Conférences d'histoire de la psychiatrie

Docteur Michel Caire

De 2003 à 2007, ces conférences se sont tenues à l'École Pratique des Hautes Études (Paris Sorbonne), IVème section (Sciences historiques et philologiques) où nous avons succédé au docteur Michel Gourévitch comme chargé de conférences (Directeur d'études : Madame Danielle Gourévitch).

Le résumé des séances peut être consulté ci-après. Le texte du résumé des séances 2003-2004 , 2004-2005 et 2005-2006 a également été publié dans le Livret-Annuaire (accessible en ligne sur le site de l'École).


Depuis la rentrée 2007, nos conférences se tiennent à la Bibliothèque Inter-Universitaire de Médecine
(12, rue de l'Ecole de Médecine - 75006 PARIS), dans le cadre des JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Les sources de l'histoire de la psychiatrie aux Archives Nationales
École Pratique des Hautes Etudes (Paris Sorbonne)
Résumé des Conférences 2003-2004


La première séance est consacrée à une présentation générale des archives nationales, et une illustration de ce que peut nous apporter ce "retour aux sources", à partir de la notion de résipiscence.

Sont en préambule présentés tour à tour :
- des notions sur les archives publiques, les "Archives de France", les "Archives nationales" (A.N.) et les "Archives des collectivités locales" (départementales, communales et hospitalières).

- les divers "fonds" des A.N. : fonds publics (essentiellement les sections ancienne, moderne, contemporaine) et fonds divers (minutier central, archives personnelles et familiales, archives d'entreprises, de presse, d'associations, documents spéciaux : cartes et plans, archives imprimées, sceaux), et la définition des trois "sections", leurs "séries" et "sous-séries", les articles, dossiers et pièces.

- les règles de communication

- les ouvrages d'aide au chercheur : "État général des fonds", instruments de recherche (Etats des inventaires, guides par fonds ou par thèmes : catalogue, répertoire numérique, inventaire analytique ou semi-analytique, "inventaire sommaire"), fichiers.

Les questions méthodologiques d'une recherche sur la médecine et les sciences sociales sont ensuite abordées, avec ses difficultés : absence de série (dans chacune des trois sections) qui regrouperait les documents concernant la psychiatrie, qui sont disséminés dans des cartons au contenu parfois très hétérogène, absence de catalogue, de répertoire, de classement méthodique et systématique.

Au cours de cette année où nous nous proposons d'étudier quelques séries, dont plusieurs sont encore incomplètement inventoriées, et méconnues des historiens chercheurs de la psychiatrie, nous aurons souvent l'occasion de citer d'autres dépôts d'archives parisiens : archives de la Préfecture de Police, archives de l'Assistance Publique, département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, Bibliothèque de l'Arsenal (où sont conservées les Archives de la Bastille), Archives de Paris (regroupant archives du département de la Seine et archives municipales de la ville).

Selon le cas, en fonction du thème, nous serons amenés à passer d'un fonds à un autre, d'un dépôt à un autre. Par exemple, étudier le rôle de la lieutenance générale de police sous l'Ancien Régime nécessite d'analyser et de confronter des pièces déposées, entre autres, aux Archives Nationales, à la bibliothèque de l'Arsenal, aux Archives de la Préfecture de Police et au département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale.

Pour illustrer l'importance de l'archive dans le travail de l'historien, nous avons retenu la question de la résipiscence.
Michel Foucault (dont les cours au Collège de France 1973-1974 ont été très récemment édités sous le titre "Le pouvoir psychiatrique" Gallimard, Seuil, 2003) a présenté cette "résipiscence" comme l'un des buts ordinaires de l'internement à l'Age Classique qui “ne peut avoir d'autre fin que la correction” (Histoire de la Folie à l'Âge Classique, 1961) : l'idée de pénitence purificatrice et forcée aurait été justifiée par l'amalgame entre la folie et la faute, entre la maladie et l'impureté, entre la déraison et le péché, réunion qui, elle-même, serait née de l'expérience de l'internement.

Après quelques rappels étymologiques et sémantiques ("se remettre", "revenir à soi" ou "se repentir", reconnaître sa faute), il est proposé plusieurs pièces conservées dans la série Y des A.N. montrant que le souci de rédemption et la préoccupation morale sont incontestablement très secondaires, sinon absents des motivations de l'internement des aliénés d'esprit.
Au-delà de cette question est abordée celle de la valeur significative des "formules juridiques" de l'internement, en particulier au regard de la médicalisation du "traitement" auquel les fous sont soumis dans les Hôpitaux généraux d'Ancien régime.
Le but de la réclusion se réfère en général et en principe aux soins, aux remèdes et aux secours, et le terme à la guérison, au rétablissement de la santé.


Après avoir évoqué les séjours dans les établissements d'Ancien Régime, est abordée la question du sort des malades mentaux hospitalisés sous l'Occupation, deux études dont la méthodologie diffère en bien des points du fait de la nature des sources et des conditions de leur accès notamment (section moderne des Archives Nationales, archives hospitalières, archives départementales et municipales, Bibliothèque Administrative de la Ville de Paris).
L'hécatombe par carence dans les institutions fermées en France entre 1940 et 1944 a fait l'objet d'un colloque récent (Lyon, novembre 2003) où nous avons exposé les résultats d'une recherche sur l'hôpital psychiatrique de Maison-Blanche.
Plusieurs des documents utilisés proviennent des Archives Nationales, sous-série F23 : Archives de l'Inspection générale du Ravitaillement ; Sous-série F22 : Travail et sécurité sociale ; Sous-série AB XIX.


Une séance s'attache à l'étude des archives les plus anciennes : plusieurs séries des fonds publics de l'Ancien régime contiennent des pièces datant du Moyen-Âge qui se rapportent à notre sujet : parmi elles, les séries H (Administrations locales et comptabilités diverses, dont la sous-série H5, Établissements religieux), K (Monuments historiques), L et LL (Monuments ecclésiastiques) et les séries J et JJ (Trésor des Chartes).

- Quelques documents sont commentés, concernant l'Hôtel-Dieu de Paris au 1er tiers du XVIème siècle (soit avant l'ouverture de l'Hôpital des Petites-Maisons aux fous, en 1557, et celles de Saint-Lazare et de la Charité de Charenton au cours du siècle suivant) : comptes (où l'on apprend par exemple le prix d'une "couche close" fabriquée pour une femme "en frenaysie"), inventaires (en particulier de linge, où l'on trouve mention de "rez" pour les insensés), description des salles (un rapport conclut à la nécessité de leur aggrandissement)

- D'autres pièces intéressant l'histoire des pèlerinages de fous entre le XIIIème et le XVIème siècle (notamment saint Varain, saint Hildevert, saint Sever et saint Mathurin) seront présentées ultérieurement.

- Les séries J et JJ (pour l'essentiel les Archives de la Chancellerie) comportent de nombreuses "Lettres de grâce" (rémission, abolition, commutation) au bénéfice de "frenaisieux" et autres "forsenés", et permettent de connaître la réponse sociale et judiciaire aux questions de responsabilité, de punissabilité des fous avant la Renaissance.

Pour illustrer l'intérêt des lettres de chancellerie, et après avoir rappelé les procédures de recours en grâce (et tout particulièrement le rôle du Garde des Sceaux comme chef de la justice répressive, en relation avec le procureur général au Parlement de Paris) est lu et commenté un document conservé dans la série J et intitulé "Apprise sur les causes du suicide de Philippe Testard" suivie de l'arrêt de la Cour daté du 25 mars 1278.

Il s'agit de l'interrogatoire des membres de l'entourage d'un vieil homme mort par suicide l'année précédente. La procédure a pour but de déterminer s'il était “frénésieus” lors de l'acte et s'il doit donc en être absout.

Cette lecture offre l'occasion d'étudier certains termes ("estre hors dou sens", "forsenerie", etc.), la sémiologie et les causes supposées, proches et lointaines (antécédents familiaux, influence de la lune, excès de chère et de vin, âge très avancé, etc.) de la pathologie mentale.

La séance suivante débute par la lecture commentée de quatre lettres de grâce du souverain (série JJ) datant du règne de Philippe VI de Valois.
L'une, de 1347, concerne un homme qui a tué sa mère d'un coup de bâton et dont la démence a été reconnue : ses amis devront en assurer la garde afin "qu'il ne puisse faire ne perpetrer aucuns autres deliz par deffaut de garde".
Une autre lettre, de 1349, est accordée à une femme "yssue de son bon sens" à la mort de son mari, et qui a battu à mort l'un de ses enfants.
La même année, un jeune homme de quinze ans "ydiote, si comme l'on dit" est absout du vol de six moutons. Enfin, en 1350, un vieillard "hors de son sens et memoire" qui a tué sa femme est confié à la garde de ses enfants.

Puis, poursuivant dans l'ordre chronologique et dans le domaine judiciaire sont abordées les séries dites judiciaires de la section ancienne des Archives nationales : les séries X (Parlement de Paris), Y (Châtelet de Paris et prévôté de l'Ile-de-France) et Z (Juridictions spéciales et ordinaires). La série BB (Ministère de la Justice) et certaines de ses trente sous-séries seront étudiées ultérieurement.

Les trois séries judiciaires permettent de réexaminer plusieurs questions évoquées précédemment : responsabilité, capacité, suicide notamment. Les plus anciens des 26.800 articles de la série X sont des registres datant du XIIIème siècle.
Le fait de considérer que la personne en démence ne saurait relever du droit criminel a deux implications, l'une sur le plan de la procédure (suspension ou classement sans suite des poursuites), l'autre du point de vue de sa responsabilité (non imputabilité personnelle).

Au sujet de la responsabilité pénale sont rappelées les dispositions du Code Pénal de 1810 (article 64) et du Nouveau Code Pénal qui l'a remplacé (loi du 22 juillet 1992, articles 121 et 122). Le bénéficiaire de ce principe reste civilement responsable, et peut être tenu de réparer les torts occasionnés.
Il en était de même sous l'Ancien Régime en France, à quelques différences près, ce que précisent quelques documents dont il est fait lecture : articles des traités de J.-B. Denisart, de l'Instruction criminelle de Muyart de Vouglans, Ordonnance criminelle de 1670 et son commentaire par D. Jousse. L'attestation des "faits justificatifs", la preuve de l'"homicide casuel" (Domat) sont quelquefois affaire de médecine : un "Rapport de visite" (publié par A. Lebigre et A. Laingui) du médecin et du chirurgien du Châtelet (série X) est lu et discuté.

Puis sont abordés les quelques crimes "inexcusables" dont leur auteur, fut-il dément, est toujours puni. Quelques condamnations de fous pour sacrilège et crime de lèse-majesté humaine ont été rapportés par Denisart (et ne sont pas propres à la France : voir par exemple Blackstone).


Comme il a été fait pour la question de responsabilité, les procédures judiciaires actuelles de protection des "incapables majeurs" sont décrites (loi du 3 janvier 1968 : tutelle, curatelle, sauvegarde de justice), ainsi que les dispositions précédentes (code civil de 1804 (titre XIème), article 31 de la loi du 30 juin 1838).

Qu'en était-il sous l'Ancien Régime? Il existe une réglementation, connue par des sources imprimées (Domat, Denisart, etc.) et des sources manuscrites, dont nous étudions deux ensembles : les archives du Parlement civil (série X, sous-série X1) et les archives du Parc civil du Châtelet de Paris (série Y).

