Violation de copyright

De l'art du copillage

Monsieur Bernard Andrieu, professeur à l'Université Paris Descartes

Monsieur Georges Vignaux, directeur de recherche honoraire au C.N.R.S.

Monsieur Hervé Auclair, ancien responsable des services de prestation en C.P.A.M. [Bourgogne Franche-Comté]




Monsieur Bernard Andrieu, abuseur en récidive du copier-coller


M. Andrieu, philosophe, actuellement professeur en Staps à l'Université Paris Descartes, est l'auteur d'un chapitre intitulé

La thérapie corporelle en eau froide : Immersion-Depression-Submersion

paru dans l'ouvrage dirigé par Laurence Munoz. Usages corporels et pratiques sportives aquatiques du XVIIIe au XXe siècle, L’harmattan, Histoire du sport, 2008, pp. 255-266.


Dans ce chapitre accessible en ligne depuis juin 2010 figurent trois passages qui ont été copiés sur mon site, sans mon autorisation, sans référence ni au site ni à l'auteur et sans mention de la thèse et de la revue d'où deux d'entre eux sont extraits.

M. Andrieu a publié dans ce même chapitre des paragraphes entiers, copiés tels quels, sans mention d'origine, sur un autre site consacré à l'histoire de la psychiatrie (voir ci-dessous).

Mais il n'est pas un novice du copillage, à lire un article publié sur le site du magazine Sciences et Avenir (voir ci-après).

Peut-on être à ce point certain de son impunité pour demander ou accepter que de telles productions soient mises en ligne ? Que peuvent en penser Madame Laurence Munoz, les responsables des "archives ouvertes" (Centre pour la Communication Scientifique Directe) et la présidence de son université ?



pages 13-15 de La thérapie corporelle en eau froide (sur les 20 pages mises en ligne sur le site HAL). Tout ce qui est en italique ci-dessous a été copié sur le site 'Histoire de la Psychiatrie en France'.

« Le règlement pour le service intérieur de l'Asile Sainte-Anne promulgué le 6 juin 1868 par Haussmann sera aussi adopté par les deux asiles "extérieurs" de la Seine, Vaucluse et Ville-Evrard.
Dans l’extrait, auquel sont adjointes les additions, de celui de Saint Anne de 1868, le fonctionnement des bains et douches est codifié signifiant l’abson [sic] progressif de l’eau froide :
« Les douches et les bains, sont prescrites par le médecin et exécutées par les élèves-internes, ou par lui-même.
"Par suite d'une disposition très ingénieuse, l'aliéné, en s'asseyant sur ce siège mettait en mouvement une sonnerie électrique et le gardien prévenu enlevait le vase de l'extérieur. Ce système ne fonctionne plus, par suite du mauvais vouloir des gardiens à accomplir cette besogne." (F. Narjoux 1883)
Les douches froides ne sont déjà plus qu'exceptionnellement utilisées comme moyen sédatif. Par contre, les bains tempérés prolongés (de une à six heures) sont administrés aux agités, dans des baignoires spéciales: un système nouveau remplace les couvercles rigides en bois ou en métal, à l'origine d'accidents: les malades sont maintenus par une toile forte (coutil) qui se fixe avec boutons et courroies sur les côtés de la baignoire.
Les bains peuvent être associés à une irrigation sur la tête, qui seule émerge.
Les douches en pluie sont faites par le médecin dans la piscine; une "gymnastique de chambre", scellée dans le mur d'un large couloir, "permet aux malades qui viennent d'être trempés dans la piscine, ou qui ont subi la douche froide, de faire "leur réaction".
L'insuffisance du système de bains à Sainte-Anne, comme celle du système d'isolement, sera constamment dénoncée par les médecins chefs dans leurs rapports annuels: "Plus l'Administration voudra mettre à notre disposition de baignoires et de cellules, plus elle contribuera à l'amélioration, à la guérison de nos malades (...). Les bains sont notre principal moyen de traitement." (Dubuisson, 1889).
En 1891, Bouchereau note que "chaque jour, on distribue 46 bains dans la forme suivante: 5 de 6 heures, 5 de 4 heures, 10 de 2 heures et 16 de 1 heure" ».
[Note 31 : Organisation générale de l’Asile Saint Anne. Règlement intérieur et vie quotidienne, p. 109.] »

À comparer avec le texte de ma thèse Contribution à l'histoire de l'hôpital Sainte-Anne (Paris): des origines au début du XX° siècle (l'illustration qui y est insérée a été également reprise par M. Andrieu) : le texte est strictement identique, à quelques fautes de frappe près [abson au lieu d'abandon et Saint Anne au lieu de Sainte-Anne par exemple].

Curieusement, une note concernant les sièges d'aisance a été insérée dans le texte concernant les douches et les bains : "Par suite d'une disposition... (F. Narjoux 1883)".
Erreur d'inattention et défaut de relecture du copieur, sans doute.

