Saints invoqués dans la folie et leurs pèlerinages


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L'hagiothérapie repose sur un présupposé : l'attribution à un saint -ou une sainte- d'un pouvoir thaumaturgique. Le saint est invoqué pour obtenir par son intercession auprès de Dieu la guérison d'une maladie.

Dans le domaine des troubles mentaux, cette méthode a représenté le concurrent principal de la médecine, du Moyen Âge à la fin de l'Ancien Régime, voire dans quelques cas jusque dans le courant du XIXe siècle.

Plusieurs de ces saints sont les héritiers de pratiques païennes.
Certains peuvent être qualifiés de probatoires, en ce qu'ils ont fait leurs preuves pendant leur vie terrestre.
Et très nombreux sont les saints dont les reliques ont été conservées, et déposées en un lieu de pèlerinage, où des guérisons se sont produites.
Nous en citerons quelques uns qui associent ces trois qualités.

Ainsi, l'hagiothérapie se pratique généralement dans le cadre d'un pèlerinage, en le lieu où sont conservées des reliques et/ou se situe une source ou fontaine miraculeuse.
En règle, le pélerin est astreint à une neuvaine: le rituel, souvent très codifié, dure neuf jours.
Mais il a pu se faire que l'état de l'intéressé(e) ne lui permette pas de s'y astreindre : la neuvaine était alors, en son nom, effectuée par une autre personne.

Aux saints invoqués dans les maladies mentales à proprement parler, ont été ici ajoutés ceux qui l'ont été contre l'épilepsie.

Comment l'hagiothérapie fonctionnait-elle? La question ne mérite d'être posée que si l'on admet que la méthode a eu quelque effet favorable. A cette condition peuvent être proposées quelques hypothèses.


Dans les temps les plus anciens se pratiquaient des manœuvres d'exorcisme, visant à extirper le Mal en expulsant le Malin.
De nombreuses représentations de ces scènes ont été conservées, où le démon est représenté sortant de la bouche du possédé.
Possession et folie sont restées longtemps indifférenciées dans la société française, et certains de ces saints exorcistes peuvent être considérés comme probatoires.
Certains des lieux de pèlerinage indiqués ci-après ont été le théâtre de séances d'exorcisme, qui, dans quelques cas, succédaient ou plus souvent précédaient la neuvaine.


Un site internet se consacre à l'Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France (recensement dirigé par le Centre d'Anthropologie Religieuse européenne)


saint Acaire

À Haspres, près de Valenciennes, le sanctuaire de saint Acaire ou saint Achaire est fréquenté dès le XIIème siècle vraisemblablement, puisqu'un hôpital destiné aux pélerins y est construit en 1218 (voir la page du site d'Olivier Legrand sur les saints patrons d'Haspres, illustrée d'une très intéressante gravure de «St Aycard et St Hugues»).

Il s'agit du « sains Akaires, ke Dieus kia » du Jeu de la Feuillée, ainsi que le désigne le Dervé : saint Acaire, fiente de Dieu, ou étron divin...


saint Adelphe (Lorraine)

Les reliques de saint Adelphe furent déposées à Neuwiller (Bas-Rhin) en l'an 836

Voir: Christian Wildorf, «Remarques sur la première vie connue de saint Adelphe et le pèlerinage de Neuwiller-les-Saverne (Xe-XIIe siècles)». Revue d'Alsace, 119 (1993), pp.31-41


sainte Aldegonde

Vierge et abbesse de Maubeuge


saint Amable

Amable (Amabilis) fut enterré à Riom (Puy-de-Dôme), en l'église de Saint-Bénigne-martyr. Saint Grégoire de Tours rapporte avoir vu un énergumène délivré devant le tombeau du saint.