La législation française s'inspire ici aussi du droit romain. Trois documents de la sous-série X1, datés de 1317, 1320 et 1460 font référence à une curatelle, pour un "ydiote", un fou furieux et une "insensée et débilitée d'entendement".
L'étude des actes faits en l'hôtel du lieutenant civil (série Y) illustrent l'application pratique de la procédure d'interdiction (dossiers individuels classés par ordre alphabétique et chronologique). Ils concernent des personnes majeures interdites pour raison de "démence, fureur, dissipation ou prodigalité".

Plusieurs dispositions sont décrites : l'avis médical (facultatif), l'avis de l'assemblée des amis et parents (systématique), l'interrogatoire de l'intéressé (obligatoire, effectuée par le lieutenant civil), le rôle du procureur du roi et de la Chambre du conseil. Selon le cas, le lieutenant civil nomme un curateur à l'interdiction, un conseil, ou parfois rejette la demande. Il a également le pouvoir de placer le malade protégé dans une maison spéciale. Quelques particularités : le majeur protégé conserve certains droits, le mari ne peut être curateur de son épouse, les curateurs des "fous par intervalles" n'exercent leur fonction que "pendant la démence".


Une séance est consacrée aux diverses modalités de "placement" des fous sous l'Ancien régime.
Il est rappelé qu'il n'existe alors ni procédure spécifique, ni établissement exclusivement réservé aux fous, ni service ou personnel spécialisé (bien que quelques personnes y consacrent l'essentiel de leur activité). Plusieurs autorités sont susceptibles d'intervenir dans la décision. Sauf exception, la sortie éventuelle dépend de l'autorité qui décide de l'admission.

Deux instances supérieures (le pouvoir royal, c'est-à-dire le roi et le ministre de sa Maison, et la justice, représentée par le procureur général du Parlement de Paris) ont autorité sur le Châtelet et ses lieutenants (dont le rôle dépasse de beaucoup la simple exécution des ordres supérieurs).

Ainsi, l'étude des mesures de contrainte envers les aliénés d'esprit relève de plusieurs séries et sous-séries des archives nationales : O1 (Maison du roi), Y (Archives des commissaires, du lieutenant civil et du lieutenant criminel), X1 (Parlement civil) et X2 (Parlement criminel), des archives dites "de la Bastille" conservées à la Bibliothèque de l'Arsenal (lieutenance générale de police), et d'autre part des archives du procureur général (fonds Joly de Fleury conservé à la Bibliothèque nationale).

Chacune des procédures, chacun des "ordres" (ordre du roi, ordonnance de police, sentence d'interdiction, ordre d'admission aux Petites-Maisons, jugement d'une cour de justice), des acteurs (roi, ministre de la Maison du roi, lieutenant général de police, commissaires-enquêteurs-examinateurs, lieutenant civil, cours de justice : Parlement, Prévôté, Présidial, etc.), des établissements de réclusion (Hôpital général, Saint-Lazare, Charités de Charenton et de diverses provinces, Bastille, Vincennes, maisons de santé privées) sont passés en revue.


Après une description générale de la très importante série F est abordée l'étude de la sous-série F7 (police générale), qui permet de dresser un tableau des relations entre "folie et ordre public sous la Révolution".

Parmi les sources complémentaires utiles:
Aux Archives nationales, la série AF : archives du pouvoir exécutif 1789-1815, dont AF*II : Registres de mandats d'arrêt du CSG et du CSP. La sous-série F16 : prisons. La série W (Juridictions extraordinaires, dont le Tribunal Révolutionnaire institué le 10 mars 1793).
Aux Archives de la Préfecture de police (Paris), la série Aa dite "archives historiques" (procès-verbaux des commissaires de police des sections) et la série Ab (livres d'écrou).

Après avoir placé dans un organigramme schématique les organes en charge de l'ordre public à Paris de 1793 à 1795 (Convention Nationale-Comité de sûreté générale-ministère de l'intérieur-commissaires de police de sections-observateurs, Comité de salut public-Tribunal Révolutionnaire, Commune de Paris-Département de police-surveillants, Comités de surveillance et révolutionnaires de section, Département de la police régénéré-Commission de l'Administration Civile, Police et Tribunaux) sont étudiés plusieurs dossiers du Comité de sûreté générale (série alphabétique : F7 4577 à 4775) concernant des aliénés d'esprit.

L'un de ces dossiers concerne l'annulation d'un jugement du tribunal criminel pour démence, état qui exclut "tout discernement pour apprécier la moralité de l'acte et par conséquent toute criminalité" en 1795 (décision du Comité de législation, en vertu de la loi du 6 floréal an III).
D'autres sont parcourus, au sujet d'un homme renvoyé de comité en comité, d'une noble admise sur certificat d'un chirurgien en maison de santé rue cy-devant des Martyrs, de deux fous admis en 1794 et 1795 à l'Hôtel-Dieu.
Deux dossiers traitent de malades de l'Hôtel-Dieu transférés à Bicêtre : l'un dont le certificat est signé Bosquillon, un autre maintenu "les fers aux mains et aux pieds" bien que guéri, car relevant du Tribunal révolutionnaire, ce qui justifie les protestations de la cheftaine de la salle surencombrée. Deux dossiers de 1795, l'un d'une malade de la Salpêtrière (visite et interrogatoire effectués par un commissaire de section, avis de la "première surveillante", de l'économe et du sous-économe), l'autre d'un malade de Bicêtre (l'économe de la détention demande, vu son état de fureur clastique, qu'il passe aux fous, et présente à l'appui de sa demande une "attestation" du médecin des infirmeries, Philippe Pinel).

La séance se termine par la lecture de l'échange de correspondance entre Jean-Baptiste Pussin et la Commission de l'Administration Civile en brumaire-frimaire an III, document publié par A. Tuetey, cité par M. Foucault, repris et commenté par Jacques Postel dans son ouvrage : Genèse de la psychiatrie : les premiers écrits de Philippe Pinel.


Une séance est réservée à l'histoire -et à l'historiographie- de la célèbre maison Belhomme, avant, pendant et après la Révolution, à son maître de pension, ses pensionnaires, ses médecins et chirurgiens (sources : séries et sous-séries Y, DV5, W, AFII, C, F7, F15 et F16 des A.N., Séries Aa, Ab et Eb des Archives de la Préfecture de police).

À partir de documents de la sous-série F17 (complété par des documents de la sous-série AJ 16) sont présentés une méthode secrète de traitement de la folie à la fin du XVIIIème siècle et son inventeur : Jean-François Dufour, chirurgien, docteur en médecine, auteur de l'"Essai sur les opérations de l'entendement humain et sur les maladies qui les dérangent" (1770).

La documentation rassemblée permet de suivre les démarches de l'inventeur, de 1777 à 1802, pour expérimenter sa méthode (dans une maison de santé rue des Postes à Paris, puis dans une maison particulière rue de Sèvres), en faire reconnaître les mérites et obtenir une compensation financière de ses efforts : adresses ou renvois au Comité de liquidation (1790), au Comité de Salubrité (1791), au Comité d'Instruction publique (1793), au Bureau de Consultation des Arts et métiers, à la Commission de Santé (1794), de nouveau au Comité d'Instruction publique (1794), compliqués par les changements politiques et les réformes successives : Loi Le Chapelier du 14 juin 1791, lois du 18 août 1792 et du 8 août 1793.

Au long de ce parcours semé d'obstacles seront rencontrés le lieutenant général de police Lenoir, Tristant, économe de Bicêtre, l'abbé Cochin, Gaulard et Brun, médecin et chirurgien de l'Hôpital Général, Desessarts et Cosnier, docteurs régents désignés pour juger de la méthode, le ministre Necker, le ministre de l'Intérieur Paré, le futur baron Antoine Dubois.


Une séance est vouée à la présentation de la très importante bio-bibliographie de Philippe Pinel intitulée : "Comprendre et soigner. Philippe Pinel (1745-1826). La médecine de l'esprit" (Fayard, 1999) dont l'auteur, Madame Dora WEINER est professeur à l'Université de Californie à Los Angeles, et de plusieurs documents inédits signés de la main de l'illustre médecin : rapport sur une institution pour le traitement de la peste, sur un mémoire relatif à l'immortalité, le traitement des fièvres intermittentes, un remède contre la teigne, trois autres contre l'épilepsie, une demande de poste de surveillante d'un hospice d'aliénés.


Les deux dernières séances sont consacrées à la série BB, archives du ministère de la Justice, et sa sous-série BB18, "Correspondance générale de la direction des affaires criminelles et des grâces" dont un bureau est en charge de "tout ce qui est soumis à l'action ou confié à la surveillance du ministère public".
De cette division dépend donc en particulier le contrôle judiciaire des établissements psychiatriques.

Les inventaires de cette sous-série en révèlent la richesse : rapports annuels des procureurs généraux sur les asiles de leur ressort, compte-rendus des visites des magistrats, pièces relatives à des affaires fort variées : lettres incohérentes ou insolites, plaintes émanant de "plaignants d'habitude", concernant des problèmes imaginaires ou délirants (obsession anticléricale, persécution par la démocratie) et d'autres, non moins graves, tels que mauvais traitements et sévices, internement abusif, etc.
Des dossiers traitent de décès suspects en asile d'aliénés puis hôpitaux psychiatriques (à la suite de douches, de bains trop chauds, de coups, etc.), d'emploi abusif de maillot de force..., de désaccords entre l'autorité militaire, la justice pénale, l'administration préfectorale, des interventions de la Ligue des droits de l'homme, etc.


Deux extraits ont pu être consultés par dérogation aux règles de communicabilité des archives publiques (qui sont rappelées, ainsi que la procédure à suivre et les conditions restrictives de la communication et de la publication des documents).
Le premier concerne des visites "d'asiles d'aliénés" entre 1940 et 1944, effectuées en vertu de l'article 4 de la loi du 30 juin 1838 (ce contrôle judiciaire étant aujourd'hui régi par les articles L.332-2 et -3 de la loi du 27 juin 1990.
L'autre a trait à des "décès à l'asile d'aliénés de Toulouse semblant causés par la dénutrition" en 1941.
Ces deux documents offrent l'occasion de compléter l'étude proposée en début d'année, et de révéler une source jusqu'alors non exploitée à notre connaissance sur l'hécatombe par carence dans les hôpitaux psychiatriques français sous l'Occupation.

 

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Les sources de l'histoire de la psychiatrie aux Archives Nationales
École Pratique des Hautes Etudes (Paris Sorbonne)

Résumé des Conférences 2004-2005



Après évocation de la disparition récente du professeur Georges Lantéri Laura, médecin chef honoraire de Charenton, ancien directeur d'études à l'EHESS – et qui siégea dans notre jury de thèse- et rappel du cadre de nos conférences, le programme de l'année est succinctement présenté, en cinq parties : pièces de la série Y, de la série BB, de la série F, documents iconographiques, et étude du vocabulaire de la psychiatrie dans La Farce de Maître Pathelin.