Sur Angers, p.12 : « Dans l’extrait du compte moral de l'année 1829 de l'hospice civil d'Angers, le traitement des alinés [sic] repose sur le bain et la douche : « Le traitement des aliénés des deux sexes admis, chaque année, à l'hospice civil, consiste, surtout dans le principe, dans des évacuations sanguines, des bains assez ordinairement chaux (sic), des douches froides ou chaudes et quelques médicamens qu'indiquent les symptomes qui compliquent souvent les différentes espèces d'aliénations mentales.
D'ailleurs, ils sont traités avec toute la douceur que leur état peut permettre, et on ne saurait trop se louer des soins empressés que leur prodiguent les Soeurs hospitalières auxquelles est confié cet emploi qui n'est pas sans danger
»
[note 29 : Appert, Brichet, Bourcier et Dainville, La Commission Administrative des hospices d'Angers A Monsieur Joubert Bonnaire, Maire de la Ville d'Angers, Angers, le 26 août 1831] »

Voir sur ce même site : Les aliénés à l'hospice civil d'Angers en 1831 où cet extrait a été copié (à moins que M. Andrieu ait comme moi consulté le document aux archives où il est conservé et qu'il puisse en donner la référence)

Sur Broutet, p.11 : « Le comte Guillaume de Broutet (1739-1817), recteur des Pénitents Noirs de la Miséricorde d'Avignon sous l'Ancien Régime et à ce titre, administrateur de l'hospice des insensés de la ville (…)
il est rare, qu'on y fasse prendre des bains froids: une longue experience à prouvé, qu'il valoit mieux donner les bains tiedes, mais avec un robinet d'eau froide, qui coule sur la tete des insensés »
(note 28 = Exposé à la convention nationale, d'une nouvelle methode, pour guerir les insensés, au moyen de remedes moraux, employés avec succès, par le citoyen Broutet, pendant son administration de l'hopital des insensés d'avignon. 1794)

Voir sur ce même site : Michel Caire, «Le comte de Broutet, un ami de l'humanité souffrante» L'Évolution Psychiatrique, 65, 2000; 139-150 (même remarque que ci-dessus pour Angers)

Indépendamment de ces trois exemples de violation du copyright ou plus simplement de non-respect des bons usages, et au risque de sortir de mon sujet, j'attire l'attention sur un passage p.12 où il est question de Griesinger et de sa critique de « l’usage de l’hydrothérapie mis en œuvre par Philippe Pinel et Brière de Boisant car cela provoque une paralysie par l’effet glacial de l’eau froide », en référence (note 30) à : « W. Griesinger, 1845, Traité des maladies mentales pathologiques et thérapeutiques, Paris, Adrien Delahaye, 1865, note 1 p. 541. »

Or si dans la traduction française par Doumic du Traité des maladies mentales : pathologie et thérapeutique de Griesinger, il est bien fait référence à Pinel et Brierre, c’est dans la note 1 de la p.540, ce n’est pas « Brière de Boisant » mais Brierre de Boismont, et « Pinel » n’est pas Philippe, mais son neveu Casimir.
J'ajoute que Griesinger ne met nullement en cause Pinel et Brierre qui n'ont à ma connaissance ni l'un ni l'autre employé le bain froid (et Griesinger ne dit pas le contraire), que la "paralysie" dont il parle dans la note 1 de la page suivante est la Paralysie Générale qui est la progressive Paralyse des Allemands, et que c'est chez "les malades agités, violents" que Griesinger considère que "l'eau froide ne paraît d'ailleurs que rarement indiqué" (p.541, note 1).

Passons sur « Valentin J.J. Magnan » (p.18).

Le paragraphe mérite cependant quelques mots : « En 1893 Valentin J.J. Magnan (1835-1916) invente la technique du packs en utilisant l’enveloppement froid et serré pour produite un contention, une réaction tonique au froid durant ¾ heure à une heure et refroidir le corps avant de se reprendre après l’état regressif. »

Or, s'il est bien vrai que Valentin Magnan, médecin chef du Bureau d’Admission à Sainte-Anne a pratiqué l’enveloppement humide, c'est selon la méthode inventée par Priessnitz et adaptée par divers aliénistes au traitement de la maladie mentale : il n’en a pas inventé la technique, ni d'ailleurs bien sûr le nom de ‘packs’, qui est apparu dans les années 1960 avec Woodbury. Son seul apport à notre connaissance est d'en avoir proposé une petite amélioration : l’enveloppement des pieds, qui évite leur refroidissement lors de l’emmailottement… En ce qui concerne la fin du paragraphe, assez obscur, on relèvera seulement l’anachronisme, là encore, de l’expression « état régressif ».

Quant au nom de deux des trois inspecteurs généraux, « les Docteurs Constans, Lumier et Dumesnet » (p.10), ils ont été si mal recopiés qu’ils en sont estropiés. Les corrections ont-elles été faites dans la version publiée chez L’Harmattan ?


