Faire parler les corps
François-Emmanuel Fodéré à la genèse de la médecine légale moderne
Frédéric Chauvaud, Michel Porret, Marc Ortolani, Loraine Chappuis (sous la direction de)
Rennes, P.U.R. coll. Histoire, 2021, 302 p.
Avec le soutien de l'équipe DAMOCLèS (UNIGE), de l'université de Poitiers et du laboratoire ERMES programme PRIDAES (université Côte d'Azur)
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« Dans le legs naturaliste des Lumières, François-Emmanuel Fodéré (1764-1835) incarne la figure du "précurseur" de la médecine légale moderne.
Ce livre est le premier à lui être dédié. Il cadre le "moment Fodéré" où la médecine légale se certifie comme science des maux de la société.
Faire parler les corps évoque Fodéré en sa formation, ses saillies épistémologiques et sa réception notamment italienne.
Parmi une vaste production livresque, son projet ressort de sa somme médico-légale : Les Lois éclairées par les sciences physiques, ou Traité de médecine légale et d'hygiène publique (Paris, an VII); Traité de médecine légale et d'hygiène publique ou de police de santé : adapté aux codes de l'Empire français et aux connaissances actuelles (Paris, 1813).
Le savant prône l'alliance du droit et de la médecine, la salubrité sociale et la régulation étatique. Il dénigre les savoirs disséminés sous l'Ancien Régime pour un savoir médico-légal comme science positive. Elle greffera la modernité institutionnelle au positivisme pénal, au progrès scientifique, à la laïcisation des sociétés.
Pour "toutes les classes sans exception de privilèges", elle escorte la gouvernance de l'Etat libéral. Suicide, crime, infanticide, folie, épidémie, hygiène publique : ces objets mènent Fodéré à la science investigatrice de l'anomie sociale pour en prévenir la causalité. Surveiller et guérir : tel est son credo positiviste ! » [Note de l'éditeur]
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François-Emmanuel Fodéré, né à Saint-Jean de Maurienne le 8 janvier 1874, est également un des premiers aliénistes. A l'âge de trente ans, en 1804, il est médecin de l'asile d'aliénés de Marseille. Dix ans plus tard, il est professeur de médecine à Strasbourg.
Promoteur de la médecine légale, Fodéré peut également être à bon droit considéré comme « un pionnier de la psychiatrie scientifique », ainsi que le porte le titre de la communication de Joseph Alliez, présentée à la séance du 12 mai 1974 de la Société de psychiatrie de Marseille et du Sud-Est méditérranéen.
Fodéré s'est en effet intéressé tout au long de sa vie professionnelle à la pathologie mentale et à divers de ses aspects, étiologique, psychopathologique, institutionnel et médico-légal. En 1799, il publie un Traité du goître et du crétinisme, et la première édition de son important Traité de médecine légale et d'hygiène publique dont le chapitre IV traite « Des motifs d'interdiction et de presque interdiction. De la folie habituelle et périodique. De la folie temporaire. Du suicide. Des sourds et muets. Des somnambules. De l'ivresse. Des qualités des testateurs et témoins. ».
Et en 1816 et 1817 les deux volumes de son Traité du Délire, appliqué à la Médecine, à la Morale, et à la Législation, où il présente notamment sa position sur le Traitement moral, qu'il propose d'appeler Traitement sentimental, et sur plusieurs moyens thérapeutiques en usage au début du XIXe siècle, tels que l'électricité, le cautère, la flagellation, l'antimoine, le crachat de lune, la belladone et la mandragore et bien d'autres évoqués dans notre livre Soigner les fous.
Les auteurs
Frédéric Chauvaud, Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Poitiers, codirecteur de la collection « Histoire » des P.U.R. et directeur de la série « Justice et déviance ».
Michel Porret, historien genevois, Professeur à l'Université de Genève, spécialiste du XIIIème siècle.
Marc Ortolani, Agrégé des facultés de droit, Professeur des Universités [Histoire du droit et des institutions].
Loraine Chappuis, maître-assistante en histoire moderne, Université de Genève.
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Un asile en Provence.
La maison Saint-Paul à Saint-Rémy du XVIIIe au début du XXe siècle
Evelyne Duret
Aix-Marseille Université, Presse Universitaires de Provence, coll. Le temps de l'histoire, 2020; 202 p.
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« L'ouvrage retrace l'histoire de l'asile où Vincent Van Gogh fut interné.
En 1807, à Saint-Rémy-de-Provence, le docteur Louis Mercurin achète l'ancien couvent Saint-Paul-de-Mausole. La petite maison de force tenue avant la Révolution par des moines devient un asile privé laïque dirigé de main de maître par le médecin.
Pendant les décennies qui suivent sa mort en 1845, ses trois petits-enfants, un temps associé dans la propriété de l'établissement, président à sa destinée. Venus pour la plupart du quart Sud-Est de la France, des malades mentaux des deux sexes sont séquestrés à Saint-Paul.
Vincent Van Gogh y a vécu un an, de mai 1889 à mai 1890, séjour au cours duquel il a réalisé une part importante de son œuvre. Une autre célébrité, Marie Lafarge, condamnée pour le meurtre de son mari, l'avait précédé.
D'abord effroyables, les conditions de vie des pensionnaires s'humanisent ; grâce à la vigilance des inspecteurs de la préfecture des Bouches-du-Rhône, les maltraitances les plus criantes sont supprimées. Mais les préoccupations de rentabilité et les problèmes de pouvoir entre propriétaires, directeurs, médecins et religieuses relèguent au second plan la question de la guérison alors aléatoire de la folie.
L'histoire de Saint-Paul est aussi celle de sa féminisation : au départ majoritairement masculin, l'asile s'organise peu à peu autour des sœurs de Saint-Joseph et des malades femmes. » [Note de l'éditeur]
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La Maison de Santé St-Paul de Mausole, Route des Baux, à Saint-Rémy de Provence (Bouches-du-Rhône), ancienne et superbe maison, est toujours en activité. On y visite un charmant musée d'histoire de la psychiatrie, au sein du Cloître Saint-Paul (centre culturel avec galerie d'art).
L'auteur
Evelyne Duret, conservatrice honoraire du patrimoine, agrégée de géographie. Après avoir participé à la création du musée d'histoire de Marseille, elle a dirigé le musée de la Camargue. Elle s'est ensuite installée à Saint-Rémy-de-Provence où elle s'est consacrée à l'agrandissement et au réaménagement du musée des Alpilles.
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Une galerie de portraits à l'asile du Rhône
1903-1904
Hippolyte Laurent infirmier et photographe amateur
Philippe Cialdella
Impr. de l'ESAT de Villeurbanne [Association Lyonnaise de Gestion d'Établissements pour personnes déficientes, 69300 Caluire], 2021 ; 357 pages, 123 figures
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« Ce livre débute par la découverte fortuite en 2012, d’une valise oubliée dans un débarras, remplie de plaques de verre photographiques datant du début du XXe siècle. En 2018, l’auteur effectue une première recherche et découvre que de nombreux clichés ont été pris à l’Asile de Bron, actuel Centre Hospitalier Spécialisé du Vinatier.
Le photographe amateur, Hippolyte Laurent, arrière-grand-père de l’épouse de l’auteur, y fut infirmier puis chef de quartier, dès 1903.
Ce fonds iconographique exceptionnel de 423 plaques, dont 270 prises à l’asile, a été déposé aux Archives Départementales du Rhône au printemps 2019 sous le nom de fonds Hippolyte Laurent (HL).
Les photos, belles et détaillées, ont servi de point d’entrée à une recherche d’identification des lieux, dates et personnages. L’auteur a inséré cette démarche dans une contextualisation historique. Comment ces images et les archives permettant de les comprendre, s’inscrivent-elles dans leur époque et de quelles évolutions témoignent-elles ?
Les pathologies des malades des asiles différaient alors de celles d’aujourd’hui, et la mortalité y était très importante en raison des maladies infectieuses, la paralysie générale syphilitique en premier lieu.
Les photographies sont essentiellement des portraits d’infirmiers, d’infirmières, d’employés et de patients. La profession infirmière était en pleine évolution avant la Grande Guerre, loin du simple métier de gardien, encore proche du statut de domestique mais en voie de professionnalisation. Le service continu auquel le personnel infirmier était astreint les maintenait dans leurs divisions 24h/24, les obligeant au célibat jusqu’en 1906. Un train de réformes entre 1906 et 1913, notamment la mise en place précoce d’un brevet de formation infirmière, se trouve interrompu par la Grande Guerre.
Plus de 300 personnages gravitent dans ce récit. L’auteur, comme lors d’une pêche à la palangrotte, s’est efforcé de reconstruire les liens et les parcours des membres de la famille, des médecins, employés, préposés, membres de la commission de surveillance, infirmiers, et même d’une malade.
L’auteur questionne le regard rétrospectif et critique porté sur l’asile, comme lieu d’oubli, de surmortalité, et d’inefficacité thérapeutique. Les témoignages de la fin des années 30 dressaient un tableau catastrophique de surpopulation et de médiocrité des soins. L’influence d’Édouard Herriot, qui considérait les malades mentaux comme des « déchets sociaux », n’a sans doute pas été heureuse y compris sur les budgets de l’Entre-deux-guerres affectés à l’asile.
Les images du fonds HL et les archives du début du XXe siècle, démontrent plutôt une situation évolutive qui va à l’encontre des idées reçues. Les équipements à disposition des infirmiers et des malades, les services de soins, mais aussi le niveau scolaire et de formation des personnels nuancent notre vision de l’aliénation en 1900. Par exemple, l’illettrisme du personnel infirmier, évoqué rétrospectivement, est complètement infirmé.
En parallèle, cette recherche conduit à remettre en cause quantités de stéréotypes sur l’asile, notamment sur l’enfermement, ses modalités, la chronicité et la normalisation forcée.
Ce livre original est donc à la fois une enquête « policière », un ouvrage de photographies et un essai de micro-histoire qui éclaire d’un nouveau jour une période souvent négligée, renvoyant à la problématique contemporaine du traitement de la « folie » et témoignant d'une surprenante modernité. »
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Une série de documents exceptionnels, par leur rareté et leur qualité, qui illustrent un savant ouvrage sur l'histoire de l'asile de Bron, aujourd'hui Le Vinatier, l'un des établissements psychiatriques français les plus célèbres, mais qui n'avait pas encore fait l'objet d'une étude aussi originale.
L'auteur
Philippe Cialdella est médecin psychiatre à Lyon. Il a pratiqué en milieu hospitalier psychiatrique. Il a publié une vingtaine d'articles scientifiques. Depuis 1995, il exerce en libéral. Il est passionné d'histoire et de photographie. Il travaille actuellement à une biographie du Pr Jean Lépine.
Pour acquérir l'ouvrage, au prix de 28 euros, envoyer un courriel à
galerieportraitsasilerhone@gmail.com
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Philippe Paumelle, un psychiatre dans la cité
La force du soin
Sous la direction de Serge Gauthier et Bernard Durand
Préface de Vassilis Kapsambelis
Postface de Philippe Meyer
John Libbey Eurotext éd., Coll. L'Offre de soins en psychiatrie, 2021 ; XV-238 pages
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« Quarante mille malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques pendant la seconde guerre mondiale, et dès la Libération un petit groupe de psychiatres exige la transformation de cette psychiatrie jugée inadaptée et indigne pour les malades comme pour leurs soignants.
Encore interne, Philippe Paumelle participe au combat de ces aînés.
Mais dès sa thèse, il comprend que les hôpitaux psychiatriques ne peuvent pas être changés, qu’il faut soigner ailleurs et autrement.
Ce jeune psychiatre quitte l’hôpital, et réussit à développer, dans un quartier populaire, l’Association de Santé Mentale du 13ème arrondissement de Paris, qui devient en peu d’années un modèle pour la psychiatrie publique : celle-ci passe du séjour souvent très prolongé en asile psychiatrique à des soins implantés dans la cité.
C’est un regard nouveau sur les malades psychiques et leurs soins qui a permis ce basculement. Philippe Paumelle soutiendra la diffusion progressive de ces nouvelles pratiques et la reconnaissance de la psychiatrie comme discipline à part entière.
Cet ouvrage suit pas à pas le parcours extraordinairement engagé et créatif de Philippe Paumelle, et la place fondatrice qu’il a dans l’histoire de la psychiatrie malgré sa disparition précoce.
Sa démarche conçoit le soin comme une figure fondamentale de l’humanité ; ses idées, très novatrices, sont toujours actives et présentes dans les débats sur la santé mentale.
« Le grand mérite de ce livre, dit son préfacier, est de nous présenter de cette trajectoire un panorama documenté comme une étude savante et passionnant comme un roman d’aventures ».
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Dr Serge Gauthier, Psychiatre, ancien responsable médical dans l’ASM 13, président de l’Institut Philippe Paumelle de documentation et d’études psychiatriques (IPPdep)
Dr Bernard Durand, Psychiatre des hôpitaux honoraire, président d’honneur de Santé Mentale France
Dr Vassilis Kapsambelis, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, directeur du Centre de psychanalyse de l’Association de santé mentale dans le 13e arrondissement de Paris (ASM 13)
Philippe Meyer, Docteur en sociologie, journaliste et écrivain.
Les auteurs
Serge Gauthier,
Patrick Kamoun,
Bernard Durand,
Dominique Deyon,
Bernard Odier,
François Mousson
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Benjamin Ball (1834–1893), premier titulaire de la chaire des maladies mentales
Benjamin Ball (1834–1893), first holder of the Parisian mental illness’ chair
Olivier Walusinski
Annales médico-psychologiques, 2021, 179, 1 ; 107-112
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Résumé
Benjamin Ball ne doit sa notoriété posthume qu’au fait d’avoir été choisi en 1877 pour être le premier titulaire d’une nouvelle chaire, créée en 1875 à la Faculté de Médecine de Paris, la Chaire des Maladies mentales et de l’Encéphale. Sa formation, hors des asiles mais auprès de maîtres en médecine mentale, Jacques Moreau de Tours et Charles Lasègue, lui a permis d’exercer pleinement sa fonction d’enseignant, apprécié par ses nombreux élèves pour sa compétence et sa verve. Sa rencontre fortuite, en 1858, au cours de son internat, avec le tout jeune Jean-Martin Charcot, l’a conduit à rédiger une thèse novatrice consacrée à la thrombose veineuse des membres et à l’embolie pulmonaire qui aurait dû contribuer davantage à son renom.
Nous présentons ici quelques-unes de ses publications les plus notables, parmi la centaine dont il est l’auteur.
Mots-clés : Athymhormie, Benjamin Ball, Délire chronique, Embolie pulmonaire, Histoire de la psychiatrie, Maladie de Parkinson, Mélancolie
Abstract
Benjamin Ball’s posthumous fame is due solely to his being chosen in 1877 to become the first holder of a new chair created in 1875 at the Faculté de Médecine in Paris, the Chair of Mental and Brain Diseases. His training, outside of asylums but with two prominent professors of mental illness, Jacques Moreau de Tours and Charles Lasègue, enabled him to have a full career as a teacher, appreciated by his numerous students for his expertise and verve. His chance meeting in 1858, during his time as a resident, with the then young Jean-Martin Charcot led him to write an innovative thesis, on venous thrombosis in the limbs and pulmonary embolism, which should have contributed more to his fame.
We present here a few of his most notable publications, among the 100 or so that he authored.
Keywords : Athymhormia, Benjamin Ball, Delirium, Embolism, History of psychiatry, Melancholia, Parkinson’s disease
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Du même auteur, il convient de signaler, parmi ses nombreuses publications savantes, particulièrement bien documentées et originales, quelques-unes des plus récentes :
« Gustave Étoc–Demazy (1806–1893) : l’aliéniste manceau élève de Guillaume Ferrus » [Gustave Étoc–Demazy (1806–1893): The alienist of Le Mans, pupil of Guillaume Ferrus]. Annales médico-psychologiques 2020, 10; 1016-1021
« Armand Trousseau (1801-1867), neurologue avant la neurologie » [Armand Trousseau (1801-1867), a neurologist before neurology]. Revue Neurologique 2020, 176; 531-542
[avec Bogousslavsky J.] « Charcot, Janet, and French Models of Psychopathology ». European Neurology 2020, 83 (3); 333-340.
[avec Brigo F, Lattanzi S, Martini M, Bragazzi N, Nardone R] « "Spreading the word of the master": the contribution of Italian physicians in the early dissemination of Jean-Martin Charcot's theories » [published online ahead of print, 2020 Jul 25]. Neurol Sci. 2020;10.1007
[avec Teive H, Ferreira MG, Camargo CHF, Munhoz RP] « The Duels of Pierre Marie and Jules Dejerine » [published online ahead of print, 2020 Jul 20]. European Neurology 2020;1-5
« Histoire de l'individualisation nosographique des paraplégies spastiques familiales » [A historical approach to hereditary spastic paraplegia] Revue Neurologique (Paris) 2020,176 (4); 223-298
« Jean-Charles Chatelin (1884-1948). Un Juste, victime de l'injustice mémorielle » [Jean-Charles Chatelin (1884-1948), counted among the "Righteous", but forgotten as a neurologist]. Revue neurologique 2020
« The concepts of heredity and degeneration in the work of Jean-Martin Charcot » [Les concepts d'hérédité et dégénérescence dans l'oeuvre de Jean-Martin Charcot]. Journal of the History of the Neurosciences 2020
La plupart de ces travaux, et bien d'autres, sont consultables sur le site de l'auteur : Le bâillement
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Résumé
L’histoire de l’autisme connaît une actualité brûlante qui requiert l’attention partagée du clinicien.
Cette historiographie complexe poursuit son écriture de l’autisme en cascades à mesure du travail d’archives et de l’analyse critique des textes originaux.
Se précisent ainsi les concepts sur lesquels s’appuie la clinique des auteurs dès les origines de la psychiatrie de l’enfant.
Les débats scientifiques s’en nourrissent à chaque époque afin d’aboutir à un état de l’art renouvelé où l’autisme reste une construction conceptuelle organisatrice de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Mots-clés : autisme, histoire critique, histoire de la psychiatrie, philosophie de la psychiatrie, psychiatrie de l’enfant, syndrome d’Asperger-Wing, troubles du spectre de l’autisme.
Summary
History of autism takes us to a burning issue which requires a strong attention from clinicians.
This complicated historiography is still being written as if a Cascading Autism rose up alongside archives and textual criticism.
Since the origins of Child Psychiatry, theoreticians’ practice leans on even sharper clinical concepts and feeds scientific controversy over time, that results in a renewed state of the art.
Autism remains an organizing conceptual entity of Child and Adolescent Psychiatry in statu nascendi.
Keywords : history of psychiatry, philosophy of psychiatry, autism, critical history, Wing-Asperger syndrome, child psychiatry, autism spectrum disorder.
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Un article remarquable d'érudition et d'intelligence.
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Quand les aliénistes ouvraient les corps
Sous la direction de Jean-Pierre Luauté
Jean-François Allilaire, Michel Caire, Philippe Charlier, Jean-Pierre Luauté, Olivier Walusinski.
Préface de Jacques Poirier
Éditions Glyphe, coll. Société, histoire et médecine, 2020 ; 281 p.
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« Tout commença quand les premiers aliénistes, héritiers de Pinel et formés à l’anatomie après la réforme des études médicales voulue par la Révolution française, crurent que l’ouverture des corps (essentiellement des crânes) allait leur livrer les causes de la folie.
S’ensuivit une longue oscillation théorique, dont l’ouvrage retrace les étapes, entre organicisme et spiritualisme.
L’ouverture des corps fut abandonnée en raison de l’échec de l’entreprise (dû aux insuffisances de la méthode) et de la découverte de la psychogénèse par Charcot, c’est-à-dire de l’origine psychologique de ce que Freud nomma la « conversion hystérique ».
À partir de ce modèle fut appliquée – et même aux maladies mentales les plus graves – une « psychiatrie des causes et des traitements psychologiques » qui s’épanouit en France pendant la deuxième partie du xxe siècle et culmina avec l’acceptation officielle d’un traitement psychanalytique pour l’autisme infantile.
L’effort des premiers aliénistes n’avait pas été vain, ils jetèrent les bases de la neurologie et d’une discipline, abolie après mai 1968 mais qui renaît de ses cendres, la neuropsychiatrie.
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(Note de l'éditeur)
Illustration de couverture : Les aliénistes qui ont ouvert des corps (Christophe Bourdinaud)
De gauche à droite :
En haut : Esprit Blanche, Alexandre Brierre de Boismont, Jacques Joseph Moreau de Tours, Jules Baillarger, Louis-Victor Marcé, Louis-François Lelut, Claude Michéa, François Leuret
Au milieu : Jean-Baptiste Maximilien Parchappe, Jean-Pierre Falret, François Emmanuel Fodéré, Pierre-Antoine Prost, François Boussais, Jean-Louis Brachet
En bas : Félix Voisin, Étienne Georget, Jean-Étienne Dominique Esquirol, Philippe Pinel, Antoine Athanase Royer-Collard, Antoine Laurent Jessé Bayle, Louis Calmeil.
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Les auteurs
Jean-François Allilaire, Professeur de psychiatrie à la Salpêtrière, Secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine
Michel Caire, psychiatre honoraire des hôpitaux, docteur en histoire à l'EPHE, créateur du site Histoire de la psychiatrie en France; dernier ouvrage Soigner les fous. Histoire des traitements médicaux en psychiatrie 2019, Nouveau Monde éditions
Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue, directeur du département de la recherche et de l'enseignement au Musée du quai Branly; dernier ouvrage : Rituels (éditions du cerf, 2019)
Jean-Pierre Luauté, psychiatre honoraire des hôpitaux, ancien président de la Société médico-psychologique; dernier ouvrage (dirigé) Les Moreau de Tours 2018, Éditions Glyphe
Olivier Walusinski, médecin de famille, spécialiste du bâillement, historien de la neurologie et de la psychiatrie; dernier ouvrage Georges Gilles de la Tourette : Beyond the Eponym 2019. Oxford University press [voir ci-dessous]
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Soigner les fous
Histoire des traitements médicaux en psychiatrie
Michel Caire
Nouveau Monde éd., Coll. Histoire des Sciences, 2019 ; 480 p.
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« Le mot de « psychiatrie », la « médecine de l’âme », ne date que du début du XIXe siècle. Il recouvre toutefois un ensemble d’observations et de pratiques remontant à la plus haute Antiquité, dont Hippocrate et Gallien ont réalisé une vaste synthèse en fondant la théorie des humeurs, base d’une approche nouvelle, prescrivant aux médecins de rétablir un équilibre corrompu chez leurs malades.
Aux traitements médicaux, exercices physiques, diète, bains, purgations a longtemps été associé le recours à Dieu et à ses saints, dans le cadre de pèlerinages et de séances d’exorcisme.
Et si la médecine reconnaît ensuite que la folie est curable, elle recourt à des traitements d’immersion, de secousse, d’électrisation, à des prescriptions visant à traiter le mal par le mal, à des machines rotatoires qui, pour avoir souvent été expérimentés par les praticiens eux-mêmes, n’ont souvent rien à envier aux méthodes des périodes antérieures.
À cette époque aussi, la sexualité peut constituer un dérèglement psychiatrique... comme un traitement.
Après la période des traitements de choc et de la chirurgie du cerveau, ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’apparaissent les psychothérapies, les physiothérapies et les médicaments psychotropes efficaces... bien qu’ils ne soient pas tous sans dangers !
Des remèdes ancestraux les plus insolites aux médications récentes, l’auteur nous offre un panorama inédit et fascinant de la psychiatrie à travers l’Histoire.. »
(Note de l'éditeur)
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Un village pour aliénés tranquilles
Juliette Rigondet
Fayard, 2019 ; 311 p.
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« Dans ce récit sensible, Juliette Rigondet restitue le quotidien d'une petite ville du Cher, Dun-sur-Auron, lieu depuis le XIXe siècle d'une expérience psychiatrique innovante désignée sous le nom de "colonie familiale pour aliénés". Pour la première fois en France était tentée une solution alternative à l'enfermement des malades mentaux, qui aujourd'hui encore divise les plus grands spécialistes.
À la fin du xixe siècle, face à la faillite de l’asile où l’on retient, plus qu’on soigne, les « aliénés » dans des établissements surpeuplés, des psychiatres réfléchissent à une solution alternative. Pourquoi ne pas faire sortir de ces hôpitaux les « incurables tranquilles » en les installant, contre rétribution, dans des familles, à la campagne ?
Le conseil général de la Seine décide, en 1891, de tenter l’expérience. Un an plus tard, la petite ville de Dun-sur-Auron, dans le Cher, est choisie pour accueillir, « à titre d’essai », la première « colonie familiale pour aliénés » en France. L’essai est si concluant que le nombre de familles prêtes à héberger des patients augmente de façon exponentielle. En 1913, la colonie de Dun compte plus de 1 000 malades mentaux pour environ 4 000 habitants. Appelé aujourd’hui « Accueil familial thérapeutique », ce mode de soins existe toujours à Dun, même si les patients y sont moins nombreux qu’autrefois.
En s’appuyant sur les archives hospitalières et sur des témoignages de patients, de familles d’accueil, de villageois, Juliette Rigondet raconte l’histoire de ce lieu à part dans la psychiatrie française et reconstitue l’existence de ces hommes et de ces femmes qui ont fait partie, jusqu’à leur mort, de la vie quotidienne des Dunois. Elle nourrit ainsi la réflexion sur ce que notre société fait des « fous » et de l’Autre.
Juliette Rigondet est journaliste, auteure (Le Soin de la terre, Tallandier, 2016) et anime des ateliers d’écriture littéraire. Elle a passé son enfance, en grande partie, à Dun-sur-Auron. »
Une étude originale et approfondie sur une expérience qui a marqué l’histoire de la prise en charge des malades de l’esprit en France.
La couverture est illustrée par une superbe photographie de Sabine Weiss, représentant une pensionnaire de la colonie devant une épicerie de la Grande-Rue de Dun en 1952.
La photographe a pris sur le vif plusieurs scènes de la vie quotidienne à Dun en cette même année 1952, reproduites dans l'ouvrage.