1- Lecture commentée d'un procès-verbal de démence dressé par un commissaire au Châtelet en décembre 1670, pour un homme présentant de graves troubles comportementaux, tenant des "discours sans suite et sans raison" et proférant des blasphèmes extraordinaires. L’intéressé est examiné par le commissaire, tandis que sa femme, ses voisins et amis font une déposition. Sa fureur rendant la garde à domicile impossible, il est conduit dans la maison d'un maître en chirurgie nommé Pierre Monniot, qui travaille à guérir ces sortes de malades. Il en est aussitôt référé au Lieutenant général de Police de la Reynie, premier titulaire de cette charge créée trois ans auparavant.
Existaient alors à Paris pour les fous l'hôpital des Petites-Maisons, l'Hôpital-Général, pourvu depuis 1660 " d'un lieu pour enfermer les fols et les folles ", la Charité de Charenton, qui accueille ses premiers insensés vers 1670, une trentaine d'années après son ouverture.
On sait que les aliénés d'esprit peuvent être confiés à des chirurgiens, habiles à pratiquer l'une des principales méthodes de traitement: la saignée. Ainsi une demoiselle Chalandos, qui "a l'esprit entièrement perdu" est en 1692 placée "sous la garde d'un maistre chirurgien" nommé de Bignon. Les deux plus anciennes maisons de santé privées connues recevant des fous sont quelque peu postérieures au procès-verbal présenté: celle de Nicolas de Blegny, ouverte en 1690, et l'hospice dit de Saint-Siméon-Salus.
Rappelons encore qu'en cette même année 1670 est promulguée une Ordonnance criminelle qui confirme le principe hérité du droit romain de l'irresponsabilité pénale du fou.
Il ne sera donc pas poursuivi pour ses blasphèmes, crime de lèse-majesté divine (l'Ordonnance du 28 janvier 1681 prévoit que le condamné aura la langue percée, mais, du fait de sa sévérité, la loi fut peu appliquée).


Présentation de documents de la série Y glanés lors de la préparation de notre thèse, où sont rencontrés
Jacques Tenon, qui fait une déclaration pour blessure;
Jean-Louis Baudelocque, qui dépose après décès en post-partum d'une femme à laquelle il avait donné ses soins;
Antoine-Quentin Fouquier de Thinville, victime d'un cambriolage en son domicile de la Vieille rue du Temple en 1785;
Louis Sébastien Mercier, qui porte plainte en mars 1786 "contre le S. Charles Mercier son frere" qui a abusé de son hospitalité et de sa confiance;
Paul-Joseph Barthez enfin, accusé de viol par une jeune domestique. Monsieur De Barthès est alors Chancelier de l'Université de Montpellier et Premier Médecin du Duc d'Orléans, membre de l'Académie des Sciences. Le crime, passible de la peine de mort s'il est commis envers une vierge, est puni avec plus ou moins de rigueur suivant la qualité de l'auteur et de la victime. A la suite de G. Vigarello (Histoire du viol. XVIIe-XXe siècle. Paris, 1998), est évoqué le duc de Fronsac, accusé en janvier 1768 d'enlèvement et de viol, et soupçonné d'utiliser un fauteuil mécanique où la victime est ligotée. La même année a lieu "l'affaire d'Arcueil" où Sade fait subir des sévices à sa domestique, enfermée, dénudée, fouettée. Barthez, l'un des pères du Vitalisme devint plus tard membre de l'Institut et médecin consultant de l'Empereur.


2- Plusieurs séances sont consacrées à la série BB (ministère de la justice), qui compte 35 sous-séries dont la BB18: Correspondance générale direction générale des affaires criminelles et des grâces. Cette division est chargée de "tout ce qui est soumis à l'action ou confié à la surveillance du ministère public", donc ce qui concerne les établissements psychiatriques.
Deux documents datent de la Restauration, d’autres de 1906-1927 (consultés par dérogation à la règle des 100 ans):


- Le pèlerinage de Saint-Colomban.
Le dossier a trait un "acte d'inhumanité et de barbarie commis sous le voile de la religion" à Locminé, Morbihan, où les fous sont au cours de leur neuvaine enchaînés dans un caveau de la chapelle de Saint-Colomban, en contravention aux articles 341, 342 et 343 du code pénal (arrestations illégales et séquestrations de personnes).
Les pièces présentées, en date d'août et septembre 1818, témoignent d'un profond désaccord entre l'évêque de Vannes et les représentants de l'État: procureur général en la Cour de Rennes, Garde des Sceaux et ministre de l'Intérieur, qui donnera l'ordre de la fermeture du caveau.
Est également discutée la question du lien entre interdiction et séquestration des fous.


- Frère Hilarion à Paris.
Au cours de la période 1789-1838 " va se créer une jurisprudence de fait qui aura pour siège Paris, pour source les pratiques de l'Ancien Régime, pour auteurs les préfets de police et pour consécration la loi de 1838, qui étendra à tout le territoire national cette pratique parisienne. " (M. Gourévitch, "La législation sur les aliénés en France, de la Révolution à la monarchie de Juillet", in: Nouvelle histoire de la psychiatrie, sous la direction de J. Postel et Cl. Quétel).
Ce que confirment les documents relatifs à la création en mai 1827 de deux maisons de santé pour aliénés à Paris par Joseph Tissot, dit frère Hilarion, personnage haut en couleur de l'histoire de la psychiatrie française. Un lien peut en effet être établi entre cette affaire et la réglementation des "internements" psychiatriques, de l'Ordonnance relative aux Maisons de Santé du 9 août 1828 à la loi de 1838.
Apparaissent aussi dans ce dossier le comte de Martignac, le comte Joseph Portalis et Louis-Marie Debelleyme, nommés respectivement ministre de l'Intérieur, ministre de la Justice et préfet de police en janvier 1828.

Le contexte législatif et réglementaire est évoqué: la loi des 16-26 mars 1790, le décret des 16-24 août 1790 sur l'organisation judiciaire et son article 3 du Titre XI, la loi du 19-22 juillet 1791 relatif à l'organisation d'une police municipale, la loi de ventôse (10 mars 1803) sur l'exercice de la médecine, le Code civil de 1804, et le Code pénal de 1810 et son article 341, section V déjà cité.

Principales étapes de la biographie de frère Hilarion, de Charenton où il est soigné par Esquirol, à la Trappe d'Aiguebelle, où il découvre la vie de saint Jean-de-Dieu et prend le nom de frère Hilarion, sa rencontre avec Paul de Magallon, au printemps 1819, avec qui il décide de restaurer l'Ordre de la Charité. Il sert les aliénés à l'hôpital Saint-Lazare de Marseille, puis, entre 1821 et 1827, fonde neuf hospices ou asiles d'aliénés en Lozère, dans l'Ain, le Rhône, le Nord, en Bretagne et en Auvergne, en Corrèze.
En mai 1827, Hilarion décide de recevoir des idiots et aliénés à Paris, et de former des frères. Il ouvre une maison rue Saint-Hippolyte, une autre rue de la Glacière. Deux visites effectuées par un commissaire de police et des médecins attachés à la préfecture de police (août 1827 et janvier 1828) révèlent de graves anomalies: absence "de toutes les mesures de sûreté", défaut de soins et manque d'hygiène, évasion, séquestration d'une fille saine d'esprit, suspicion d'exercice illégal de l'art de guérir...
L'administration peut-elle légalement faire fermer un tel établissement ?
Apparaît une lacune juridique: rien n'oblige à une autorisation préalable de l'administration de police, qui a en revanche mission de faire séquestrer les fous et de surveiller les lieux où ils sont enfermés. Mais ce droit de surveillance ne lui donne-t-il pas celui d'y faire exécuter les mesures d'ordre et de prévoyance, et de fermer ceux qui ne les respectent pas ?
D'autant que la loi de 1791 lui donne droit de prendre des mesures et faire des arrêtés sur tous les objets que la loi de 1790 confie spécialement à ses soins. Elle peut en outre refuser d'ordonner la détention des insensés dans les maisons non autorisées, et donc mettre leurs propriétaires dans le cas d'être poursuivis criminellement.
Cette affaire est à l’origine de la promulgation de l’Ordonnance du 9 août 1828, qui inspire les législateurs de 1838. D’autre part, une information est ouverte contre Tissot.
Le dossier étudié ne renseigne pas sur l'issue de la procédure, ni sur le devenir des maisons.
On sait qu'Hilarion fonde deux ans plus tard (1830) l'asile de Clermont-Ferrand (Puy de Dôme), qui ne pourra cependant subsister faute de ressources, comme l'année suivante l'asile de La Cellette (Corrèze). Leyme (Lot) semble être en 1835 la dernière réalisation de cet étonnant personnage.

M. le docteur Gourévitch présente ensuite des documents des Archives de la Préfecture de Police concernant Tissot et une maison religieuse qu'il a fondé rue des Postes.


- Enquêtes et rapports sur les asiles d'aliénés 1906-1927.
Ces affaires ayant été portées devant une juridiction, la consultation des documents a nécessité une dérogation (règle des cent ans après clôture de la procédure) :
mauvais traitements (art. 309 et 311 du Code Pénal) à l'asile de Naugeat en 1904-1906 ;
séquestration illégale (article 8 de la loi de 1838) dans la maison de santé de Fontenay-sous-Bois en 1924 ;
évasion d'une pensionnaire et ses suites à Leyme 1908 ;
plaintes de malades du pensionnat de Ville-Evrard en 1911 ;
"incidents et réclamations" de malades du quartier de sûreté pour aliénés criminels de Hoerdt (Bas-Rhin) en 1924-1925.
Dans cette dernière affaire est mise en cause l'utilisation dans un but disciplinaire ou punitif de la méthode des draps humides ou enveloppement humide (invention de Priessnitz, qui inspirera la méthode des packs ou packing).


3- Deux cartons intitulés "Statistique des aliénés" pour les années 1859 et 1860 sont présentés.
Le système asilaire est alors bien en place, une vingtaine d'années après la loi de 1838, sous ce Second Empire dont la grande innovation concernera le département de la Seine: la Commission Haussman-Girard de Cailleux de décembre 1860 décide de la création de Sainte-Anne et de ses asiles satellites.
La France d'alors compte 87 départements, dont 28 n'ont pas d'établissement. Dans les 59 autres, 96 établissements reçoivent des aliénés: 56 publics et 40 privés, dont 12 à Paris et 5 à Lyon.

Deux types de tableaux statistiques sont adressés chaque année par les directeurs d'établissements publics et privés au Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, dont dépend le Bureau de la Statistique Générale de France: un premier, dit "tableau A", par département, signé par le préfet présente les statistiques générales; un autre, le "tableau B", décomposé en trente "tableaux", donne des renseignements sur l'âge, l'état civil, l'instruction, la profession, le mois de l'admission des aliénés, les causes présumées de l'aliénation, etc.
Deux rubriques permettent au médecin de préciser les "occupations" offertes aux malades, et de "décrire la méthode curative employée dans l'établissement". Ces statistiques, qui incluent ce qui deviendra le rapport d'activité annuel, témoignent de l'intérêt nouveau porté à la prévalence et à l'incidence des maladies mentales.
Les "espèces" de maladies mentales proposées dans le formulaire passent de six à trois de 1859 (monomanie, lypémanie, manie, démence, idiotie et crétinisme) à 1860 (folie ou aliénation mentale proprement-dite, idiotie, crétinisme).
Une particulière attention est portée aux occupations et à la méthode curative en usage, les définitions et la place du traitement moral près de 45 ans après la mort de Pinel dans l'arsenal thérapeutique, notamment dans les établissements privés de la Seine: les trois maisons de santé du quartier de la Santé et de la Glacière: Bonnemain, Faultrier et Florent Pinel; la maison Esquirol à Ivry, le Château de Saint-James dirigé par Casimir Pinel, Passy et Emile Blanche, les maisons de Brierre de Boismont et de sa fille Rivet de Boismont, les maisons Marcel-Sainte-Colombe et Reboul Richebacques et Archambault.


4- Présentation des dix peintures conservées à la Bibliothèque Henri Ey de l'hôpital Sainte-Anne (Paris), signées Neuburger, 1935 (objet d'une communication au VIe Congrès de l'European Association for the History of Psychiatry en septembre 2005), représentant des méthodes de contention et de traitement des fous au début du XIXe siècle (machines rotatoires, bains de surprise, etc.), période marquée par l'activisme thérapeutique, l'inventivité et la sophistication des procédés classiques.