Si les références légales de ces copiés-collés figurent dans l'ouvrage lui-même, et bien que M. Andrieu ne m'ait demandé aucune autorisation, j'effacerai tout cela de ma mémoire, et de ce site.
Je précise que je n'ai jamais refusé de donner mon accord à celui qui m'a demandé de reprendre des éléments (texte ou illustrations) publiés sur mon site. Et même si on 'oublie' de m'en demander l'autorisation, je laisse faire, à la seule condition que la provenance soit indiquée.

J'ajoute qu'il est assez cocasse, lorsqu'on fait une petite recherche sur Google, de voir apparaître des thèses dirigées ou présidées par Bernard Andrieu, « Professeur de Universités (Classe Exceptionnelle au 1er Sept 2017), UFR Staps, Université Paris Descartes (depuis le 1er Sept 2015) », qui portent la mention :

toute contrefaçon, plagiat, reproduction illicite encourt une poursuite pénale

Dans ses fonctions de directeur de publication de la revue ‘Recherches & Educations’ [Revue généraliste de recherches en éducation et formation], membre du comité de rédaction et du comité de lecture scientifique, il est sans doute aussi attentif à détecter ces 'contrefaçons' et autres 'plagiats' ou 'reproductions illicites'.

Michel Caire, le 2 décembre 2017


Un autre site victime du copillage par le même B. Andrieu
(copiage sans référence à la source)
Université de Genève (Suisse), Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation
(TECFA – FPSE)

Sur la page consacrée au XIXème siècle d'une petite histoire des traitements en psychiatrie (cette page est restée telle quelle depuis une quinzaine d'années)

« Les asiles ne peuvent se permettre de fonctionner sans un service de bains. Il s’agit de “bains ordinaires et médicinaux, de douches ascendantes et d’étuves sèches et humides”. Mais une salle d’hydrothérapie est jugée complète lorsqu’elle comporte au moins “une piscine, une tribune, une douche mobile en lance avec jets divers, une douche verticale à clapet, en pluie et en colonne, chaude ou froide à volonté, une douche en cercle, solidement garantie par une enveloppe en bois, une douche ascendante et un bain de siège à eau courante”. Leur application, leur fréquence et leur durée sont décidées par le médecin. Parfois, il recommandait des bains quotidiens de plus de dix heures !
On distinguait trois grandes formes d’hydrothérapie : l’eau pouvait avoir une action tonique, sédative ou révulsive. Elle guérissait de tout, à condition de savamment la diriger. Ainsi, on traitait la forme congestive de la folie par des douches révulsives sur le bassin et les membres inférieurs ; la forme dépressive demandait plutôt des douches toniques et courtes ; les formes convulsive et expansive, quant à elles, étaient efficacement soignées par des bains froids, des enveloppements dans des draps mouillés, ainsi que des compresses froides sur la tête
. »

A comparer avec le texte publié par B. Andrieu, p.18 (le copié-collé est en italique) :
« Les asiles ne peuvent se permettre de fonctionner sans un service de bains. Il s’agit de “bains ordinaires et médicinaux, de douches ascendantes et d’étuves sèches et humides”. Mais une salle d’hydrothérapie est jugée complète lorsqu’elle comporte au moins « une piscine, une tribune, une douche mobile en lance avec jets divers, une douche verticale à clapet, en pluie et en colonne, chaude ou froide à volonté, une douche en cercle, solidement garantie par une enveloppe en bois, une douche ascendante et un bain de siège à eau courante » Leur application, leur fréquence et leur durée sont décidées par le médecin. Parfois, il recommandait des bains quotidiens de plus de dix heures !
On distinguait trois grandes formes d’hydrothérapie : l’eau pouvait avoir une action tonique, sédative ou révulsive. Elle guérissait de tout, à condition de savamment la diriger. Ainsi, on traitait la forme congestive de la folie par des douches révulsives sur le bassin et les membres inférieurs ; la forme dépressive demandait plutôt des douches toniques et courtes ; les formes convulsive et expansive, quant à elles, étaient efficacement soignées par des bains froids, des enveloppements dans des draps mouillés, ainsi que des compresses froides sur la tête
. »

Deuxième extrait du même site :

« Cependant, au XIXème siècle, on fait la subtile distinction entre l’immersion et la submersion, selon que la tête est laissée hors de l’eau ou non. L’eau doit être froide et le bain donné par surprise, car la conjonction de ce saisissement physique et psychologique posséderait des propriétés thérapeutiques. Des précautions sont prises par crainte de la noyade du malade : on restreint la durée de submersion “au temps nécessaire pour réciter le psaume du Miserere”. On nous rapporte, par exemple, le récit d’une femme atteinte de folie, chez qui les lavements rafraîchissants et les inévitables saignées n’avaient produit aucun effet. Le médecin décida alors de la faire jeter dans la rivière toute proche, à titre thérapeutique. »