Une gravure (lithographie de Turgis, XIXème siècle) le représente dans ses habits d'évêque (de Riom) recevant des mains d'un ange une fiole contenant une substance miraculeuse.


saint Avertin

dans le village de Saint-Avertin (Indre-et-Loire), près de Tours


saint Bernard

Saint invoqué contre l'épilepsie. Une peinture de Jörg Breu der Ältere le représente exorcisant une femme épileptique.


saint Bertaud

Saint Bertaud, ou saint Bertaut, évêque d'Arras, était invoqué contre les possessions diaboliques et contre la folie à Château-Porcien, sur l'Aisne (Ardennes): il était qualifié de Cacodœmon profligator (qui chasse les démons).


sainte Berthe

à Avenay (Avenay-Val-d'Or dans le département de la Marne), sainte Berthe fonda en 660 une abbaye bénédictine, qui sera totalement rasée à la Révolution. Dans l'Eglise Saint-Trésain d'Avenay, des vitraux du XIVème siècle rappellent des épisodes des vies de sainte Berthe et de saint Trésain. Au XVIIIème siècle, le tombeau de saint Trésain fut également fréquenté par les pélerins et propice aux guérisons miraculeuses.

à Blangy-sur-Ternoise, les neuvaines qui ont lieu de nos jours semblent n'avoir rien à voir avec la souffrance mentale (voir le site de Guillaume Massart).


saint Blaise, à Chartres

Un "berceau", appelé le "Berceau de Saint-Blaise" fut installé dans la crypte de l'église de Saint-Maurice-les-Chartres, dite "Grotte de Saint-Blaise".
Il s'agissait d'une «sorte de couchette faite de fortes pièces de bois de chêne et garnies de ferrures servant à maintenir les aliénés furieux pendant la neuvaine accomplie à leur intention par les membres de leur famille.» Cette description de Félix Chapiseau (Folklore de la Beauce et du Perche, 1902) fait plus penser à une cage qu'à un berceau à proprement-parler.

Cependant, il ne semble pas que saint Blaise fût jamais invoqué par ou pour des fous. En revanche, il l'a été contre les piqûres de vipère, les maladies infantiles et surtout contre les maux de gorge.


saint Briac

saint Briac (nom issu du celtique "bri", considération) est invoqué contre l'épilepsie, la rage et la folie, et fêté le 18 décembre.

Né en Irlande, disciple de saint Tudual, Briac fonda un monastère sur la paroisse de Bourbriac (Côtes-d'Armor), où il mourut vers 555 et se trouve son tombeau. Les malades auraient été enfermés sous l'autel de son église pendant qu'il disait la messe.

Une lettre de rémission découverte et transcrite par Nicole Dufourneau pour son mémoire de maîtrise en 1999 évoque le voyage à Saint Bria d'un certain Julien de Richeboys, le huitieme jour de febvrier 1531 :
« Richeboys qui estoit lors et longtemps auparavant et encores a present est troublé et aliené de son entendement sans scavoir la plus part du temps qu'il faict ne dict, fust allé audit lieu de Saint Bria en voyaige et prier monseigneur Saint Bria pour luy estre intercesseur envers dieu et luy aider a avoir et recouvrer santé et guerison de sa teste laquelle luy faisoit fort grant mal et le vexoit et tourmentoit, tellement que quant fut arryvé a ladite eglise comme foul et tourné de cerveau, se mist a sonner les closches dicelle. »
Un grand malheur ne tarda pas à survenir après que Richeboys se fut ensuite rendu dans une taverne pour s'y restaurer... (le mémoire de Nicole Dufourneau : Comportements et relations sociales en Bretagne vers 1530, d’après les lettres de grâce royale, est consultable en ligne, au format .pdf)


saint Cado

Saint Cado ou saint Cadoc, dit "saint Cado le Sage", généralement représenté chassant des serpents, est également invoqué pour la guérison de la surdité (à Saint-Cado, dans le pays d'Auray, Morbihan).


saint Caprais

Saint Caprais est ou a été vénéré
- dans le joli village de Saint-Vrain (autrefois en Seine-et-Oise, et aujourd'hui dans l'Essonne), dont la fontaine, lieu de pèlerinage, a été récemment restaurée, et où sont conservées des reliques du saint
- et peut-être à Castillon du Gard


sainte Catherine d'Alexandrie

A Sainte-Catherine-de-Fierbois, dans le Poitou (canton de Sainte-Maure-de-Touraine, en Indre-et-Loire)


saint Christophe

Saint Christophe fut invoqué contre l'épilepsie et pour la folie.
En l'église Saint-Christophe de Chissey-sur-Loue (Jura) se trouvent de curieuses sculptures aux figures énigmatiques, appelées les Babouins, le plus ancien document sur le pèlerinage des fous qui se déroulait jadis dans le village.