Cinq vues de moyens de coercition.
Un homme enchaîné dans un cachot, peinture inspirée -comme le Angekettete Kranke mit Tollriemen de Kraepelin, 1918- de la gravure de A. Tardieu reproduite dans "Des maladies mentales" d'Esquirol, 1838 et elle-même inspirée du portrait dessiné par G. Arnald, témoin oculaire. William Norris enchaîné dans une cellule de l'asile londonien de Bedlam, visité en 1814 par une commission d'enquête parlementaire, et attaché ainsi depuis douze ans.
Un homme couché dans un panier de force en osier, inspiré de la gravure publiée par Kraepelin, 1918, utilisé à l'asile de Charenton au début du XIXe siècle comme l’attestent deux témoignages.
Un homme maintenu sur un lit dit de force ou de contention. Un homme enfermé dans une caisse verticale en forme d'horloge, invention attribuée par les Anglais au Saxon Heinroth et appelée par les Allemands "cercueils anglais".
Un homme portant une cangue en osier, système relèvant du même principe que la camisole, un progrès par rapport aux systèmes de contrainte fixes.

Cinq représentations d’inventions à visée thérapeutique.
U n pont traversant une pièce d'eau, un kiosque en son milieu, d'où le malade tombe brusquement dans l'eau (Brücke mit Tauchbad de Kraepelin, 1918), installation inventée et construite par Joseph Guislain, inspirée du bassin avec appareil à bascule construit par l'aliéniste Francis Willis.
Trois peintures représentent des appareils rotatoires et oscillatoires, méthodes mécaniques de traitement moral et physique (action vagotonique) imaginées dans les années 1760-1780 et utilisées essentiellement au Royaume-Uni, en Allemagne et en Belgique dans la première moitié du XIXe siècle: lit rotatoire (Drehbett de Kraepelin), tour (un modèle a été fabriqué par Guislain à Gand et reproduit dans son ouvrage de 1826), tourniquet à secousses.
La roue creuse ou treuil à tambour, où l'aliéné est enfermé, inventé par Reil et Hayner (Das Hohle Rad, ou Drehrad) et utilisé dans les pays germaniques au début du XIXème siècle.


5- Histoire générale des thérapeutiques psychiatriques (iconographie).
E xtraction de la pierre de folie et nef des fous, pèlerinages, exorcisme, purges, saignées, hydrothérapie, bains de surprise et machines rotatoires.
Période de la médicalisation des asiles : clinothérapie et bains permanents.
Premiers traitements biologiques spécifiques et efficaces: malariathérapie, méthodes de choc (cure de Sakel, convulsivothérapies), psychochirurgie, psychopharmacologie.
Psychothérapies (magnétisme animal, hypnose, psychanalyse).


6- Le 17 mars 2005 s’est tenu au cours d'une séance commune avec Mme D. Gourévitch un mini-colloque sur "Le vocabulaire de la psychiatrie", avec P. Clervoy (Emile Littré et les premiers mots de la psychiatrie), M. Gourevitch (Psychiatrie sans vocabulaire), P. Issembert (Folie, foi et kabbale), F. Le Blay (Lorsque l’idiosyncrasie remplace les tempéraments : histoire d’une définition physiologique de l’individu) et J. Postel (Les testaments d’un excentrique).

Notre contribution a porté sur La Farce de Maistre Pathelin, sous le titre “... s'il n'est fin fol, ou il afolle” : bref résumé de cette Farce composée entre 1456 et 1469, suivi d'une étude étymologique et philologique du vocabulaire de la folie et de la sottise: fou et fol (et son antonyme: saige), fol naturel, sot, beste, becjaune, Guillaume, coquars, cornard, babouyn, ebobis, esbaubely, nice, "ung bien divers hommes"; esservellé, sans cervelle. Resverie, folie, frenaisie; avisions; "le mal saint Mathelin" (Mathurin); cocardie, cornardie, nicetté, verve. Afoller (s'); assotter (s'), assotir (s'); errer; resver, desver, desvoyer (quitter la bonne voie); être forcené, hors du sens (perdre le bon sens, la bonne direction); depiecer l'entendement, "couvrir de chaume".


Nous avons également cette année présenté dans le cadre du Séminaire de Psychiatrie Biologique du Service Hospitalo-Universitaire du C.H. Sainte-Anne (Paris) une étude sur l'hypochondrie et son histoire, donné une conférence à l'Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police (Paris) intitulée: Folie et ordre public à Paris au XVIIIe siècle, et préfacé l'ouvrage du Dr Philippe Albou: Alzheimer, Pick, Cotard et les autres. Une histoire de la psychogériatrie à travers ses éponymes, Paris, Glyphe éd., 2005




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Les sources de l'histoire de la psychiatrie aux Archives Nationales
Docteur Michel Caire

École Pratique des Hautes Etudes (Paris Sorbonne)
Conférences 2005-2006

"La sous-série F15 (Hospices et secours)"



L'année est consacrée à la très importante sous-série F15 (Hospices et Secours), riche de plus de 4.000 cartons. Des 35 sous-séries de la série F, elle est la moins mal connue des historiens de la psychiatrie. La série F (Administration générale) s'étend de la Révolution à la fin de la Troisième République, incluant ainsi la période de la naissance de l'asile d'aliénés, son âge d'or et le début de son déclin : elle est donc essentielle pour l'histoire de la psychiatrie en France, mais ne pourra cette année qu'être effleurée. Cette sous-série a été créée pour conserver les documents d’assistance et de secours. Lors de sa constitution, vers la fin de la Convention, elle a hérité des papiers des dernières années de l’administration des Finances dont relevaient ces deux objets, du comité d’extinction de la mendicité et du comité des Secours, ainsi que de la commission des Secours publics.
Lors de l’organisation du ministère de l’Intérieur en 1791, les hôpitaux entrent dans les attributions de l’une de ses divisions (Chaumont de la Millière, chargé du Contrôle Général des hôpitaux, prisons et maisons de charité depuis 1781, le quitte alors pour le Département de l’Intérieur, avec l’ensemble de son service, qui en forme la 5ème Division).
Et après l'intermède des Commissions exécutives (dont celle des Secours publics) créées en germinal an II, l'administration de l'assistance et des secours relèvera de bureaux ou de divisions de l’Intérieur, depuis le rétablissement des ministères en l'an IV jusqu’en 1920 sans interruption. Elle passe ensuite au ministère de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, réuni au ministère du Travail en 1924. Le 2 mars 1930, le ministère de la Santé publique est créé : dès lors, c'est lui qui traite de toutes les affaires susceptibles d’entrer dans notre sous-série.
Les limites spatiales de F15 sont naturellement celles de la France, celle des 83 départements de 1789, des 130 départements des époques révolutionnaire et impériale. Quant aux limites chronologiques, elles sont celles de toute série moderne (1789 - 1939), mais la sous-série contient nombre de documents antérieurs. A l'inverse, peu de versements ont été effectués depuis la création du ministère de la santé en 1930.
Cette sous-série, ayant fait l'objet d'opérations successives et non coordonnées de tri, est sans ordre chronologique d'ensemble et d'une structure assez complexe à décrire. Les instruments de recherche sont incomplets et peu sélectifs : l'État sommaire des versements... , un Inventaire semi-analytique ne couvrant que le tout début de la sous-série (1* à 276), pour la période s'étendant de l’arrivée de Turgot en 1774 au Contrôle Général des Finances aux dix premières années de la Monarchie de Juillet. Font par ailleurs toujours référence les ouvrages de Tuetey, L'Assistance publique à Paris pendant la Révolution, le Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française, ainsi que, avec C. Bloch, les Procès-verbaux et rapports du Comité de mendicité de la Constituante.
Les séries de cartons les plus intéressantes pour nous sont classées par département : F15 129 à 135; F15 2603 à 2609; F15 3899 à 3955. Mais de nombreuses pièces éparses concernent la législation, les asiles, les personnels, des dossiers individuels d'aliénés, etc.


Peu de documents ont trait aux thérapeutiques, qui sont pour l'essentiel et en règle hospitalières, c'est-à-dire mises en œuvre dans les établissements publics ou dans les maisons de santé privées. L'une de celles-ci est l'objet d'une conférence.
Son maître de pension, Jean-Adrien Escourbiac, est contemporain de Dufour, de Joseph Daquin, de Philippe Pinel, collègue de Jacques Belhomme.
Le premier document présenté a été publié en 1897 par A. Tuetey (L'Assistance publique à Paris pendant la Révolution, T.III, pp.20-23) grâce à qui son auteur n'est pas tout à fait inconnu. Les mémoires et projets de réforme envoyés aux autorités par de simples particuliers sont nombreux -ceux de Dufour et Broutet ont été présentés les années passées- Celui-ci, adressé au maire de Paris, est «relatif à l'établissement de nouveaux hospices pour les aliénés et à la création d'une maison de santé placée sous sa direction». La biographie de son auteur, garçon perruquier puis coiffeur pour dames, devenu chirurgien et maître d'une «pension de gens en démence», le contexte dans lequel il est présenté, l'histoire de sa «pension bourgeoise» avant et pendant la Révolution sont successivement abordés.
L'auteur renvoie à plusieurs mémoires antérieurs présentés au Comité de mendicité, au Directoire du Département, au Comité des Secours Publics et de la municipalité de Paris, dont chacun joue un rôle dans la gestion des établissements et la conduite des réformes.
Escourbiac se recommande de Pastoret et Lacépède, tous deux sont membres de la Loge des Neuf-Soeurs, et de Thouret (médecin, Inspecteur général adjoint des hôpitaux, qui prend une part active aux travaux des Comités des secours de mendicité de l'Assemblée nationale en 1790).
«M. Escourbiac demande à être chargé de la conduitte des malades dans l'une de ses maisons sans autre rétribution que la table et le logement et la faculté de prendre des pensionnaires pour son compte, ainsi qu'il le fait dans l'établissement qu'il a formé rue du Chemin vert.» L'auteur dit s'être «particulièrement attaché au traittement des aliénés d'esprit, (sêtre) fait une étude essentielle des moyens à employer pour procurer leur guérison, leur soulagement ou une existence qui, s'ils restent par une fatalité inévitable en situation d'égarement leur rendent la vie supportable». Les causes ayant été prélablement observées, le traitement doit être administré avec douceur, compassion, attention et humanité. Le principe d'employer «les moyens moraux plutôt que les physiques» inspirait déjà le Comité des lettres de cachet en 1790, et d'autres écrits fondateurs de la psychiatrie moderne (Broutet en 1793 et ses «remèdes moraux particuliers», le Charenton d'après 1797 et les «moyens moraux», Pinel en 1800 et son «Traitement moral»)
Escourbiac ne put qu'être déçu des observations du Département : certes, il «applaudit» aux observations «sur la nécessité d'améliorer parmi nous le traitement des insensés. Leur situation dans nos hôpitaux afflige et deshonore l'humanité. Il est pressant de s'en occuper, mais il nous semble que cette partie des secours publics, pour être convenablement organisée, doit se lier au système d'assistance sociale que nous attendons, et qui a été l'objet des travaux du Comité de mendicité de l'assemblée constituante». Réformes qui tarderont à se produire.