D'autres illustrations rares, dont le portrait d'Auguste Marie, aliéniste, fondateur de la Colonie, et de son épouse Daria, née Mirvoda (Collection Archives de la Planète, Musée Albert-Kahn) |
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Le Bagne des Fous
Le premier service de sûreté psychiatrique 1910-1960
Véronique Fau-Vincenti
La manufacture de livres, 2019 ; 436 p.
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« Un « quartier de sûreté, réservé aux aliénés criminels, vicieux, difficiles, habitués des asiles », a ouvert au sein de l'asile de Villejuif le 3 mars 1910. Plus de 2 500 hommes y ont été internés entre 1910 et 1960.
Regroupés sous le qualificatif d'aliénés difficiles par commodité et par euphémisme, l'internement de ces hommes dénote de l'appréhension médico-judiciaire d'individus reconnus aliénés. D'aucuns de ses médecins-chefs qualifiaient la section de première réalisation en France d'une « idée grandiose », soit « l'alliance de la criminologie et de la médecine », révélant la porosité entre ces deux domaines.
Délinquants multirécidivistes, criminels d'occasion, simulateurs de troubles mentaux, collaborateurs, fils de bonne famille dévoyés, mais encore désaffiliés au ban de la société se sont ainsi côtoyés dans cet espace à la fois établissement de défense sociale à la française, infirmerie pénitentiaire et survivance de l'Hôpital général.
L'histoire de la 3e section de l'asile de Villejuif, surnommée « le bagne des fous » dans la presse - puis baptisée section Henri-Colin en l'honneur de son concepteur - permet de dévoiler un pan méconnu de l'histoire de la prise en charge psychiatrique dans un espace où mandat sécuritaire et mission hospitalière ont rivalisé. »
Véronique Fau-Vincenti est docteure en histoire, elle travaille sur l'histoire de la psychiatrie médico-légale et sur l'imprégnation sociétale de l'aliénisme. |
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Georges Gilles de la Tourette
Beyond the eponym
Olivier Walusinski
Oxford University Press, 2019 ; 490 p.
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« The 19th Century brought many medical advances and discoveries in neurology, with the famed Parisian La Salpêtrière hospital at its center.
Medical giants such as Jean-Martin Charcot, Joseph Babinski, and even for a short time Sigmund Freud, walked these halls, so it is a wonder that, an equal among these men, very little exists in the literature on Georges Gilles de la Tourette.
This biography is the first comprehensive volume to delve into the life, scholarship, writing, and hobbies of the famed doctor. In Part One, we learn Georges' family history, follow his schooling and mentorship under Charcot, travel to the Worlds Fair of 1900, evade an attempted assassination, all before succumbing to death by syphilis.
Part Two provides an in-depth analysis of his neurological and psychiatric works, notably the epynomous neurological disorder that will forever remain "Tourette's Syndrome".
Part Three looks at the lighter side of Georges, inspecting his favorite past-times as poet, historian, and art critic. Part Four brings an extensive bibliography of Georges' complete body of work.
Author Olivier Walusinski pulls together unpublished family archives, Georges' correspondence with the Parisian journalist Georges Montorgueil, journal articles, and police archives to shed an original light on the famed doctor's life and lasting legacy.
These archives have never before been studied or made available to the public, making this one of the first and most comprehensive biographies available and a must-have for any medical library. »
Remarquable bio-bibliographie illustrée de l'un des plus grands neurologues français, dans une très belle édition. |
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Philosophie de la folie (1860)
Réflexion biographique d'un mélancolique sur la folie et son traitement moral
James Frame
Traduit de l'anglais et présenté par Marie-Hélène Brunel, Fanny Hercouët, Chantal Tanguy & David F. Allen. Texte annoté par D. F. Allen.
Postface de Jacques Postel
EPEL, 2018 ; 175 p.
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«Une nuit, après des semaines de souffrances épouvantables, désespéré, une horrible pulsion me saisit, m'ordonnant de détruire celle qui, par-dessus tous les êtres vivants, méritait le plus mon amour.
Je m'enterrai sous les draps et luttai contre cette pulsion démoniaque jusqu'à ce que le lit se mette à trembler.
Mais elle gagnait toujours en force. C'était incontrôlable.
J'ai fermé les yeux et baissé la tête, par peur de la voir, et je me suis précipité hors de la maison.
Pieds nus et sans vêtements, excepté une chemise de nuit, j'ai couru dans les rues jusqu'au commissariat de police et je les ai implorés de m'enfermer. »
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Du moyen âge à nos jours, expériences et représentations de
La Folie à Paris
Benoît Majerus
Parigramme, octobre 2018 ; 126 p.
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« Que faire des fous ? Les enfermer, les éloigner, les soigner ?
Sur les bords de Seine comme ailleurs, les réponses ont varié dans l’histoire suivant la compréhension des pathologies mentales et la capacité d’y apporter des soins.
Mais Paris s’est illustré singulièrement en trois circonstances.
En 1795, tout d’abord, quand l’utopie de la libération des aliénés a offert un écho aux idéaux révolutionnaires.
À la fin du XIXe siècle, ensuite, alors que la psychiatrie française attirait tous les regards… y compris celui du jeune Sigmund Freud qui vint suivre les enseignements du professeur Charcot à la Salpêtrière.
Et c’est dans les années 1950 que furent découverts à l’hôpital Sainte-Anne les neuroleptiques, inaugurant une « révolution chimique » appelée à bouleverser durablement les approches thérapeutiques. »
Benoît Majerus enseigne à l'université de Luxembourg. Il a notamment publié Parmi les fous, une histoire sociale de la psychiatrie au XXe siècle, aux Presses Universitaires de Rennes, en 2013 |
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Philosophie et histoire de la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
Séminaire de formation et de recherche proposé par
Yann CRAUS & Jérémie SINZELLE
sous la responsabilité de Yann Craus, praticien hospitalier, psychiatrie infanto-juvénile du XVIème, service du Dr Pérouse de Montclos
et du Pr Bernard Golse, coordinateur du DESC de pédopsychiatrie.
Bibliothèque médicale Henri Ey
CH Sainte-Anne
1, rue Cabanis 75014 Paris
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ARGUMENT
Spécialité médicale dynamique, la psychiatrie de l’enfant établit ses champs de savoir, de pratiques et de recherches à la croisée des sciences biomédicales (e.g. neurosciences, épidémiologie, sciences cognitives) d’une part, et d’autre part des sciences humaines (e.g. sociologie, anthropologie, linguistique).
Ce séminaire propose de participer à la formation des internes en pédopsychiatrie, du côté des sciences humaines, au travers des outils de la philosophie et de l’histoire, véritables domaines de recherche et de contribution à la connaissance clinique.
L’histoire de la psychiatrie, issue d’une longue tradition en France illustrée notamment par les travaux de Georges Lantéri-Laura, Paul Bercherie, Jacques Postel, Michel Caire, est déjà abordée dans différents séminaires franciliens, tandis que la philosophie de la psychiatrie suscite un regain d’intérêt international depuis les années 1990 et surtout 2000, au-delà des apports classiques de la phénoménologie introduite dans la clinique psychiatrique par Karl Jaspers au début du XXème siècle.
Philosophie et Histoire avanceront ici ensemble dans l’étude des textes fondamentaux de la pédopsychiatrie et de leurs auteurs. Apparaîtront alors la langue originale de nos devanciers, les concepts qu’elle charrie ainsi que leurs différentes fortunes. Aussi serons-nous en mesure, au plus près de la pensée clinique, de mieux comprendre les débats actuels qui animent notre discipline tout en réfléchissant à une psychiatrie de l’enfant en construction.
PUBLICS
- Internes du DESC de pédopsychiatrie [Inscription pour les internes par courriel : y.craus@ch-sainte-anne.fr]
- Cliniciens en psychologie et psychiatrie de l’enfant
- Chercheurs en histoire, sociologie, anthropologie, philosophie de la médecine
DÉROULEMENT
Une séance par mois présentant une question en philosophie et histoire de la psychiatrie de l’enfant. Exposé d’une heure par le conférencier puis une demi- heure de discussion avec les participants. Références bibliographiques données en amont de la séance. Un jeudi mensuel de 16h à 18h
OBJECTIFS
Découvrir l’histoire des idées en psychiatrie de l’enfant
Connaître les grands concepts cliniques et leurs auteurs
Analyser l’évolution des terminologies et des classifications
Mettre en perspective les pratiques cliniques et thérapeutiques
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Les Moreau de Tours
Sous la direction de Jean-Pierre Luauté
Michel Caire, Jacques Chazaud, Pierrette Estingoy, Jean-Claude Féray, Jean Garrabé, Thierry Haustgen, Patrick Hourdé, Jean-Pierre Luauté, Philippe Mazet, Michèle Rault, Olivier Saladini, Olivier Walusinski
Paris, Glyphe éd., 2018 ; 250 p.
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Entre le besoin de vénérer et la tentation de déboulonner, l’étude des célébrités doit choisir le juste milieu.
Telle est la position des historiens qui se sont attachés à la présentation des œuvres et du destin – finalement contrarié – de la dynastie des Moreau de Tours.
La « statue du Commandeur » de Jacques-Joseph Moreau (1804-1884) avait été élevée par ses fils : Paul, l’aliéniste, son continuateur, Georges, peintre de la Belle Époque et de la saga familiale.
Mais la gloire de Jacques-Joseph tenait aussi à sa biographie, monument de piété respectueuse, qu’avait rédigée son élève Ritti.
L’adulation dont Du hachisch et de l’aliénation mentale fut l’objet au XXe siècle, par H Ey, par H Baruk etc. sera ainsi questionnée et une foule d’informations inédites seront révélées dont l’étrange internement d’un A. Moreau de Tours, auteur d’un opuscule sur le maté.
(Note de l'éditeur)
Ouvrage publié avec le soutien de la Société Médico-Psychologique
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L'affaire Jean Lemoine (1867-1938)
La liberté de l'écrivain et la liberté individuelle.
Alain Massot
Chicoutimi, Les Classiques des sciences sociales, Collection « Les sciences sociales contemporaines », 2018 ; 300 p.
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Réédition de : Le régime des aliénés et la liberté individuelle, par Jean Lemoine [Paris, Librairie du Recueil Sirey, 1934, 199 p.], suivi des plaidoiries et du jugement lors de son procès devant le tribunal civil de la Seine en 1934.
« Dans la présente réédition, sous le titre LA LIBERTÉ DE L'ÉCRIVAIN, la première partie reproduit les plaidoiries, le jugement devant le Tribunal civil de la Seine confirmé par la cour d'Appel de Paris opposant Jean Lemoine, plaignant, contre M. Psichari, héritier d'Anatole France et Calmann-Lévy, éditeurs.
La deuxième partie, sous le titre L'INTERNEMENT ARBITRAIRE ET LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE, traite du régime des aliénés en France, en vigueur au début du XXème siècle et de ses nécessaires réformes.
De ses malheurs subis qui n'ont pas altérés la valeur des ses recherches historiques, Jean Lemoine finit par se relever.
Aussi est posée la question toujours actuelle de la LIBERTÉ atteinte dans son principe même par celle pervertie de l'écrivain et par la violation de la liberté du citoyen dont Jean Lemoine fut doublement victime. »
Extrait de l’introduction, avec l’aimable autorisation de l’auteur [Alain Massot]
Alain Massot est professeur à la Faculté des sciences de l'éducation, Département des fondements et pratiques en éducation, de l'Université Laval (Québec) |
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Contribution à l'histoire de l'asile d'aliénés d’Évreux
Jacques Vassault
Dessins de Jacqueline Vassault
Paris, L'Harmattan, Collection Médecine à travers les siècles, 2018 ; 116 p. et 230 p.
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Tome I : Création de l'établissement
Malgré ses 150 ans d'existence, l'asile départemental d'Évreux ne connaissait jusqu'à aujourd'hui aucune monographie faisant état de son histoire.
Appuyé sur de nombreuses archives en grande partie inédites, les auteurs retracent la chronologie de cette aventure humaine établie dans le droit fil des préceptes de Pinel et D'Esquirol.
L'organisation de l'asile s'affirme à la fin du 19ème siècle non plus comme une structure uniquement carcérale mais aussi à objectifs thérapeutiques. (Note de l'éditeur)
Tome II : Les pratiques
Ces courtes chroniques font suite au tome 1 paru simultanément.
Destinées initialement aux « professionnels de la profession », elles se proposent de témoigner du passé récent de la vie asilaire.
Elles ont pour but de restituer leur charge sensible à ces objets singuliers qui ont contribué plus qu'il n'y parait à modeler les pratiques.(Note de l'éditeur)
Jacques Vassault, ex-cadre de santé de C.H.S d'Évreux, a réalisé toute sa carrière professionnelle au sein de cet hôpital. En outre, il vient d'ouvrir au Nouvel Hôpital de Navarre un espace muséal dont il est l'un des fondateurs |
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Schizophrènes au XXe siècle
Des effets secondaires de l'histoire
Hervé Guillemain
Paris, Alma Éditeur – Collection Essai Histoire, 2018 ; 317 p.
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Inventée vers 1900, la schizophrénie est devenue en cent ans la plus grande pourvoyeuse d’hospitalisations psychiatriques.
Un objet récurrent d’intérêt médiatique également. L’appellation, stigmatisante, semble d’ailleurs amenée à disparaître des classifications mondiales.
L’historien Hervé Guillemain s’est plongé dans les dossiers de milliers de patients. Pour écrire non pas l’histoire de la schizophrénie mais bien celle des schizophrènes, ce nouveau sous-ensemble de population qui réunit, sous l’égide de la science et de la clinique, aussi bien des domestiques en difficulté que des migrants confrontés à la crise ou de jeunes adultes aspirant à l’émancipation.
Pourquoi et comment une maladie mentale naît-elle, évolue-t-elle et meurt-elle ? À ces questions, l’auteur répond en écoutant la voix de ceux qui furent les sujets et l’objet d’un épisode phénoménal du XXe siècle.. (Note de l'éditeur)
Historien, Hervé Guillemain enseigne à l’université du Mans. Il enquête depuis de nombreuses années sur les racines culturelles et sociales des conceptions de la maladie et des pratiques de cure. Il a publié La méthode Coué (Éditions du Seuil, 2010), Une histoire comparée des pratiques thérapeutiques et religieuses 1830-1939 (La Découverte, 2006), avec Stéphane Tison, Du front à l’asile 1914-1918 (Alma Éditeur, 2013) et Schizophrènes au XXe siècle : des effets secondaires de l’histoire (Alma Éditeur, 2018). |
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L'asile de Hanwell
Un modèle utopique dans l'histoire de la psychiatrie anglaise ?
Laurence Dubois
Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2018 ; 315 p.
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À partir d’une étude approfondie des archives de l’asile de Hanwell, établissement emblématique de la réforme des soins prodigués aux individus souffrant de troubles mentaux dans l’Angleterre de la première moitié du XIXe siècle, cet ouvrage se propose d’explorer la vie quotidienne au sein d’un asile victorien.
Loin de l’image empreinte de folklore gothique à laquelle ce type d’institution est traditionnellement associé, il met en relief le caractère utopique de ce qui restera une parenthèse éclairée dans l’histoire de la psychiatrie. Sous l’impulsion de son directeur médical, le Dr John Conolly, nommé en 1839, cet asile se veut en effet un authentique refuge et un lieu de soins.
Y sont organisés des pique-niques sur l’herbe, des spectacles de lanterne magique ou des fêtes de Noël, dans le cadre du moral management, conception thérapeutique innovante.
L’originalité de ce traitement s’accompagne d’une dimension sociale, voire politique, car Conolly, socialiste convaincu, mène un combat permanent pour que les patients aient accès à une instruction au sein de l’école de l’asile, leur offrant ainsi un véritable outil de réinsertion sociale et d’émancipation. (Note de l'éditeur)
Laurence Dubois est maître de conférences en civilisation britannique à l’Université Paris Nanterre. Pendant sept ans, elle a enseigné l’anglais à temps complet dans une structure de soins études en psychiatrie. Sa thèse a été recompensée par le Prix de thèse des Presses Sorbonne Nouvelle et le présent ouvrage en est issu. |
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Le texte à l’épreuve de la folie et de la littérature
Marc Décimo & Tanka G. Tremblay
Les presses du réel – domaine Avant-gardes – collection Les Hétéroclites, 2017 ; 608 p., ill.
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Une somme consacrée aux liens étroits entre littérature et folie, du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours.
Où commence et finit la Littérature ?
Où commence et finit la folie ?
De l'histoire de ces limites traitent depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours Disraeli, Philarète Chasles, Gabriel Peignot, Nodier – autour de la question des « fous littéraires » –, Delepierre, les Agathopèdes, les deux Brunet, de nombreux érudits, Alfred Jarry, et des aliénistes, Calmeil, Sentoux, Lombroso, Nordau, Réja, puis Chambernac, Queneau, Breton, Perec, Blavier, des universitaires et tant d'autres…
Ainsi que faire du Journal de Madopolis, du prêtre adamite Fulmen Cotton, des pré-oulipiens, de Gleïzès (l'inventeur du végétarisme), des farfadets de Berbiguier de Terre-Neuve du Thym, de Jules Allix (atteint d'escargotomanie), de la philanthropophagie de Paulin Gagne, de Jean-Pierre Brisset (atteint de grenouillomanie), du marquis de Camarasa et de ses brouettes, de Perreaux (l'inventeur de la moto), de Normand Lamour et de tant d'autres ?. (Note de l'éditeur)
Professeur d'histoire de l'art contemporain à Paris-X Nanterre, Régent du Collège de 'Pataphysique (chaire d'Amôriographie littéraire, ethnographique et architecturale), Marc Décimo est linguiste, sémioticien et historien d'art. Il a publié un vingtaine de livres et de nombreux articles sur la sémiolologie du fantastique, sur les fous littéraires (Jean-Pierre Brisset – dont il a édité l'œuvre complète aux Presses du réel –, Paul Tisseyre Ananké) et sur l'art brut, sur Marcel Duchamp (La bibliothèque de Marcel Duchamp, peut-être, Marcel Duchamp mis à nu, Le Duchamp facile, les mémoires de Lydie Fischer Sarazin-Levassor, Marcel Duchamp et l'érotisme) et sur l'histoire et l'épistémologie de la linguistique.
Tanka G. Tremblay est professeur de littérature au collège Jean-de-Brébeuf de Montréal, associé à l'O. Québécois de 'Pataphysique. |
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Jorge Semprun
Entre résistance et résilience
Corinne Benestroff
Préface de Boris Cyrulnik
Paris, CNRS Editions, 2017 ; 440 p.
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L’œuvre de Jorge Semprun, exilé, résistant, déporté, écrivain, homme politique, explore les territoires de la mort.
Traversant le XXe siècle et ses désastres, arpentant une Europe ravagée, elle interroge la solitude, la fraternité, la littérature et la beauté du monde.
Cette enquête entrelace histoire, psychanalyse, critique littéraire, documents d’archives et paroles vives des témoins. Comment survit-on à l’expérience concentrationnaire ?
Quel rôle joue alors la littérature ? Qui sont ces personnages récurrents qui traversent son œuvre ?
En choisissant la fiction comme voie royale du témoignage, Semprun transgresse les canons du genre et suscite de nombreux débats alimentés par son statut particulier d’employé à Buchenwald et son parcours dogmatique au Parti communiste espagnol. Chez lui, la séparation fiction/réel est totalement artificielle.
On suivra donc Semprun et ses doubles narrateurs de l’enfance au grand âge, Semprun dont l’œuvre inclassable, hommage aux résistants et aux disparus, est devenue une arme de guerre contre l’effraction traumatique, formant un journal clinique inédit riche d’enseignements. (Note de l'éditeur)
Corinne Benestroff est psychologue clinicienne et docteur en littérature française |
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Toucher le cerveau, changer l'esprit
Carlos Parada
Paris, PUF, Collection 'Science, histoire et société', 2016 ; 208 p.
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« Toucher le cerveau, changer l’esprit : voilà un projet moderne, enraciné dans notre histoire et promis à un bel avenir, lancé par la psychochirurgie qui, en 1949, valut à son inventeur un prix Nobel.
Dans cette tentative de transformation de l’esprit malade par l’action chirurgicale sur la chair du cerveau, la frontière entre corps et esprit est quasi abolie et la métaphore quasi absente. Quelles furent alors les motivations des psychochirugiens ? Quel cheminement a mené la lobotomie de la gloire à la condamnation générale ?
Une décennie plus tard, les propriétés de multiples substances supposées agir sur l’esprit furent explorées, analysées et instrumentalisées. Barbituriques, amphétamines, mescaline, LSD et neuroleptiques forgèrent de nouvelles pratiques et de nouveaux discours sur le pouvoir des drogues, la maladie mentale et le sujet, qui perdurent sous deux formes : l’une disciplinaire, la psychopharmacologie, et l’autre transgressive, la toxicomanie moderne.
Devant l’essoufflement des promesses de la psychopharmacologie et le développement de nouvelles techniques cérébrales, cet ouvrage est un apport précieux à l’analyse et à la critique de ce que l’avenir nous prépare. »
Carlos Parada est un psychiatre engagé dans les carrefours entre le social et le subjectif : toxicomanie, victimes de violences politiques, exil, échec scolaire et, enfin, folie ordinaire. Cet ouvrage est le fruit d’une recherche réalisée à l’EHESS, sous la direction de l’historien Georges Vigarello. Il a coécrit, avec Claude Olievenstein, Comme un ange cannibale (Odile Jacob, 2002)
Psychochirurgie et psychotropes dans l’histoire des transformations technologiques du sujet |
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Promenade dans le Paris de la folie.
Les êtres et les lieux
Jean Garrabé et Freddy Seidel
Paris, John Libbey Eurotext, coll. L'Offre de soins en psychiatrie, 2015; XVI-206 p.
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« Une balade peu commune dans l’univers des évènements, personnages et lieux qui ont marqué l’histoire de la folie dans la capitale.
La promenade proposée à travers le Paris de la "cosa mentale" va des génies aux aliénistes plus ou moins mondains en passant par les originaux, les politiques interlopes, les utopies architecturales et l’histoire ; notre histoire.
Leurs pas les amènent de la Conciergerie à l’hôpital Sainte-Anne, de Saint-Germain-des-Prés à la Bastille, et dans bien d’autres lieux encore.
Battant le pavé, ils croisent la route de Landru, Sade, Baudelaire, mais aussi de Valentin Magnan ou de Balzac et retracent la folle histoire de la capitale.
Ce livre est une formidable balade, avec une accumulation d’anecdotes savoureuses, mais aussi un mélange discret d’humour et d’érudition solide, d’histoire et d’histoires ! » [note de l’éditeur]
SOMMAIRE
Première partie
De la folie à l’aliénisme
(des Rois de France au Second Empire)
La folie à Paris au Moyen Âge
La Conciergerie
La cathédrale Notre-Dame, l’Hôtel-Dieu et les fêtes des fous
L’enceinte de Charles
Les reines Catherine et Marie de Médicis et Anne d’Autriche
La « folie à l’âge classique » et l’Hôpital général
Fin des procès pour « sorcellerie »
Louis XIV et l’aménagement des premiers boulevards parisiens
Les « convulsionnaires » de Saint-Médard
Le donjon du Temple, de la légende à l’actualité
Le souvenir des séjours à Paris de Wolfgang Amadeus Mozart
La fin de la monarchie française
Philippe Pinel
Le marquis de Sade
L’invention de la guillotine et ses emplacements successifs à Paris
Jean-Paul Marat
Augustin-Jacob Landré-Beauvais et la naissance de la séméiotique
L’« enfant sauvage » de l’Aveyron
La « science des crânes » à Paris du Consulat à la Monarchie de Juillet
L’article 64 du Code Pénal et son application
Le « sacrifice de madame de Lavalette » pendant les Cent-jours
Les maisons de santé parisiennes de la fin de l’Ancien Régime jusqu’au XXe siècle
La maison de santé d’Ivry sous le Second Empire
Les folies héréditaires vues par les aliénistes parisiens du XIXe siècle
Jacques Moreau (de Tours) et Jules Luys
Charles Baudelaire
Vie de Gérard Labrunie et folie de Gérard de Nerval
Le haschisch
Auguste Comte
La maison de santé de la « folie Saint-James » : une dynastie d’aliénistes
Pierre Briquet et l’hystérie
L’aphasie de Broca
La maison de santé du Dr Blanche à Passy
Honoré de Balzac, sa maison, son musée et ses statues
Le comte de Lautréamont
Deuxième partie
De l’aliénisme à la psychiatrie
(de la Monarchie de Juillet à la IIIe République)
La Bastille forteresse, puis place et enfin salle d’opéra
La « folie à l’opéra », les compositeurs et leurs folies
Le faubourg et l’hôpital Saint-Antoine
Aux alentours de Saint-Germain-des-Prés
L’Université Paris-V – René-Descartes et l’hôpital Necker – Enfants-
malades
Vincent van Gogh, enfant de remplacement et fou génial
Swedenborg, Hölderlin, Strindberg
Charcot et le théâtre de l’hystérie à la Salpêtrière
La montagne Sainte-Geneviève
Le Val-de Grâce, couvent puis hôpital militaire
De la ferme Sainte-Anne à l’asile Sainte-Anne
Valentin Magnan
Le Dr Encausse
Pierre Janet
Les premières femmes médecins à Paris
Maurice Utrillo et la Butte Montmartre
L’internement de Camille Claudel de 1913 à 1943
À la recherche du temps perdu
Du sanatorium du Dr Sollier à l’hôpital Ambroise-Paré à Boulogne
Georges Heuyer
Introduction à Paris dans l’entre-deux-guerres de nouveautés concernant les sciences de l’esprit
La princesse Marie Bonaparte
La naissance du surréalisme à la suite de la Grande Guerre
Psychiatrie, psychanalyse et surréalisme à Paris dans l’entre-deux-guerres
Benjamin Logre, commentateur de Lucrèce
La formation de jeunes médecins à la psychiatrie à Paris dans l’entre-deux-guerres
L’activité artistique et scientifique à Paris pendant l’Occupation
La colline des Musées à Chaillot
Deux Irlandais à Paris : James Joyce et Samuel Beckett
La reconstruction de la psychiatrie après la Seconde Guerre mondiale
La mort d’Antonin Artaud à la maison d’Ivry
Paul Léautaud
Un ancien combattant de la Grande Guerre guillotiné en 1963 rue de la Santé
La « révolution psychiatrique »
Troisième partie
La psychiatrie
De 1950 à nos jours
Roman Kacew/Romain Gary
Les dernières années à Paris de La Callas
L’« antipsychiatrie » à Paris
Un écrivain américain polytoxicomane à Paris
Un mathématicien américain « fou-génial » à Paris
Condamnation de l’utilisation de la psychiatrie à des fins de répression politique
Publication de 1973 à 1998 de plusieurs textes théoriques importants
L’« Affaire Althusser »
Le congrès du jubilé de l’Association mondiale de psychiatrie en l’an 2000
Le VIe congrès de l’European Association for the History of Psychiatry
La psychiatrie à Paris au début du XXe siècle
De la Maison royale de Charenton au groupe des hôpitaux de Saint-Maurice
De la Salpêtrière au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière-Charles-Foix
Le centre hospitalier Sainte-Anne
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Jean Garrabé
Psychiatre honoraire des hôpitaux, ancien interne des hôpitaux psychiatriques de la Seine (1958),
médecin des hôpitaux psychiatriques (1964), président d’honneur de L’Évolution psychiatrique,
ancien président de la Société médico-psychologique, membre à titre personnel de l’Association
mondiale de psychiatrie (2002).