A comparer avec le texte publié par B. Andrieu, p.19 (le copié-collé est en italique) :
« Au XIXème siècle, on fait la subtile distinction entre l’immersion et la submersion, selon que la tête est laissée hors de l’eau ou non. L’eau doit être froide et le bain donné par surprise, car la conjonction de ce saisissement physique et psychologique posséderait des propriétés thérapeutiques. Des précautions sont prises par crainte de la noyade du malade : on restreint la durée de submersion “au temps nécessaire pour réciter le psaume du Miserere”. Par exemple pour une femme atteinte de folie, chez qui les lavements rafraîchissants et les inévitables saignées n’avaient produit aucun effet, le médecin décida alors de la faire jeter dans la rivière toute proche, à titre thérapeutique. »

Il est sans doute possible de trouver dans ce même texte de B. Andrieu d'autres copillages, plus brefs, tels que ces segments de phrase :
« bains ordinaires et médicinaux, de douches ascendantes et d’étuves sèches et humide », qui vient de Scipion Pinel, Traité complet du régime sanitaire des aliénés, p.39
ou encore :
« Les asiles ne peuvent se permettre de fonctionner sans un service de bains », que l'on retrouve dans « Flaubert et la philosophie ». Revue Flaubert, 2007, n°7

Monsieur Andrieu, récidiviste

Un universitaire français abuse du copier-coller. Par Olivier Hertel le 29.10.2012 à 10h57 [site du magazine Sciences et Avenir]

“PARMI LES RÉVÉLATIONS de notre enquête sur les dérives sectaires et thérapeutiques dans les hôpitaux et universités, nous avons évoqué un cas de plagiat découvert dans un livre de Bernard Andrieu, professeur à l'université de Nancy. (…) Voici deux passage du livre Toucher, se soigner par le corps, paru en 2008 aux Belles Lettres dans la collection Médecine et Sciences Humaines, dirigée par Jean Marc Mouillie maitre de conférence à la faculté de médecine d'Angers. L'auteur de ce livre Bernard Andrieu, professeur à l'université de Nancy, spécialiste de l'épistémologie du corps et des pratiques corporelles, a eu recours au copier-coller de sites internet pour rédiger les deux paragraphes que nous montrons dans ce document.

Le premier extrait concerne Danis Bois et la fasciathérapie. Nous avons retrouvé ce texte dans un article publié en avril 2002 (6 ans avant la sortie du livre) sur le site d'un ostéopathe qui reprenait lui-même un texte biographique provenant du site de Danis Bois.

Le deuxième extrait concerne le rebirth, une autre pratique pointée pour ses risques de dérives sectaires. Nous avons retrouvé un texte identique à ce passage dans un forum internet datant de juin 2005 (3 ans avant la sortie du livre). D'autres passages de ce livre ont été copier-coller à partir d'internet sans que les auteurs originaux aient été cités. (…)”

haut de chapître

 




Monsieur Georges Vignaux

Georges Vignaux, dans son ouvrage intitulé L'Aventure du corps. Des mystères de l'Antiquité aux découvertes actuelles paru chez Pygmalion en 2009 consacre dans le chapitre « Une nouvelle représentation de la maladie » quelques pages à Philippe Pinel.

La quasi totalité de cette partie est un copier coller de mon article : « Pussin, avant Pinel » paru dans L'Information Psychiatrique, 69, 6, 1993, 529-538 et mis en ligne sur ce site.

D'après Wikipédia, Georges Vignaux, directeur de recherche honoraire au CNRS, a été notamment, de 1994 à 1998, conseiller scientifique, chargé du programme « Sciences cognitives » auprès du directeur de la Mission scientifique et technique du ministère de la Recherche ; de 2000 à 2004, directeur du laboratoire Communication et Politique (LCP), CNRS ; de 2004 à 2008 : directeur du Programme « Colisciences », à la Maison des Sciences de l’Homme, Paris-Nord.

Georges VIGNAUX, logicien, cogniticien et linguiste, est l’auteur d’un “modèle” d’analyse des phénomènes de discours et des processus cognitifs à l’œuvre dans les représentations et les images des connaissances, avec application aux rapports entre cognitions, cultures et nouvelles technologies.

Dois-je être flatté qu'une personne aussi éminente apprécie tant l'article dont je suis l'auteur - dont la référence apparaît tout de même dans la bibliographie du livre - qu'il s'en approprie une grande part, à la virgule près... ?


Que l'on en juge : tout ce qui en gras a été copié mot pour mot par M. Vignaux

L'année 1993 marque le bicentenaire de l'un des faits majeurs de l'Histoire de la psychiatrie moderne: la nomination de Philippe Pinel comme médecin des infirmeries de l'hôpital de Bicêtre. Cette nomination n'aurait peut-être rien eu de mémorable si elle n'avait été à l'origine de sa rencontre avec un autre personnage d'exception: Jean-Baptiste Pussin, ancien garçon tanneur autodidacte et gouverneur des fous depuis 1785.