Des traitements sont également proposés aux aliénés d'esprit dans un institut privé d'hydrothérapie, installé par Nicolas Albert quai d'Orsay à Paris, un des nombreux établissements de bains installés sur des bateaux le long de la Seine ouverts en cette deuxième moitié du XVIIIème siècle.
Les bains médicinaux du sieur, puis citoyen Albert, qui en est fondateur, propriétaire et directeur, agréés en 1783 par la Faculté de médecine de Paris, représentent une utile alternative aux rares bains domestiques, et surtout aux bains de l'Hôtel-Dieu de Paris, dont les «salles destinées aux fols des deux sexes» sont équipées de baignoires. Ils sont présentés très favorablement par Thierry dans son Almanach du voyageur à Paris, et par Louis-Sébastien Mercier (Tableau de Paris). Les techniques employées par Albert associent l'usage externe et l'usage interne. La douche ascendante qui purge et purifie est une des originalités de la maison. D'autres méthodes d'élimination des impuretés verront plus tard le jour, notamment avec la méthode d'Avenbrugger dans la mélancolie suicide. Les bains d'immersion, plus classiques, sont justifiés par les principes d'ablution et d'imprégnation. Les douches, en pluie et en affusion, stimulent ou calment par le choc physiologique qu'elles provoquent.
Plusieurs documents conservés dans trois cartons de la sous-série en précisent le fonctionnement sous la Révolution : demande de secours en l'an III, afin de continuer à traiter gratis l'indigence et les défenseurs de la patrie, approuvée par la Commission des secours publics, autorisations accordées en l'an IV pour la poursuite du traitement d'aliénés d'esprit, d'autres demandes en l'an V, en particulier de coutil, «pour établir deux corcelets, sans lesquels, il est impossible de gouverner les individus attaqués de cette cruelle maladie», et de chandelles pour «contenir et garder à vue la nuit comme le jour» les quelques fous qui y séjournent.
Lors de la réouverture en l'an V de l'hospice civil des insensés de Charenton, Albert est l'un des quatre membres de sa Commission administrative, avec Thouret, Vilot (de Fréville) ancien magistrat et Cadet de Vaux pharmacien, inspecteur général des objets de salubrité. La première assemblée des administrateurs traite de «la distribution des salles de bains et des grandes douches» qui y sont installées en l'an V et l'an VI. On ne sait si la construction du «vaste réservoir décoré du nom de bain de surprise» (H. de Colins) en usage sous la direction de Coulmiers fut conçu par Albert. Mais il est permis de penser que celui-ci a pu faire valoir son expertise en la matière, et promouvoir l'installation de ses inventions: douches latérales et ascendantes, que Schweigger peut voir et décrire en 1808.


L'histoire de la naissance de l'asile passe par celle des trois grands établissements du département de la Seine : Charenton, Bicêtre et La Salpêtrière dans le premier tiers du XIXème siècle. L'Asile -d'aliénés- est un établissement spécial -réservé aux aliénés-, dont les bâtiments sont bien distribués et spacieux, qui a pour objet la guérison de la folie -ce qui repose sur l'idée que la folie est curable-, dirigé par un médecin spécial résidant qui se consacrera à la mise en œuvre le traitement moral.
En 1797, lors de sa réouverture après deux ans de fermeture, Charenton en est un prototype : cette maison de traitement gratuit -pour les curables et pendant trois mois- a vocation à remplacer l'Hôtel-Dieu. Mais les incurables continuent de relever de l'ex-Hôpital-Général.
Un autre projet, plus ambitieux, a lieu sous le Consulat, où le rétablissement de l'autorité publique se traduit par l'instauration du corps préfectoral et la création du Conseil Général de Hospices, présidé par le préfet de la Seine. Très vite, ce Conseil se saisit du problème et propose une réforme générale : un hospice et un seul, «consacré uniquement à la guérison des aliénés» et sous une direction médicale unique remplacera tout à la fois l'Hôtel-Dieu, Bicêtre, la Salpêtrière et les Petites-Maisons. Le projet, qui devait mettre fin à la partition entre curables et incurables échoue pour des raisons financières.
Les salles de l'Hôtel-Dieu et les Petites-Maisons ne ferment qu'en 1802, remplacées par Charenton et La Salpêtrière aménagée -puis Bicêtre à partir de 1806- , un dispositif qui constitue le premier système asilaire moderne en France. «L'hôpital d'aliénés» ne peut être un «instrument de guérison» (Esquirol) que si sa conception architecturale est subordonnée à l'impératif thérapeutique et son gouvernement, son ordre communautaire, sa gestion collective, son organisation sont parfaitement réglée, par un règlement intérieur. Mais le médecin aliéniste tardera à affirmer son autorité, particulièrement à Charenton, où un non-médecin prend le pouvoir thérapeutique pour une quinzaine d'années. Les vissicitudes des premières années sont analysées à travers l'étude des modalités d'admission et de transfert, les réclamations et pétitions de malades, la question du transport des aliénés et du financement des séjours, et l'extension du modèle parisien dans les provinces.


Une séance est consacrée aux origines de l'Infirmerie spéciale du Dépôt près la Préfecture de police, sa préhistoire, puisque sa naissance officielle date de la circulaire du 28 février 1872. L'existence de cette «exception parisienne», liée à celle de la préfecture de police, vient de ce qu'à Paris, dès 1800, un préfet, distinct de celui de la Seine, y est «chargé de ce qui concerne la police», et à partir de 1838 du placement des aliénés. Les différentes étapes qui conduisent de 1800 à 1845, date où le préfet de police décide de s'attacher les services d'un médecin spécial, pour prendre sa décision d'internement sont retracées : loi de l'an VIII instaurant l'administration préfectorale, décret qui précise les domaines de compétence du préfet de police, création du Conseil Général des Hospices et du Bureau central l'année suivante et ses relations avec la «tour pointue» de la rue de Jérusalem, avec Charenton et les hospices de la Vieillesse, règles et modalités de traitement des demandes d'admission des aliénés, en particulier en cas d'urgence.
La majeure partie des archives de la préfecture de police a brûlé en 1871. Ces lacunes sont partiellement comblées par des documents inédits émanant des archives du Ministre de l'Intérieur, autorité de tutelle du Préfet de police et des services de santé, qui précisent les circonstances de la création du poste de «médecin de l'infirmerie du dépôt», «homme spécial versé dans la connaissance des maladies mentales», son rôle et sa position vis-à-vis du préfet, et le nom de ses premiers titulaires. Ainsi sera épargnée aux présumés aliénés l'épreuve du passage au Bureau Central, réduit les délais et évité au malade le séjour dans une cellule du dépôt, assuré un examen compétent et approfondi et spécialisé, et, surtout, prévenu d'éventuels abus.


Les séances suivantes sont consacrées à des aspects législatifs : entre 1802 et 1838, plusieurs lois sont promulguées dont les principes n'ont jusqu'à nos jours pas été fondamentalement remis en cause.

Ainsi, les liens entre incapacité civile et internement, et le rôle de la justice et du médecin, de la circulaire de fructidor an 10 à loi de juin 1838, de l'interdiction préalable au placement (au sens légal), c'est-à-dire à l'isolement (préalable à tout traitement de l'aliénation mentale), dont la principale modalité est le séjour dans un établissement spécial (maison de santé ou asile).

Une séance est consacrée aux travaux de la « Commission pour l'amélioration du sort des aliénés » de 1819-1822, objet d'une importante publication de Gabriel Bollotte. Cette Commission, dont six des sept membres sont médecins : le baron Hely d'Oissel, conseiller d'Etat, Benjamin Desportes et quatre éminents aliénistes, Antoine Royer-Collard, Etienne Pariset, Jean-Etienne Dominique Esquirol et Philippe Pinel. Le contenu des procès-verbaux de la Commission sont analysés en regard du Mémoire d'Esquirol sur l'état des aliénés en France et sur les moyens d'améliorer leur sort (1818), de la loi du 30 juin 1838, et du programme de reconstruction de Charenton.


Trois historiens ont été invités cette année à présenter l'état de leur recherche :

- Bernard Odier, psychiatre des hôpitaux, chef de secteur, a repris le thème auquel il a consacré sa thèse de doctorat : « Des Sociétés de patronage d'aliénés guéris et convalescents à l'Œuvre Falret », étude sur les débuts de l'assistance psychiatrique extra-hospitalière au XIXème siècle. Plusieurs représentants de l'Association L'Œuvre Falret interviennent lors de cette séance.


- Caroline Mangin-Lazarus, psychiatre des hôpitaux, biographe de Maurice Dide, présente un travail intitulé : « Les navettes d'un projet de loi sur les accusés en démence: l'affaire Joseph Firmin dit Rétif (1794-1799) », un projet antérieur de plus de dix ans au Code Pénal et à son article 64. Il offre l'occasion d'aborder la question de l'irresponsabilité pénale et de sa prise en compte sous la Révolution.


- Magali Coldefy, doctorante en géographie, Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques: «Pour une approche géographique de l'histoire de la psychiatrie». Il s'agit d'une des premières recherches en France sur la question de l’histoire des processus de localisation des asiles, hôpitaux et services psychiatriques, étudiant la distribution spatiale des lieux d'implantation, les critères pratiques et théoriques de choix de localisation, les principes de découpage territorial qui accompagne la création des secteurs psychiatriques.

Cette présentation est prolongée par une séance de présentation de plans d'asiles (conservés dans la sous-série F15).


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Docteur Michel Caire

École Pratique des Hautes Etudes (Paris Sorbonne)
Conférences 2006-2007

La psychiatrie à Paris
Les établissements parisiens, de l'Ancien Régime à nos jours



16 novembre 2006

1- Présentation du programme de l'année.

2- Jean-Baptiste Denis et la xénotransfusion thérapeutique au XVIIème siècle

Il s'agit d'une tentative de guérison d'une folie invétérée par la transfusion du sang de veau, à Paris, en décembre 1667, par Jean-Baptiste Denis, docteur en médecine.
Personne jusqu'alors n'avait pris le risque d'une transfusion humaine. L'expérience se déroule à Paris, en l'«Académie Montmorienne» fondée par le maître des requêtes Habert de Montmor, en son hôtel rue Sainte-Avoye (actuel n°79 de la rue du Temple).

Plusieurs gravures montrant une scène de xénotransfusion sont présentées, extraites de Armamentarium chirurgicum, de Johannes Scultetus (éd. de 1671 Amsterdam 1671), de Clysmatica nova de Johann-Sigmund (Elsholtz, 1667), du De ortu et occasu transfusionis sanguinis de Georges-Abraham Mercklin (Nuremberg 1679), et enfin du Wund Artzney de Mathias-Godefroy Purmann (Frankfurt, Leipzig, 1692, 2e éd.)

La lecture du récit de Denis, et de l'article Transfusion du Dictionnaire des Sciences médicales (qui reprend l'essentiel de l'article de l'Encyclopédie) nous permet de déterminer la cause vraisemblable de la mort de Mauroy : une hémolyse intravasculaire massive.
Denis fut mis en cause, ainsi que la femme de la victime pour empoisonnement.

L'affaire fit grand bruit, Denis et la veuve furent mis hors de cause mais Châtelet prit une sentence le 17 avril 1668 faisant «défense à toutes personnes de faire la transfusion sur aucun corps humain, que la proposition n'ait été reçue & approuvée par les médecins de la faculté de Paris, à peine de prison», sentence confirmée par un arrêt du Parlement de Paris du 10 janvier 1670 : défense à tous médecins et chirurgiens d'exercer la transfusion du sang, à peine de punition corporelle.
Le caractère léthal de la xénotransfusion ne fut établi -par Landois et Muller- qu'en 1873, et l'existence de groupes sanguins chez l'homme -par Landsteiner- en 1900.


7 décembre 2006

Folie et hagiothérapie à Paris au moyen-âge


21 décembre 2006

L'Hôtel-Dieu de Paris et le traitement des fous (XVe-XIXe siècle)


18 janvier 2007

Les premières maisons de santé privées laïques (XVIème siècle)


1er février 2007

La pension du sieur Georges et son registre


15 février 2007

Professeur Jacques Postel, Histoire des histoires de la psychiatrie :

Histoire des Grands Hommes, Histoire des idées et des grands systèmes étiopathogéniques, histoire des maladies mentales (hystérie, schizophrénie), des thérapeutiques (psychothérapies, thérapies biologiques), des institutions, des infirmiers, des usagers... et leur bibliographie.