Freddy Seidel
Psychiatre en exercice libéral, professeur titulaire du département de Santé mentale de l’Université de Carabobo (Venezuela 1972-1995), médecin assistant étranger à la Clinique des Maladies mentales et de l’encéphale (1976-1977), doctorat en philosophie et épistémologie à l’Université Paris XII Val-de-Marne (2000), premier prix « Confrontations psychiatriques » (2000).
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L'invention du discernement.
Ermine de Reims, sainte ou hérétique ?
Simulatrice ou hallucinée ?
Denis Morin
Paris, L’Harmattan, 2015 ; 70 p.
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« Quand aucune connaissance particulière ne permettait de séparer visions et hallucinations, le nombre des visionnaires allait croissant et l’Église ne voyait plus comment contenir le déferlement des apparitions miraculeuses.
Jean Gerson, chancelier de l’Université de Paris, s’est attelé à résoudre la difficulté au XIVème siècle dans ses Traités de Discernement appuyés sur des récits de visionnaires dont celui d’Ermine de Reims.
Deux siècles avant l’entreprise de Gerson, le travail théorique d’un philosophe dominicain, Thomas d’Aquin, avait préparé le terrain.
Mais, en l’absence d’imprimerie, c’est un support visuel qui diffusera la réflexion du philosophe, celle des images de l’Annonciation que nombre de peintres se sont plu à illustrer de la Toscane aux Flandres.
»
[note de l’éditeur]
SOMMAIRE
Statut de la femme en Occident aux temps médiévaux
Jean Gerson (1363-1429)
Le cas d'une visionnaire et le besoin de discernement
La position de l’Eglise et l’introduction de l’Annonciation
Représentations de l'Annonciation
[Les œuvres picturales mentionnées sont toutes accessibles sur le site internet des musées où elles sont conservées]
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Denis Morin est pédopsychiatre, docteur en psychologie, et l'un des plus fidèles contributeurs de notre séminaire, à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes puis à la B.I.U.M. (Paris).
Intéressé par l’histoire des sciences médicales, il a cherché à savoir comment étaient reçues les apparitions miraculeuses avant que la clinique psychiatrique n’ait identifié les délires mystiques. Il propose ici une présentation et une analyse du cas d'Ermine de Reims, en référence aux travaux de Jean Charlier dit de Gerson, et en particulier à son De distinctione verarum revelationum a falsis.
L'ouvrage est en vente ou peut être commandé à : L'Harmattan - Sciences Humaines 21, rue des Ecoles 75005 - Paris tél. 01 46 34 13 71
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L’impossible conciliation ou la vie héroïque du Dr Claude-François Michéa
Jean-Claude Féray
Paris, Quintes-Feuilles, 2015; 284 p.
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« Le médecin aliéniste Claude-François Michéa est souvent cité par les érudits comme l’auteur d’un fameux article sur Les déviations maladives de l’appétit vénérien (1849).
Il y a quelques années, son nom a été trouvé dans un registre de « pédérastes » conservé dans les archives de la Préfecture de police de Paris.
Dès lors, il importait d’effectuer une enquête afin de répondre aux questions soulevées par cette surprenante découverte.
Le résultat des recherches poursuivies en différentes directions va bien au-delà des réponses à ces questions.
Nous découvrons en effet que Michéa fut un défenseur de la cause homosexuelle, précédant d’une décennie les pionniers des « mouvements de libération » que furent K. H. Ulrichs (1825-1895) et K. M. Kertbeny (1824-1882).
Mais ce livre n’a pas pour objet l’examen du seul volet « sexologique » de l’œuvre de Michéa. Il fait revivre les préoccupations scientifiques et philosophiques qui furent les siennes comme celles de quelques-uns de ses plus éminents collègues.
Membre fondateur de la Société médico-psychologique, une société savante qui existe toujours et qui fut le pivot d’un âge d’or de la psychiatrie française, Claude-François Michéa méritait amplement une étude consacrée à sa vie et à son œuvre. » [note de l’éditeur]
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Actes du GTPSI, vol. 1
L'établissement psychiatrique comme ensemble signifiant
Paris, Éditions d'une, 2014 ; 120 p.
Actes du GTPSI, vol. 2
L'argent à l'hôpital psychiatrique
Paris, Éditions d'une, 2014 ; 144 p.
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Quatorze rencontres du Groupe de travail de psychothérapie et de sociothérapie institutionnelles (GTPSI) ont eu lieu de 1960 à 1966.
Parmi ses membres, Jean Ayme, Michel Baudry, Brivette Buchanan, Hélène Chaigneau, Jean Colmin, Roger Gentis, Félix Guattari, Nicole Guillet, Philippe Koechlin, Josée Manenti, Ginette Michaud, Robert Millon, Jean Oury, Gisela Pankow, Maurice Paillot, Jean Perrin, Jean-Claude Polack, Claude Poncin, Yves Racine, Philippe Rappard, Denise Rothberg, Jacques Schotte, Horace Torrubia, François Tosquelles, Henri Vermorel…
Les Actes du GTPSI restituent l'intégralité de leurs échanges, qui sont autant de récits - mais au présent de l'indicatif, et à la première personne - de l'histoire de la psychothérapie institutionnelle en train de se faire. Ils sont des outils, des ressources pour « des rencontres et des dialogues efficaces » quels que soient leurs champs d'intervention.
Fondés sur les archives de La Borde, les Actes du GTPSI en restituent les discussions, en 11 volumes thématiques, selon la chronologie.
Les deux premiers volumes sont parus : il s'agit de L'établissement psychiatrique comme ensemble signifiant et de L'argent à l'hôpital psychiatrique, qui correspondent aux deux premières séances.
L'établissement psychiatrique comme ensemble signifiant : Ayme, Colmin, Gentis, Oury, Paillot, Racine, Torrubia et Tosquelles se réunissent les 4 et 5 juin 1960 à Saint-Alban pour travailler à la constitution d'un groupe sur une base commune à définir : les premiers membres du GTPSI ont pour but de forger des outils pour faire de l'hôpital un milieu soignant.
L'argent à l'hôpital psychiatrique : Ayme, Baudry, Chaigneau, Colmin, Gentis, Koechlin, Millon, Oury, Racine et Tosquelles se retrouvent les 3 et 4 décembre 1960 à Villers-Cotterêts. Cette rencontre est l'occasion d'un véritable état des lieux d'analyse institutionnelle sur le thème de l'argent à l'hôpital psychiatrique : sa circulation, ses usages thérapeutiques, sa signification dans un établissement voué au soin.
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La folie à Rome
Roland Brunner
Paris, L'Harmattan, Coll. « Médecine à travers les siècles », 2014 ; 209 p.
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« C'est en s'inspirant des Grecs que les Romains vont inventer une "psychiatrie" moderne, où, pour la première fois dans l'Antiquité, l'origine des maladies de l'âme ne viendrait pas des dieux.
Deux courants cliniques vont s'opposer : une "psychiatrie" organique où on prend en compte uniquement une somatisation ; et une "psychiatrie" psychologique où les maladies de l'âme proviennent de l'entourage, de l'environnement du patient.
C'est à partir de cette perspective que Freud, grand connaisseur de l'Antiquité, inventera la psychanalyse... .» [note de l’éditeur]
Un livre atypique d’un psychanalyste qui ne l’est pas moins
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Ainsi qu'il se présente sur son blog, R. Brunner est psychanalyste et membre fondateur du Groupe de Recherche Appliquée sur l'Accompagnement des Managers (G.R.A.A.M.) et de la SFCoach, Vice président de l'Institut Psychanalyse et management (IPM). Intervenant à HEC, à Telecom Management, à Université Provence et à Paris VIII. Accompagnement de dirigeants et supervision de coachs. Il forme également à la psychopathologie des coachs, DRH, Consultants, Médecins et psychologues du travail. Auteur de : "Le psychanalyste et l'entreprise", Syros, 1995, de "La psychanalyse expliquée aux managers", 2004 (2è ed. Eyrolles, 2011) et de "Psychanalyse des passions dans l'entreprise", Eyrolles, 2009.
Parmi les ouvrages de référence sur la question :
Jackie Pigeaud, Folie et cures de la folie chez les médecins de l'Antiquité gréco-romaine. La manie. Paris, Belles Lettres, 1987, et surtout : La Maladie de l'âme : étude sur la relation de l'âme et du corps dans la tradition médico-philosophique antique. Paris, Belles Lettres, 1981-1989 (rééd. Belles Lettres-Nino Aragno, 2001).
Danielle Gourévitch, entre autres : Le triangle hippocratique dans le monde gréco-romain : le malade, sa maladie et son
médecin, Paris-Rome, École française de Rome, 1984 (B.É.F.A.R., 251), 550 p. , « La psychiatrie de l'antiquité gréco-romaine », in : Nouvelle histoire de la psychiatrie. Sous la direction de J. Postel et Cl. Quétel, Toulouse, Privat, 1983 (plusieurs rééditions ou réimpressions chez Dunod : 1994, 2004, 2009), « Le malade dangereux à Rome », in : Th. Albernhe ed. Criminologie et psychiatrie,
Paris, Ellipses, 1997, 478-483, « Les mots pour dire la folie en latin. À propos de passages de Celse et de Célius
Aurélien », L'Évolution psychiatrique, 56, 1991, 561-568.
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Lommelet L'histoire continue 1825-2013
Jean-Yves Alexandre
et Patrice Deconstanza, Josiane Deroubaix, Brigitte Dutillie, Christian Janssens, Xavier Lepoutre
Préface de Joël Noël, directeur et du docteur Christian Müller, président de la CME
EPSM de l'Agglomération Lilloise, mars 2013 (sic, pour 2014) |
« Créé en 1825 par les Frères Saint-Jean de Dieu, l’hôpital de Lommelet a fusionné, en 1998, avec celui d’Ulysse Trélat situé à proximité, spécialisé, comme lui, dans les soins aux personnes souffrant de troubles mentaux.
L’Etablissement Public de Santé Mentale de l’agglomération lilloise était né.
Il a semblé nécessaire de mettre en perspective cette histoire du site historique de l’EPSM au moment où de nombreux chantiers se sont achevés : Hôpital Bonnafé et Clinique du Nouveau monde à Roubaix, Clinique de l’adolescent à Wasquehal, Centre Psychiatrique d’Accueil et d’Admission à Lille… et à l’heure où la restructuration du site fondateur commence, avec la mise en service en 2013 des Cliniques de psychiatrie et d'addictologie de Lille.
Cette publication a été réalisée à l’occasion de l'inauguration officielle des nouveaux bâtiments le vendredi 22 novembre 2013. Elle témoigne de l’éclectisme du site de Lommelet comme de l’évolution de la conception de la santé mentale sur presque deux siècles, de la maison de santé isolée accueillant des patients masculins originaires du Pas-de-Calais au site Lommelet aujourd’hui situé en pleine ville et siège social d’un établissement rayonnant avec plus d’une soixantaine de structures sur l’agglomération lilloise.»
Cette jolie plaquette présentant un ensemble de textes érudits et d’illustrations originales est téléchargeable sur le site de l’établissement
EPSM de l'Agglomération Lilloise |
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CHARCOT, UNE VIE AVEC L'IMAGE
Exposition du 14 mai au 8 juillet 2014
Eglise Saint-Louis, Hôpital Univesitaire de la Pitié-Salpêtrière
83, bd de l’hôpital 75013 Paris
Tous les jours de 9h30 à 18h, sauf le samedi de 11h à 18h
Entrée libre
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Commissaire de l’exposition : Docteur Catherine Bouchara, auteur de Charcot, une vie avec l’image. Editions Philippe Rey
Production : Professeur David Cohen, chef de service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à la Pitié-Salpêtrière.
Scénographie : Philippe Pumain, architecte
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LES "FOLLES DE BAILLEUL"
Sophie Richelle
Bruxelles, Université des Femmes, Cahiers de l’UF, 2014 |
« Paroles de femmes, paroles de folles… Cet ouvrage, qui reprend le texte d’un mémoire présenté en vue de l’obtention du titre de Master en histoire primé par l’Université des Femmes en 2013, explore le destin de certaines femmes enfermées à l’asile de Bailleul entre 1880 et 1914.
Aux contours de l’essentiel absent, Sophie Richelle, part à la rencontre de leur vécu au fil d’un récit captivant, qui décrit leur expérience d’aliénée de manière à la fois humaine et scientifique à travers l’étude approfondie de leur environnement et de leurs conditions d’internement, et cite de larges extraits de leurs écrits.
Des pistes sont également lancées pour une histoire de la folie, et en particulier celle de la folie au féminin : quelles représentations s’en faisaient alors les médecins ? Perçues comme irresponsables, irrationnelles, et émotives par nature, les femmes sont indéniablement plus enclines aux dysfonctionnements de l’esprit à leurs yeux. Une exploration passionnante dans les archives asilaires et le monde de la psychiatrie qui réveille, le temps d’un mémoire, les voix de ces «folles de Bailleul. » [Présentation de l’éditeur]
Cet ouvrage est issu d'un mémoire soutenu en 2012 à l'Université libre de Bruxelles, qui a remporté le Premier prix de l’Université des Femmes 2013 (prix Suzanne Tassier) : ce prix « est décerné à des étudiants ayant réalisé un travail de fin d’études supérieures abordant une problématique «femmes» dans un esprit féministe ».
Les "folles" de Bailleul.
Expériences et conditions d'internement dans un asile français (1880-1914)
Master 2 Histoire à finalité archives et documents, Université libre de Bruxelles. Faculté de philosophie et Lettres, 2012 ; 147 p.
Résumé de l'auteur :
« Ce travail de mémoire retrace l'histoire des femmes internées à l'asile de Bailleul, dans le Nord de la France, entre 1880 et 1914. L'idée est de reconstituer leur vécu, décrire leur expérience d'aliénée grâce à l'étude de leur environnement et des conditions de leur internement. Le travail s'organise en trois parties.
La première est une comparaison entre l'asile des hommes et l'asile des femmes de la région du Nord, situés respectivement à Armentières et à Bailleul. Cette partie pose la question de la folie féminine et de la folie masculine.
La deuxième partie tente de reconstituer les conditions d'internement des femmes aliénées de Bailleul à travers les différentes composantes qui influencent leur environnement. La famille et l'entourage, l'asile, les traitements, les médecins, ainsi que les soeurs hospitalières font ainsi chacun(e) l'objet d'un chapitre.
Le dernier chapitre de cette partie tente cependant de dépasser la description des conditions d'internement en proposant d'étudier les aliénées par elles-mêmes. Quel vécu peut se lire dans les lettres transmises par les dossiers ? Quelles perceptions, de soi et des autres aliénées, se dessinent dans leurs écrits ?
La troisième partie aborde la fin de l'histoire d'internement qu'ont connue toutes les femmes dont il est question dans ce travail à travers un cas particulier. Cette partie laisse entrevoir au lecteur le parcours habituel des femmes décédées entre les murs de l'asile.
Dans la conclusion, le travail questionne, en regard de ce qui a été développé dans les différentes parties, l'idée d'une folie au féminin et insiste sur l'importance première de l'anormalité comme signe distinctif de la folie. »
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Un documentaire-fiction radiophonique a été réalisé sur la base de ce travail.
Ce mémoire étudie la vie de certaines femmes aliénées à l’asile de Bailleul (Nord de la France) au tournant des XIXe et XXe siècles.
Le vécu, l’expérience, le ressenti,… sont des histoires compliquées à raconter. C’est donc à travers des éléments plus facilement traçables qu’ils ont été étudiés: l’asile comme construction, les familles, les médecins, les traitements, les soeurs hospitalières… Les aliénées se laissent alors raconter dans leurs rapports à ces différentes composantes de leur vie asilaire.
Par ce récit audio qui s’en va chercher très librement du côté de la fiction – malgré l’authenticité des archives récitées-, une histoire se raconte autrement, se laisse entendre…
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L'INVENTION DE L'HYSTÉRIE AU TEMPS DES LUMIÈRES (1670-1820)
Sabine Arnaud
Paris, Editions de l’EHESS, 2014, 352 p. |
«L’invention de l’hystérie nous porte au 18e siècle, lors de l’élaboration des maladies nerveuses frappant les gens du monde, hommes et femmes, et les lettrés en particulier. Qu’est ce qui se joue dans l’écriture de ce diagnostic ? À travers des textes de médecins, de patients, d’écrivains, Sabine Arnaud déchiffre toute une société.
L’hystérie au 18e siècle nous mène loin des mises en scène de Charcot et des cures de Freud. C’est le moment même de l’invention d’une catégorie pour identifier une maladie nerveuse frappant les gens du monde, hommes et femmes, et les lettrés en particulier. Mais comment établir une pathologie dont la caractérisation commence par le nombre infini de symptômes ? Des textes médicaux aux ouvrages littéraires, métaphores, citations, et anecdotes sont mises à contribution. De l’animal indocile emprunté au Timée, à un « je ne sais quoi », d’un protée à un caméléon, ou à une hydre, médecins et hommes de lettres rivalisent dans son écriture. Un jour courtisans, ils s’inventent le lendemain citoyens fervents d’une nation nouvelle ; leurs écrits déclinent l’hystérie au fur et à mesure des modes et des passions et cristallisent les craintes et les rêves d’un temps.
Découvrir ces conceptions nous porte à apprécier la médecine telle qu’elle s’écrivait au dix-huitième siècle. S’éloignant à grand pas des traités à systèmes, les médecins s’adressent alors à leurs patients au nom d’une sensibilité partagée, et publient dialogues, autobiographies et correspondances pour faciliter cet échange.
Ils présentent ainsi une image de l’acte médical fondée dans la prévenance et le récit de soi. A nous de déceler les enjeux d’un diagnostic pour une médecine en pleine transformation. » [présentation de l'éditeur]
SOMMAIRE
Avant-Propos
Nommer (Introduction)
Première partie. De l’usage des diagnostics, des divisions du savoir
Pathologie et différence sexuelle
Affection vaporeuse et classe sociale
Rencontres entre la sphère médicale et la sphère religieuse
Partie II. Les métaphores, ou comment donner figure à l’indéfinissable
D’un répertoire d’images : Protée, caméléon, hydre
De la répétition d’une citation, des divergences de lecture
Partie III. Mises en écrit d’une pathologie et pratiques de diffusion : L’emprunt de genres rhétoriques
Le dialogue
L’autobiographie
La correspondance fictionnelle
Les consultations par correspondance
L’anecdote
Partie IV. Code, vérité ou ruse ? Descriptions littéraires de troubles en quêtes de lecteurs
Troubles de circonstance et persiflage
Corps-vérité en attente d’exégèse
Tours de vapeurs et paroles obliques
Partie V. Mise en récit de cas pathologiques et création d’énigmes, les fonctions du narratif
À l’ombre du conte fantastique
Pièges et contre-pièges
La construction d’un secret
De l’authenticité du corps au savoir du patient
Partie VI. Jeux de rôles et redéfinitions de la médecine
Démystifier ou mystifier ? Fonder le rôle du médecin thérapeute
Stratégies de légitimation et définition du patient à venir
À rebours (Conclusion)
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CHARCOT, UNE VIE AVEC L'IMAGE
Catherine Bouchara
Paris, Ed. Philippe Rey, 2013 ; 240 p.
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« L’art et la médecine, c’est entre ces deux pôles que la rencontre se fait avec Jean-Martin Charcot (1825-1893).
Grand médecin de la Salpêtrière où Freud fut son élève, inscrit dans le monde des idées et des sciences, il occupe la première chaire de neurologie en 1882 et nous entraine vers l’inconnu de l’hystérie et de l’hypnose jusqu’aux portes de l’inconscient.
L’observation du corps et de ses pathologies appartient à son travail clinique. Qu’il soit à l’hôpital, dans son cabinet, ou en voyage à travers le monde, il examine et pense crayon à la main ; ses dessins révèlent une connaissance profonde de l’humain, un diagnostic averti des anomalies anatomiques ainsi qu’un talent indéniable sous l’inspiration d’artistes romantiques tels que Delacroix ou Ingres.
Dans une époque située juste avant l’arrivée du cinématographe, l’image dans toutes ses dimensions – dessins, tableaux graphiques, croquis, planches d’instantanés – soutient ses diagnostics et appuie son regard clinique face à ses élèves et confrères venus du monde entier écouter le maître.
En outre Charcot décelait dans la culture des peuples et par l’étude de tableaux de grands peintres, en partie reproduits ici, les caractéristiques de certains troubles psychiques.
Tout l’objet de ce livre, richement illustré, est de montrer – à travers le dessin, la peinture ou la photographie – le lien étroit qui unit l’image du corps et la psychiatrie. » (présentation de l'éditeur).
Une approche originale, un livre passionnant et magnifiquement illustré, avec de très nombreux inédits |
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« Cerveaux fous et sexes faibles (Grande-Bretagne, 1860-1900) »
Aude Fauvel
Clio. Femmes, Genre, Histoire, n° 37, 2013/1 [Quand la médecine fait le genre]; 41-64 |
[Résumé : La psychiatrie est souvent présentée comme la science sexiste par excellence, les experts du psychisme ayant non seulement nourri les discours sur l’infériorité du "sexe faible", mais aussi très concrètement contribué à l’exclusion des femmes en acceptant "d’hospitaliser" celles qui refusaient de se conformer aux désirs masculins.
Sans pour autant mettre en cause ce constat du rôle détestable joué par les psychiatres dans la répression des femmes, cet article propose de voir cette histoire sous un autre angle en réfléchissant aux répercussions de cette prise de position sexiste sur l’agencement du savoir médical et, inversement, sur celui des représentations des patientes.
L’exemple britannique montre en effet que les théories sur l’infériorité mentale des femmes n’ont pas été partagées par l’ensemble du corps médical et ont, en outre, parfois été fortement combattues par les malades – poussant ainsi à nuancer l’image d’un "pouvoir psychiatrique" univoque et tout-puissant.
En retraçant les débats qui ont entouré l’émergence de la thèse du "cerveau faible" dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle, il s’agit donc de jeter un autre regard sur la construction (et la déconstruction) des catégories du savoir psychiatrique et de comprendre comment les sujets de ce savoir – les patientes – ont pu, par "en bas", influencer leur évolution.]
Publications
d'Aude Fauvel (extrait)
Le
crime de Clermont et la remise en cause des asiles en 1880 ,
Revue dhistoire moderne et contemporaine, n°49-1,
janvier-mars 2002; 195-216.
Punition, dégénérescence ou malheur
? La folie dAndré Gill (1840-1885) , Revue
dhistoire du XIXème siècle, n° 26-27,
2003; 277-304.
Aliénistes contre psychiatres. La médecine
mentale en crise (1890-1914) , Psychologie clinique,
n°17, été 2004;. 61-76.
Témoins aliénés et «Bastilles
modernes». Une histoire politique, sociale et culturelle
des asiles en France. (1800-1914). Thèse de doctorat
d'histoire, sous la direction de Jacqueline Carroy, soutenue
en novembre 2005 à l'EHESS, Paris (félicitations
à lunanimité du jury); 3 vol.; 687-268
f., ill.
Prix de la Société française dhistoire
de médecine (2007)
Violence aliéniste, lasile de Clermont
(Oise). Mythe et réalité , in Ambroise-Rendu
Anne-Claude, dAlmeida Fabrice, Edelman Nicole (éd.).
Des gestes en histoire. Formes et significations des gestualités
médicale, guerrière et politique. Paris, Seli
Arslan, 2006; 53-67.
Les mots des sciences de lhomme. Psychiatrie ,
Pour lHistoire des Sciences de lHomme. Bulletin
de la SFHSH, printemps-été 2006; 43-51.
De laliénisme à la psychiatrie.
Triomphes et déboires de la médecine de la folie
au XIXe siècle , in Barillé Claire, Tristram
Frédéric (éd.). Les hôpitaux
parisiens au XIXe siècle. La naissance de la santé
publique. Paris, Action artistique de la Ville de Paris,
2007; 213-224.
« Du danger dêtre normal. Écrits
de fous, littérature et discours médical »,
in Cabanès Jean-Louis, Carroy Jacqueline, Edelman,
Nicole (éd.) Littérature, histoire, psychologie
: la psychologie fin de siècle (2007)
« Les fous morts brûlés. Cauchemar, fantasme
et réalité de la médecine aliéniste
(XIXe-XXe siècles) ». Psychiatrie, sciences humaines,
neurosciences, vol. 5, n°4, Décembre 2007; 212-219
(résumé).
« De l'aliénisme à la psychiatrie : triomphes et déboires de la médecine de la folie au XIXe siècle ». In : Les maux & les soins. Médecins et malades dans les hôpitaux parisiens au XIXe siècle. Sous la direction de Francis Démier et Claire Barillé, assistés de Sandie Servais. Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 2007; 397 p.
« Par rapport à moi tous les autres hommes
sont des singes. Linternement du baron Seillière
(1845-1911) et les témoignages daliénés
», in Daled Pierre-Frédéric (éd.).
L'envers de la raison. Broussais, Canguilhem, Foucault.