Quant au pèlerinage qui avait lieu en l'église Saint-Christophe du village de Lanchères (diocèse d'Amiens), il ne fut guère destiné qu'aux enfants langoureux.


saint Colomban

A Locminé (Morbihan), des pèlerinages ont eu lieu pendant plusieurs siècles dans la chapelle de Saint-Colomban, qui communiquait avec l'église du village. Les personnes atteintes du "mal de saint Colomban" et furieuses y étaient enchaînées pendant leur neuvaine. Cette pratique fut interdite en 1818, malgré les protestations du clergé.

Dans la commune de Saint-Nolff, près de Vannes (Morbihan), se trouve une jolie chapelle dédiée à Sant Klomer (Saint Colomban). Selon la tradition, «on attachait les fous au lec'h (stèle gauloise) qui se trouve dans l'enclos de la chapelle côté Sud, nommé pour cette raison, "la pierre aux fous".» (voir le site de la commune de Saint-Nolff).


saint Cyriaque

Cyriaque était invoqué contre l'épilepsie. Une peinture de Matthias Grünewald conservée au musée historique de Francfort le représente guérissant la fille de l'Empereur Dioclétien.


saint Dizier

Le pèlerinage est attesté dans le village de Saint-Dizier ou Saint-Dizier l'Evèque (Haute-Marne) dès 1303, mais il est sans doute beaucoup plus ancien (VIIIème siècle selon certains auteurs).


sainte Dymphne, à Gheel, en Belgique

L'ancienneté, l'importance et le renom de ce pèlerinage, dans le village de Gheel ou Geel dans la Campine belge, aux confins de la Belgique et des Pays-Bas lui font mériter d'être présenté sur ce site. Il aurait débuté au VIIème siècle et restait très fréquenté au début du siècle dernier.


saint Ennemond

à Lyon, pour les épileptiques


saint Evroul ou saint Evroult (Ebrulphus)

Les ruines de l'Abbaye de Saint-Évroult en Ouche (diocèse de Lisieux) sont dans le village de Saint-Évroult-Notre-Dame-du-Bois (Orne)


saint Florentin

dans l'église de Saint-Florentin de Bonnet (Meuse), près de Montiers.


saint Gibrien

Les premiers miracles attribués à saint Gibrien ont eu lieu à Saint-Remi de Reims en 1145.


saint Gildas

à Saint-Gildas-des-Bois (Loire-Atlantique) où l'on venait invoquer saint Gildas, dit le sage, et se presser autour d'une fontaine miraculeuse située non loin de la route de Sévérac.

Il est également fêté à Penvénan (Côtes-d'Armor) et à Saint-Gildas-de-Rhuys (Morbihan).

Saint-Gildas est encore invoqué contre la folie et la rage dans une chapelle qui porte son nom à Bieuzy-les-Eaux, au sud de Pontivy (Morbihan), construite sur l'emplacement du lieu supposé où il vécut en ermite et mourut en 570. «Au sud de la chapelle, une source miraculeuse jaillit dans l’herbe de la berge du Blavet. C’est Gildas qui l’aurait fait apparaître en priant. (...) Saint Gildas est célébré le lundi de la Pentecôte par un important pardon durant lequel sont promenées les bannières du saint.» (voir le site de P. Merel)


saint Gilles

invoqué contre la folie et les frayeurs nocturnes à Oberlarg (Alsace)


saint Gorgon

Le pèlerinage avait lieu dans la commune du Frety, dans les Ardennes.


saint Grat

Saint Grat était célébré dans le Rouergue, à Vailhourles (Aveyron), près de Villefranche. Au cours de la neuvaine, le pélerin, chargé de lourdes chaînes, devait porter sur sa tête le casque de saint Grat, une cloche de 35 cm de haut sans battant selon certains, une armure de tête du Xème siècle pour d'autres.
Ce casque (objet classé Monuments Historiques) est aujourd'hui encore conservé dans l'église du même nom.


saint Guillaume Firmat

Guillaume Firmat était invoqué à Mortain, diocèse d'Avranches (Manche), pour les convulsions des enfants, les maux de tête, et la folie.
Il le fut aussi dans la paroisse de Gorron en Mayenne, où l'enfant était allongé sur une pierre dite «pierre St Gaume».