Dès sa prise de fonctions en effet, l'attention du médecin philosophe se porte sur l'emploi de Saint-Prix où sont logés les aliénés d'esprit et son gouverneur. Pussin, certainement valorisé par cet intérêt, accepte de partager son savoir-faire et lui enseigne ses principes empiriques, c'est-à-dire fondés sur l'observation et l'expérience. Reconnaissant, Pinel multipliera tout au long de sa vie et de son œuvre les références élogieuses à celui qu'il eut aussi la sagesse d'écouter.
[...]

Bicêtre, réservé aux hommes, est une des maisons de l'Hôpital Général initialement établi pour « l'enfermement des Pauvres Mendians valides et invalides ».

Au fil des décennies sont également accueillis des "pauvres enfans, vieilles personnes et les infirmes d'épilepsie", puis des correctionnaires, des prisonniers et les pauvres malades non guéris à l'Hôtel-Dieu. Progressivement, le besoin amène l'Administration à subdiviser l'établissement, en créant des emplois, au nombre de sept en 1780.

Pussin commence donc sa carrière comme maître des enfants logés au premier étage du bâtiment neuf, dortoir de la Visitation. Pour avoir été « jugé le plus capable d'avoir le soin et direction » de la salle, il avait dû acquérir par lui-même une certaine instruction depuis son entrée à Bicêtre, alors que sa formation première était celle de garçon tanneur. Cette place, où il est chargé de l'éducation des enfants, discipline et travail mais aussi enseignement, lui offrait la perspective d'obtenir la qualité d'instituteur, après dix ans de services, sur certificat des directeurs de l'Hôpital, « sans autre examen, lettres et permission » (article LVIII de l'Edit d'avril 1656).

Son premier poste de gouverneur le met à la tête de l'ensemble du bâtiment neuf, « lieu inabordable par l'air infect qu'on y respire, tous ceux qui y sont ont quelque difformité » (Mémoire sur Bicestre, Anonyme, 1760-1761; A.N., F15 1861) : outre les enfants infirmes y sont hébergés les gâteux salle St Jean (rez-de-chaussée), les idiots et les imbéciles salle St François (2ème étage) et Salle St Fiacre les épileptiques (3ème étage) qui peuvent aussi, faute de place, être admis à Saint-Prix, le quartier voisin.

Dans l'emploi des fous, il trouve environ 230 hommes dont un peu plus de la moitié de fous, des épileptiques, imbéciles et 13 hommes à gages. Il s'agit du "lieu pour enfermer les fous et les folles" à Bicêtre prévu par l'arrêt du Parlement du 7 septembre 1660.

Etait-il encore tel que le décrit le Mémoire de 1760 ? « Le quartier des fols est a côté de ce batiment (neuf). On y a construit 249 loges de pierre de taille qui peuvent chacune contenir deux hommes. Les furieux sont enchaînés dans ces loges, les plus tranquilles sont logés dans un gros pavillon dans lequel il y a 60 lits. Ces pauvres gens ne sortent jamais, ils ont pour se promener une cour exactement close. La fontaine d'Arcueil leur fournit de l'eau, ils ont un réservoir dans lequel ils se baignent ordinairement et souvent au plus fort de l'hiver on entend jour et nuit dans ce quartier un bruit épouvantable, les uns chantent, les autres pleurent, on y jure, on y prophétise, on rit, on se bat, on danse, c'est un déraisonnement perpétuel. »

Relevons simplement que le nombre de loges, destinées aux furieux, est en fait de 172; les autres sont au pavillon de l'Ouest dans des dortoirs avec lits et poëles.

Quant aux conditions de vie des fous, elles sont surtout connues par les récits apocryphes, répétitifs et souvent fantaisistes, qui ont fondé la légende noire tant de fois reprise depuis : "Confondus" et "entassés pêle-mêle" avec les criminels et vagabonds puisqu'enfermés dans la même maison , "parqués comme des bêtes" lorsqu'ils en sont séparés, condamnés à une réclusion perpétuelle et regardés comme des êtres inutiles et dangereux, ils sont couchés sur un grabat de paille pourrie dans des loges immondes, exigües et obscures, glacées ou ruisselantes, grouillantes de vermine. Dans ce cloaque infect, ils sont enchaînés sans discernement avec une brutalité extrême, affamés, épiés, agacés, maltraités, à la moindre tentative d'évasion roués de coups ou même tués par leurs gardiens, d'anciens malfaiteurs cruels et violents, ce jusqu'à ... l'arrivée de Pinel.
[...]

Philippe Pinel prend ses fonctions à Bicêtre le 11 septembre 1793, à l'âge de 48 ans. L'autre grande maison de l'Hôpital Général, la Salpêtrière, avait bénéficié pendant plusieurs années d'un même poste de médecin résident, mais il avait été supprimé en 1792 par mesure d'économie. Pourquoi donc un médecin à Bicêtre en 1793 et pourquoi Pinel ?