Paris, Vrin, Annales de l'Institut de philosophie de l'Université
de Bruxelles (2008)
Direction du numéro thématique « Asiles et fous », Romantisme. Revue du XIXe siècle, n°241, 2008-3 [+ deux contributions : « Avant-propos », p. 3 et « La voix des fous. Hector Malot et les ‘romans d’asile’ », pp.51-64]
« Pinel et les aliénistes ». Sciences humaines. La grande histoire de la psychologie, numéro spécial n°7, septembre-octobre 2008; 6-7
« Les fous en liberté. La naissance des « colonies familiales » de la Seine ». Revue de la Société française d’histoire des hôpitaux, n°136, 4e trimestre, 2009; 16-22
« Madness: a ‘female malady’? Women and Psychiatric Institutionalisation in France », in : Bourdelais Patrice, Chircop John (éd.). Vulnerabilities, social inequalities and health in perspective. Évora: Ediçoes Colibri, 2010; 61-75
avec Bertrand Tillier, André Gill caricaturiste : Derniers dessins d'un fou à lier. Tusson (Charente), Edition du Lérot, 2011 ; 122 p. [Après un rappel sur la vie et la carrière d'André Gill (1840-1885), l'ouvrage présente la série Les hommes retrouvés, constituée dans les années 1880-1881 et dédicacée par les modèles à son attention]
« Les femmes violeuses existent-elles ? Entre médecine, droit et littérature : la naissance d’un tabou dans la France du XIXe siècle », in Jean-Jacques Lefrère et Michel Pierssens éd., Crimes et délits. Tusson, Le Lérot, 2012; 91-116
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L'ASILE DES PHOTOGRAPHIES
Mathieu Pernot, Philippe Artières
Le Point du Jour - Centre d'art Éditeur, 2013, 288 p. |
« Le photographe Mathieu Pernot et l'historien Philippe Artières ont travaillé trois ans à l'hôpital psychiatrique de Picauville / Fondation Bon-Sauveur (Manche).
Ce lieu de mémoire résume toute l'évolution de la psychiatrie depuis le XIXe siècle, mais il recèle surtout des archives visuelles exceptionnelles. Frappés par la force de ces images, Mathieu Pernot et Philipppe Artières décident d'en faire la matière même de leur travail.
En écho, le premier réalise quelques photographies tandis que le second raconte cette expérience à travers le montage d'archives écrites. L'ensemble compose moins une histoire de la psychiatrie en images qu'une histoire de la photographie depuis l'hôpital. L'asile des photographies est à la fois ce recueil d'images oubliées et une mémoire rendue aux anonymes qui furent les auteurs et les sujets. » (Présentation de l'éditeur)
« Mathieu Pernot a, entre autres, exposé à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (2009) et aux Rencontres d'Arles (2007). Le Jeu de Paume lui consacre début 2014 une rétrospective.
»
« Directeur de recherches du CNRS à l'EHESS, Philippe Artières a récemment publié Vie et mort de Paul Gény (Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2013).
Au Point du Jour, Mathieu Pernot est l'auteur de Le Grand ensemble (2007) et Philippe Artières a dirigé La Révolte de la prison de Nancy (2013). »
L'Asile des photographies a reçu le Prix Nadar 2013
Ce travail fait l'objet d'une exposition du 20 octobre 2013 au 26 janvier 2014 à Cherbourg-Octeville, 109, avenue de Paris, et du 14 février au 11 mai 2014, à la Maison Rouge (Paris)
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De la psychiatrie à la psychanalyse.
Cinquante ans de pratique et de recherches
Madeleine Vermorel, Henri Vermorel
Paris, L’Harmattan, Collection « Colloques et rencontres », octobre 2013, 372 p. |
« Madeleine Vermorel et Henri Vermorel ont commencé dans les années 50 leur carrière d'internes puis de médecins dans les hôpitaux psychiatriques qui gardaient bien souvent les stigmates de l'asile d'antan.
Ils ont participé au grand mouvement de la seconde révolution psychiatrique qui prend son essor lors de la Libération de la France.
Cet ouvrage relate notamment leur participation au mouvement de psychothérapie institutionnelle qui a contribué à transformer les asiles en lieux de soins articulés avec une politique de secteur extrahospitalière... » (Présentation de l'éditeur)
Parmi d'autres publications des deux auteurs, citons, dans le domaine qui nous intéresse ici, Sigmund Freud et Romain Rolland, correspondance 1923-1936 [PUF, 1993, 704 p.], et, codirigé avec Anne Clancier, le recueil des textes issus d’un colloque tenu en 1990 au Centre international culturel de Cerisy-la-Salle : Freud : judéité, lumières et romantisme [Delachaux et Niestlé, 1995 ; 396 p.].
Henri Vermorel a pour sa part publié notamment :
- (avec André Meylan) Cent ans de psychiatrie. Essai sur l'histoire des institutions psychiatriques en France de 1870 à nos jours. Éditions du Scarabée, 1969 ; 83 p.
- une contribution à l’ouvrage Philippe Pinel [Les Journées de Castres, septembre 1988] Lavaur : Ed. médicales Pierre Fabre, 1988 ; 174 p. : « La pulsion de Goethe à Freud » (pp.97-102)
- « De l'asile à la politique de secteur : l'évolution des institutions et des soins psychiatriques à Bassens ». L'Information psychiatrique, 88, 9, 2012 ; 759-770
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24 textes fondateurs de la psychiatrie introduits et commentés par la Société médico-psychologique
Marc Masson, dir., Jean-François Allilaire, préf.
Paris, Armand Colin, 2013 ; 381 p. |
« Cet ouvrage d’une conception originale rassemble des textes fondateurs de la psychiatrie, introduits et commentés par les meilleurs spécialistes à la lumière des connaissances actuelles.
Ces textes – extraits des Annales Médico-Psychologiques (bulletin officiel de la Société Médico-Psychologique), la plus ancienne revue de psychiatrie au monde, fondée en 1843 par Jules Baillarger et toujours publiée aujourd’hui –, constituent pour la plupart des premières mondiales de descriptions cliniques des troubles de l’humeur (bipolaires, mélancolie), des troubles psychotiques (schizophrénies), de l’anorexie mentale, des troubles mentaux liés à la grossesse, des troubles de la personnalité ou encore de la confusion mentale.
Les auteurs de ces descriptions sont reconnus internationalement comme des pionniers de la psychiatrie (Jules Baillarger, Jules Falret, Gaëtan Gatien de Clérambault, Joseph Capgras, Paul Sérieux, Henri Ey, Jean Delay, Pierre Denicker…).
La découverte des neuroleptiques, celle de l’efficacité des sels de lithium et de certains anti-épileptiques dans les troubles bipolaires sont également retracées et commentées.
Ce véritable patrimoine psychopathologique français, ainsi remis en lumière dans cet ouvrage, deviendra une référence pour les professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues) mais aussi pour les étudiants et les chercheurs.
Marc Masson, coordinateur de l’ouvrage, est psychiatre à la clinique du Château de Garches et secrétaire général de la Société Médico-Psychologique (Paris). » (Présentation de l'éditeur)
Les auteurs
Jean-François ALLILAIRE, Professeur de psychiatrie, membre de l'Académie nationale de médecine, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris. Rédacteur en chef des Annales Médico-Psychologiques.
Jean-Michel AZORIN, Professeur de psychiatrie, Centre Solaris, Centre hospitalo-universitaire Sainte-Marguerite, Marseille.
German E. BERRIOS, Titulaire de la chaire d'épistémologie et psychiatrie, Université de Cambridge (Royaume-Uni).
Jean-Pierre BOUCHARD, Psychologue, docteur en droit, UMD, Centre hospitalier de Cadillac.
Marc-Louis BOURGEOIS, Professeur de psychiatrie, IPSO, Centre hospitalier Charles Perrens, Bordeaux.
Michaël BRUN, Psychiatre, Bordeaux.
Pierrette ESTINGOY, Psychiatre, Centre Hospitalier Le Vinatier, Lyon.
Philippe FOSSATI, Professeur de psychiatrie, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris.
Raphaël GAILLARD, Professeur de psychiatrie, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris.
Jean GARRABÉ, Psychiatre, Paris.
Christian GAY, Psychiatre, Clinique du Château de Garches.
David GOURION, Psychiatre, Paris.
Thierry HAUSTGEN, Psychiatre, CMP, Montreuil, Paris.
Chantal HENRY, Professeur de psychiatrie, Centres Experts, Groupe hospitalier Chenevier-Mondor, Créteil.
Patrick LE BIHAN, Psychiatre, UMD, Centre hospitalier de Cadillac.
Thérèse LEMPÉRIÈRE, Professeur de psychiatrie, Paris.
Henri LÔO, Professeur de psychiatrie, membre de l'Académie nationale de médecine, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris.
Jean-Pierre LUAUTÉ, Psychiatre, Romans.
Marc MASSON, Psychiatre, Clinique du Château de Garches, secrétaire général de la Société Médico-Psychologique.
Thomas MAURAS, Psychiatre, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris.
Jean-Arthur MICOULAUD-FRANCHI, Psychiatre, Centre Solaris, Centre hospitalo-universitaire Sainte-Marguerite, Marseille.
Jean-Pierre OLlÉ, Professeur de psychiatrie, membre de l'Académie nationale de médecine, Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris.
Évelyne PEWZNER-APELOIG, psychiatre, professeur de psychopathologie, Paris.
Alexandre SALVADOR, Psychiatre, SHU, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris.
Franck SCHURHOFF, Professeur de psychiatrie, Groupe hospitalier Chenevier-Mondor, Créteil.
Anne-Laure SUTTER-DALLAY, Psychiatre, Centre hospitalier Charles Perrens, Bordeaux.
Hélène VERDOUX, Professeur de psychiatrie, Centre hospitalier Charles Perrens, Bordeaux.
Fabien VINCKIER, Psychiatre, SHU Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris.
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Références des 24 textes
Texte 1 : Baillarger J. Pathologie. Maladies mentales de l'état désigné chez les aliénés sous le nom de stupidité. Ann Méd Psychol 1843; 1 : 76-103.
Texte 2 : Baillarger J. De la mélancolie avec stupeur. Ann Méd Psychol 1853; 11 (5) : 251-276.
Texte 3 : Baillarger J. De la folie à double forme. Ann Méd Psychol 1854; 12 (1) : 368-391.
Texte 4: Baillarger J. Pathologie de la folie à double forme. Ann Méd Psychol 1880: 5-36.
Texte 5 : Cotard J. Du délire hypochondriaque dans une forme grave de la mélancolie anxieuse. Ann Méd Psychol 1880, 38 (1) : 168-174.
Texte 6: Baillarger J. Des hallucinations psycho-sensorielles. Ann Méd Psychol 1846; 4 (1) : 1-12.
Texte 7 : Maury A. Les analogies des phénomènes du rêve et de l'aliénation mentale. Ann Méd Psychol 1853; 5 : 404-421.
Texte 8 : Christian J. De la démence précoce des jeunes gens. Contribution à l'étude de l'hébéphrénie. Ann Méd Psychol 1899; 57 (1) : 43-65.
Texte 9 : Séglas J. La démence paranoide. Ann Méd Psychol 1900; 58 (2) : 232-246.
Texte 10 : Sérieux P., Capgras J. M. Les psychoses à base d'interprétations délirantes. Ann Méd Psychol 1902; 60 (1) : 441-480.
Texte 11 : Halberstadt G. La forme héboidophrénique de la démence précoce. Ann Méd Psychol 1927; 85 : 23-32.
Texte 12: Clérambault (de) G. Psychoses à base d'automatisme et syndrome d'automatisme. Ann Méd Psychol 1927; 85 : 193-236.
Texte 13 : Falret J. La folie raisonnante ou folie morale. Ann Méd Psychol 1866; 24 (1) : 382-431.
Texte 14 : Marcé L.V Étude sur les causes de la folie puerpérale, Ann Méd Psychol 1857; 15: 562-584.
Texte 15 : Marcé L.V. Influence de la grossesse et de l'accouchement sur la guérison de l'aliénation mentale. Ann Méd Psychol 1857; 15 : 317-360.
Texte 16 : Marcé L.V. Note sur une forme de délire hypochondriaque consécutive aux dyspepsies et caractérisée principalement par le refus d'aliments. Ann Méd Psychol 1860; 6 : 15-28.
Texte 17 : Chaslin P. La confusion mentale. Ann Méd Psychol 1914; 72 (1) : 276-289.
Texte 18 : Chaslin P. La confusion mentale suite et fin. Ann Méd Psychol 1914,72 (1) : 413-443.
Texte 19: Ey H. et Burguet J. Action des électrochocs dans la psychose maniaco-dépressive et dans la mélancolie d'involution. Étude statistique. Ann Méd Psychol 1952; tome 1 (2) : 214-219.
Texte 20 : Carrère J. et Melle Pochard. Le citrate de lithium dans le traitement des syndromes d'excitation maniaque. Ann Méd Psychol 1954; tome 1 (4) : 566-572.
Texte 21 : Sivadon P., Chanoit P. L'emploi du lithium dans l'agitation psychomotrice à propos d'une expérience clinique. Ann Méd Psychol 1955; tome 1 (5) : 590-596.
Texte 22: J. Hamon, J. Paraire et J. Velluz. L'action du 4560 RP sur l'agitation maniaque. Ann Méd Psychol 1952; 110, tome 1 (3) : 331-335.
Texte 23 : Delay J., Deniker P., HarI J. M., Grasset A. Utilisation en thérapeutique psychiatrique d'une phénothiazine d'action centrale élective (4560 RP). Ann Méd Psychol 1952, tome 2 (3) : 398-403.
Texte 24 : Lambert P. A., Carraz G., Borselli S. et Carrel S. Action neuropsychotrope d'un nouvel anti-épileptique, le dépamide. Ann Méd Psychol 1966; tome 1 : 707-710. |
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Du front à l’asile 1914-1918
Stéphane Tison et Hervé Guillemain
Alma éditeur, collection Essai & Histoire, 2013; 416 p. |
« Depuis que je suis parti de la maison de santé mon état ne s’est pas amélioré. J’ai essayé toutes choses : travail, exercices divers, repos, ce travail du cerveau est toujours là, élancement, persécutions, craquements, coups, ronflements, insomnies m’enlevant l’aptitude au travail...
Or je n’ai pas de situation personnelle et il m’est impossible en cet état de gagner ma vie. Comme vous m’avez conseillé monsieur le docteur de m’adresser à mon député pour un secours, je viens d’être forcé de le faire. Il trouve ma demande parfaitement justifiée et me demande de produire un certificat médical attestant mon état nerveux d’origine de guerre. »
Le caporal Daniel D. écrit ces mots en août 1917 au médecin-chef de l’asile d’Alençon.
De l’homme de troupe jusqu’à l’officier, ils sont des milliers à souffrir de troubles du comportement ou à revenir délirants du front.
Comment interpréter et prendre en charge cette vague inédite de symptômes variés ?
Ces hommes dont certains passent en conseil de guerre et d’autres échouent à l’asile sont-ils des déserteurs, des victimes de l’artillerie moderne ou bien des malades mentaux ? La guerre peut elle vraiment rendre fou ?
Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives des établissements psychiatriques, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix de ceux qui furent brisés par la guerre, les difficultés des familles et la difficile reconnaissance de ce que l’on nomme aujourd’hui le traumatisme de guerre.
Des récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, rythment l’enquête. Ils montrent l’ampleur du défi auquel furent confrontés psychiatres et militaires.
» (Présentation de l'éditeur)
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Constance Pascal (1877–1937) : Authority, Femininity and Feminism in French Psychiatry
Felicia Gordon
Igrs books Vol. 8., University of London, 2013 |
« Constance Pascal’s career in French psychiatry from 1908 to 1937 exemplifies the opportunities open to women in the French Third Republic as well as the prejudices they encountered.
As the first woman psychiatrist in France, Pascal, of Romanian origin, attained professional success at the cost of suppressing her personal life.
Best known for her work on dementia praecox, she founded one of the first schools in France for children with severe learning difficulties, and made remarkable contributions in the reform of asylum practices and, influenced by Freudian psychoanalysis, in psychotherapeutic intervention.
Her feminism is demonstrated by her distinguished, often contentious, career in a hitherto all male profession and by her support for other women in their professional roles.
Her unjustly neglected life story illuminates many of the conflicts experienced by women entering the professions during the belle époque and the inter-war years.
The study’s scholarly authority and ambitious theoretical range do not detract from its lively sense of the person and life struggles of the subject making this a fine demonstration of life history research enthralling for the general reader and expert alike. » (Présentation de l'éditeur)
Felicia Gordon is a Senior Member of Wolfson College, Cambridge, and the author of several works on French women’s history, among them on Madeleine Pelletier.
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Une avant garde psychiatrique.
Le moment Gtpsi (1960-1966)
Olivier Apprill. Préface de Franck Chaumon. Postface de Jean Oury
Paris, EPEL, Collection ‘des sources’, 2013 ; 206 p. |
« Le Groupe de Travail de Psychothérapie et de Sociothérapie Institutionnelles (GTPSI) rassemble quelques acteurs majeurs de la psychiatrie, liés à l’hôpital de Saint-Alban et à la clinique de La Borde, hauts lieux de la psychothérapie institutionnelle.
S’y retrouvent deux à trois fois par an, de 1960 à 1966, Jean Ayme, Hélène Chaigneau, Roger Gentis, Félix Guattari, Nicole Guillet, Jo Manenti, Ginette Michaud, Jean Oury, Gisela Pankow, Jean-Claude Polack, Claude Poncin, Yves Racine, Philippe Rappard, Jacques Schotte, Horace Torrubia, François Tosquelles et quelques autres – tous engagés dans la transformation du système asilaire.
Lieu d’une pensée collective aux prises avec l’inconscient et la psychose, le GTPSI se distingue d’une simple société savante par une remise en cause permanente de chacun de ses membres, par la volonté affichée “de ne pas s’en laisser passer une”.
À la recherche d’une cohérence théorique et clinique, ces praticiens ont choisi de récuser toute position du psychiatre qui tendrait à l’évitement de la folie.
En retraçant l’histoire de cette avant-garde et en donnant à lire l’essentiel des analyses et discussions qui l’ont constitué, ce livre met au jour un moment et des travaux inédits qui restent d’une importance majeure pour nourrir la réflexion psychiatrique contemporaine.
Olivier Apprill est rédacteur en chef d’Arte-Magazine et auteur de documentaires radiophoniques. Ancien stagiaire à la clinique de La Borde, il exerce aujourd’hui la psychanalyse dans le cadre d’une association qui reçoit de jeunes adultes en situation précaire.
» (Présentation de l'éditeur)
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Expériences de la folie.
Criminels, soldats, patients en psychiatrie (XIXe-XXe siècles)
Laurence Guignard, Hervé Guillemain, Stéphane Tison (dir.)
Presses universitaires de Rennes, 2013 ; 328 p.
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À partir de trois situations institutionnelles différentes (judiciaire, militaire, hospitalière) exposées dans leur contexte historique des XIXe et XXe siècles, ce volume saisit les trajectoires singulières des patients dans leurs interactions avec les configurations institutionnelles de la psychiatrie et les catégories médicales qui définissent la maladie mentale. Il s’y dessine une autre histoire de la folie dans laquelle les médecins sont acteurs au même titre que les juges, les militaires ou les patients.
De la fureur à la dangerosité : folie violente/folie dangereuse au XIXe siècle
• « Furieux », « dangereux », « dangerosité » : figures et concepts
• Hôpital ou prison ? Les institutions de la régulation
Du front à l’asile : l’expérience de la folie de la Grande Guerre aux années vingt
• L’impact de la guerre sur l’institution psychiatrique et les dispositifs de soin
• Pratiques médicales et regards scientifiques sur les pathologies liées à la guerre
• Expériences individuelles et familiales de la folie
Les malades dans l’institution hospitalière au XXe siècle
• Expériences psychiatriques
• L’institution en question
La résurgence de la parole des patients et de leurs familles
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L’abandon à la mort... de 76 000 fous par le régime de Vichy
par Armand AJZENBERG
Suivi de Un hôpital psychiatrique sous Vichy (1940-1945)
par André CASTELLI
Préface de Michaël Guyader
L'Harmattan, Collection Historiques, 2012; 264 p.
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[Présentation de l'éditeur] « Sous le régime de Vichy (1940-1945), 76 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français.
Morts de faim.
Pétain, Darlan, Laval connaissaient-ils les dangers auxquels les fous étaient exposés ? OUI, dès le printemps 1941.
Étaient-ils en mesure de leur accorder quelques suppléments alimentaires représentant pour chaque Français une ou deux miettes de pain par jour ? OUI, puisque cela a été fait en décembre 1942.
Trop tard cependant et en quantité insuffisante pour inverser le cours des événements.
La population française aurait-elle été mise en danger par une telle action ? NON, bien sûr.
Ces trois questions, et les réponses apportées, définissent précisément la notion de non-assistance à personne en danger, notion inventée par Vichy et maintenue depuis dans le code pénal français.
Non-assistance que certains historiens nient. Ce qui autorise un journal d’extrême-droite (Rivarol) à s’écrier : « Le régime de Vichy est enfin innocenté… ».
Après la reconnaissance par le président Chirac de la complicité active de l’État français de Vichy dans la déportation des Juifs de France, la responsabilité directe de ce même régime dans la famine mortelle sévissant dans les hôpitaux psychiatriques doit, elle aussi, donner lieu à une reconnaissance officielle.
L’histoire de l’hôpital de Montdevergues-les-Roses est un exemple, au jour le jour, de l’abandon à la mort des fous sous Vichy. »
Les auteurs :
Armand Ajzenberg, autodidacte, a rencontré Lucien Bonnafé chez le philosophe et sociologue Henri Lefebvre en 1985. Il s’est ainsi engagé dans cette « drôle » d’histoire.
André Castelli, ancien infirmier psychiatrique, est aujourd’hui vice-président du Conseil général du Vaucluse et Conseiller municipal d’Avignon.
Michaël Guyader, psychiatre et psychanalyste engagé, ancien chef de service du 8e secteur de psychiatrie générale de l’Essonne.
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L’hôpital en France - Histoire et architecture
Pierre-Louis Laget, Claude Laroche, avec la collaboration de Georges Beisson, Jean-Bernard Cremnitzer, Isabelle Duhau, Olivier Faure, Marie Vives; cartogr. Jean-Marc Ramette, Eddy Stein
Lyon, Edition Lieux dits, Collection « Cahiers du patrimoine » (n°99) [Inventaire général du patrimoine culturel], 2012, 592 p., 660 illustrations
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«
Comment est-on passé de la salle commune à la chambre individuelle ?
Comment l’hôpital, d’abord hospice, est devenu établissement de soins ?
Pourquoi l’hôpital « aériste » et le sanatorium (deux cas où l’on a cru pouvoir guérir par l’architecture) ont continué de se construire après la péremption de leur théorie fondatrice ?
Quelle est l’histoire des maternités, des lazarets, des asiles d’aliénés ?
Autant de réponses à découvrir dans le voyage architectural auquel invite cet ouvrage.
Jusqu’au siècle des Lumières, l’hôpital, lieu de charité chrétienne et d’exclusion sociale, est aussi le premier outil d’une politique sanitaire balbutiante.
L’incendie de l’hôtel-Dieu de Paris, en 1772, est le catalyseur d’une double réflexion sur la prise en charge des démunis et sur les réponses architecturales accordées à une première médicalisation de l’hôpital. Ainsi architectes et médecins poursuivent tout au long du XIXe siècle la même chimère : une architecture en mesure de soigner le corps et l’esprit.
L’hygiénisme impose alors durablement le plan en « double peigne » puis le système du pavillon isolé tandis que les découvertes de Pasteur tardent à faire valoir leur logique.
Inversement, dans l’Entre-deux-guerres, ce sont les données économiques, sociales et architecturales qui précèdent la révolution de l’antibiothérapie pour donner naissance à l’hôpital-bloc.
Les Trente Glorieuses appliquent à l’institution leur politique centralisatrice, prescriptrice de modèles fonctionnels. Aujourd’hui, les maîtres mots sont désormais humanisation et insertion urbaine.
Explorer l’histoire des hôpitaux en France revient à cheminer auprès du pèlerin, de l’indigent, du marginal, du déviant, du fou, de l’enfant abandonné, du vieillard, de l’infirme, du malade, aujourd’hui du patient.
C’est surtout découvrir, présents dans toutes nos villes, des bâtiments d’exception. » (présentation de l'éditeur)
La part consacrée à la psychiatrie est importante, avec de nombreuses notices bien documentées et richement illustrées :
- La fondation des premiers hôpitaux spécialisés. Vers une architecture asilaire (145-149)
- Le Mans, asile l’aliénés (154-155)
- Lyon, hôpital de l’Antiquaille (156-157)
- [de 1830 à 1880] L’architecture asilaire : essor ou immobilisme. L’ambitieux programme du préfet Haussmann. Les innovations en province (225-242)
- [De 1880 à 1930] Saint-Maurice, asile d’aliénés de Charenton (270-271)
- Les asiles d’aliénés (322-332)
- Neuilly-sur-Marne, asile d’aliénés de Ville-Evrard et hôpital psychiatrique de Maison-Blanche (358-361)
- [De 1930 à nos jours] Les asiles d’aliénés (459-471)
- Rouffach, asile d’aliénés (484-485).
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Pulsions(s) Images de la folie du Moyen Âge au siècle des Lumières
Sous la direction de Jacques Toussaint, Conservateur en chef-Directeur du Musée provincial des Arts anciens du Namurois - Trésor d'Oignies (TreM.a)
Société archéologique de Namur (Belgique), Coll. Monographies du Musée n° 57, 2012; 288 p.
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« Fol, insensé, forsené, dervé… Les mots sont nombreux pour nommer la «folie» mais quelle réalité recouvrent-t-ils ?
L’exposition veut illustrer cet éventail. Pour ce faire, elle explore les textes médiévaux mais aussi les images. Les uns et les autres témoignent de la lente création du modèle, depuis les premières représentations – à partir de 1200 – où le fou se présente debout face au roi David, la massue dressée, jusqu’aux XVe et XVIe siècles où il apparaît affublé d’une marotte, d’un uniforme bicolore rehaussé de grelots et d’un bonnet à oreilles d’âne, prototype qui se déclinera en de multiples versions.
Pour la médecine du Moyen Âge, la folie est affaire d’humeurs.