saint Guy

invoqué contre la folie, l'épilepsie, et bien entendu, la Danse de Saint-Guy (ou chorée)


saint Hermès

Il fait l'objet d'un pélerinage en Flandre orientale dans la ville de Renaix (Ronse), en Belgique, entre Tournai et Audenarde. Renaix fut - et serait encore parfois- appelé "la cité des fous".
Depuis le XIème siècle y a lieu le Fiertel de saint Hermès (une procession qui, dit-on, tient plus aujourd'hui du folklore que d'une cérémonie religieuse).
Une petite médaille portant l'inscription SANCTE HERMETE ORA PRO NOBIS est de nos jours encore proposée dans la chapelle Saint-Hermès de l'église Saint-Pierre.

Saint Hermès a été également vénéré -et invoqué pour les aliénés- à Salzbourg, en Autriche (Salzburg, Österreich), où un autel lui est consacré dans la cathédrale.


saint Hildevert

A Gournay-en-Bray (Seine-Maritime) se dresse une magnifique Collégiale , où rien ne permet aujourd'hui au visiteur de savoir qu'elle fut le lieu pendant plusieurs siècles d'un pèlerinage très fréquenté par les insensés et autres aliénés d'esprit .

L'église de Vignely (Seine-et-Marne), dans la région de Meaux (ville où Hildevert succéda à saint Faron comme évêque), conserve des reliques du saint, tout comme l'église Saint-Remi et Saint-Hildevert du village de Vers-sur-Selles (Somme), en Picardie.


saint Jacut

à Saint-Jacut-de-la-Mer, en Bretagne (Côtes d'Armor)


saint Julien

En Anjou, saint Julien guérissait de la folie dans deux sanctuaires, l'un à Grez près de Grez-Neuville, et l'autre à Fontaine-Guérin, en Baugeois (Maine-et-Loire).
Le retable polychrome de l'église de Fontaine-Guérin a été transporté dans la chapelle du château d’Angers.


saint Léonard

Il existe plusieurs villages et chapelles portant le nom du saint:
- Saint-Léonard-en-Beauce (Loir-et-Cher) où sont conservées ses reliques, lieu de pèlerinage encore actif;
- Saint-Léonard de Noblat (Vienne), où Léonard bâtit un monastère;
- les églises Saint-Léonard de Corbigny (Nièvre) et d'Honfleur (Manche)

Il semble être ou avoir été invoqué plus contre la stérilité et pour favoriser les accouchements que contre les maladies mentales.


sainte Livrade

à Mazères, à la limite du Gers et des Hautes-Pyrénées et à Sainte-Livrade sur Lot (?).
Son culte existait à Gand au début du XVe siècle.
Sainte Livrade a également une statue du XVe siècle à l'abbaye de Westminster, dans la chapelle de Henri VII.


saint Loup

Réputé guérir l'épilepsie, saint Loup fut invoqué notamment à Sens et à Troyes.


sainte Marie-Madeleine

à Sainte-Madeleine d'Aranhe, sur la commune de Tardets (La Madeleine de Tardets), dans les Pyrénées Atlantiques

httpesmadeleines.free.fr/lieux/tardets.htmhttp://lesmadeleines.free.fr/lieux/tardets.htm

saint Mathieu

Prêtre et confesseur à Sens, saint Mathieu fut réputé guérir l'épilepsie, les hystériques et les lunatiques.


saint Mathurin

Saint Mathurin est invoqué à Larchant (Seine-et-Marne), lieu d'un très important pèlerinage à partir du Moyen-Âge.

À ce sujet, on consultera avec profit:
- Le site de l'Association culturelle de Larchant
- La page du site Saint Jacques et Compostelle (résumé du mémoire de maîtrise d’histoire médiévale de Pricille Dulin-Aladjidi, Paris X-Nanterre, 1995)
- La page du site de Damien Jullemier
- la fiche Saint Mathurin de l'Inventaire des sanctuaires et lieux de pèlerinage chrétiens en France

Le saint est ou fut également invoqué à Quistinic (Morbihan), à Moncontour (Côtes-d'Armor) et à Quelneuc (Finistère) où a lieu le pardon de Saint-Mathurin au Ronseray; à Montchauvet (Calvados).