15 mars 2007

Le quartier Saint-Marcel, deux siècles de maisons de santé pour aliénés d'esprit


5 avril 2007

Docteur Michel Gourévitch


3 mai 2007

Les asiles d'aliénés du département de la Seine au XIXème siècle


7 juin 2007

Sainte-Anne, de l'asile d'aliénés au Centre hospitalier


21 juin 2007

L'Hôpital Henri-Rousselle, premier service ouvert, et son fondateur, le docteur Edouard Toulouse




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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M. (Bibliothèque Inter-Universitaire de Médecine)


Conférences 2007-2008


La psychiatrie à Paris



Jeudi 8 novembre 2007

L'intérêt et l'utilité d'étudier et faire connaître l'histoire de la psychiatrie sont illustrés par la lecture d'extraits d'articles récents, dont un publié sur le site internet d'un Institut de formation et de recherche en travail social.

Cet article intitulé L’évolution des conditions de prise en charge en lien avec les conditions de travail du personnel soignant date de 2003 et contient des affirmations aussi curieuses qu'erronées, dont les deux exemples suivants parmi d'autres :

«(...) La loi de 1838 évoque le placement des fous : « lieu d’enferment où l’on va traiter des gens et faire des expériences médicales ». L’individu n’existe pas. La loi de 1838 n’a pas été abrogée et est toujours en vigueur aujourd’hui. L’aliéné doit être assisté, protégé (protection des majeurs).»

«(...) De 1940 à 1944, de 40 000 à 50 000 malades sont décédés dans des conditions épouvantables et inhumaines dans les hôpitaux psychiatriques. Dans « l’Homme, cet inconnu » Etienne Esquirol développe les théories fondamentales qui seront appliquées plus tard par les nazis (extermination des handicapés, des malades mentaux…). Il expose l’idée des chambres à gaz pour détruire des personnes « inutiles » selon des procédés modernes. (...)»

Chaque terme du premier paragraphe cité sur la Loi du 30 juin 1838 est très contestable. La phrase placée entre guillemets ne vient évidemment pas du texte de la loi, et l'on peut se demander à quoi peut bien se référer ces "expériences médicales". Que peut bien également signifier l'inexistence de "l'individu"? Surtout, l'abrogation de «la loi de 38» date de 1990, soit tout de même 13 ans avant la conférence à l'origine de cet article, et bientôt 18 ans.

Pour ce qui est de la mort d'une quarantaine de milliers de malades hospitalisés en psychiatrie entre 1940 et 1944, il s'agit bien d'une tragique réalité, mais le lien entre ce drame épouvantable et les théories eugénistes développées dans l'ouvrage intitulé L'Homme, cet inconnu est encore controversé.
Quoiqu'il en soit, Etienne Esquirol (1772-1840) ne mérite tout de même pas qu'on lui en attribue la paternité (à la place d'Alexis Carrel).


Le programme de l'année est ensuite dressé.

Plusieurs contributions sont proposées par les membres présents, qui complèteront les trois premières séances :
- Le Congrès de 1942 à Montpellier (professeur Jacques Postel),
- Une observation du De Probatione Spiritum de Jean de Gerson (docteur Denis Morin),
- La présentation des actes du récent colloque du Centenaire de la Société Italienne de la médecine (professeur Danielle Gourévitch),
- L'air des asiles (Agnès Bertomeu, présidente de la SEREHP).

Une séance se tiendra à l'hôpital de Ville-Evrard, haut lieu de l'histoire de la psychiatrie et siège de la Société d'Etudes et de Recherches Historiques en Psychiatrie (visite des bâtiments et du musée d'art et d'histoire).


La conférence consacrée l'an dernier aux expériences de xénotransfusion thérapeutique pratiquées par Jean-Baptiste Denis en 1667-1668 est prolongée par la présentation d'une gravue et d'un roman.


La gravure, datée de 1891, représente un «Essai de guérison de tuberculose par la transfusion du sang de chèvre». L'auteur de cet essai, antérieur à la découverte des groupes sanguins (Landsteiner, 1900), est le professeur Raphaël Lépine, élève de Charcot.

Un roman de Frank Tallis récemment publié en France (traduit de l'anglais par Michèle Valencia) et intitulé
La justice de l'inconscient (10/18, coll. «Grands Détectives», 2007) évoque les premières transfusions, et tout particulièrement celle dont bénéficia en 1667 un fou nommé Coga en Angleterre.


L'un des personnages, Miss Lydgate, petite-fille d'un médecin londonien nommé Ludwig Buchbinder, médecin ordinaire de la Reine Victoria, confident du prince consort, explique au docteur Liebermann les expériences auxquelles son aïeul s'était intéressé :

Par ces transfusions, «l'intérêt principal des savants (de la Royal Society) était de traiter l'esprit plutôt que le corps (...). Ils croyaient qu'il y avait une relation entre le sang et le caractère - cette idée, bien sûr remonte à l'Antiquité. C'est pourquoi ils espéraient qu'un changement de sang pourrait soigner la folie. ... mon grand-père fournit de nombreux détails sur les circonstances de la toute première expérience ainsi que sur la méthode employée. Le sujet était un fou nommé Coga. À l'aide d'un dispositif consistant en tubes et en tuyaux de plume, les médecins de la Royal Society ont pu transfuser à Coga un quart de litre de sang de mouton. (...) Le mouton est un animal connu pour sa nature docile et timorée. Les savants croyaient que la transfusion rendrait cet aliéné plus pacifique (...). Coga a été guéri de sa folie, et, par la suite, semble avoir été plus tranquille et plus mesuré. En outre, il a reçu une guinée pour s'être prêté à cette expérience. (...). La transfusion n'a peut-être pas aussi bien réussi que les savants le pensaient. La quantité de sang de mouton était peut-être trop insignifiante pour causer un réel dommage.»

L'auteur du roman, bien documenté, se réfère à l'essai pratiqué par Richard Lower, d'Oxford (Buchbinder dans le roman) chez un aliéné nommé Arthur Coga, qui a connu un sort moins tragique qu'Antoine Mauroy, sujet des expérimentations du médecin français Jean-Baptiste Denis (dont F. Tallis -ou du moins Miss Lydgate- semble ignorer l'existence : la toute première expérience a bien eu lieu en France en 1667).

Information : les conférences du docteur Michel Gourévitch reprennent le 29 novembre à l'Infirmerie Psychiatrique près la Préfecture de Police, sur le thème Délinquance et maladies mentales, hier et aujourd'hui. Les séances suivantes auront lieu les 24 janvier, 28 février, 27 mars et 22 mai 2008). Inscription préalable obligatoire.


Jeudi 6 décembre 2007

- M. Caire : Un suicide à Paris sous Philippe le Hardi (1277) : Apprise sur les causes du suicide de Philippe Testart, ou Information servant à établir qu'il n'échoit confiscation des biens de celui qui s'est suicidé ayant l'esprit aliéné
- Saint-Vrain et son pèlerinage pour les fous

Professeur Danielle Gourévitch. Présentation des actes du colloque du Centenaire de la Société Italienne d'Histoire de la médecine


Jeudi 10 janvier 2008

- M. Caire : Juifs en psychiatrie sous Vichy, des destins contrastés. Le sort des personnes victimes de persécutions ou susceptibles de l'être en vertu des lois portant statut des Juifs, hospitalisées en psychiatrie dans le département de la Seine.


Jeudi 7 février 2008

- M. Caire : Les Maisons de santé de la rue de Picpus, du règne de Louis XV au début du XXème siècle.


Jeudi 13 mars 2008

- Professeur Jacques Postel : Le Congrès de Montpellier (Congrès des aliénistes et neurologistes de langue française, Montpellier, 28-30 octobre 1942)
-
M. Caire : Les lobotomies dans l'après-guerre


Jeudi 3 avril 2008

Docteur Denis Morin, psychiatre honoraire, docteur en philosophie : Hermine de Reims, Sainte ou Hérétique, simulatrice ou hallucinée. Une visionnaire au XIVème siècle et la réponse de l'Eglise. D'après Jean Charlier dit de Gerson, De distinctione verarum revelationum a falsis


Jeudi 15 mai 2008

Agnès Bertomeu, présidente de la SEREHP : L'air des asiles


Jeudi 5 juin 2008

Séance à l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard (Neuilly-sur-Marne). Visite du musée de la Société d'Etudes et de Recherches Historiques en Psychiatrie

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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2008-2009

Biographies



Jeudi 6 novembre 2008

Michel Caire. Actualités. Présentation du programme.
Philippe Pinel et son serment


Jeudi 4 décembre 2008

Caroline Mangin-Lazarus, auteur de Maurice Dide - Paris 1873 - Buchenwald 1944, un psychiatre et la guerre. Eres éd., 1994; 175 p.
Maurice Dide, psychiatre, résistant


Jeudi 8 janvier 2009

Michel Caire.
Legrand du Saulle et la médecine légale.
Salomon Lwoff, aliéniste


Jeudi 5 février 2009

Denis Morin, psychiatre, médecin chef honoraire.
Emmanuel Kant. Essai de classification rationnelle des troubles mentaux au XVIIIe siècle


Jeudi 5 mars 2009

Michel Gourévitch, psychiatre, médecin chef honoraire, chargé de conférence à l'Infirmerie Psychiatrique près la Préfecture de Police.
Paul Gorgoulov, un Russe blanc régicide face à ses experts et à ses juges (présentation des Papiers de son avocat Henri Géraud)


Jeudi 2 avril 2009

Grégory Bouchet, Centre d'Etudes Supérieures de la Renaissance (Tours)
L'excision de la pierre de folie. Histoire et représentations iconographiques.


Jeudi 7 mai 2009

Michel Caire. La femme, le lézard et la main bien fessante (à propos d'un rapport sur une femme qui avait avalé un lézard, de Constant Duméril, herpétologiste, au Comité des remèdes secrets)


Jeudi 4 juin 2009

Michel Caire. Aliénistes et psychiatres au cimetière du Père Lachaise (visite commentée)

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Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2009-2010


Jeudi 5 novembre 2009

Michel Caire. Actualités. Présentation du programme.
Les débuts de la malariathérapie en France face aux mysonéistes.


Jeudi 3 décembre 2009

Michel Caire. L'Hôpital Général dans l'Histoire de la folie, de Michel Foucault à Claude Quétel.


Jeudi 7 janvier 2010

Michel Caire. Charcot et sa Leçon


Jeudi 4 février 2010

Denis Morin. Aux sources de l'interprétation. La racine ER et l'esprit herméneutique depuis Aristote


Jeudi 4 mars 2010

Michel Gourévitch. François Leuret : Crime et Châtiment


Jeudi 8 avril 2010

Jacques Postel. Le Commandeur Joseph Joachim Da Gama Machado


Jeudi 6 mai 2010

Michel Caire. Enquête sur une mort violente en 1277 : le cas Philippe Testard.


Jeudi 3 juin 2010

Michel Caire. Séance délocalisée : visite du Musée d'histoire de la psychiatrie de Sainte-Anne

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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2010-2011


Mardi 16 novembre 2010

Hôpital de Ville-Evrard. Journée consacrée à la psychiatrie pendant la Grande Guerre, organisée par Agnès Bertomeu, présidente de la SERHEP.


Jeudi 2 décembre 2010

Michel Caire. Actualités. Présentation du programme. Ouvrages récents et actualité.