L’Extraction de la pierre de folie raille la science qui prétend extirper la folie des malades. Les possédés du démon sont exorcisés, les sorcières sont criminalisées, les juristes s’interrogent sur les responsabilités.
La folie peut devenir moralisatrice comme dans L’Éloge de la folie d’Érasme. La folie est pourtant aussi synonyme de sagesse et de clairvoyance.
Elle peut également être « courtoise » et emprunter les traits du chevalier ou de l’anti-chevalier.
Le fou peut enfin rire de lui-même lors de la fête des fous ou au carnaval. Pendant toute la période concernée par l’exposition, la folie occupe une position ambivalente entre malédiction et bénédiction, aveuglement et sagesse.
À tout moment elle peut basculer de l’une à l’autre. » (Présentation de l'éditeur)
L'exposition Pulsions. Arts et déraison, du Musée Félicien Rops, Namur (Belgique), est l'occasion de la publication de ce magnifique ouvrage, très richement illustré d'oeuvres de Jérôme Bosch (d’après), Sebastien Brant, Pierre Bruegel (d’après), Jacob II de Gheyn, Maître de Wavrin, Albrecht Dürer, Philip Galle, Hendrick Goltzius, Hendrik Hondius, Jan Mandijn, Raphaël Sadeler l’Ancien, Jan Saenredam, Hans Sebald Beham, Pieter van der Heyden, Israhel van Meckenem et autres artistes anonymes.
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Nouvelle histoire de la psychiatrie
Jacques Postel et Claude Quétel
Dunod, 2012, collection IDEM; 647 p.
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« A une époque où la psychiatrie est en pleine mutation, où ses cadres nosographiques s'effondrent, où ses institutions thérapeutiques les plus diverses (de l'asile au " secteur ") sont toutes remises en question, il devenait particulièrement utile de se pencher sur son passé.
II fallait donc réétudier dans une perspective nouvelle, à la fois critique et extensive, cette histoire de la psychiatrie, en s'efforçant de la dégager de ses narrations officielles et de ses mythes, trop complaisamment répétés jusque-là dans de nombreux ouvrages.
C'est ce que s'efforce de réaliser ce livre.
Cette tâche, si difficile qu'un seul historien n'aurait pu la mener à bien, a nécessité la collaboration d'une quarantaine de spécialistes intéressés par ce projet, chacun particulièrement concerné par une époque déterminée ou par un domaine bien précis de cette histoire. » (Présentation de l'éditeur)
Sommaire :
1 - L'Antiquité : La psychiatrie de l'Antiquité gréco-romaine. La psychiatrie dans la civilisation hébraïque antique.
2 - Le Moyen Age : La réflexion médiévale et l'apport arabe. La folie dans l'oeuvre de Thomas d'Aquin. Le malade mental dans la société médiévale.
3 - De la Renaissance aux Lumières : Entre le naturel et le démoniaque. La folie sacrée à la Renaissance. La question du renfermement des insensés. Bilan des thérapeutiques à la fin du XVille siècle.
4 - La naissance de la psychiatrie au début du XIXe siècle L'Antiquité et les débuts de la psychiatrie française. De l'événement théorique à la naissance de l'asile. Esquirol et la nosographie. La législation sur les aliénés en France de la Révolution à la Monarchie de Juillet. Le vote de la loi de 1838.
5 - Le XIXe siècle : La construction des asiles. La paralysie générale. La paranoïa. La démence précoce et la psychose maniaco-dépressive. La théorie de la dégénérescence. Les névroses. La psychasthénie et Pierre Janet. L'épilepsie. La marche croissante de l'aliénation alcoolique. Les stupéfiants. La question de l'hystérie. L'évolution des idées sur le système nerveux central. Les thérapies de l'aliénation mentale. La vie quotidienne d'un asile d'aliénés à la fin du XIXe siècle.
6 - Le XXe siècle : Une histoire de la psychiatrie au XXe siècle. Naissance de la psychiatrie infantile. L'ère moderne des thérapies biologiques. Le métier de psychiatre et l'enseignement de la psychiatrie. La question médico-légale à travers l'expertise médicale. La nouvelle loi française sur l'internement (27 juin 1990).
7 - Aspects de la psychiatrie dans le monde.
L'une des principales références en la matière.
La première édition a été publiée chez Privat en 1983, suivie de deux rééditions chez Dunod, en 1994 et 2009. La prochaine aura sans doute à intégrer certains travaux récents et autres nouveautés, comme par exemple, dans un nouveau chapitre « Le XXIe siècle », la loi du 5 juillet 2011.
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Invention de l'hystérie
Georges Didi-Huberman
Editions Macula, 2012 ; 452 p.
116 illustrations noir et blanc
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« Publié la première fois en 1982, l'Invention de l'hystérie était épuisé depuis plusieurs années. Les Éditions Macula sont heureuses de vous annoncer la parution de cette nouvelle édition, revue, corrigée et enrichie d’une postface de Georges Didi-Huberman, « Des images et des maux », de 40 pages.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l'hystérie.
À travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l'hypnose et les «présentations» de malades en crise (les célèbres «leçons du mardi»), on découvre l'espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique.
On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd'hui rarissimes, de l'Iconographie photographique de la Salpêtrière.
Freud fut le témoin de tout cela, et son témoignage devint la confrontation d'une écoute toute nouvelle de l'hystérie avec ce spectacle de l'hystérie que Charcot mettait en œuvre. Témoignage qui nous raconte les débuts de la psychanalyse sous l'angle du problème de l'image.
» (Présentation de l'éditeur)
A lire, à l'occasion de la sortie du film Augustine, l'observation originale d'Augustine recueillie par le docteur Désiré-Magloire Bourneville, assistant de Charcot, mise en ligne sur le site internet d’Olivier Walusinski, et accompagnée de la biographie d'Augustine Gleizes.
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La vie et l’œuvre pionnière de Louis-Victor Marcé
Jean-Pierre Luauté
Thérèse Lempérière
Préface de Nine M-C Glangeaud-Freudenthal, présidente de la Société Marcé internationale
Editions Glyphe, coll. Société, histoire et médecine, 2012 ; 246 p.
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« Louis-Victor Marcé (1828-1864) a été l’un des aliénistes les plus productifs de sa génération.
En l’espace de huit ans seulement, il a abordé les sujets les plus divers de la pathologie mentale, faisant preuve de remarquables qualités d’observation et de synthèse.
Marcé doit sa célébrité à son Traité de la folie des femmes enceintes, qui lui a valu de donner son nom à la Marcé Society.
Mais Marcé, curieux et amoureux de la science, s’est montré novateur dans bien d’autres domaines.
Ce premier ouvrage sur sa vie et son œuvre apporte de nombreuses révélations qui éclairent les raisons de sa fin tragique à l’apogée d une carrière brillante. » (Présentation de l’éditeur)
« Après une formation dans les Hôpitaux de Paris, Jean-Pierre Luauté a mené dans la Drôme une carrière de psychiatre public. Il s’est particulièrement intéressé à l’histoire de la psychiatrie et à la pathologie des confins neuropsychiatriques.
Le professeur Thérèse Lempérière a formé des générations de psychiatres, à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, dans le service de Jean Delay, puis à Colombes. Parmi ses nombreuses publications, elle est l’auteur principal et le coordinateur de Psychiatrie de l’adulte, ouvrage français de référence. » (Biographie des auteurs)
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Le Bon Sauveur
De Saint-Lô à Caen
Regards croisés sur 300 ans d'histoire
Sous la direction de Sœur Colette Bence, Georges-Robert Bottin, le docteur Michel Guibert et Jean-louis Monneron. Préface de Bernard Lagoutte.
OREP Editions, 2012 ; 176 p.
(pp.161-176 : Histoire du Bon Sauveur en images)
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«
Regards croisés sur trois cents ans d’histoire, c’est l’histoire d’une femme – Élisabeth de Surville – l’histoire d’une fondation enracinée dans le contexte social et religieux du XVIIe siècle, l’histoire enfin d’une communauté religieuse qui fait face aux aléas de l’Histoire.
Lire ce livre, c’est faire mémoire du chemin parcouru par une communauté religieuse durant trois siècles.
Lorsqu’ après quelques années de tâtonnements, Élisabeth de Surville et ses premières compagnes s’engagent par vœux le 29 septembre 1712, le Bon Sauveur est né. Élisabeth meurt en mars 1718 à 36 ans, laissant à d’autres le soin de développer les œuvres de charité, spécialement celle de l’enseignement – ne se sont elles pas appelées au début « sœurs associées pour les petites écoles » !
Il leur faudra ensuite traverser la Révolution française, durant laquelle vingt-quatre sœurs furent incarcérées, puis tout recommencer. Pendant le XIXe siècle, l’œuvre d’éducation se développe en même temps que les religieuses répondent à de nouveaux besoins, en particulier le soin des malades mentaux.
En 1944, l’Exode mène les religieuses et quelques six cents malades jusqu’au sud de la Mayenne. À nouveau, il faut courage et détermination pour s’atteler à la reconstruction de l’ensemble du Bon Sauveur, entièrement parti en fumée lors des bombardements de Saint-Lô.
En 1961, la communauté s’unit avec l’institut du Bon Sauveur de Caen. C’est à l’intérieur d’un corps congréganiste plus grand qu’elle est partie prenante de l’évolution de la vie religieuse apostolique à la suite du concile Vatican II et aborde le XXIe siècle.
Autant d’événements qui sont retracés dans ce livre. L’histoire de la psychiatrie y tient une bonne place car elle se laisse appréhender à travers l’histoire du Bon Sauveur.
» (Présentation de l’éditeur)
Les auteurs :
- Sœur Colette Bence est religieuse au Bon Sauveur;
- Georges-Robert Bottin, docteur en histoire moderne, président de la Société d'archéologie et d'histoire du département de la Manche;
- Michel Guibert, psychiatre hospitalier honoraire, ancien médecin du Centre hospitalier spécialisé Bon Sauveur à Saint-Lô, membre honoraire de la Société d'archéologie et d'histoire du département de la Manche;
- Jean-louis Monneron, agrégé d'histoire, ancien maître de conférence à l'Institut d'études politiques de Paris;
- Bernard Lagoutte, recteur de la basilique et directeur du pèlerinage de Lisieux
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Préalables à toute clinique des psychoses
Jean Oury
et Patrick Faugeras
Editions érès, coll. Des travaux et des Jours, 2012 ; 252 p.
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« Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques.
Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique.
Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury fournit au lecteur les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution, en lui donnant accès à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité.
«La question fondamentale, à toujours se poser, dit Jean Oury - "Qu'est-ce que je fous là ?" - n'attend pas une réponse qui serait uniquement circonstancielle, conjoncturelle, mais touche à des dimensions existentielle et ontologique.
En s'exposant ainsi à ce travail permanent de reconstruction, de création, Jean Oury nous indique une voie à suivre afin, cliniquement, de pouvoir se tenir, au sens fort du terme, à côté de ces existences que la psychose a défaites.
Des concepts ou des notions reviennent avec insistance dans ses propos et constituent ce qu'il appelle sa boîte à outils. Ceux-ci et les problématiques qui les enserrent, dans leur précision et quelquefois leur tranchant, ont pour fonction de protéger, de maintenir, de défendre la condition de possibilité de la pensée contre toute tentative d'arraisonnement.
En leur découvrant une profondeur inattendue ou une parenté encore inavouée, parfois même insoupçonnable, Jean Oury les rend à leur fraîcheur initiale, avant même que ne s'use leur fil sur le banc des écoles ou qu'ils ne soient soumis au seul règne de l'utile. » Patrick Faugeras
« Jean Oury, psychiatre à la clinique de La Borde, est l'un des fondateurs du mouvement de psychothérapie institutionnelle. Ses conceptions cliniques concernant le soin apporté aux personnes en grande difficulté psychique ont révolutionné le champ de la psychiatrie et demeurent aujourd'hui le contre-point le plus pertinent par rapport aux dérives scientistes et techniques.
Patrick Faugeras est psychanalyste, traducteur, auteur de plusieurs ouvrages traitant du soin en institution et de la clinique des psychoses, directeur de collections aux Éditions érès. »
Dans le Répertoire des auteurs cités (pp. 185-232, par Patrick Faugeras et Dominique Fabre), on peut lire de courtes notices biographiques sur des personnes qui pour certaines furent les compagnons de Jean Oury, et dont le nombre, la variété et la qualité donnent une mesure de la richesse de l'ouvrage : Jean Ajuriaguerra (1911-1993), Victor Alba (1916-2003), Pierre Alféri (1963), Lou Andreas-Salomé (1861-1937), Antonin Artaud (1896-1948), Jean Ayme (1924-2011), Michel Balat, Franco Basaglia (1924-1980), Georges Bataille (1897-1962), Jean Bauffret (1927-1982), José Begler (1923-1972), Gaetano Benedetti (1920), Henri Bergson (1859-1941), Georges Bernanos (1888-1948), Josef Berze (1966-1958), Ludwig Binswanger (1881-1966), Wilfred Bion (1897-1979), Karl Birnbaum (1878-1950), Maurice Blanchot (1907-2003), Eugen Bleuler (1857-1939), Lucien Bonnafé (1912-2003), Louis Ferdinand Céline (1894-1961), Hélène Chaigneau (1919-2010), Pierre Clastres (1934-1977), Jean Clavreul (1923-2006), David Cooper (1931-1986), Françoise Dastur (1942), Georges Daumézon (1912-1979), Gilles Deleuze (1925-1995), Fernand Deligny (1913-1996), Pierre Delion (1950), Eugène Dupréel (1879-1967), Paolo Emilio (Emilio de Sales Gomez, 1917), Henri Ey (1900-1977), Frantz Fanon (1925-1961), François Fédier (1965), François Fetjö (1909-2008), Eugen Fink (1905-1976), Yvan Fonagy (1920-2005), Michel Foucault (1926-1984), Célestin Freinet (1896-1966), Sigmund Freud (1856-1939), Roger Gentis (1928), André Gide (1869-1951), Gérard Granel (1930-2000), Pierre-Félix Guattari (1930-1992), Gustave Guillaume (1883-1960), Martin Heidegger (1889-1976), Edmund Husserl (1859-1939), Karl Jaspers (1883-1969), Marcel Jouhandeau (1888-1979), Carl Gustav Jung (1875-1961), Karl Ludwig Kalhbaum (1828-1889), Denis Kambouchner (1953), Evelyne Kestemberg-Hassin (1918-1989), Sören Kierkegaard (1813-1855), Bin Kimura (1931), Ludwig Klages (1872-1956), Mélanie Klein (1882-1960), Heinrich von Kleist (1777-1811),
Emil Kraepelin (1856-1926), Arthur Kronfeld (1886-1941), Jacques Lacan (1901-1981), Paul-Louis Landsberg (1901-1944), Claude Lefort (1924-2010), Pierre Legendre (1930), Louis Le Guillant (1900-1968), Emmanuel Levinas (1906-1995), Claude Levy-Strauss (1908-2009), Juan José Lopez Ibor (1906-2010), Josée Manenti (1903-2010), Maud Mannoni (1923-1998), Henri Maldiney (1912), Karl Marx (1818-1893), Maurice Merleau-Ponty (1908-1961), Eugen Minkowski (1885-1972), Andreu Nin (1892-1937), Guillaume d'Ockham (1285-1347), Fernand Oury (1920-1998), Gisela Pankow (1914-1998), Charles Sanders Peirce (1839-1914), Georges Politzer (1903-1942), Francis Ponge (1899-1988), Ilya Prigogine (1917-2003), Paul-Claude Racamier (1924-1996), Philippe Rappard, Salomon Resnik (1920), Marc Richir (1943), Hermann Rorschach (1884-1922), Danielle Roulot (1943), Kurt Schneider (1897-1967), Max Scheler (1874-1928), Jacques Schotte (1926-2007), Lucien Sebag (1934-1965), Victor Serge (1890-1947), Daniel Sibony (1942), Alonso Wilebado Solano (1916-2010), Stanton et Schwartz, Erwin Strauss (1891-1975), Léopold Szondi (1893-1986), Gabriel Tarde (1843-1904), Viktor Tausk (1879-1919), Horace Torrubia (1917-1999), François Tosquelles (1912-1994), Jean Vigo (1905-1934), Viktor von Weizsäcker (1886-1957), Jakob Wyrsch (1892-1980), Jürg Zutt (1893-1980). Et pour être complet, une petite note sur le POUM.
L'ouvrage se clôt sur une autobiographie impressionniste joliement intitulée L'arrière-pays et une liste des publications d'Oury.
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Grandeur de la folie : Itinéraire d'un psychiatre iconoclaste
Henri Grivois
Robert Laffont, 2012 ; 256 p.
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La folie est un mystère planté au cœur de l'être humain. Universelle, elle touche 1% de la population aux quatre coins de la planète. L'île, le pays lointain, le régime politique qui ne connaît pas de fous n'a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais.
Henri Grivois est l'un des plus grands psychiatres français. Intuition géniale au temps des camisoles chimiques : il a fait parler les fous. En créant les premières urgences psychiatriques de France, il a pu dialoguer avec les psychotiques naissants pour qu'ils formulent leur propre folie, avant que leur délire interprétatif ne commence, avant qu'on ne les sédate à haute dose.
En revenant sur son itinéraire médical et intellectuel, Henri Grivois dresse une passionnante histoire de la folie à l'âge moderne qui fourmille de récits de patients, cas cliniques joyeux ou tragiques, poétiques ou philosophiques.
La folie en dit long sur notre humanité. Et c'est là sa grandeur.
Après deux siècles de psychiatrie, un siècle de psychanalyse et cinquante ans de neurobiologie, la folie – la psychose, en termes médicaux – reste un mystère planté au cœur de l’être humain. Nous n’avons guère avancé depuis les Grecs.
La psychose est universelle. Quels que soient la société, la culture ou le sexe, le premier épisode psychotique se déclare entre 15 ans et 25 ans et touche autour de 1% de la population aux quatre coins de la planète. C’est là un point fondamental. L’île, le pays lointain, le régime politique ou alimentaire qui ne connaît pas de psychotique n’a pas été découvert à ce jour et ne le sera jamais.
” Je suis tout le monde, je suis vous, je suis Dieu “, dit le psychotique. À ces mots, la médecine a répondu par la saignée au XIXe siècle, et par les médicaments au XXe. Chaque fois, le psychotique a été laissé à son délire, dans une profonde solitude. On ne parle pas aux fous.
L’intuition géniale du docteur Grivois a été de faire parler les patients aux toutes premières heures de la psychose pour les faire accoucher du savoir qu’ils ont de leur folie.
En créant les premières urgences psychiatriques à l’Hôtel-Dieu à Paris, il a pu parler aux psychotiques avant que leur délire interprétatif, commence, avant qu’ils n’essaient de trouver une explication forcément délirante à ce qui leur arrive.
Par la parole, il est parvenu à enrayer la machine, à faire reculer le délire, à garder le fou dans notre monde. Le patient va pouvoir – non pas guérir, car la psychose n’est pas une maladie mais un accident anthropologique – vivre avec sa psychose, ne pas devenir un schizophrène dangereux pour lui-même et la société.» (Présentation de l’éditeur)
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Issu d'une longue lignée de psychiatres, Henri Grivois, psychiatre et psychanalyste né à Paris en 1933, créa les urgences psychiatriques de l'Hôtel-Dieu dont il dirigea le service durant près de dix ans. Il y reçut toutes sortes de patients, des doux dingues aux schizophrènes les plus sévères, sans compter tout ce que la France a compté de serial killers. Enseignant et expert auprès des tribunaux, il a publié deux cents articles dans les revues médicales et psychiatriques. » (Biographie de l’auteur)
Henri Grivois a fait toute sa carrière à l’Hôtel-Dieu de Paris, où il a conçu sa théorie de la psychose naissante.
Ce vénérable établissement hospitalier tient une place éminente dans l’histoire de la psychiatrie française à plusieurs titres.
En son sein, mais dans des bâtiments disparus sous Napoléon III, avaient été fondées au tout début du XVIIIème siècle des salles de traitement des fous et des folles, dont la réputation s’étendait dans toutes les provinces du royaume.
La fermeture de ces salles marquera une étape essentielle : la naissance de l’Asile, institution spécifique où un médecin spécial, l’aliéniste, assurera la prise en charge de tous les aliénés dès l’éclosion des troubles et aussi longtemps que nécessaire, mettant en œuvre un Traitement moral se substituant aux thérapeutiques humorales.
Reconstruit sous le Second Empire et le début de la Troisième République, l’Hôtel-Dieu de Paris est en novembre 1904 le lieu de création par Gilbert Ballet du premier service de "psychiatrie hospitalo-universitaire" -selon le terme d'aujourd'hui- dans un hôpital parisien de l'Assistance Publique, un « service d'isolement pour les malades délirants et agités temporaires » connu sous le nom de "service des délirants de l'Hôtel-Dieu".
Quant à Grivois, il est le petit-fils de François Arnaud, aliéniste de renom qui fut à partir de 1889 assistant du docteur Jules Falret et son successeur en 1903 comme directeur de la célèbre maison de santé de Vanves, et le neveu de Frantz Adam, autre éminent psychiatre dont la collection de photographies de la Grande Guerre a été exposée il y a peu : l'ouvrage nous apprend en effet que le docteur Arnaud et son épouse Geneviève Dargent eurent six filles, dont Marie-Edmée qui épousa Adam, et Catherine qui épousa Paul Grivois, dont Henri est l'un des quatre enfants.
La psychanalyse tient une place importante dans cet ouvrage, dont l’auteur, non sans un certain courage (n’est pas psychiatre iconoclaste qui veut), explique avoir été un fervent adepte : « Dans les années 1970 à l’Hôtel-Dieu, je n’engageai dans mon service que des psychiatres en cours d’analyse » [p.58], en tant que « rite initiatique obligatoire » [p.58], immunisation « contre l’angoisse et la dépression », contre la phobie des chiens [p.59], avant de s’en éloigner.
C’est là une des rares occasions où Grivois semble avoir sacrifié à la mode alors naissante (lire le chapitre intitulé « Péripéties freudiennes », [pp.58-63] de la passion au début des années 60 à l’apostasie, en passant par une douloureuse dépendance (« J’étais "accro" » [p.59], un « esclavage » de plusieurs années). La fin de la cure est entrevue quand Grivois découvre avoir appris qu’« un père, même silencieux, peut être bon » : « c’est à ça que se résume ma psychanalyse ».
La, ou les psychanalyses reviennent donc à de multiples reprises sous la plume de l’auteur, qui semble toutefois surestimer l’influence que les théories freudiennes conservent aujourd'hui dans les services psychiatriques.
Ce qu’écrit Henri Grivois à propos de cette psychose naissante nous a fait repenser à ce qu’écrivait Moreau de Tours, sur « ce bruissement, ou mieux ce bouillonnement qui coïncide avec les désordres de l’esprit », cette « modification intellectuelle primitive, toujours identique à elle-même, qui est évidemment la condition essentielle » de l’existence et l’origine « de toute forme, de tout accident du délire ou de la folie proprement-dite, idées fixes, hallucinations »…
Il n'est pas douteux que beaucoup des patients rencontrés par Grivois ont bénéficié de son abord et de son expertise en la matière.
Qu’il nous soit toutefois permis de penser que, parmi ces personnes que l'éclosion des troubles ont conduit à l'Hôtel-Dieu, tous n’ont pas accepté l’hospitalisation, même à l'Hôtel-Dieu, que tous ceux qui y ont séjourné n'ont pas guéri, et qu’il a bien fallu que d’obscurs psychiatres de secteurs prennent la suite.
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FREUD EN FRANÇAIS
Bibliographie complète des écrits de Freud
avec concordances allemande et anglaise
établie par C. Marcoux, préface de B. Chervet
Société psychanalytique de Paris / Bibliothèque Sigmund Freud, 2012, 176 p.
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« Cette bibliographie des écrits de Sigmund Freud traduits et publiés en français a été réalisée sur le modèle de la classification établie par Ingeborg Meyer-Palmedo et Gerhard Fichtner en 1989 et rééditée en 1999. Il s’agit d’une classification chronologique de tous les textes de Sigmund Freud en allemand, précisant la date de première publication et la date d’écriture.
Par exemple, (1901c [1899]) signifie que le texte a été écrit en 1899 et publié pour la première fois en 1901, la lettre "c" indique l’ordre de parution dans l’année concernée (de a à z pour une année).
Notre bibliographie reprend dans l’ordre chronologique toutes les traductions françaises des textes et correspondances disponibles à ce jour. Pour chaque texte référencé, un tableau récapitulatif indique, quand ils existent, les titres en français, allemand et anglais avec leurs références bibliographiques précises : année de parution, volume, pagination :
- en français dans les Œuvres complètes publiées par les Presses universitaires de France.
- en allemand dans les Gesammelte Werke publiées par Imago et Fischer Verlag.
- en anglais dans la Standard Edition, traduction par J. Strachey, publiées par Hogarth Press.
Par ailleurs, lorsque des correspondances ont été regroupées sous forme de corpus (Ferenczi, Jones, Eitingon, etc.), nous n’avons pas tenu compte des publications éparses antérieures. »
Préface
de Bernard Chervet, Président de la Société psychanalytique de Paris
« Un étonnement : pourquoi une bibliographie des oeuvres complètes de Freud en français en 2012 ? La réponse relève du contexte de la publication de Freud en France.
Depuis longtemps de nombreux lecteurs francophones aspirent à ce que l’oeuvre de Freud soit accessible en français dans son intégralité. Une résistance assez déroutante s’est opposée à cette traduction et à sa publication ; d’autant plus étonnante que la France fait partie des pays au monde où la psychanalyse suit un des plus importants développements tant du point de vue de sa pratique que de ses avancées théoriques.
La dispersion des traductions et la disparité de leurs variantes ne sont pas sans avoir données un zeste de mystère à certains textes de Freud, réservés à quelques exégètes et circulant sous le manteau. Mais ce chaos a aussi engendré des lenteurs de diffusion. Il est en grande partie dû à une particularité historique, portant sur les voies d’entrée de la psychanalyse en France. Plusieurs milieux, artistique, intellectuel, médical, se sont intéressés à cette nouvelle discipline selon des points de vue forts différents, correspondant chacun à une facette de l’oeuvre freudienne. Ils se sont complétés certes, mais aussi disputés l’antériorité et le sens même de la psychanalyse. Cette conflictualité d’intégration de la psychanalyse a participé à l’engendrement d’une psychanalyse fertile, novatrice, parfois inspirée, mais aussi à un paysage psychanalytique français morcelé, marqué de scissions, d’alliances et d’incompatibilités.