À Paris, la chapelle Saint-Mathurin de l'église Saint-Benoît, aujourd'hui disparue (emplacement au niveau des n°20-22 de la rue Du Sommerard dans le 5ème arrondissement), conservait des reliques du saint et fut donc fréquentée dans le même esprit.

Un saint Mathurin a été honoré au cours d'un pèlerinage dans le bois de Montchaude (canton de Barbézieux, près d'Angoulème), où se trouve un autel, auparavant pierre druidique. Il ne s'agit manifestement pas du Mathurin dont la dépouille fut ramenée de Rome à Larchant.


saint Méen

Disciple de saint Samson. Un pélerinage avait lieu à l'abbaye de Saint-Méen près de Montfort en Bretagne


saint Menoux

à Saint-Menoux, dans le Bourbonnais, département de l'Allier, et sa très célèbre débredinoire, (ou débeurdinoire) ouverture dans le cénotaphe où les bredins engageaient la tête pour se libérer de leur bredinerie: bredin désigne en patois bourbonnais le fou ou simple d'esprit (appelé aussi bredignot, comme le porte le titre d'un ouvrage de J. Georges-Julien, Au pays des Bredignots, Moulins, éd. de la Nouvelle Province Littéraire)
Voir la page du site de Jean Pligot consacrée à la débredinoire, et une explication géobiologique des plus farfelues de son fonctionnement.


saint Nazaire

à Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), dont les ruines de l'église restent le seul vestige du village d'avant la Grande Guerre.


saint Nymphase

confesseur à Cahors (Lot), Nymphase était réputé guérir l'épilepsie


sainte Quitterie

ou sainte Quiterie fut invoquée pour la méningite et pour l'angoisse...

Il existe une église Sainte-Quitterie à Aire-sur-l'Adour.
Un sanctuaire dédié à sainte Quitterie se trouve à Doumy, en Béarn (Pyrénées-Atlantiques), dans le voisinage d'une fontaine miraculeuse.
Une autre fontaine miraculeuse, appelée fontaine Sainte-Quitterie, se trouve à Juillacq (aujourd'hui commune de Maspie dans les Pyrénées-Atlantiques)


saint Romain

Il passait pour avoir des pouvoirs sur les serpents, donc sur les démons, et aurait été invoqué pour exorciser les possédés.

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saint Samson

Saint Samson, l'un des plus grands saints gallois, était invoqué à Dol, en Bretagne (Ille-et-Vilaine), pour le traitement de la folie. Il existe en outre une fontaine Saint-Samson, à Rouvray Catillon, en Normandie, et un pèlerinage à Boisyvon dans la Manche.


saint Saturnin

Saint Saturnin ou saint Sernin a donné son nom à de très nombreuses localités. D'importantes reliques sont conservées dans l'église qui porte son nom (Saint-Sernin) à Toulouse. Il a été invoqué la guérison des fous et simples d’esprit dans plusieurs régions (entre autres en Corse, à Ajaccio). Conon, dans le diocèse de Blois est resté jusqu'au XIXème siècle un lieu important de pèlerinage.


saint Séréné

Séréné était l'un des saints protecteurs du Maine et de l'Anjou. Un pélerinage eut lieu à Saulges (Mayenne), dès le VIIIème siècle, en un oratoire situé sur les bords de l'Erve.


saint Sever

Un pèlerinage s'est longtemps déroulé en l'Abbaye de Saint-Sever, fondée au XIème ou au XIIème siècle, «en laquelle abbaye len maine les demoniacles». Elle se trouve dans le village de Saint-Sever-Calvados.


saint Séverin

de Noricum, invoqué contre l'épilepsie. Une peinture d'autel, datée de 1300, représente saint Séverin exorcisant le démon chez une jeune femme.


saint Théofred

Saint Théofred, ou saint Théophrède, également appelé saint Chafre, est -ou était- invoqué au Monastier, près du Puy (Haute-Loire)


saint Tibery ou Thibery

Les neuvaines avaient lieu dans une abbaye bénédictine située entre Agde et Pézenas (Hérault).


saint Ubald de Gubbio

souvent confondu avec saint Théobald, ou Thibaut, ou Thiébault... Un pèlerinage a commencé vers 1320 à Thann. Une sculpture de Matthias Faller (couvent de Saint-Märgen) représente saint Ubald, avec à ses pieds un personnage atteint d'une crise convulsive.