Jeudi 6 janvier 2011

Yves Edel. Gaëtan Gatian de Clérambault


Jeudi 3 février 2011

Yves Edel. Gaëtan Gatian de Clérambault (suite et fin).
Michel Caire. Jules Luys et Les fascinés de la Charité


Jeudi 3 mars 2011

Jérémie Sinzelle. Cent ans de démence précoce


Jeudi 7 avril 2011

Michel Caire. Dans les archives du personnel de l'asile de Maison Blanche


Jeudi 5 mai 2011

Michel Caire. La Commission de Surveillance des Asiles de la Seine


Jeudi 9 juin 2011

Béatrice Laffy-Beaufils. Charles VI, une schizophrénie royale

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Conférences 2011-2012

Jeudi 6 octobre 2011

Michel Caire. Actualités. Présentation du programme.

Ouvrages récents et actualité.
- L'Homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie, de Laure Murat. Gallimard, septembre 2011; 382 p., ill.
- Gérard Encausse dit PAPUS 1865-1916, médecin, théosophe, chef de laboratoire du docteur Jules Luys à la Salpêtrière.
- La Loi du 5 juillet 2011.


Mardi 3 novembre 2011

Michel Caire. Des Lettres de cachet à la Loi du 5 juillet 2011 : trois siècles et demi d'internement psychiatrique
- Le rôle de l'administration et le rôle de la justice dans la décision et dans le contrôle des soins sous contrainte (garantie contre l'arbitraire ou suspicion illégitime contre la psychiatrie ?)
- Loi sécuritaire (loi de police, défense de l'ordre bourgeois) ou loi d'assistance et de protection des libertés ? La question de la protection du malade, de la protection de la société et de la protection des personnes saines d'esprit contre les séquestrations abusives...


Jeudi 1er décembre 2011

Michel Caire. Histoire et philologie. Usage et étymologie du vocabulaire psychiatrique ancien (le vocabulaire de la folie dans Le Jeu d'Adam ou Jeu de La Feuillée (Adam de la Halle, 1276), dans les écrits concernant la folie du roi Charles VI (1392-1422) et dans La Farce de Maistre Pathelin, composée entre 1456 et 1469, 1ère éd. 1486).


Jeudi 5 janvier 2012

Michel Caire. De quelques thérapeutiques oubliées (XIXème-XXème siècle). Le siècle dernier n'est pas en reste sur le précédent pour ce qui est de l'inventivité en matière de thérapeutique de la folie. Aux méthodes mécaniques violentes et extraordinaires (machines rotatoires, bains de surprise, etc.) ont succédé divers procédés essentiellement électriques, chimiques et biologiques dont l'incongruité le dispute à l'insolite (administration d'une suspension de cerveau de porc électrochoqué, électrochocthérapie intracrânienne par application directe sur le cortex, inclusion sous-cutanée de tissu mort, injection sous-cutanée de liquide céphalo-rachidien, encéphalo-oxygénothérapie transrachidienne, sympathicothérapie ou touches nasales, &c. &c.). 


Jeudi 2 février 2012

Michel Caire. Être médecin des asiles au XIXème siècle. Grandeur et servitude. 


Jeudi 1er mars 2012

Actualités : Information sur l'inauguration d'une plaque à la mémoire de la doctoresse Madeleine Pelletier (1874-1939), combattante féministe d'avant-garde (8 mars, 80-82 rue de Gergovie), l'une des deux premières internes en médecine des Asiles de la Seine (concours 1903), avec Constance Pascal. Quelques mots sur l'ouvrage Hippolyte Bernheim, Un destin sous hypnose, écrit par son arrière petite-nièce Cathy Bernheim. Agnès Bertomeu, Michel Caire. De l'Infirmerie Spéciale du Dépôt à l'Infirmerie Psychiatrique près la Préfecture de Police. Psychiatrie et ordre public à Paris.  


Jeudi 5 avril 2012

Michel Caire, Yves Edel. « A MORT LES INCURABLES ! A MORT ! » La question de l'euthanasie des malades mentaux dans l'entre-deux-guerres en Allemagne et en France. Suivi de : Les malades mentaux en Alsace-Lorraine occupée. 


Jeudi 3 mai 2012

Denis Morin. Entre le paon et l'aigle ou l'internement régicide, Louis II de Bavière et ses psychiatres. 


Jeudi 7 juin 2012
Séance délocalisée aux Archives de Paris
(18, Boulevard Serurier XIXème arrondissement)

Audrey Ceselli, Michel Caire. Les fonds de Maison-Blanche et de Sainte-Anne conservés aux Archives de Paris.
A travers les fonds conservés aux Archives de Paris, cette conférence se propose de présenter le système asilaire qui s'organise dans le département de la Seine à partir de 1867 autour de l'asile clinique de Sainte-Anne. La mise en parallèle des archives de la préfecture de la Seine, des asiles de Sainte-Anne et de Maison-Blanche permettra de revenir sur le parcours des aliénées placées dans ce département dans la 1re moitié du 20e siècle.  

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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2012-2013


Jeudi 8 novembre 2012

Présentation du programme de l’année.

Actualités.
- Exposition de la Serhep à Ville-Evrard « RETOUR sur l'EXPO »

Présentation d'ouvrages :
- Jean Oury et Patrick Faugeras, Préalables à toute clinique des psychoses, Editions érès, coll. Des travaux et des Jours, 2012 ; 252 p.

- Henri Grivois, Grandeur de la folie : Itinéraire d'un psychiatre iconoclaste, Robert Laffont, 2012 ; 256 p.

- Jean-Pierre Luauté et Thérèse Lempérière, La vie et l’œuvre pionnière de Louis-Victor Marcé, Editions Glyphe, coll. Société, histoire et médecine, 2012 ; 246 p.

- La 5e édition de Invention de l'hystérie, ouvrage de Georges Didi-Huberman (Ed. Macula) et la sortie du film Augustine, d'Alice Winocour, avec Vincent Lindon dans le rôle de Charcot et Stéphanie Sokolinski dans celui d'Augustine, l'une des favorites du maître de l'hystérie.

Entrefilet du journal Direct Matin, n°1158 du mercredi 10 octobre 2012 :
« Un policier tire sur un forcené à Toulouse. Un policier en service et en état de légitime défense a ouvert le feu et blessé un forcené hier sur la place du Capitole, en plein centre de Toulouse. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'individu s'est jeté sur lui armé d'un couteau et d'un cutter. Un témoin l'a décrit comme un homme grand, âgé d'une trentaine d'années et très excité. Atteint au genou, le déséquilibré a été très vite pris en charge par les pompiers, qui l'ont conduit à l'hôpital. »

Il est assez rare que le mot "forcené" soit correctement employé, dans son sens originel, pour le signaler : il ne l'est habituellement guère que pour désigner une personne qui s'est retranchée, armée, dans un lieu fermé, parfois avec des otages, qui résiste aux injonctions de la force publique et dont les motivations supposées ne sont pas raisonnables, pour tout dire traduisent un trouble mental. Or, forcené (dont l'ancienne orthographe est forsené : le c s'est substitué au s au XVIe siècle, du fait d'un rapprochement avec force) signifie hors de sens, sens étant ce qui indique la direction, dont le synonyme le plus courant est fou. D'autres termes, qui se sont construits avec la même idée, comme désaxé, extravaguant, ou encore déboussolé comme celui qui a perdu le Nord ont eu longtemps la même signification, avant de perdre de leur... force.

L’affaire Yves Bertherat - Stanilas Capitolin (1967).
Cette histoire tragique, à laquelle ce site consacre une page, mérite d'être connue notamment pour les textes auxquels elle a donné lieu à l'époque, en particulier les discours prononcés par le docteur Henri Ey aux obsèques des deux victimes. Des textes qu'il faut lire en regard de ce que l'on peut entendre ou lire aujourd'hui lorsque survient un drame mettant en cause une personne prise en charge en psychiatrie.
Bertherat était médecin chef de l'hôpital psychiatrique de Perray-Vaucluse -dont la structure hospitalière parisienne actuelle porte justement aujourd'hui le nom d'Henri Ey- et Stanislas Capitolin un de ses malades.


Jeudi 6 décembre 2012

Michel Caire.

Information :
- réédition de la Nouvelle histoire de la psychiatrie, dirigée par Jacques Postel et Claude Quétel
- réédition de l'Histoire de la folie, de Claude Quétel, chez Tallandier, Collection Texto, 620 p.

Thérapeutiques physiques et biologiques en psychiatrie. Hasard et sérendipité

L'excellent roman de Patrick Deville, Peste & Choléra (Seuil) qui a mérité le prix Fémina début novembre de cette année, présente la riche et passionnante histoire du docteur Yersin, et entre bien d'autres grandes pages la découverte en 1894 du bacille de la peste qui porte depuis son nom, Yersinia pestis.
Un roman qui s'est nourri de la correspondance inédite de Yersin, conservée dans les archives de l'Institut Pasteur, et de ce que l'on pourrait appeler une enquête de terrain, par la visite de chaque lieu où vécut cet illustre membre de la bande à Pasteur.

Si la découverte du bacille de la peste mérite d'être évoquée ici, c'est parce que ses conditions illustrent certains aspects de ce que l'on désigne aujourd'hui sous le terme de sérendipité : un heureux concours de circonstance a permis à un esprit préparé (voir ci-dessous) et sagace de faire une trouvaille d'une importance majeure.

Lorsqu'en mai 1894, nous conte Deville, une épidémie de peste atteint Hong Kong, colonie anglaise, les autorités font appel aux médecins japonais, et notamment à un certain Kitasato, élève de Koch -découvreur du bacille de la tuberculose et grand rival de Louis Pasteur-, dont il a suivi l'enseignement à Berlin et où il est resté sept ans.

Ayant tout de même obtenu du gouverneur anglais l'autorisation de venir étudier la peste sur place, Yersin –déjà connu pour sa découverte de la toxine diphtérique avec Emile Roux et qui vivait alors en Indochine- se rend à l’hôpital de Kennedy Town dirigé par le docteur Lawson, où il est fort mal reçu par Kitasato, qui dirige l’équipe japonaise et partage l'hostilité allemande à l’égard de Pasteur, de son Institut et de ses élèves.

Yersin installe donc avec les moyens du bord un laboratoire de fortune. Et comme les cadavres de pestiférés lui sont refusés, c'est un prêtre italien francophile nommé Vigano qui achète clandestinement quelques morts en attente d’incinération : Yersin incise un bubon, examine la préparation avec son microscope : « Je reconnais une véritable purée de microbes, tous semblables. Ce sont de petits bâtonnets trapus, à extrémités arrondies. » : il est ainsi le premier à observer le bacille responsable du fléau.

Kitasato, quant à lui, disposait d’un véritable laboratoire hospitalier et d’une étuve réglée à la température du corps humain, et cherchait le microbe à cette même température, comme l'aurait sans doute fait Yersin s'il n'avait pas eu la bonne fortune d'être mis à l'écart.

C'est que l'on ignorait jusque là que le bacille de la peste se développe au mieux non pas à 37 degrés, mais autour de 28 degrés, qui est précisément la température moyenne à cette saison à Hong Kong, la température à laquelle Yersin, privé d’étuve, menait ses propres observations.

C'est ainsi que fut découvert le bacille dont Pasteur avait eu bien longtemps auparavant l’intuition de l’existence. Le hasard prive Yersin d’une étuve, et lui permet de découvrir le bacille : le hasard certes, mais, « dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés ».

Il faut lire les pages (105-108 et 167) que l'écrivain consacre à cette découverte, dont ce n'est ici qu'un résumé factuel.