Ce temps conséquent de résistance, Freud l’a lui-même observé et commenté. Il l’a attribué à « l’esprit français », au sens déjà souligné par Goethe dans sa façon d’aborder les trois méthodes de traduction d’une langue à l’autre. Pour intégrer une nouveauté venant de l’étranger, le français tente de la refondre selon ses propres termes, mais surtout ses propres conceptions.
Ainsi les premières traductions de Freud furent-elles marquées d’importantes libertés et infléchissements envers le texte originel. Il a fallu les réviser à diverses reprises. Malheureusement des contre-sens se sont transmis et maintenus de façon tenace, même pour la traduction des titres de certains articles et ouvrages. Nous avons tous en souvenir que l’ouvrage princeps L’interprétation du rêve a longtemps été diffusé sous l’intitulé La science des rêves.
Ce souhait de disposer d’une oeuvre intégrale s’est accompagné de son corollaire, le voeu de pouvoir consulter une bibliographie tout aussi complète et fiable. Ce désir est mû par le besoin pragmatique de disposer d’un outil d’utilisation facile et de confiance, dans lequel il est aisé de vérifier les dates, les titres, les concordances avec les publications d’origine, voire avec celles de la traduction anglaise réalisée sous la supervision d’Anna Freud, de piocher des références vérifiées, respectant les libellés imposés par les éditeurs, par les normes internationales.
Au-delà de cette réponse à la curiosité et à l’utilité pragmatique, se laisse deviner encore un autre intérêt rempli par la classification chronologique. Il s’agit de la dimension historique permettant de resituer un écrit dans le contexte de l’oeuvre toute entière, mais aussi dans celui de la culture globale, de l’histoire du monde.
Une bibliographie complète et fiable offre encore à son lecteur un autre champ possible, en corrélation avec la méthode psychanalytique. Elle permet de suivre la série associative constituée par les divers écrits d’un auteur, comparée de plus à celle de ses publications, d’en suivre la logique de la surdétermination telle qu’elle est soutenue dans la cure par la règle fondamentale. Freud envisage lui-même le rôle de cette détermination et de cet impératif à faire advenir à la conscience par la théorie, sur l’ordonnancement de l’élaboration de la métapsychologie.
Une bibliographie complète des écrits de Freud est donc utile pour penser sa démarche et son processus de théorisation. Nous vient ici le regret que la langue française ne nous offre qu’un seul mot pour processus. Nous aimerions en avoir deux à notre disposition, à l’instar de Freud à qui la langue allemande en propose deux, Prozeβ et Vorgang. Se trouve ainsi mieux souligné qu’il s’agit d’avoir accès au travail de théorisation de Freud (Vorgang) en suivant et s’étayant sur son déroulement temporel (Prozeβ). Une bibliographie complète donne donc à penser.
La mise en chantier de la publication des Œuvres complètes de Freud a réanimé ce souhait et lui a donné un horizon de faisabilité. Ce défaut comblé, le manque d’une bibliographie réunissant les divers écrits qui la composent s’est fait ressentir avec acuité. Le souhait de combler ce manque s’est manifesté à diverses reprises, tant à l’intérieur de la Société psychanalytique de Paris qu’à l’extérieur. Mais la disparité des traductions ne rendait pas la tâche aisée à leurs promoteurs. Des tentatives ont vu le jour, mais sont devenues rapidement obsolètes.
A l’intérieur de la SPP, cette attente de nombreux auteurs et lecteurs a été soutenue par les Comités de lecture des Monographies et Débats de Psychanalyse, et de la Revue Française de Psychanalyse.
Qui était mieux placé pour mener à bien ce projet, qu’une bibliothèque ? En toute logique, cette réalisation s’est cristallisée au sein de la Bibliothèque Sigmund Freud de la Société psychanalytique de Paris. Celle-ci était certainement déjà prédestinée par son nom pour remplir cette mission. Mais c’est son audience internationale, sa continuelle présence auprès des lecteurs, des rédacteurs, des comités de lecture, et des auteurs qui l’a rendue particulièrement sensible à ce manque et à cette attente. Le dynamisme, la réactivité et la compétence de sa conservatrice et des bibliothécaires qui en forment l’équipe ont fait le reste. Le livre qui vous est proposé ici en est l’accomplissement. »
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L’Hôpital Pasteur de Poitiers. 300 ans au service des malades
Gérard SIMMAT
Édition Centre hospitalier universitaire de Poitiers, mai 2011 ; 157 p., ill. |
« Les hôpitaux de Poitiers tournent une page importante de leur histoire en 2011, avec le déménagement des derniers patients de l'hôpital Louis-Pasteur vers la Milétrie.
Devant ce site historique, comment ne pas oublier : Grignion-de-Montfort, les petites maisons hospitalières de la rue Cornet, le grand prieur d’Aquitaine L’Emery d’Echoisy, l’ouverture de l’hospice des pauvres incurables en 1748, la congrégation des filles de la Sagesse, dirigeantes et soignantes des corps et des âmes de 1758 à 1979, le docteur Léon Fouks et le 4560 R.P. le premier neuroleptique, le docteur Tony Lainé et la psychothérapie institutionnelle, mais aussi, le suburbium de la ville romaine de Limonum, l’abbaye bénédictine Saint-Cyprien, la Magnanerie, le couvent des dominicains…
Plus proche de nous, comment ne pas garder en mémoire l’évolution de la prise en charge des personnes âgées, les progrès de la médecine gériatrique et les grandes opérations d’humanisation des lieux d’accueil et d’hébergement des années 1970-1980 !
L’histoire de ce site devait être gravée dans le marbre du temps et c’est l’objectif du Centre hospitalier universitaire de Poitiers et de l’Association « Jours de Fête, de Pasteur à la Milétrie » de célébrer toutes celles et tous ceux qui ont vécu et travaillé en ces lieux, dont la vocation aura toujours été, depuis trois siècles, d’héberger et de prendre soin des plus vulnérables. Un cycle de huit conférences, organisé dans cette optique entre septembre 2010 et mai 2011, aura permis de mieux connaître les multiples facettes de cet ensemble prestigieux et de donner un corps et une âme à cet ouvrage.
Un nouveau quartier est en train de naître, à partir de mai 2011, sur les sept hectares entre le pont Neuf et le pont Saint-Cyprien, dans ces lieux extraordinaires, témoins de deux mille ans d’histoire poitevine. De nouvelles structures poursuivront la vocation d’origine, en hébergeant de nombreux résidents âgés, dans deux établissements public et privé. Ceux-là, côtoieront des étudiants du CROUS d’un côté, des familles avec enfants de l’autre, au sein d’un petit village avec des véritables rues et un vaste jardin public, idéalement placé au bord du Clain, notre belle rivière.
C’est une page poitevine qui se tourne irrémédiablement, en laissant derrière elle des périodes parfois difficiles pour les malades et pour les soignants, mais aussi un parfum de nostalgie à tous ceux qui, dans cet espace de vie, ont donné tant d’années de leur activité professionnelle. Il n’y a plus d’incurables ! » (présentation de l’ouvrage en 4e de couverture)
L'ouvrage a obtenu la Médaille d'or de la Société Française d'Histoire des Hôpitaux 2012
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Aktion T4 - Le secret d'Etat des nazis : l'extermination des handicapés physiques et mentaux
Michaël TREGENZA
Traduit de l’anglais par Claire Darmon
Calmann-Lévy – Mémorial de la Shoah, 2011; 516 p. |
« Considérés par Hitler et ses proches comme des poids morts dans l’économie de guerre, les handicapés physiques et mentaux furent décrits auprès de l’opinion publique comme des êtres dont « la vie ne vaut pas d’être vécue ». De 1939 à 1943, le IIIe Reich mena à leur encontre une vaste entreprise de mise à mort.
Le programme dit d’« euthanasie », ou T4 – en référence à l’adresse de l’administration : Tiergartenstraße 4, à Berlin –, fut élaboré par l’entourage du Führer dans une semi-clandestinité. Médecins, infirmiers, membres de la SS participèrent à cette opération, sous le contrôle du Kriminalinspektor Christian Wirth, et sous l’égide de proches d’Adolf Hitler (Philipp Bouhler, Viktor Brack, Martin Bormann…).
Arrachés à leurs asiles, les malades furent conduits dans des centres spécialement aménagés en Allemagne et en Autriche (Grafeneck, Hartheim, Brandeburg, Hadamar…), où ils furent gazés puis incinérés. Plus de 100 000 personnes furent ainsi assassinées.
L’« euthanasie » des malades mentaux et des handicapés allemands préfigure ainsi l’extermination systématique des Juifs mise en œuvre à partir de 1942.
Michael Tregenza apporte ici une remarquable contribution à la connaissance du programme T4, basée sur l’étude approfondie de sources allemandes, autrichiennes et polonaises, et notamment les témoignages et les interrogatoires menés lors des procès des années 1940 à 1960. Il décrit l’élaboration de l’entreprise d’euthanasie, son fonctionnement et surtout ses responsables et ses exécutants.
» (Note de l'éditeur)
Né en Grande-Bretagne et installé à Lublin depuis 1994, Michael Tregenza est l’un des meilleurs historiens du camp de Belzec et de l’assassinat de masse des Juifs d’Europe. Conseiller historique de plusieurs documentaires et du programme de recherche initié à Belzec par le Mémorial de la Shoah américain et l’American Jewish Society de Washington, il est l’auteur de nombreux articles sur l’Aktion Reinhard, l’Aktion T4 et Belzec.
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« Les dépôts de mendicité sous l'Ancien Régime et les débuts de l'assistance aux malades mentaux (1764-1790) »
Christine PENY
Revue d’Histoire de la Protection Sociale, décembre 2011, n°4 ; 9-23 |
Christine Peny, Maître de Conférences de l'Université Paul Cézanne d'Aix- Marseille, appartient au Laboratoire Interdisciplinaire de Droit des Médias et des Mutations Sociales (LID2MS). Elle est également avocate et dirige le Diplôme d'Université "Coopération juridique et commerciale avec le monde arabe. |
L'homme qui se prenait pour Napoléon
Pour une histoire politique de la folie
Laure MURAT
Gallimard, 2011 ; 382 p. |
« Au lendemain du retour des cendres de Napoléon Ier, en 1840, le directeur de Bicêtre voit arriver dans son asile quatorze nouveaux « empereurs ». Tous les fous, dit-on, se prennent pour Napoléon. Que disent les archives ? Et pourquoi Napoléon, mieux que Louis XIV ?
Le docteur Esquirol prétendait pouvoir raconter l'histoire de France à partir des registres des asiles. Laure Murat a voulu relever le défi, à travers une passionnante enquête sur les rapports entre histoire et folie. On y découvre le destin de l'horloger décapité, persuadé d'avoir « perdu la tête » sous la guillotine et de vivre avec une tête de remplacement. On y retrouve aussi des personnages célèbres, comme Théroigne de Méricourt, dont la folie a été a posteriori attribuée à son engagement révolutionnaire.
Idéologie ou pathologie ? Comment délire-t-on l'histoire ? Que signifie la « raison » d'État face à la « folie » révolutionnaire ? Ces interrogations courent tout au long du XIXe siècle, qui invente aussi bien la « monomanie orgueilleuse » des ambitieux de la Restauration que la « maladie démocratique » des communards, et brouille les frontières entre passion politique et débordement maniaque.
Personne n'avait encore entrepris ce travail, fondé sur des archives inédites et des centaines d'observations médicales, qui pose les jalons d'une nouvelle réflexion sur l'histoire et son imaginaire.. » (présentation de l'éditeur)
Laure Murat a publié plusieurs livres qui ont obtenu un succès public et critique exceptionnel : La Maison du docteur Blanche : histoire d'un asile et de ses pensionnaires, de Nerval à Maupassant (Lattes, 2001, Goncourt de la biographie et Prix de la critique de l'Académie française), Passage de l'Odéon : Sylvia Beach, Adrienne Monnier et la vie littéraire à Paris dans l'entre-deux-guerres (Fayard, 2003) et La Loi du genre : une histoire du «troisième sexe» (Fayard, 2006). Elle est professeure au département d'études françaises et francophones de l'Université de Californie-Los Angeles (UCLA).
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Genèses
n° 82, 2011/1
DOSSIER : MÉDICALISATION
Belin éditeur, 176 pages |
Lisa Roscioni, « Soin et/ou enfermement ? Hôpitaux et folie sous l'ancien régime » (pp.31-51)
RÉSUMÉ
: On ne pourrait véritablement parler de « médicalisation de la folie » avant la naissance de la psychiatrie et des asiles, c’est-à-dire pas avant le tournant des XVIIIe-XIXe siècles. Pourtant, certaines recherches récentes soulignent le caractère précoce d’un discours et d’une pratique médicale développée dans des institutions réservées aux fous, qui apparaissent à partir du XVIe siècle. Psychiatre et asile ne sont donc pas apparus à l’improviste, mais constituent au contraire le produit d’un processus de longue durée dont l’origine n’est nullement à rechercher dans un « enfermement », mais bien dans l’ambiguïté constitutive des plus anciennes expériences d’internement et de prise en charge des fous.
« Care and/or Confinement ? Hospitals and Insanity under the Old Regime »
We cannot really speak of the «medicalisation of insanity» prior to the birth of psychiatry and asylums, that is, before the turn of the 18th century. Yet recent research emphasises the pre-cocious nature of a discourse and medical practice, developed in institutions reserved for the insane, which arose in the 16th century. Thus, psychiatry and asylums did not appear out of the blue, but were instead the product of a long-term process in no way derived from «institutional confinement», but rather from the ambiguity of older experiences of internment and care of the insane.
Lisa Roscioni, historienne, enseigne l’histoire moderne à l’Université de Parme. Les recherches qu’elle mène depuis de nombreuses années sur l’histoire de la folie portent aussi bien la sur la période d’Ancien Régime (voir en particulier Il governo della follia. Ospedali, medici e pazzi nell’Età moderna, Milan, Bruno Mondadori, 2003), que sur l’époque contemporaine (Lo smemorato di Collegno. Storia italiana di un’ identità contesa, Turin, Einaudi, 2007) lisa.roscioni@fastwebnet.it
Isabelle von Bueltzingsloewen, « Réalité et perspectives de la médicalisation de la folie dans la France de l'entre-deux-guerres » (pp.52-74)
RÉSUMÉ
: Depuis le vote de la loi de juin 1838 organisant l’assistance aux aliénés, la médicalisation de la folie se confond avec l’internement. Dans l’entre-deux-guerres, les aliénistes imaginent de nouveaux dispositifs de prise en charge. Ceux-ci devront permettre de faire face à la croissance du nombre des internements, interprétée comme une recrudescence des maladies mentales, mais aussi de traiter des malades atteints de troubles légers. Autrement dit de déplacer les frontières de la folie. Freiné par les départements, ce projet médicalisateur ne voit le jour qu’après la Seconde Guerre mondiale.
« Reality and Viewpoints on the Medicalisation of Insanity in France during the Interwar Period »
Since the law of June 1938 organising assistance to the insane, the medicalisation of insanity has coincided with internment. During the interwar period, psychiatrists conceived of new systems for the care of the insane. They were intended to cope with the growing number of people confined to institutions, interpreted as a recrudescence of mental illness, but also to treat patients suffering from mild disorders. In other words, to shift the boundary lines of insanity. This medicalisation project, which was impeded in the provinces, did not come into being until after the Second World War.
Isabelle von Bueltzingsloewen, historienne, enseigne l’histoire et la sociologie de la santé à l’Université de Lyon (Lumière-Lyon II). Ses recherches, conduites dans le cadre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, portent sur l’histoire de la santé publique et plus particulièrement sur l’histoire de la psychiatrie contemporaine. Elle a publié en 2009 L’Hécatombe des fous. La famine dans les hôpitaux psychiatriques français sous l’Occupation, Paris, Flammarion
isabelle.vonb@univ-lyon2.fr
HORS-DOSSIER
Benoît Majerus, « La baignoire, le lit et la porte. La vie sociale des objets de la psychiatrie » (pp. 95-119)
RÉSUMÉ : À travers la baignoire, un objet évident du traitement, le lit, un objet hospitalier ordinaire, et la porte, artefact passant le plus souvent inaperçu, l’article essaie de porter un nouveau regard sur l’histoire de la psychiatrie au XXe siècle. Prenant en compte la « biographie » des objets, de leur conception à leur pratique, l’article souligne l’interdépendance entre des objets qui déterminent la pratique psychiatrique quotidienne, et la psychiatrie qui transforme ces mêmes objets.
« The Bathtub, the Bed and the Door. The Social Life of the Objects of Psychiatry »
This articles attempts to take a different look at 20th century psychiatry by focusing on the bathtub, an obvious object of treatment, an ordinary hospital bed and the door, an artefact that usually goes unnoticed. Taking into account the «biography» of the objects from their design to their use, the articles emphasises the interdependence between objects that determine every- day psychiatric practice and psychiatry, which transforms these same objects.
Benoît Majerus, historien, enseigne à l’Université du Luxembourg. Il travaille actuellement sur une histoire européenne de la psychiatrie au xxe siècle. Il vient de publier Inventing Luxembourg. Representations of the Past, Space and Language from the Nineteenth to the Twenty-first Century, Amsterdam, Brill, 2010, et « Mapping antipsychiatry. Elemente für die Geschichte einer transnationalen Bewegung », Themenportal Europäische Geschichte, 2010 : http://www.europa.clio-online.de/2010/Article=440
benoit.majerus@gmail.com |

Les frontières du délire : écrivains et fous au temps des avants-gardes
Anouck CAPE
Honoré Champion, 2011 ; 280 p. |
« La folie, comprise comme un fantasme culturel modelé par la psychiatrie comme par la littérature, a été fondatrice dans les discours et les pratiques textuelles des écrivains d'avant-garde.
Elle constitue un fil directeur permettant d'observer de près l'une des mutations culturelles majeures de la première moitié du XXe siècle, qui voit le fou devenir la figure privilégiée de l'artiste moderne.
Ce livre retrace l'histoire d'un bouleversement des valeurs, d'un déplacement de frontière entre littéraire et pathologique à l'issue duquel jugements de goût et normes de littérarité se sont trouvés profondément modifiés. » (présentation de l'éditeur)
Anouck Cape est docteur en littérature. Elle travaille sur les représentations culturelles de la folie et la notion d'auctorialité.
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LA PSYCHIATRIE MÉDIÉVALE PERSANE
La maladie mentale dans la tradition médicale persane
Bertrand THIERRY de CRUSSOL des EPESSE
Préface de Guy Mazars
Springer-Verlag France, coll. « Médecines d'Asie - Savoirs & Pratiques », 2010, 208 p. |
« La maladie mentale, au sens large, se manifestant à bas bruit ou par une symptomatologie lourde, a été analysée de manière spécifique par la Scolastique de l'Iran médiéval.
Cette singularité repose sur le fait que le sujet s'inscrit dans un monde où la Nature et la matière sont tout mais aussi que ces dernières sont le lieu d'action du Divin.
Ainsi une double lecture du trouble psychique en découle, une hyper-rationnelle, issue de la matière, fondée par la notion de causalité, une autre en amont de la matière, autrement plus complexe qu'est l'Intellect agent, hors psyché, avatar du Stoïcisme musulman.
Cet édifice théorique voit ses limites non dans l'appréhension de la folie, affaire de raison, mais dans l'abord du monde plus vaste des «passions» (le domaine des émotions) ; les difficultés rencontrées là par le dispositif scolastique, ses tentatives d'en discerner les rouages, sont, par elles-mêmes, riches d'enseignement.
L'auteur, iranologue, docteur en médecine et en philosophie, s'appuie sur des textes inédits en France pour définir les maladies de la sphère mentale au Moyen-âge scolastique oriental et apporter des nouvelles données sur cette sémiologie. » (Présentation de l'éditeur)
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«
La folie selon Esquirol. Observations médicales et conceptions de l’aliénisme à Charenton entre 1825 et 1840
»
Jeanne MESMIN D’ESTIENNE
Revue d’histoire du XIXe siècle 2010/1, n° 40 ; 95-112 |
Résumé
Étienne Esquirol apparaît comme le père fondateur de la loi de 1838 portant sur la prise en charge des aliénés, et ses théories médicales ont influencées durablement les aliénistes français qui se sont progressivement constitué en corps de savoir et de pouvoir à la fin du XIXe siècle. Cependant la pratique professionnelle d’Étienne Esquirol au sein de l’établissement de Charenton, institution célèbre dont il occupa le poste de médecin en chef pendant plus de vingt cinq ans, reste relativement méconnue. Les observations médicales réalisées sous la direction d’Esquirol révèlent pourtant que la méthode « scientifique » dont il se fait le promoteur et que nombre de ses théories médicales ne sont pas mises en oeuvre dans les pratiques médicales quotidiennes de l’établissement. Les archives de la maison de Charenton nous éclairent ainsi sur les divergences et les convergences existant entre le discours de l’aliéniste et l’exercice concret de la médecine mentale à Charenton.
Étienne Esquirol appears as the founding father of the law of 1838 concerning the coverage of the insane persons, and his medical theories have durably influenced the French psychiatrists who have gradually turned into a group of knowledge and power at the end of the nineteenth century. However, Etienne Esquirol’s professional practice within the establishment of Charenton, famous institution in which he was the head doctor for more than twenty-five years, remains relatively underestimated. The medical observations made by Esquirol reveal that the ‘scientific’ method which he promoted, and that number of his medical theories were not implemented in the daily medical practices of the establishment. The archives of the house of Charenton inform us on the differences and the convergences between the discourse of the psychiatrist and the concrete exercise of mental medicine in Charenton.
Etienne Esquirol tritt als Gründungsvater des Gesetzes von 1838 über die Betreuung von Geisteskranken in Erscheinung. Seine medizinischen Theorien haben die französischen Irrenärzte, die sich am Ende des 19. Jahrhunderts nach und nach als Wissens- und Machtgruppe etablierten, dauerhaft beeinflusst. Dennoch bleibt die berufliche Tätigkeit von Etienne Esquirol in Charenton, einer berühmten Einrichtung, deren Chefarzt er 20 Jahre lang war, relativ unbekannt. Die medizinischen Beobachtungen, die während der Zeit Esquirols gemacht wurden, zeigen jedoch, dass die « wissenschaftliche » Methode, deren Verfechter er war, wie auch zahlreiche seiner medizinischen Theorien nicht in der täglichen medizinischen Praxis des Hauses umgesetzt worden sind. Das Archivmaterial von Charenton macht Differenzen und Übereinstimmungen zwischen dem Diskurs des Psychiaters einerseits und der konkreten medizinischen Praxis in Charenton andererseits deutlich.
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DANS LE QUARTIER DES AGITÉS
Jacques CÔTÉ
Les Cahiers noirs de l'aliéniste Vol. 1
Ed. ALIRE, 2010, 437 pages |
« Paris, juillet 1889
À vingt-sept ans, Georges Villeneuve a terminé ses études
en médecine. Désireux de se spécialiser en médecine
légale des aliénés, il quitte le Québec pour
se rendre à Paris où il aura la chance détudier
avec les plus grands aliénistes de lépoque, Valentin
Magnan à lasile Sainte-Anne et Jean-Martin Charcot à
la Salpêtrière.
Le jeune Montréalais en profitera
aussi pour assister aux cours réputés de Brouardel, à
la morgue de Paris, et pour suivre une formation avec Mégnin, le
pionnier de lentomologie judiciaire.
Mais dès la première journée du Congrès international
de médecine mentale de Paris, qui se tient à lasile
Sainte-Anne, Villeneuve est témoin de ladmission dramatique
dun patient atteint dune sévère intoxication
à labsinthe. Quand Magnan apprend que la police croit ce
malade dangereux et veut sen emparer pour laccuser de meurtre
ce serait le fameux « coupeur de nattes » dont la presse
parle tant depuis des mois , il demande à son jeune élève
de veiller sur lui, mais aussi de mener sa propre enquête.
Or, les
recherches de Villeneuve lamènent très vite sur une
tout autre piste, celle dun étrange dandy au passé
trouble et qui entretenait de bien curieuses accointances avec son patient
. » (note de l'éditeur)
Georges Villeneuve fut surintendant de lasile Saint-Jean-de-Dieu
/ Longue Pointe Lunatic Asylum, médecin expert à la morgue
de Montréal, professeur de la chaire de médecine légale
de lUniversité de Montréal, membre de la Société
des aliénistes de Paris, de lAssociation médico-psychologique
américaine et de la Société de médecine légale
de New York, contemporain de Magnan et Charcot dont ce roman historique
fort bien documenté met en scène la rencontre.
Feuilletez
l'ouvrage |

IMAGES DE LA FOLIE
Claude Quétel
Paris, Gallimard, 2010; 188 p.
|
«
Aucune maladie n'a été plus porteuse d'iconographie que
la folie. Le mot lui-même a toujours été ambivalent,
signifiant à la fois absence de sagesse et perte de la raison au
sens médical du mot. Les artistes se sont engouffrés dans
la brèche en jouant sur les deux tableaux. Des pures allégories
de la folie comme La Nef des fous, on a cependant tôt fait d'arriver
à des représentations où la pathologie a déjà
sa place. C'est néanmoins avec la naissance de la psychiatrie,
à l'orée du XIXe siècle, que les images de la folie
se multiplient : peintures édifiantes, types d'aliénés,
scènes de la vie asilaire... L'asile, voulu comme un instrument
de guérison, se transforme en vision d'épouvante à
travers les images-reportages de ses cours et de ses dortoirs, de ses
médications et de ses appareils de contention.
L'iconographie de la folie s'exprime aussi dans les représentations
de maladies «vedettes» comme l'hystérie, dans le regard
des artistes à diverses époques, dans les figurations d'une
antipsychiatrie aussi ancienne que la psychiatrie elle-même. Enfin,
les fous eux-mêmes font uvre dans l'expression de l'art brut.
