de la "5ème section", dont le médecin chef était le docteur Victor Bertrand : le médecin ("Fanfan la Tulipe"), Huguette, Denise, une réunion de malades au « cinquième pavillon », des promenades dans le parc, l'ergo et la cafétéria, les visites..., et encore ces épisodes confuso-délirants, hallucino-imaginatifs, qui la transportent de l’émerveillement à la pure angoisse.

En 1953, Unica rencontre Hans Bellmer, dessinateur, graveur, peintre et sculpteur allemand, et devient sa compagne. Leur appartement parisien, rue Mouffetard puis rue de la Plaine, est fréquenté par l'intelligentsia artistique : André Breton, Ernst, Victor Brauner, Man Ray, Jean Arp, Marcel Duchamp, Henri Michaux, etc.

Mais son seul pays des merveilles, c'est la maison de son enfance de Berlin. Les souvenirs de ce paradis perdu, évoqués déjà dans L'Homme-Jasmin, sont publiés en France sous le titre Sombre printemps en 1970.
Cette même année, Unica Zürn met fin à ses jours. Elle repose au Père-Lachaise, auprès de Hans Bellmer mort en 1975.

"Quelqu'un qui voyage en moi me traverse. Je suis devenue sa maison"

Pour une psycho-bio-bibliographie, voir les publications de Jean Broustra et de Jean-Albert Meynard.

Michel Caire, 2008
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