« Savez-vous à quelle époque il vit le jour pour la première fois, ce télégraphe électrique, l’une des plus merveilleuses applications des sciences modernes ? C’était dans cette mémorable année 1822, Ørsted, physicien danois, tenait en mais un fil de cuivre réuni par ses extrémités aux deux pôles d’une pile de Volta. Sur sa table se trouvait une aiguille aimantée, placée sur son pivot, et il vit tout à coup (par hasard, direz-vous peut-être, mais souvenez-vous que, dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés), il vit tout à coup l’aiguille se mouvoir et prendre une position très différente de celle que lui assigne le magnétisme terrestre. Un fil traversé par un courant électrique fait dévier de sa position une aiguille aimantée. Voilà, Messieurs, la naissance du télégraphe actuel. Combien plus, à cette époque, en voyant une aiguille se mouvoir, l’interlocuteur de Franklin n’eût-il pas dit : « Mais à quoi cela sert-il ? » Et cependant la découverte n’avait que vingt ans d’existence quand elle donna cette application, presque surnaturelle dans ses effets, du télégraphe électrique. »

Extrait du discours de Louis PASTEUR, Douai, 7 décembre 1854, à l’occasion de l’installation solennelle de la Faculté des Lettres de Douai et de la Faculté des Sciences de Lille dont il était nommé doyen (Louis PASTEUR VALLERY-RADOT, Pasteur - Œuvres, tome VII)

Au-dessus d'une porte de la Harvard Medical School, on lit de la traduction anglaise cette citation In the fields of observation chance favors only the prepared mind une variante : Chance favors only the prepared mind



Jeudi 3 janvier 2013

Michel Caire. Une épidémie hystéro-démonopathique en Savoie sous le Second Empire :
Les possédées de Morzine (Haute-Savoie)


Jeudi 7 février 2013

Michel Caire. Le Traitement moral de la lypémanie

Orientations bibliographiques

Archambault Théophile, Traduction, notes et introduction historique et statistique du Traité de l’aliénation mentale, de W.C. Ellis. 1840 (Traitement moral : pp.272-353)

Billod Ernest, Des maladies mentales et nerveuses : pathologie, médecine légale, administration des asiles d'aliénés, etc. Tome premier; Tome deuxième, 1882

Calmeil Louis, article "Lypémanie" du Dictionnaire encyclopédique des Sciences Médicales, 1870, 2e série, T.III ; 542-575

Castel Robert, « Le traitement moral. Thérapeutique mentale et contrôle social au XIXe siècle ». Topique n°2, 1970, pp. 109-129

Dagonet Henri, Traité élémentaire et pratique des maladies mentales, 1862 (Lypémanie : pp.307-357)

Dagonet Henri, Traité des maladies mentales, 1894, article IV (Traitement moral, pp.239-246)

Esquirol. De la lypémanie ou mélancolie (1820) (Des maladies mentales, T.I, 465-481) Rééd. présentée par Jacques Postel et Pierre Fédida. Toulouse : Privat, 1977, 197 p. Collection Rhadamanthe

Ey Henri, « La notion de "maladie morale" et de "traitement moral" dans la psychiatrie française et allemande du début du XIX° siècle (les péripéties d'une contradictio in adjecto) ». Perspectives psychiatriques, 1978, 16, 65 ; 12-36

Garrabé Jean, « De Pinel à Freud ? Le traitement moral : son évolution de Pinel à nos jours ». In : Philippe Pinel, Le Plessis-Robinson, Synthélabo/Les empêcheurs de penser en rond, 1994; 71-93

Gauchet Marcel et Swain Gladys, « Du traitement moral aux psychothérapies. Remarques sur la formation de l’idée contemporaine de psychothérapie ». Confrontation psychiatrique n°26, 1986 ; 19-40

Georget Etienne, article "Folie", Dictionnaire de médecine, 1836, T.XIII

Georget Etienne, De la folie. Considérations sur cette maladie, son siège et ses symptômes ; la nature et le mode d'action de ses causes ; sa marche et ses terminaisons ; les différences qui la distinguent du délire aigu ; les moyens de traitement qui lui conviennent ; suivies de recherches cadavériques. 1820
Réédition : De la folie. Textes choisis et présentés par J. Postel. 1971

Gourévitch Michel, « Eloge de François Leuret ». L'Information psychiatrique, 44, 9, 1968 ; 843-854

Leuret François. Du traitement moral de la folie. Paris, J.B. Baillière, 1840; 462 p.

Leuret François. Des indications à suivre dans le traitement moral de la folie. Paris, libr. Veuve Le Normant, 1846; 114 p.
« 2e Observation.- Lypémanie; tentatives de suicide; prédisposition native aux maladies nerveuses; causes efficientes purement morales; traitement moral; guérison »

Michéa Claude-François, Du Traitement de la lypémanie ou folie mélancolique. Paris : impr. de Firmin-Didot frères, 1860 (Extrait de la "Revue de thérapeutique médico-chirurgicale", 1859) ; 16 p.

Pinel Philippe, Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale ou la manie, an IX (1800)

Postel Jacques, « Naissance et décadence du traitement moral pendant la première moitié du XIXe siècle ». L’Evolution psychiatrique 1979, XLIV, III ; 585-616

Postel Jacques, « Du traitement moral de Pinel à la "foi qui guérit" de Charcot », Psychiatries, 1986, n°73, pp.21-32 (pp.249-278 de : Eléments pour une histoire de la psychiatrie occidentale)

Séglas Jules, Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveuses, 1887-1894 (pp. 296-320 : 11e leçon, « Le délire dans la mélancolie »)

Starobinski Jean, Histoire du traitement de la mélancolie. Bâle, Geigy éd., 1960 ; 101 p.
Les pages 49-80 ont été publiées sous le titre : « Histoire du traitement de la mélancolie (1700-1900) », in : Mélancolie. Psychiatrie Française, 1998, 29, 2 ; 22-69

Swain Gladys, « De l’idée morale de la folie au traitement moral », in : Dialogue avec l’insensé, 1994, pp.85-109 (conférence 1978)




Jeudi 7 mars 2013

Michel Caire. Les premières femmes médecins en psychiatrie


Jeudi 4 avril 2013

Michel Caire. Les psychiatres et l’Académie de médecine


Jeudi 2 mai 2013

Michel Caire, Docteur Yves Edel. Le haschich


Jeudi 6 juin 2013
15 h. - 17 h.
Séance délocalisée
Hôpital de La Salpêtrière (Pavillon Lassay)

Docteur Michel Caire : « L'aliénisme et la neurologie à la Pitié-Salpêtrière, de l'avant-Pinel à l'après-Charcot »
Docteur Catherine Bouchara : « Jean-Martin Charcot, une vie avec l’image »

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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2013-2014

Jeudi 14 novembre 2013

Présentation du programme de l’année.

Actualités. Présentation d'ouvrages :
- L’abandon à la mort... de 76 000 fous par le régime de Vichy, par Armand AJZENBERG. Suivi de Un hôpital psychiatrique sous Vichy (1940-1945) par André CASTELLI. Préface de Michaël Guyader. L'Harmattan, Collection Historiques, 2012

- Expériences de la folie. Criminels, soldats, patients en psychiatrie (XIXe-XXe siècles), Laurence Guignard, Hervé Guillemain, Stéphane Tison (dir.). Presses universitaires de Rennes, 2013

- Constance Pascal (1877–1937) : Authority, Femininity and Feminism in French Psychiatry. Felicia Gordon. Igrs books Vol. 8, University of London, 2013

- Du front à l’asile 1914-1918. Stéphane Tison, Hervé Guillemain, Alma Editeur, 2013



Jeudi 5 décembre 2013

Michel Caire.

Les « réunions cliniques » des médecins des Hôpitaux Psychiatriques de de Ville-Evrard et Maison-Blanche, années 1944-1945 [avec Paul Sivadon, Charles Chanès, Jean Dublineau, Jacques Rondepierre, Guilhem Teulié, Noël Sengès, Henri Beaudouin, Pierre-Adolphe Chatagnon, Emmanuel Martimor, Georges Demay, Jacques Vié et Elisabeth Cullerre]

Les guérisons imprévues (valeur curative de la sortie prématurée comme moyen massif de psychothérapie

Un cas d’ « idéalisme passionné par la recherche scientifique »



Jeudi 9 janvier 2014

Michel Caire.

Les psychiatres et l’Académie de Médecine (suite) : les membres associés et correspondants étrangers (Authenrieth, Heinroth, Benedikt, Guislain, Pavlov, Moniz, Cerletti et quelques autres)


Jeudi 6 février 2014

Michel Caire.

Services libres et « petits mentaux » : la réappropriation des psychonévroses par les aliénistes


Jeudi 6 mars 2014

Yves Edel. Caroline Mangin Lazarus. Michel Caire.

La psychiatrie et la Guerre de 14-18.
Un asile d’aliénés du département de la Seine pendant la Grande Guerre


Jeudi 3 avril 2014

Michel Caire.

« Martyrologe de la psychiatrie »


Jeudi 15 mai 2014

Michel Caire.

Quelques jalons de l’histoire de la psychiatrie infanto-juvénile


Jeudi 5 juin 2014
15 h. - 17 h.
Séance délocalisée

La bibliothèque médicale de l’hôpital de Maison-Blanche
[18, rue Rémy de Gourmont Paris 19e arr.]



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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2014-2015

Jeudi 2 octobre 2014

Présentation du programme de l’année.

Actualités.



Jeudi 6 novembre 2014

Michel Caire.

Le traitement de la folie par la transfusion sanguine, XVIIe-XIXe siècle


Jeudi 4 décembre 2014

Michel Caire.

De quelques remèdes secrets et autres traitements empiriques de la folie


Jeudi 8 janvier 2015

Jean-Manuel Morvillers

La place de l’idéologie humaniste dans les pratiques de soin en psychiatrie


Jeudi 5 février 2015

Michel Caire.

Panorama général de l’histoire des traitements en psychiatrie


Jeudi 5 mars 2015

Michel Caire.

Les traitements médicamenteux en psychiatrie avant les premiers psychotropes


Jeudi 2 avril 2015

Docteur Denis Morin

Le Tarentisme, une forme d'hystérie paganochrétienne propre à l'Italie du sud. "Le premier document filmé sur le tarentisme" (1961)


Jeudi 7 mai 2015

Docteur Benoît Dalle

à propos de son dernier ouvrage, Laissez parler les fous, ou comment accompagner les psychotiques [Frison Roche éd., décembre 2014]


Jeudi 4 juin 2015

Les archives de l'AP-HP


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Docteur Michel Caire

Les JEUDIS DE LA B.I.U.M.


Conférences 2015-2016

Jeudi 5 novembre 2015

Présentation du programme de l’année. Actualités.

Chromothérapie et luminothérapie en psychiatrie


Jeudi 3 décembre 2015

Michel Caire.

L’électrothérapie : du galvanisme à l’électrochoc


Jeudi 7 janvier 2016

Michel Caire.

Le torpillage des poilus : projection de films tournés pendant la Grande Guerre dans les Centres de psychonévrosés de Maison-Blanche (Laignel-Lavastine), de Salins (G. Roussy), de Tours (Clovis Vincent)


Jeudi 4 février 2016

Michel Caire

Machines rotatoires et vibratoires : leurs applications en psychiatrie


Jeudi 3 mars 2016

Michel Caire.

De quelques femmes de Sainte-Anne


Jeudi 7 avril 2016

Michel Caire.

La cure de sommeil


Jeudi 12 mai 2016

Michel Caire

Grands noms de la psychiatrie au cimetière de Montparnasse


Jeudi 2 juin 2016

Visite du Cimetière de Montparnasse


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Michel Caire, 2009-2016
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