Une première remarque : l'objet de la nomination n'est pas d'améliorer ou inventer le traitement des fous, mais de soigner les malades des infirmeries. Médecin chef de l'hospice ne signifie rien d'autre que médecin des infirmeries de la maison nationale (ainsi qu'il signe ses "Observations sur l'hospice des insensés de Bicêtre"), et en tout état de cause pas de Saint-Prix.

Précisons que le poste de "médecin pour le traitement des fous" à Bicêtre n'est en réalité créé qu'en 1812, après suppression du poste de médecin en chef, et que son premier titulaire est François Hebréard, le chirurgien en second de la maison. Dans le même temps à la Salpêtrière, Esquirol, jusque là médecin surveillant devient médecin ordinaire chargé du traitement des aliénées.

Pinel a lui-même affirmé avoir demandé en 1793 - et obtenu grâce à ses liens avec Thouret et Cabanis - le poste pour quitter Paris, inquiet des troubles qui s'y développaient. Bicêtre en était-il pour autant un abri sûr pour qui occupait des responsabilités, alors que la Maison avait un an auparavant été le théâtre de massacres aveugles où l'un des économes avait perdu la vie ?
[...]

Le jour même de son arrêté de nomination, le 25 août, la Convention Nationale décide de mettre « à la réquisition du Ministre de la Guerre tous les officiers de santé, Médecins, Chirurgiens et Pharmaciens, depuis l'âge de dix-huit ans jusqu'à celui de quarante », mesure qui favorise Pinel, trop âgé pour partir aux frontières, mais parfaitement compétent pour diriger les infirmeries.

La réorganisation du service médical était d'autant plus nécessaire un an après le départ de Cullerier que l'automne 1793 est marqué par un afflux de prisonniers, dont nombre de malades.

Pinel, nommé donc aux infirmeries a très vite étendu son champ d'observation puis d'intervention à Saint-Prix, par « une inspiration heureuse » (selon le mot d'Esquirol dans l'article "Maisons d'aliénés" du Dictionnaire des sciences médicales, t. 30, 1818, p.51) et certainement de sa propre initiative; six années de pratique dans la maison Belhomme et plusieurs écrits sur le sujet attestent d'un intérêt déjà ancien: « Lors de ma nomination, il y a une année révolue, à la place que j'occupe, l'hospice des fous fixa particulièrement mon attention » (Observations sur l'hospice des insensés de Bicêtre ).
[...]
Certainement conforté par l'intérêt de Pinel, Pussin poursuit sa tâche, dans une période des plus troublées: le temps est à la suspicion, et l'hôpital est volontiers dénoncé comme repaire de contre-révolutionnaires, aristocrates et agents de l'étranger.
[...]

Cette correspondance du 18 novembre au 9 décembre 1794 (A.N., F7 3299 15; 28 brumaire, 10 et 19 frimaire an III) déjà publiée par A. Tuetey et J. Postel éclaire le rôle du surveillant des fous en l'an III: Pussin a alors plus de 200 fous sous sa surveillance, et assure les fonctions de concierge au sens de directeur de prison pour les prisonniers « passés aux fous comme aliénés », quoiqu'il n'ait « à cet effet ni garde, ni sous-surveillant, ni gens raisonnable pour garçon de service ».

Pour ceux qui ont été transférés « des cabanons aux fous comme aliénés, lesquels doivent être traduits au Tribunal révolutionnaire », Pussin réclame « une petite réparation à leurs fenêtres, s'ils restent renfermés, ou d'une plus conséquente pour une élévation de mur dans certaine place, si l'on veut les faire jouir de la liberté de la promenade », et demande des précisions quant à sa responsabilité en cas d'incident, si les locaux restent en l'état.

[...]
Après avoir proposé de leur communiquer d'autres renseignements de vive voix, Pussin leur suggère de s'adresser "au citoyen Letourneau Econome de la maison des pauvres de Bicêtre entre les mains duquel sont les ordres ou jugemens en vertu desquels les fous sont conduits audit hospice".

Ici encore, seul Pussin apparaît, car même si la Commission s'intéresse surtout à l'aspect administratif de la question, Pinel ne joue officiellement aucun rôle à l'emploi des fous.

Le 14 ventôse an III (4 mars 1795), une délibération des Secours Publics prononce la nomination à la Salpêtrière de Pinel, qui quitte Bicêtre le 30 germinal (29 avril).

Qu'il suffise de citer Pinel lui-même (2ème édition du Traité, p. 201) pour rappeler, après bien d'autres, que le grand aliéniste n'est pas l'auteur du déferrement des fous de Bicêtre qu'on lui a généreusement attribué :

« Ce ne fut pas sans un regret extrême que je ne pus voir (pendant l'exercice de mes fonctions à titre de Médecin de Bicêtre durant les premières années de la révolution) le terme heureux de cette coutume barbare et routinière; mais j'étois d'un autre côté tranquille, et je me reposois sur l'habileté du surveillant de cet hospice (M. Pussin), qui n'avoit pas moins à coeur de faire cesser cet oubli des vrais principes. Il y parvint heureusement deux années après (4 prairial an 6), et jamais aucune mesure ne fut mieux concertée et suivie d'un succès plus marqué ».

