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SONN MAM
Phnom Penh (Cambodge) 29 octobre 1890 / Phnom Penh (Cambodge) 22 janvier 1966

Premier docteur en médecine et premier psychiatre indochinois, fondateur de la psychiatrie au Cambodge.


Fils de Luong Tipsena, mandarin au Palais et neveu de l'Okhna Douch, ministre de la Justice, Sonn Mam naît dans la trente et unième année du règne de Sa Majesté Norodom. Le royaume du Cambodge est alors sous protectorat français.

Après avoir obtenu le certificat d'études primaires supérieures, il se voit désigné en 1905 comme élève boursier du Protectorat à l'école de médecine de Hanoï. Diplômé en 1910, il exerce quelque temps au Cambodge, à Phnom-Penh puis à Vœunsai, Stung-Treng puis à Pailin, localités très éloignées de la capitale où il aurait été envoyé pour avoir protesté contre la révocation de son oncle.

Au début de la guerre de 1914-1918, il est engagé volontaire dans les troupes d'outre-mer, et découvre la France.

La paix revenue, Sonn Mam reprend ses études à la faculté de médecine de Paris, où il obtient le grade de docteur début 1925.

Deux ans auparavant, en avril 1923, il avait été nommé au concours de l'internat en médecine des asiles de la Seine. Il sera notamment interne
- à la Maison de Santé de Ville-Evrard (Docteur Paul Guiraud, avec qui il signe un article dans les Annales médico-psychologiques : « Délire systématisé avec hallucinations visuelles et considérations sur la psychologie des délires »),
- à l'Asile de Maison-Blanche (service du docteur Bonnet) de mai à octobre 1925, et
- à l'Asile Clinique (Sainte-Anne), service de l'Admission (Docteur Marcel Briand), où il avait été interne bénévole quelques années auparavant et apprécié par le médecin en chef :

« Je dois aussi mentionner les progrès réels en notre spécialité de M. Son [sic], interne bénévole, qui nous a été confié par M. le Ministre des Colonies, pour l'initier à l'étude des maladies mentales. Son bagage scientifique est, dès maintenant, assez volumineux pour qu'on puisse envisager avec confiance le moment où le Service pourra lui être confié au Cambodge, dont il est originaire. » [Rapport de M. le Docteur Marcel Briand, Médecin en chef du Service de l'Admission, 1921]



Reçu 2ème au concours du 25 avril 1927 de médecin des asiles, il est nommé médecin chef de l'asile de Leyme, dans le département du Lot.

Cependant, dès l'année suivante, il retourne en Indochine, où il est nommé médecin résident de l'important asile de Bien Hoa (Biên-hoà) jusqu'en 1930, puis médecin du service de triage des aliénés de l'hôpital de Choquan, près de Saïgon (Cho Quan, à Cholon). De 1930 à 1939, il est le médecin directeur de Biên-hoà.

Le docteur Sonn Mam prendra ensuite la direction de l'hôpital psychiatrique de Takhmau ou Ta Khmau (Kândal), près de Phnom-Penh (Cambodge), construit selon ses plans. Jusqu'en 1965, il en est le seul médecin, jusqu'à l'arrivée d'un médecin adjoint, le docteur Chamrœun Sam Eun, son successeur comme médecin directeur. L'établissement que Sonn Mam dirige de 1940 à sa mort, porta le nom de son fondateur jusqu'à sa disparition en tant que tel sous le régime de Pol Pot.

Outre ses activités d'enseignement à la Faculté Royale de Médecine de Phnom-Penh, dont il est le doyen de 1963 à 1965, Sonn Mam assume de hautes fonctions administratives et politiques : directeur du service de santé de 1945 à 1948, ministre de la santé publique de 1948 à 1952, ministre des affaires étrangères de 1950 à 1952, président du Conseil en 1950.



Michel Caire, 2011-2014
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