Au total, ces images constituent une véritable histoire de la folie,
d'une folie qui, rapidement débarrassée de ses oripeaux
allégoriques, apparaît en dépit de la diversité
de ses représentations comme ce qu'elle a été de
tous temps : une maladie toujours aussi mystérieuse et encombrante
pour la société.
L'historien Claude Quétel a publié une Histoire de la folie,
de l'Antiquité à nos jours (Tallandier, 2009), qui constitue
la synthèse de nombreux travaux publiés sur l'histoire de
la folie, le plus souvent en collaboration avec des psychiatres (notamment
la Nouvelle histoire de la psychiatrie, dirigée avec le Dr Jacques
Postel). » (note de l'éditeur)
Un
livre magnifique, présentant des documents iconographiques
rares, et pour certains à notre connaissance inédits.

Il cimitero dei pazzi
Francesco Zarzana
introduzione di Michel Bénézech; conclusioni
di Angelo Lallo
Editions Infinito, coll. iSaggi, 2010
|
« Aquitania. Cadillac sur Garonne. Un paese di poco più
di duemila anime ospita dagli inizi del Novecento un cimitero in cui riposano
quattromila alienati, malati di mente, quasi tutti senza identità.
La storia del cimitero si intreccia con quelle delladiacente ospedale
psichiatrico e del castello-prigione e con il triste destino della giovane
Marguerite B. e di Osvaldo, fuggito con la famiglia dallItalia che
diventava fascista.
Poi, durante la seconda guerra mondiale, quasi 45.000 internati morirono
in tutta la Francia sotto il governo filo-nazista di Vichy
Per la prima volta un libro racconta i misteri del cimitero dei
pazzi, diventato oggi monumento nazionale francese. Attraverso le
sue croci è possibile ricostruire la storia dellEuropa e
dei movimenti delle popolazioni del XX secolo. » (note de l'éditeur)
Un
sujet qui nous tient à cur...

Chronique
de la psychiatrie ordinaire en Sarthe
Patients, soignants et institutions en Sarthe du XIXe au XXIe siècle
Hervé
Guillemain
Le Mans, Editions de la Reinette, 2010, 143
p., ill.
|
uvre de Hervé Guillemain et d'une équipe d'étudiants
en master recherche d'histoire de l'Université du Maine (Marie
Lesage, Florimond Givaudan-Bourlès et Pauline Vallienne) travaillant
sous sa direction, cet ouvrage est un modèle du genre : textes
bien écrits, denses et précis, argumentés et parfaitement
référencés, d'une lecture agréable, une iconographie
variée et rare.
Intitulés des 15 chapitres :
1- « "Derrière la gare". La folie dans la ville
»
2- « Qui sont les premiers internés ? Des insensés
de l'hospice des prisons aux aliénés de l'asile de la Sarthe
»
3- « Gustave Étoc-Demazy (1806-1893). L'avènement
du pouvoir psychiatrique »
4- « La Fête-Dieu. Du religieux dans l'institution psychiatrique
»
5- « "À maintenir..." Vivre et mourir à
l'asile »
6- « Une guerre peut en cacher une autre. L'hôpital psychiatrique
dans les deux Conflits mondiaux »
7- « La "Fosse aux fous". La psychiatrie face à
la critique sociale »
8- « L'expérimentation thérapeutique en psychiatrie
»
9- « Le patron et le patronage. La réforme de l'hôpital
psychiatrique (1945-1958) »
10- « Et la chlorpromazine fut ? Mémoires et histoire autour
de l'introduction du neuroleptique en psychiatrie (1953-1965) »
11- « Allonnes, le dispensaire et le secteur. Questions sur la nouvelle
géographie psychiatrique (1960-1974) »
12- « De l'asile esquirolien à l'hôpital-village. Architectures
psychiatriques en Sarthe, XIXe-XXe siècles »
13- « Qu'est-ce qu'un infirmier en psychiatrie ? »
14- « L'enfant en psychiatrie : du non-dit à la reconnaissance
»
15- « Les mutations des années 1980 »

L'AFFAIRE
ROUY
Une femme contre l'asile au XIXe siècle.
Yannick RIPA
Paris, Tallandier éd., 2010; 297 p.
|
Bibliographie
de Yannick Ripa (extrait)
Contribution
à une histoire des femmes, des médecins et de la Folie
à l'âge d'or de l'aliénisme français.
1838-1860. Thèse de doctorat IIIème cycle Histoire
et civilisation, Paris VII, 1983; 2 tomes (518 et CLXXVIII p.)
La ronde des folles. Femmes, folie et enfermement au XIXe siècle
(1838-1870). Paris, Aubier, 1986, 217 p.
L'affaire Rouy. L'Histoire, n°87, 1986; 74-81
Le travail à l'asile au XIXe siècle : thérapie
ou esclavage caché ? Milieux (Le Creusot), n°27,
1987; 50-55
|
Scènes
de la psychiatrie ordinaire en Sarthe
XIXe - XXIe siècle
Exposition
réalisée par lUniversité du Maine, le Centre hospitalier spécialisé de la Sarthe, les Archives départementales de la Sarthe et les Médiathèques du Mans
Du 1er avril au 5 juin 2010 à la Médiathèque L. Aragon - Le Mans
|
Une version
virtuelle de lexposition est présentée sur le
site Folie & psychiatrie en Sarthe, XIXe - XXIe siècle.
Commissariat scientifique de l'exposition : Hervé Guillemain
(Université du Maine / CERHIO-CNRS).
Réalisation : Gwenaëlle Lelardeux (M'damcréation)
Elle bénéficie du concours de Danielle Monat, Aïcha
Ammi, Soizic Derouet (Centre Hospitalier Spécialisé de
la Sarthe), Fanny Coirard, Roger Bailly, René Despert (AD72),
Didier Travier, Aurélien Moreau, Damien Foulard, Francis Vigneron
(Médiathèques du Mans), Stéphane Tison, Pauline
Vallienne, Florimond Givaudan-Bourlès, Florian Laze, Marie Lesage
(Université du Maine), Jean-Charles Frémont (Have
a nice day), Life images.

Augustin
Jacob Landré-Beauvais (1772-1840)
Jean GARRABÉ
Annales médico-psychologiques, 168 (2010); 84-90
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Le Dictionnaire biographique par des membres de la Société
médicopsychologique s'enrichit d'un article sur un disciple
très peu connu de Philippe Pinel (on se reportera à
la page Histoire
de la psychiatrie. Revues françaises. Annales médico-psychologiques
de notre site pour les références des biographies
déjà parues).
Deux remarques :
- à propos de L'éclipse de l'uvre de Landré-Beauvais
(pp.88-89), l'auteur écrit que Jan Goldstein, par choix,
«ne dit rien de Landré-Beauvais», dans son ouvrage
Consoler et classifier (1997), centré sur le «cercle
d'Esquirol», c'est-à-dire les élèves
d'Esquirol. Ce qui n'est pas tout à fait exact, puisque Goldstein
évoque deux fois au moins Landré-Beauvais, comme ayant
repris en 1810 le cours de Pinel à la Salpêtrière
(p.174), et dont Pinel écrit avoir «vu avec plaisir»
que son médecin adjoint a fait de la sémiologie «un
objet particulier de ses recherches» (p.177).
- Quant à l'article cité en référence
[6] à propos des expériences sur le traitement
de l'épilepsie à La Salpêtrière (p.85), intitulé «La Boulepsithérie ou traitement de l'épilepsie par un séjour prolongé dans une étable à vaches» et paru dans Le Journal de Nervure, 2002, 7; 1-2, son auteur n'est pas Denis P. comme l'écrit Garrabé, mais l'auteur de ce site.
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Pratique
& pensée médicales à la Renaissance.
Sous la direction de Jacqueline Vons.
51e Colloque international d'études humanistes, Tours, 2-6 juillet 2007
Collection Medic@ Bibliothèque interuniversitaire de Médecine et d'Odontologie.
Paris, De Boccard éd., 2009; 342 p., ill.
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Ce Colloque s'est tenu au Centre dÉtudes Supérieures
de la Renaissance (CNRS Université François Rabelais
de Tours). L'auteur de ce site y a présenté « Quelques
documents sur la prise en charge des aliénés desprit
à lHôtel-Dieu de Paris à la Renaissance »
(pp.99-110) conservés aux Archives de l'Assistance Publique - Hôpitaux
de Paris et aux Archives Nationales : extraits d'Inventaires et Distributions
et surtout de Comptes du Maître de l'Hôtel-Dieu, de
la Prieuse et du Temporel.
Ces pièces concernent quatre personnes considérées
de leur vivant comme aliénées d'esprit et ayant été
prises en charge à la Domus Dei Parisiensis : deux membres
du convent de l'Hôtel-Dieu, sur Houdée en 1378-1379
et sur Robine Lamberge en 1497-1498 et 1508-1509, Katherine de Neufville
en 1517 et Nicolas Fougart en 1566.
L'enregistrement des conférences est disponible sur la chaîne
des Colloques et des Conférences Canalc2.tv (Production de
l'Université Louis Pasteur, Strasbourg)
Fabuleux hasards. Histoire de la découverte de médicaments
Claude Bohuon et Claude Monneret
Préface de Maurice Tubiana
EDP Sciences, Les Ulis, 2009 ; 139 p.
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« Les chemins qui mènent à la découverte de médicaments ne sont pas tous gravés dans le marbre de la science ou de l'orthodoxie des procédures, loin s'en faut : un fabuleux hasard est souvent intervenu, servi par l'intuition ou l'attention de chercheurs ; l'étude et l'exploitation de ce hasard a donné naissance à la «sérendipité», science initiée par les anglo-saxons.
Cet ouvrage retrace les chemins parcourus pour mener à la découverte d'une trentaine de médicaments qui ont tous en commun ce parcours original.
Il en est ainsi d'histoires illustres comme celles de la découverte de la pénicilline par Fleming ou de l'insuline par Banting et Best mais aussi d'autres moins connues, révélées par l'enquête des auteurs, comme le modafinil (lutte contre le sommeil) ou la cyclosporine (greffe d'organes).
La sérendipité a contribué également au renouveau de larges secteurs thérapeutiques, comme la psychiatrie dans les années 50, lorsque des médicaments comme le Largactil®, le Valium® ou les benzodiazépines ont fait leur apparition, ou la cancérologie, avec le cis-platine, la navelbine ou le taxotère.
Hasard toujours présent dans ce qui a constitué l'un des éléments de la libération de la femme, la découverte de la pilule.
Au-delà de la simple histoire de la découverte de nouveaux médicaments, cet ouvrage met également en exergue la persévérance de certains chercheurs comme Henri Laborit dont le nom est lié à celui du Largactil®, Frank Berger à celui de l'Equanil®, Roland Kuhn à celui de l'imipramine (Tofranil®) et Ernest Fourneau et Auguste-Louis Loubatières à celui des sulfamides antibactériens et hypoglycémiants.
Ces nombreux exemples valorisent le travail des chercheurs qui, parfois au péril de leur vie comme pour Roger Althounyan (antihistaminique) ou John Cade (lithium), ont su faire triompher leurs recherches ; car comme l'affirmait Pasteur, le hasard ne favorise que des esprits préparés...
Claude Bohuon est Professeur émérite des Universités et Président (h) de l'Académie nationale de pharmacie. Claude Monneret est pharmacien et directeur de recherche émérite au CNRS ; il fut président de la Société de chimie thérapeutique et est également membre de l'Académie nationale de pharmacie. » (Présentation de l'éditeur)
Pour ce qui concerne la neuropsychopharmacologie : l'acide valproïque, les benzodiazépines, la chlorpromazine, le gardénal, l'imipramine, l'iproniazide, le lithium, le LSD ou acide lysergique, le méprobamate ou Équanil®.
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DE
LA GILQUINIERE A PERRAY-VAUCLUSE
Patrick Hottot
Les
Amis de l'Histoire de Sainte-Geneviève-de-Bois et ses environs, novembre 2009; 156 p., ill.
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L'histoire de Perray-Vaucluse, de ses origines à nos jours, bien
documentée et très richement illustrée.
Le domaine appartenait à l'origine aux bénédictins
de Saint Germain des Prés. Après avoir été
cédé au XIIIème siècle à Guillaume
du Terme, bailli de Rouen, il prend le nom de fief de la Gilquinière.
Sous Louis XV est édifié le château que l'on peut
voir aujourd'hui. Son propriétaire, François Marchant de
Beaumont, cède la Gilquinière au bailli de Crussol. C'est
alors qu'il fut appelé Vaucluse, le comte de Provence, futur Louis
XVIII en ayant, dit-on, comparé les effets d'eau de la source à
ceux de Fontaine de Vaucluse, en Provence.
Le domaine change de mains à plusieurs reprises avant qu'en 1863,
le préfet de la Seine en fasse l'acquisition pour y ériger
un asile d'aliénés : Vaucluse sera avec Ville-Evrard l'un
des deux premiers asiles "satellites" du département,
l'asile central devant être installé sur l'emplacement de
l'ancienne maison de santé fondée par Anne d'Autriche :
l'Asile Clinique (Sainte-Anne).
A son ouverture le 23 janvier 1869, l'Asile de Vaucluse s'étend
de plus de 125 hectares. Les principaux bâtiments ont été
construits sous la direction de D. Lebouteux, architecte et selon un plan
classique : sur l'axe principal, les services généraux,
la chapelle et la salle des morts, de part et d'autre, symétriquement,
des pavillons de classement reliés par des galeries couvertes,
d'un côté pour les hommes, de l'autre pour les femmes avec
pour chaque sexe un pavillon de cellules pour agités avec service
de bains attenant.
Ces bâtiments sont implantés sur le territoire de la commune
d'Epinay, tandis que la ferme verra le jour sur le territoire de Sainte-Geneviève-des-Bois.
Un cimetière est installé sur une parcelle le long de la
route d'Epinay (la dernière inhumation a lieu en décembre
1965).
Cent quarante ans de l'histoire de l'hôpital, de la vie de ses services
de soins et de ses services généraux sont évoqués
à travers diverses anecdotes et d'un "calendrier évènementiel",
jusqu'à la sectorisation sur Paris et l'implantation de structures
extra-hospitalières dans les arrondissements desservis, puis l'installation
en 2004 des services d'hospitalisation à l'Hôpital Henri
Ey porte de Choisy et le début de reconversion du site historique.

Interné
d'office... Du camp de Beaune-la-Rolande à l'hôpital
psychiatrique de Fleury-les-Aubrais. Les cahiers d'Abraham Zoltobroda
Traduction
du yiddish par Batia Baum
Etudes historiques : Isabelle von Bueltzingsloewen et Benoît
Verny
Editions CERCIL, 2009, 152 pages
|
« Paradoxe de l'histoire, les hôpitaux psychiatriques français,
devenus des mouroirs sous le régime de Vichy, ont aussi abrité
des victimes des persécutions nazies. Abraham Zoltobroda est de
ceux-là.
Arrêté et interné au camp d'internement de Beaune-la-Rolande
(Loiret), cet homme, juif polonais réfugié en France, relate
sur des cahiers d'écolier son combat acharné pour rester
« dans la maison des fous », à Fleury-les-Aubrais.
Grâce à cette stratégie de survie, il échappera
au sort des milliers de Juifs (plus de 16.000) qui après avoir
été internés dans les camps du Loiret, furent dans
leur très grande majorité déportés et exterminés
à Auschwitz Birkenau.
Son récit, ceux de sa femme et de son fils Camille, les documents
d'archives publiques et privées, tous inédits, sont publiés
dans ce livre. Des analyses historiques, sur l'internement des Juifs dans
le camp de Beaune-la-Rolande, les conditions d'internement dans les hôpitaux
psychiatriques pendant la seconde guerre mondiale, accompagnent ces précieux
documents. » (présentation de l'éditeur)

Je
t'aime ma fille, je t'abandonne
Ariéla
PALACZ
2009, Éditions Elkana (Jérusalem
Paris) - Préface de Boris Cyrulnik
|
«Ça alors ! s'exclame Boris Cyrulnik, je pensais lire
l'autobiographie dAriela Palacz et je découvre avec
stupéfaction que cest la mienne qu'elle a écrite
!
Tels sont les premiers mots de la préface du livre dAriela.
Car comme Cyrulnik, Ariela a été abandonnée
à l'Assistance Publique à l'âge de huit ans,
afin de la sauver de ceux, nazis ou complices, qui appliquaient
la « solution finale » en France.
La famille dAriela, juive polonaise typique, chaleureuse et
pleine d'amour pour ses enfants, s'est installée dans le
pays des droits de l'homme pour fuir la misère et les pogroms.
Ariela naît à Paris, et c'est là qu'en 1942
elle et ses petits frères sont abandonnés par leur
père, qui pense avoir trouvé le seul moyen de les
sauver.
Ariela passe les années décisives de son enfance à
la campagne dans une famille adoptive, à dissimuler sa véritable
identité. En 1945, en retrouvant un père devenu presque
un étranger, elle découvre la mort de sa mère,
« protégée » elle aussi par une institution,
et de la plus grande partie de sa famille.
Elle nous expose avec une franchise et une conscience étonnantes
ce qu'il lui a fallu de souffrance et de désespoir pour partir
à la recherche et recoller les morceaux épars de son
identité brisée.
Comme le spécialiste de la résilience le souligne,
cest là un autre point qu'ils ont en commun dans ce
témoignage à la fois lucide et émouvant. Et
il conclut par ces mots : « J'ai admiré lauthenticité
dAriela Palacz, son style élégant, la clarté
de ses idées : jamais je n'oserais être aussi honnête
qu'elle. Voilà enfin, une petite différence ! »
Le récit dAriela n'a pas été écrit
d'une traite, bien au contraire, on sent comme elle se l'arrache
à elle-même, lettre par lettre, mot par mot, ligne
par ligne. Entrecoupé d'intermèdes du temps de l'écriture
elle-même, elle nous plonge dans ses hésitations, ses
résistances à retourner en arrière, son refus
à tout raconter qu'elle a décidé d'ignorer,
sa douleur à revivre l'abandon, sa solitude d'enfant, son
terrible et insoutenable manque d'amour. Ariela vit aujourdhui
à Jérusalem, où elle témoigne de son
histoire et de son identité retrouvée.
En postface, le Dr Michel Caire nous livre le rapport oublié
des 40 000 malades mentaux morts par carence pendant la guerre en
France. Parmi eux, la mère d'Ariela Palacz.»
(présentation de l'éditeur)
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Histoire
de la folie
De
l'Antiquité à nos jours
Claude
Quétel
Paris, Tallandier éd., 2009; 624 p.
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« Aussitôt qu'est évoquée la folie dans
une perspective historique, le nom de Michel Foucault revient, tel
un repère inamovible, un horizon indépassable.
L'ouvrage Folie et déraison semble avoir définitivement
clos ce chapitre des sciences sociales et inhibé toute tentative
d'écriture sur l'histoire de la folie.
Pourtant, il est possible de considérer la folie autrement
qu'à travers le prisme foucaldien. Voilà clairement
ce que propose Claude Quétel avec cette Histoire de la Folie,
qui tente de rétablir quelques perspectives absentes des
travaux foucaldiens.
De l'Antiquité à nos jours, d'Hippocrate, Platon et
Aristote à Foucault, Deleuze et Guattari, Claude Quétel
propose une histoire de la folie.»
(présentation de l'éditeur)
Voir
aussi l'entretien de Claude Quétel intitulé
:
« On
a toujours peur du grand méchant fou ! »
publié sur le site de scienceshumaines.com
(propos recueillis par Jean-François Marmion), où
l'auteur prend le contrepied de Michel Foucault, «doctrinaire
et de mauvaise foi», et tire un bilan extrêmement
critique de la psychiatrie : «Quand on compte, comme
moi, les coûts et les coups de la psychiatrie, le bilan
est d'ailleurs extrêmement négatif. Toutes les
sciences avancent, sauf celle-ci. Mon livre en est une condamnation
sans appel».
Si l'on savait que «Claude Quetel a clairement une dent
contre son prédécesseur» (voir l'article
de Jean-François Marmion sur le même site),
ainsi que contre les psychanalystes, l'on découvre
qu'il en a également une contre la psychiatrie...
Pour comprendre la genèse de l'ouvrage de Quétel,
on pourra lire l'entretien publié sur le site de idée@jour,
et intitulé : Est-il
permis de critiquer (en France) Michel Foucault ?
L'ouvrage était donc en gestation depuis un certain
colloque de 1991, tandis que Quétel consacrait ses
recherches à la Seconde Guerre Mondiale.
Il semble que ce soit une des raisons des lacunes bibliographiques
: parmi d'autres travaux publiés depuis une vingtaine
d'années sur l'histoire de la psychiatrie en langue
française, n'apparaissent pas ceux de Jean-Marie Fritz
1992, Evelyne Pewzner 1995, Dora B. Weiner 1999, l'ouvrage
de Pierre Morel, Jean-Pierre Bourgeron et Elisabeth Roudinesco
2000, ceux de Jackie Pigeaud 2001 et Jean-Noël Missa
2006, les actes du 6e Congrès de l'AEHP 2009...
Quant au livre de Jan Goldstein 1987, traduit en 1997, il
n'est cité qu'une fois, ou, pourrait-on dire, est exécuté,
en 8 lignes, page 520.
Cependant, l'ouvrage de Quétel est riche et fort bien
écrit, et son auteur fait montre d'une grande érudition,
et du même esprit, volontiers anticonformiste, que dans
ses publications précédentes.
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Extrait
du dialogue de l'auteur avec Patrice Gélinet sur France
Inter le 3 septembre 2009, dans l'émission "2000
ans dhistoire" intitulée « Histoire
de la folie », où le journaliste montre une grande insistance
à faire valoir la thèse foucaldienne de l'indifférenciation,
du mélange des différentes populations reçues
à l'Hôpital Général de 1656, insistance
qui semble trahir une certaine déception devant la réponse
de l'historien, qui met à mal ce qui lui paraissait une certitude
:
(9:35)
Patrice Gélinet « Le fou inspire aussi
au moyen âge la compassion, la charité chrétienne
puisque on le retrouve dans des hôpitaux, à lHôtel-Dieu
par exemple, saint Vincent de Paul par exemple soignait, enfin
soignait, ou en tout cas recueillait les fous. On les mélangeait
dailleurs à lépoque avec toutes
sortes de gens, les indigents, les pauvres
Claude Quétel « Alors : on les mélangeait,
oui et non, alors effectivement là on retrouve pour
le coup les fous, les malades, et, le moyen âge, là,
cétait tout à fait important de le rappeler,
nest pas aussi obscurantiste quon a pu le dire
ou le croire, et le moyen âge, dans la mesure où
il a un devoir dans une société très
chrétienne de charité, se penche sur les malheureux
et parmi ces malheureux et parmi ces malheureux, effectivement
les fous, mais les fous, qui ne sont pas très nombreux,
par contre on ne les mélange pas, pour plusieurs raisons
: dabord parce que ce sont des malades, et il ny
a pas de raison de les mélanger avec par exemple des
mendiants plus ou moins délinquants, et puis ensuite
parce que les fous sont souvent assez remuants, ils crient,
ils gesticulent, ils renversent tout et donc, il faut les
isoler, donc très très rapidement, même
dans les hospices de Vincent, eh bien il y a tout de même
une ségrégation pour les fous.
Patrice Gélinet « Alors des hôpitaux
qui deviennent, des hospices qui deviennent de véritables
prisons lorsque sous Louis XIV en 1656 est créé
ce quon a appelé lHôpital Général
où dailleurs on ne faisait pas la différence
entre le fou, le mendiant, le voleur et le pauvre
« Jvous ai fait venir pour vous annoncer une
bonne nouvelle, soyez heureux vous qui leur avez consacré
votre vie, dans deux jours il ny aura plus un pauvre
à Paris, Monsieur Vincent !
- Comment cela, Monsieur ?
- Cest tout simple, mon cher, jles arrête,
jai des locaux : la Pitié, le Refuge, la Savonnerie,
Bicêtre, la Salpêtrière, jles y entasse.
Voulez-vous vous charger de la direction de lHôpital
Général que je fonde ?
- Monsieur, les pauvres sont des hommes, que faites-vous de
leur liberté ?
- La liberté de quoi, Monsieur ? dimportuner
tout le monde dans la rue ? de crever de faim ? jles
nourris, jles abrite, quest-ce quils veulent
de plus ?
- Les bâtiments sont délabrés, tout est
à refaire, lhôpital des malades, la pharmacie,
la salle daccueil des pauvres où on nourrit et
les chauffe le jour, et les pauvres déments
(Monsieur Vincent, film de Maurice Cloche, 1947, avec Pierre
Fresnay dans le rôle de Vincent)
Patrice Gélinet « Eh oui, les pauvres
déments, on loublie un petit peu mais là
encore, y compris dans ces Hôpitaux Généraux,
eh bien on fait pas très bien la distinction, même
si dans le cas de ces grands hôpitaux, la Salpêtrière
ou Bicêtre, eh bien, on, on, on trouve des pauvres,
on trouve des voleurs, on trouve des fous également,
tout ça est mêlé comme si on ne distinguait
pas le fou du mendiant ou de voleur.
Claude Quétel « Oui
lHôpital
Général, nest pas du tout lhôpital
au sens moderne du mot
Patrice Gélinet « une prison
Claude Quétel « Cest un lieu denfermement,
on parle souvent de lEdit de 1656, mais
mais la
tentative sans cesse avortée denfermer, non pas
des fous, mais des mendiants valides qui encombrent les rues
de la capitale et des villes en général, remonte
à François 1er, il y a peut-être je dirai,
20, 25 édits denfermement successifs de François
1er jusquà Louis XVI.
Patrice Gélinet « Oui, mais que viennent
faire les fous là-dedans ?