saint Urbain

Près de Blois (Loir-et-Cher), se trouvait une fontaine dédiée à saint Urbain, dont l'eau était réputée pour ses vertus pour les simples d'esprit.


saint Valentin

Invoqué pour ramener à elle une personne évanouie et surtout contre l'épilepsie. Un prieuré lui fut dédié en 1183 à Rouffach (Alsace), auquel fut annexé un hôpital pour épileptiques en 1486.


saint Veran

Sur son tombeau, situé à Fontaine-de-Vaucluse (Vaucluse), étaient conduits des énergumènes dont on attendait la délivrance, et des forsenés dont on espérait la guérison.


saint Victurnien

Un petit hôpital fut fondé à Saint-Victurnien par les seigneurs de Rochechouart (Limousin, Haute-Vienne). Le tombeau du saint, conservé dans l'église de la paroisse, serait encore « l'objet d'une dévotion pour lutter contre la folie» (voir le site d'Isabelle Julien)


saint Vrain

Un pèlerinage pour les insensés s'est pratiqué sous l'Ancien Régime au village de Saint-Vrain dans le Perthois (Marne), entre Vitry-le-François et Saint-Dizier.

Il existe également un pèlerinage à saint Vrain, dans le village de Saint-Firmin-les-Prés (voir: Jean Peltier, Le Bon Saint Vrain. Sa vie, ses miracles, son culte en la Paroisse de Saint-Firmin-les-Prés (Loir-et-Cher), Chartier éd., 1930, 89 p.) qui semble ne pas avoir de lien avec la folie.


saint Willibrord

Des pèlerinages avaient lieu à Echternach (Luxembourg) pour les épileptiques, dont les processions dansantes ont été représentées par Brueghel l'Ancien.


saint Wulfran

Saint Wulfran ou saint Vulfran, était de son vivant (VIIe-VIIIe siècle) archevêque de Sens. Ses reliques ont été déposées dans la collégiale gothique de Saint-Vulfran-en-Ponthieu, à Abbeville (Somme).


Notre-Dame d'Avioth (Meuse)

La magnifique basilique Notre-Dame d'Avioth se trouve dans le village du même nom, dans le département de la Meuse, où l'on conduisait «possédés obsédés, insensés, frénéticques et aultres troublés d'esprit».

A Avioth, il existe également une statue de Sainte Ursule du XVIème siècle devant laquelle était amenés les possédés et les fous. Le haut de sa tête se détachait et devait être appuyé sur le front des malades par le prêtre pendant que des prières étaient dites... (Jean Chevalier).


Notre-Dame des fous, à Escoeuilles (Pas-de-Calais)

Également dénommée Notre-Dame des Affligés, la vierge d'Escoeuilles fut, jusqu'en 1793, invoquée pour la guérison des aliénés.


Notre-Dame de Vassivière, en Auvergne

Le sanctuaire, à quelques kilomètres à l'Ouest de Besse-en-Chandesse (Puy-de-Dôme), aurait été bâti au XVIème siècle. La statuette de la Vierge Noire qu'elle abritait fut détruite sous la Révolution, et remplacée plus tard par une copie (conservée derrière le maître-autel de l'Eglise St-André, à Besse, elle est traditionnellement portée à la chapelle de Vassivière le 2 juillet, lors de la Fête de la Montée, et redescendue le dimanche suivant le 21 septembre, lors de la Fête de la Dévalade).
Les miracles qui s'y produisaient étaient essentiellement des guérisons de maladies graves. Parmi les miraculés, on relève plusieurs personnes souffrant de troubles que l'on considère depuis comme neuropsychiatriques. Ainsi, en 1551, un énergumène âgé de 25 ans «ayant un serpent dans le corps, qui le tourmentait sans cesse» fut conduit à la chapelle. Un terrible orage éclata: au bruit du tonnerre, et à la lueur des éclairs, l'homme tomba évanoui. Lorsqu'il se releva, il était guéri.
Nombre de paralysies vraisemblablement conversives y trouvent aussi guérison, au XIXème siècle encore: le 2 juillet 1842, la Supérieure des religieuses de la Miséricorde de Besse, paralysée d'un bras et d'une jambe et frappée de surdité, y est portée, se prosterne devant l'Image, et après une courte prière, se relève complètement guérie.


Michel Caire, 2007-2014
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