En 1801, Pinel obtient après bien des demandes que Pussin soit nommé surveillant des aliénées de la Salpêtrière. Cette nomination est la meilleure reconnaissance des qualités de l'ancien garçon tanneur. Pinel, « plein de confiance dans la droiture et l'habileté du chef de la police intérieure, (lui laissa) le libre exercice du pouvoir qu'il avait à déployer, et toutes les difficultés furent surmontées ».

La répartition des attributions entre le médecin chef et son surveillant semble pourtant avoir été difficile : Après le décès de Pussin le 7 avril 1811, Pinel demande et obtient de le remplacer par un médecin, Esquirol, parce qu'il est résulté de cette confusion des devoirs "souvent des entraves pour le traitement médical et des difficultés sans cesse renaissantes".

Un conflit de pouvoir que Bicêtre n'avait pas connu, et qui naît avec l'asile.

haut de chapître




Monsieur Hervé Auclair

Monsieur Auclair publie « Une histoire de fous » dans le n°25 de novembre 2018 du Bulletin du comité d'histoire de la Sécurité Sociale de Bourgogne Franche-Comté intitulé Mémoire en marche, pp.5-6, dont la seule référence est : « Source : Wikipédia ».

Pourtant, ce texte est en grande partie la copie de mon article : « Pussin, avant Pinel » paru dans L'Information Psychiatrique, 69, 6, 1993, 529-538 et mis en ligne sur ce site.


Ce dont on peut juger ici : dans le texte ci-après, tout ce qui est en gras est recopié (ou, très rarement, paraphrasé), c'est-à-dire, après l'introduction (qui contient d'ailleurs plusieurs inexactitudes), la quasi totalité de l'article qu'il signe.

On connaissait le Docteur Philippe PINEL (1745-1826), comme « le libérateur des aliénés », de l’Hôpital Bicêtre et de la Salpêtrière.

Jusque là, les fous n’étaient pas considérés comme des malades, mais comme des « êtres dangereux » dont il fallait protéger la société. C’est à Bicêtre qu’en 1770, un certain Guilleret (sic) inventa la camisole de force pour sortir les fous des cachots noirs dénoncés par Malesherbes, où on enfermait les déments dans des conditions innommables ! Ils étaient aussi des « matériaux d’essai » car le 17 avril 1792, à Bicêtre, fut testée la Guillotine !

Mais la postérité ne retient toujours que les noms des chefs ! En effet, depuis 1785, un homme avait entrepris d’humaniser les soins qui leur furent enfin donnés. C’est lui le véritable artisan de la libération des aliénés !

Cet homme n’était pas médecin ! Il était arrivé à Bicêtre comme malade venant de l’Hôtel-Dieu. Atteint des « humeurs froides » encore appelées « écrouelles » (adénite tuberculeuse) et déclaré incurable, il est gardé à l’hôpital. Nous sommes en 1771 !

Il sera l’objet de cet article, son nom : Jean-Baptiste PUSSIN (1745 – 1811)

à Lons-le-Saunier le 29.09.1745 dans une famille franc-comtoise de tanneurs.

Cet autodidacte, physiquement fort, reste à l’hôpital Bicêtre une fois guéri et décide de s’impliquer dans la vie de l’hôpital. Il aide tout d’abord les enfants malades durant leurs cours, puis devient portier de l’hospice. En 1780, il est surveillant dans le service des aliénés agités, puis en 1785, « gouverneur des fous » et travaille entre autre auprès du médecin militaire Jean Colombier, Inspecteur de l’hôpital, lequel est proche des conceptions de Pussin. Le docteur Colombier sera le témoin de mariage de Jean Baptiste avec Marguerite en 1786. Sa femme travaillera à ses côtés à Bicêtre, puis à la Salpêtrière.

Bicêtre est réservé aux hommes. C’est une des maisons de l’Hôpital Général initialement établi pour l’enfermement des « Pauvres, Mendiants valides et invalides ». Au fil du temps, sont accueillis des « Pauvres enfants, vieilles personnes et les infirmes d’épilepsie », puis « des correctionnaires, des prisonniers et les pauvres malades non guéris de l’Hôtel-Dieu ». Progressivement, le besoin amène l’Administration à subdiviser l’établissement, en créant des emplois au nombre de sept en 1780.

Pussin commence donc sa carrière dans ces conditions, comme maître des enfants.
Pour avoir été « jugé le plus capable d’avoir le soin et direction » de la salle, il a dû acquérir par lui-même une certaine instruction, alors que sa formation première était celle de garçon tanneur. Il obtient la qualité d’instituteur après 10 ans de service, sur certificat des Directeurs de l’hôpital « sans autre examen, lettres et permission » selon l’article LVIII de l’Edit d’avril 1656. Son premier poste de gouverneur le met à la tête de l’ensemble du bâtiment dit neuf « lieu inabordable par l’air infect qu’on y respire ». Outre les enfants infirmes, y sont hébergés « les gâteux salle St Jean au rez-de-chaussée, les idiots et les imbéciles, salle St François, au second étage, les épileptiques au 3ème étage ». Dans l’emploi des fous, il trouve 230 hommes. Il s’agit du lieu pour enfermer les « fous et les folles » (Arrêt du parlement du 7.9.1760).

« Le quartier des fols est à côté de ce bâtiment neuf. On y a construit 249 loges de pierre de taille qui peuvent contenir chacune deux hommes. « Les furieux sont enchaînés dans ces loges, les plus tranquilles sont logés dans un gros pavillon dans lequel il y a 60 lits. Ces pauvres gens ne sortent jamais et ne peuvent que se promener dans une cour complètement close, sans chauffage, sans commodités, avec seulement un réservoir d’eau dans lequel ils peuvent ordinairement se baigner. Au plus fort de l’hiver on y entend jour et nuit un bruit épouvantable, les uns chantent, les autres pleurent, on y jure, on y prophétise, on rit, on se bat, on danse, c’est un déraisonnement perpétuel ».

Les conditions de vie des fous, selon des récits parfois fantaisistes, ont fondé la légende noire : « confondus et entassés pêle-mêle avec les criminels et les vagabonds puisqu’enfermés dans la même maison, parqués comme des bêtes, condamnés à une réclusion perpétuelle et regardés comme des êtres inutiles et dangereux, ils sont couchés sur des grabats de paille pourrie dans des loges immondes, exiguës et obscures, glacées ou ruisselantes, grouillantes de vermine. »

Dans ce cloaque infect, ils sont enchaînés avec une brutalité extrême, affamés, épiés, agacés, maltraités, à la moindre tentative d’évasion, roués de coups ou même tués par des gardiens sadiques, cruels et violents qui sont souvent d’anciens malfaiteurs.


Après Claude Antoine Soleil jusqu’en 1773, puis Pierre François Mauclerc de 1773 à 1785, Jean-Baptiste PUSSIN est nommé « Gouverneur de Saint-Prix « (un service de Bicêtre).

Passant outre l’Arrêt de 1660 sur le traitement des fous (ci-dessus évoqué), J.B. Pussin met en œuvre le « traitement moral », repris ensuite par le Dr. Pinel.et qui fera la renommée de ce dernier. Enfin, on respecte le fou et on organise méthodiquement ses conditions de vie.

Le Docteur Pinel qui sera en poste à Bicêtre de 1793 (le 25 août) à 1795 ou il est nommé à la Salpêtrière comme Médecin-Chef, trouve en Jean-Baptiste Pussin «l’heureux accord des sentiments d’humanité et de fermeté imperturbable, les principes les plus purs de philanthropie, une assiduité infatigable dans sa surveillance, des connaissances acquises par une expérience réflective, une fermeté inébranlable, un courage raisonné et soutenu par des qualités physiques les plus propres à imposer, une stature de corps bien proportionnée, des membres pleins de force et de vigueur, et, dans les moments orageux, le ton de voix le plus foudroyant, la contenance la plus fière et la plus intrépide».

De même, la femme de Pussin qui le seconde activement est admirée par Pinel pour sa fermeté, son intelligence et son courage.

Dans un mémoire rédigé en l’An VI (1797), Pussin expose sa méthode thérapeutique, insistant sur les » remèdes moraux » avec lesquels il dit avoir toujours combattu la folie : « proposer aux fous un travail modéré, tant par l’exercice qu’il procure que par la distraction qu’il opère, les traiter surtout avec douceur, leur en imposer mais ne pas les maltraiter, gagner leur confiance, combattre l’objet qui les a affectés et leur faire envisager un avenir plus heureux, ce qui nécessite une surveillance active, avec interdiction aux garçons de service de frapper les fous en aucun cas et renvoi des contrevenants, enfin utilisation mesurée des moyens de répression contre les furieux. Seule concession à la médecine, il prône l’administration de décoction de chicorée sauvage pour prévenir la constipation, cause de rechute dans les folies périodiques ! »

Citons encore le Docteur Pinel au moment de quitter Bicêtre :
« Ce ne fut pas sans un regret extrême que je ne pus voir le terme heureux de cette coutume barbare et routinière ; mais j’étais d’un autre côté tranquille et je me reposais sur l’habileté du surveillant de cet hospice, Monsieur Pussin, qui n’avait pas moins à cœur de faire cesser cet oubli des vrais principes «.

En 1801, Pinel obtint que Pussin soit nommé surveillant des aliénés à la Salpêtrière.

Cette nomination est la meilleure reconnaissance des qualités de l’ancien garçon tanneur
de Lons-le-Saunier, regardé aujourd’hui comme le précurseur de la fonction d’Infirmier Psychiatrique.

Hervé AUCLAIR Source : Wikipédia

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