Claude Quétel « Alors un petit peu cest
quand on secoue un panier, il finissent par rester au fond,
alors que, au bout dun certain temps les mendiants valides,
quest ce quils font, ils séchappent,
parce que le lieu denfermement, ça nest
pas, ça nest pas Fleury-Mérogis, hein,
lHôpital Général
Patrice Gélinet « Cest pourtant
ce que dit Foucault, une petite parenthèse, quand il
écrit son Histoire de la folie à lâge
classique, cest de cette époque quil parle
et de lenfermement des fous
Claude Quétel « Alors là je ne
sais pas si on va commencer à parler de Michel Foucault,
mais ça ne fonctionne pas son
Patrice Gélinet « mais vous nen
dites pas que du bien
Claude Quétel « Non parce que ce schéma
là ne fonctionne pas, lEdit de 1656 est un édit
parmi dautres et on ne vise pas les fous, on vise les
mendiants valides mais, au bout dun certain temps, quand
je dis au bout dun certain temps, cest au bout
de deux siècles, pas au bout de trois semaines, qui
est-ce qui va rester dans lHôpital Général
? Pas du tout ceux qui étaient visés par lEdit,
il va rester : les aveugles, les estropiés, les vieillards
et, des fous, les épileptiques parce que les épileptiques
dès lAntiquité ne sont pas du tout considérés
comme des fous, cest encore une catégorie médicale
à part, et donc ces malheureux-là, eux, ils
ne peuvent pas soit ressortir, parce quil ny a
plus dargent pour continuer à les enfermer, soit
parce quils nont pas envie de rester plus longtemps
et puis quils sen vont pratiquement, je dirai,
même pas en sévadant, en sortant par, par
peut-être la porte de derrière, et donc les fous
finissent par rester et ces fous qui restent vont finir par
effectivement poser un problème, mais un problème
médical.
Patrice Gélinet « Mmm
mais quand
ils restent, il faut quils soient rentrés, qui
est-ce qui décide de linternement dun fou
dans un Hôpital Général, Claude Quétel
?
Claude Quétel « Alors
cest
compliqué lAncien Régime
en fait
il y a plusieurs systèmes, cest-à-dire
que, ou, en fait on ne décide pas de linternement
dun fou à lHôpital Général,
lHôpital Général enferme, enferme,
encore une fois parfois plus au sens de lAssistance
que de la Répression, hein, quand on a à faire
à une petite orpheline qui est dans les rues qui a
besoin dêtre nourrie, à mon avis, elle
est au moins autant assistée quenfermée,
donc là on nenferme pas, on finit
Mais par contre, on interne à la demande des familles
par lettre de cachet, mais dans dautres établissements
qui sont les maisons de force et les maisons de force, ça
na rien à voir avec lHôpital Général,
il faut payer une pension
Patrice Gélinet « Hmmm
cest
la justice en fait qui décide si quelquun est
fou ou non ?
Claude Quétel « Est-ce que la lettre de
cachet est la justice
?
Patrice Gélinet « Cest ce que vous
dites, en tout cas, mais enfin pas la lettre de cachet, mais
cest une décision de justice qui décide
de faire rentrer quelquun dans une maison de force ?
Claude Quétel « Cest une décision
administrative
Patrice Gélinet « Oui
Claude Quétel « cest-à-dire
que, on est dans une logique qui nest pas du tout la
logique actuelle, cest le Roi, et le Roi, du Roi vient
toute justice, tout pouvoir, et donc lAdministration
royale examine les demandes des familles, fait des enquêtes
souvent très très soignées, et celui
qui a demandé linternement pour quelquun
et puis qui a menti, il est, il est puni très très
sévèrement, parce quil na pas donné
les bonnes informations, et ensuite effectivement une lettre
de cachet est décernée, ce nest pas de
la Justice
Patrice Gélinet « En tout cas on ne se
préoccupe pas trop du fou, limportant cest
de le mettre à lécart de la société,
on ne sinterroge même plus dailleurs sur
les raisons de sa folie, sur son diagnostic, quon nétablit
pas, jusquà ce quau XVIIème siècle,
on commence à nouveau à se poser des questions
sur la folie, et là cest la philosophie qui intervient,
ou la littérature, vous citez Descartes, vous citez
Voltaire qui écrivait dans son Dictionnaire Philosophique
: « Un fou est un malade dont le cerveau pâtit,
comme le gouteux est un malade qui souffre aux pieds et aux
mains », et là, linterprétation
démoniaque de la folie disparaît, on commence
à prendre sérieusement la chose en main, et
cest la science qui est chargée de répondre
à la question que lon se pose, justement, sur
la folie.
Claude Quétel « Oui tout à fait,
mais cette médicalisation de la folie nest pas
nouvelle, elle a toujours existé, par contre il va
y avoir tout un travail théorique sur la folie, le
mot "la folie"
sur les folies, sur les types
de folie
Patrice Gélinet « Mais est-ce quon
les distingue déjà, à ce moment-là
?
Claude Quétel « Ah oui, complètement.
Vous savez, selon que vous êtes
Patrice Gélinet « Est-ce quon parle
de, de névroses, de psychoses, de,...?
Claude Quétel « Ah non, pas de névroses
ni de psychoses, mais on a tout de même les grandes
catégories qui sont en place dès lAntiquité,
et je ne cesse dy insister parce que cest tellement
vrai, cest tellement peu admis que je crois que jai
raison dy insister, mais, selon que vous êtes,
mais peut-être que cette appropriation ne va pas vous
convenir, mais enfin, que vous êtes maniaque ou que
vous êtes mélancolique, que vous êtes phrénétique,
ça nest pas le même type de folie, alors
on dirait aujourdhui selon que vous êtes déprimé
ou agité par exemple, bon, ce sont les types de folie
très très différents et qui ont été
perçus 1000, 2000 ans avant Jésus-Christ.
Patrice Gélinet « En tout cas, le fou
est cette fois-ci considéré comme un malade
et un malade auquel il sagit désormais de porter
des soins, comme ceux quapportait un médecin
anglais au roi dAngleterre Georges II qui était
fou
(17:35
18:45 : sur le docteur Willis)
Patrice Gélinet « Et nous sommes à
la fin du XVIIIème siècle, le fou est enfin,
avec tout ce que cela suppose, hein, bien sûr, est entrain,
devient un malade, devient quelquun que lon soigne,
mais alors avec des moyens que vous citez, que vous appelez
le baroque thérapeutique, cest-à-dire
on emploie encore les méthodes quemployaient
déjà, quon employait sous les Grecs ou
au moyen âge quon appelle les évacuants,
hein je crois, pour chasser les humeurs, mais alors il y a
toute une panoplie dinstruments de torture qui commencent
à apparaître au XIXe siècle, et qui font
peur
Claude Quétel « Oui, le problème
cest que, on a toujours essayé de soigner les
fous, mais on na jamais réussi à les guérir,
donc les, les médications sajoutent les unes
aux autres, et on finit par en avoir un catalogue extraordinaire,
on a tout essayé, on a tout essayé, la médecine
physique, les évacuants, les purgatifs, les vésicatoires,
mais aussi on évoquait tout à lheure la
folie du roi Georges qui va faire avancer beaucoup la future
histoire de la psychiatrie, et les Anglais ont été
très troublés
Patrice Gélinet « ont été
très en avance, il y a eu un docteur Willis, pas le
même mais au XVIIe siècle, qui a été
le premier
Claude Quétel « oui, Thomas, et là,
il y a une réflexion sur ce quon va appeler le
traitement moral, les inventeurs du traitement moral qui va
amener Pinel
Patrice Gélinet « la psychiatrie
Claude Quétel « et qui va amener la psychiatrie,
ce sont les Anglais, cest un courant philanthropique
qui se penche sur la folie alors dabord qui se penche
avec commisération, mais qui ensuite interroge la folie
dun point de vue scientifique, cest-à-dire
comment est-ce quon peut accéder au fou et à
sa maladie, pour tenter de la guérir, et donc là
on nest plus dans le baroque thérapeutique, mais
dans le baroque thérapeutique il y a un tas de choses
extraordinaires, y compris le fameux piano à chats,
où il y avait des aiguilles qui appuyaient sur les
queues des chats et on faisait une musique en les faisant
miauler avec des registres différents, bon, il y a
des choses absolument, bon, vous savez, pourquoi pas des médecines
folles pour soigner la folie...
(20:40)
|
-
On croit comprendre à la lecture de cette transcription que,
pour Quétel, l'admission des fous à l'Hôpital
Général a lieu sans formalité légale,
tandis que l'internement en maison de force ne peut s'effectuer
que par lettre de cachet. Deux propositions erronées.
- Par ailleurs, Quétel rejoint, voire reprend l'idée
de Michel Foucault sur la "sédimentation" des fous
à l'Hôpital Général :"cest
un peu comme « quand on secoue un panier, (les fous) finissent
par rester au fond », tandis que les autres reclus (mendiants)
finissent par ressortir. Une idée intéressante, qui aurait toutefois à être documentée.
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Arthaud de Lyon, aliéniste missionnaire
Frédéric Scheider
Préface de Jacques Hochmann.
Paris, Glyphe éd., coll. «Société, histoire et médecine», 2009; 338 p.
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« Joseph
Arthaud (1813-1883), issu dune famille catholique lyonnaise,
consacre sa thèse de médecine à lanatomopathologie
de laliénation mentale, à une époque
où laliénisme est une discipline naissante.
Médecin-chef du quartier des aliénés à
lhospice de lAntiquaille à Lyon, il ouvre lasile
du Vinatier en 1877. La même année, il est nommé
professeur de psychiatrie à la Faculté de médecine
de Lyon. Élève de labbé Noirot et compagnon
du catholique social Frédéric Ozanam, soucieux de
concilier science et foi, il milite pendant trente ans à
la société Saint-Vincent-de-Paul et à la Propagation
de la Foi.
Dualiste comme Descartes, Joseph Arthaud est un homme du premier
seuil de laïcité. Il sera le bouc émissaire des
Républicains lors du mouvement anticlérical des années
1870 qui accompagne linstitution de lécole de
Jules Ferry et la laïcisation des hôpitaux. »
(présentation de l'éditeur)
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La
mortalité des malades mentaux hospitalisés en
France pendant la deuxième guerre mondiale : étude
démographique
Mortality of psychiatric inpatients in France during World
War II: A demographic study
François Chapireau
Institut national détudes démographiques,
Paris, France
L'Encéphale,
Volume 35, n° 2; 121-128 (avril 2009)
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Résumé
Pendant la deuxième guerre mondiale, les malades mentaux
hospitalisés ont souffert plus durement que la population
générale de la surmortalité liée aux
restrictions alimentaires et à la recrudescence de la tuberculose.
Cette question fait lobjet de polémiques vives et anciennes.
En 2007, la question trouve un regain dactualité avec
la parution de louvrage de Mme von Bueltzingsloewen.
Létude démographique conduite pour la première
fois à partir des données publiées donne les
résultats par sexe, âge, diagnostic et catégorie
détablissement. Les taux de mortalité et les
ratios standardisés de mortalité sont calculés.
Débutant dès 1939, la hausse de la mortalité
est massive en 1940 et 1941. En 1941, près dun homme
sur trois et près dune femme sur cinq sont décédés.
À la suite de la circulaire ministérielle du 4 décembre
1942, la mortalité baisse notablement en 1943 et reste stable
en 1944, sans revenir au niveau constaté avant la guerre,
qui nest atteint à nouveau quen 1946, après
une nouvelle baisse en 1945. Enfin, la comparaison avec les personnes
hébergées dans les hospices suggère lexistence
dune surmortalité plus grave dans les établissements
psychiatriques, même si dautres populations vulnérables
ont elles aussi subi les effets redoutables de la famine.
Au total, le nombre de personnes frappées par la surmortalité
dans les établissements psychiatriques peut être estimé
à environ 45 500.
Lampleur de ce drame résulte des restrictions liées
à la guerre, mais aussi de la précarité préexistante
de lhygiène, de lalimentation et de lencadrement
par le personnel dans les établissements psychiatriques.
Summary
Introduction -
In France, World War II lasted from 1939 to 1945. Under-nourishment
was a national problem, and was more severe in mental hospitals.
The mortality of psychiatric inpatients in France during World War
II has long been a controversial issue in the country.
Literature findings -
Some authors wrote of the soft extermination of 40 000
mental patients, although this has been proven false. The historical
study published in 2007 by Isabelle von Bueltzingsloewen provides
in-depth description and analysis of starvation due to food restrictions
in French mental hospitals. Although the French official statistic
services published detailed data, no demographic study has been
published so far. Such studies have been conducted in Norway and
in Finland. The influence of a period of under-nourishment
upon mortality in mental hospitals can rarely be seen with a clarity
equal to that in this work. The strict rationing was the same for
everybody, but, extra muros, there was private initiative and ingenuity
to help in alleviating the distress. Naturally, patients in institution
had no ability to act on their own. The immense increase during
the period of war from 1941 to 1945 appeared both as an increase
in the exact death-risk and as an increase in the disproportion
with normal mortality. The men reacted more strongly than women;
which is readily comprehensible on physiological grounds, as the
rations were virtually the same for all. Excess mortality
continued after the war. Even though under-nourishment had ceased,
death rates from tuberculosis remained high the following year.
Both papers state that the poor hygiene and bad living conditions
existing in mental hospitals before the war worsened the effects
of food restrictions.
Demographic data -
French
data were published by the General Statistics of France (SGF) that
became the National Institute of Statistics and Economic Studies
(Insee) in 1946. A series of datasets were published each year according
to sex, diagnosis and type of psychiatric institution. In 1943,
the outdated diagnostic classification was replaced by a more modern
one, with reference to ICD. The same year, the age groups also changed
(instead of 3544, it became 3039). Publication of data
by type of institution was discontinued in 1943; from 1945 to 1948,
the only available data concerned patients in hospital on 31st December,
by age, sex and diagnosis. General population data were published
by the National Institute of Demographic Studies (INED). The data
referring to civilian population during the war are provided by
the Human Mortality Database. This study covers number of people
in hospital, mortality rates by sex, age, diagnosis and type of
institution, and standardised mortality ratios. These refer to the
civilian population which is more relevant since mental patients
would not have been allowed to join the armed forces, even if they
had not been in hospital. Finally, mortality trends in mental hospitals
are compared with those in hospices for old, disabled or incurable
people, in order to ascertain whether all vulnerable populations
in institutions suffered to the same extent. The results show that
the number of inpatients in 1945 was about half the total recorded
in 1940, due to fewer admissions and to a large increase in the
number of deaths. However, the number of discharges increased in
1940, even though the number of admissions had begun to slow down:
many patients were sent to places offering better food and hygiene.
The number of deaths began to rise as from 1939. Mortality rates
were high in 1940 and especially in 1941, when almost one man in
three and more than one woman in five died. Global rates did not
change in 1942. In December that year, a government order stated
that mental patients should receive more food. Mortality rates went
down in 1943 and 1944, but rates did not return to the prewar values
until 1946. In 1939, mortality rates are high but only among patients
of 70 years of age or more. In 1940, they were highest above 55;
in 1941, rates between ages 15 and 54 were double those of the preceding
year. Thus, even though excess mortality affected all ages, its
strongest effects were felt from the older patients to the younger
ones from 1939 to 1941. Trends according to diagnosis are difficult
to interpret because of the change of classification in 1943. The
patients suffered greatest hardship in public hospitals, which had
no budget of their own and were run by the departements and lowest
in private hospitals contributing to the public service, most of
which were congregational and received religious funding. In 1941,
standardised mortality ratios were more than three times higher
than they were before the war.
Conclusion -
Comparison with people living in hospices shows that during the
war mortality rates were 50% higher in these institutions, while
they almost tripled in mental hospitals. The number of people who
died of starvation and infectious diseases in mental hospitals from
1939 to 1945 can be estimated at about 45,500. However, mental patients
were made specially vulnerable by circumstances that existed before
the war in mental hospitals, in terms of food, hygiene and staffing,
as suggested by an official document quoted in the paper.
Mots clés : Mortalité, Malades mentaux, Deuxième
guerre mondiale, Établissements psychiatriques, Famine
Keywords : Mortality, Mental patients, World War II, Mental
hospitals, Starvation
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De l'asile de la Demi-Lune
aux Hôpitaux de Lannemezan (1938-2008)
Un, Deux... Quatre Éditions; 203-5 p., ill. |
« Créé en 1938 en tant qu'hôpital départemental pour malades mentaux, l'Hôpital Psychiatrique de Lannemezan ou, comme il est dit de manière locale « la Demi-Lune », a évolué au cours de ces 70 années. Il est devenu depuis 1991 « Les Hôpitaux de Lannemezan ».
Pour répondre aux besoins de santé généraliste et spécifique d'une population de proximité, l'offre de soins s'est diversifiée.
Comment s'est opérée cette évolution ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir à travers ces textes, images, photos... qui, au fil des ans, vous conduiront de l'offre de soins centrée à l'origine sur la psychiatrie pour s'ouvrir ensuite aux soins plus somatiques avec le Centre Médico-Chirurgical, puis aux soins spécialisés pour les personnes âgées (ex : Unité de Soins de Longue Durée) et pour les handicapés avec la création récente de structures médico-sociales (ex : Maison d'Accueil Spécialisée, Foyer d'Accueil Médicalisé).
Demain, parions-le, on ne parlera plus de la « Demi-Lune » comme le lieu où l'on prend en charge le malade mental mais comme un lieu de soins pluridisciplinaires et diversifiés tout simplement. » (présentation de l'ouvrage)
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Les hôpitaux dans la guerre
Ed. Le Cherche Midi, 2008 ; 256 p., ill. |
«De la Première Guerre mondiale à la guerre d'Indochine, les hôpitaux et leurs personnels soignants se sont retrouvés au cœur des conflits.
Sur le front comme à l'arrière, les médecins et les infirmiers ont prodigué des soins d'urgence et porté secours aux réfugiés, tout en faisant face à la pénurie, au manque de personnel et aux bombardements qui n'épargnaient pas les hôpitaux.
Des historiens, des écrivains et des médecins nous racontent ce formidable engagement des professionnels de santé et des bénévoles, qu'illustrent de nombreuses photographies et documents d'époque.
Au fil des récits, des témoignages et des portraits, c'est toute l'histoire du dévouement et de l'héroïsme du corps médical qui nous est révélée. Une histoire faite de tragédies mais aussi d'espérance. » (présentation de l'ouvrage)
Sommaire :
I- Les hôpitaux dans la tourmente
- Les hôpitaux en guerre, un quotidien bouleversé
- Les hôpitaux, lieux de tragédie
II- L’engagement du personnel hospitalier en temps de guerre
- le personnel au cœur de la solidarité hospitalière
- Héroïsme et Résistance à l’hôpital
III- L’évolution des services, des techniques et des soins sous l’influence de la guerre
- Guérir les ravages de la guerre
- Soigner dans l’urgence : l’hôpital, formation militaire de campagne
Parmi d’autres contributions :
- « L’hôpital psychiatrique d’Armentières sous les feux des deux guerres mondiales », par Alain Fernagut (pp.26-31)
- « La vulnérabilité des malades mentaux en temps de guerre : l’exemple de l’hôpital psychiatrique de Bassens en Savoie », par Patricia S. Legg (pp.54-58)
- « Les visages martyrs de l’hôpital Sainte-Anne : portraits d’hommes et de femmes, résistants et déportés », par le docteur François Caroli (pp.132-136)
- « Les hôpitaux des armées face à la psychonévrose de guerre du combattant de 1914-1918 », par le médecin-général (CR) Louis Crocq (pp.174-177)
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Hôpitaux d'hier et d'aujourd'hui.
Les hôpitaux psychiatriques et centres hospitaliers universitaires que j'ai connus
Jacques-Paul BOREL
Frison-Roche, 2008 ; 186-4 p., ill. |
« L'auteur, ancien professeur de Faculté de Médecine, a passé la plus grande partie de sa vie dans des hôpitaux très divers.
La qualité de médecin des hôpitaux psychiatriques de son père lui a valu de résider longtemps dans ce type d'établissements.
Il décrit l'atmosphère haute en couleurs d'un «asile» d'avant-guerre (1936-1939) situé en Charente. Il a vécu ensuite les années d'occupation successivement dans deux hôpitaux, l'un en Dordogne, l'autre dans les Hautes-Pyrénées (1941-1945) et décrit les scènes ordinaires de famine dont les malades étaient victimes et les opérations des maquis et des troupes étrangères pendant ces années douloureuses.
Devenu médecin à son tour, il a assisté à l'éclosion d'un Centre Hospitalier et Universitaire moderne, à Reims (1963-1996), témoin de toutes les difficultés et luttes qui ont suivi la révolution médicale introduite par les réformes Debré de 1958.
C'est par l'histoire que l'on comprend mieux le présent et en nous livrant ses souvenirs, l'auteur nous permet de mieux comprendre comment vit notre système hospitalo-universitaire et pourquoi il doit encore évoluer. » (présentation de l'ouvrage)
|

Psychiatries
dans l'histoire
Actes
du 6e congrès de lAssociation Européenne
pour lHistoire de la Psychiatrie publiés sous
la direction de Jacques Arveiller. Collection Symposia. Presses
Universitaires de Caen, 2008, 478 p.
|
Ce
volume, rassemblant des contributions au 6e congrès de lAssociation
européenne pour lhistoire de la psychiatrie (Paris,
septembre 2005), aborde de façon très variée
comment la psychopathologie et la psychiatrie se sont incarnées
et déployées dans diverses périodes de lhistoire,
de lAntiquité à la période contemporaine,
et dans des zones géographiques elles aussi variées
(les pays dEurope, mais aussi ceux dAmérique
du Nord et du Sud).
On y insiste sur les échanges et influences entre ces pays
et ces zones, tant sur le plan des théories que sur celui
des pratiques.
Ces contributions se regroupent autour de grandes thématiques
concernant la psychiatrie (cliniques et psychopathologies, psychiatrie
de lenfant, psychanalyse et psychiatrie, institutions psychiatriques,
thérapeutiques psychiatriques, psychiatrie légale
et écritures de la psychiatrie).
Sommaire
Jacques
Arveiller : Présentation
Dora
B. Weiner : La psychiatrie arrive en Amérique :
une perspective globale.
Jean
Garrabé : Don Quijote et l'Éloge de la
folie
Jean-Pierre
Luauté : Christophe Colomb : lhomme
qui prit des lamantins pour des sirènes
Juan
Carlos Stagnaro : La réception des idées
de la clinique psychiatrique française à Buenos
Aires dans la seconde moitié du 19e siècle.
David
D. Lee : On the translation and import of Wilhelm Wundts
Memoirs, Erlebtes und Erkanntes (1920)
Emmanuel
Delille : Un voyage dobservation des psychothérapies
aux États-Unis : Henri Ellenberger entre psychiatrie
transculturelle et héritage janetien (1952)
Eduardo
Luis Mahieu : Maladie sacrée, maladie unique :
Hippocrate neuropsychiatre
Eduardo
Tomas Mahieu : Diego Alcorta : dissertation sur
la manie
aiguë ?
Norberto
Aldo Conti : La « Psychologie sociale »
de Carlos Octavio Bunge et sa théorie de la subconsciencesubvolonté.
Sophie
De Mijolla-Mellor : Extase et Délire
Huub
Engels : Understanding the Glossolalia of Hélène
Smith, the Famous Spiritist Medium.
Michel
De Boucaud : Les courants psychopathologiques et psychiatriques
et lanthropologie spiritualiste au milieu du 20e siècle
Nicolas
Gougoulis : Freud et la psychiatrie, essai de théorisation
épistémologique
Catherine
Fussinger : Psychiatres et psychanalystes dans les années
1950. Tentations, tentatives et compromis : le cas suisse.
Cristina
L. Núñez Ronchi : La psychanalyse et ses
textes cliniques.
Alain
De Mijolla : Quelques remarques historico-critiques sur
des écrits innommables
Michel
Caire : Répression et traitements baroques des
aliénés au 19e siècle : les aquarelles
de Sainte-Anne
Frédéric
Scheider : Le traitement du crétinisme, entre
science et idéologie
Thérèse
Lempérière et Roger Ropert : La Révolution
neuroleptique, le congrès de 1955
Vassilis
Kapsambelis : Neuroleptiques et parkinsonisme. Une conviction
scientifique erronée et ses vraies implications psychopathologiques
Jerzy
Aleksandrowicz et Jerzy Sobanski : Histoire de la psychothérapie
en Pologne
François
Pommier : Traitement moral, exclusion et temporalité :
psychiatrie, psychanalyse et santé du bien-portant.
Sergio
Javier Villaseñor Bayardo et Angelica Jazmín
Albarrán Ledezma : Notes sur lhistoire de
la psychiatrie dans lÉtat mexicain de Jalisco
Nicolas
Henckes : Réformer et soigner. Lémergence
de la psychothérapie institutionnelle en France, 1944-1955
Vincent
Guérin : Lévolution des rapports
hommesfemmes (Sainte-Gemmes-sur-Loire, 1950-1970)
Mario
Colucci : Le « moment heureux »
de la psychiatrie italienne
Pierangelo
Di Vittorio : Oublier lantipsychiatrie ?
Thierry
Gineste : Naissance de la pédopsychiatrie, de
la prétention de Pinel aux interrogations dItard
Andréa
Máris Campos-Guerra : Lhistoire de lassistance
psychiatrique infantile au Brésil
Marc
G. Schweitzer et Nicole Puig-Vergès : De Georges
Heuyer à Daniel Lagache : La délinquance
des mineurs entre sociogénèse et psychogénèse
Vincent
Benoist : La schizophrénie chez lenfant
en 1953 : les apports de Rosine Lefort et Jacques Lacan
Laurent
Turcot : Arrestation et encadrement du fou au 18e siècle
par la police parisienne
Rafaël
Huertas : Sur les origines de la psychiatrie légale
en Espagne
Marc
Renneville : La psychiatrie légale dans le projet
de réforme du Code pénal français (1930-1938)
Benoît
Eyraud : Prise en charge thérapeutique et protection
des intérêts civils : des institutions aux
enjeux imbriqués
Angelos
Caracalos et Dimitris Ploumpidis : Processus psychopathologique
et écriture. Lécrivain grec Mikhaïl
Mitsakis (1865-1916) et ses poèmes en français
Pierre
Chenivesse : Grand Guignol et aliénisme
Jean-Gérald
Veyrat : Deux pionniers de la sexologie : John Harvey
Kellog et Magnus Hirschfeld
|
Parmi
les contributions figure celle de l'auteur de ce site, pp.211-221
:
Les
Aquarelles de Sainte-Anne
Docteur
Michel Caire
La
bibliothèque Henri Ey du Centre Hospitalier Sainte-Anne (Paris)
présente dans sa salle de lecture dix peintures figurant
de curieux moyens de contrainte et quelques méthodes de traitement
baroques : bains de surprise, machines rotatoires, roue creuse,
chaînes et fers, casaque, lit et horloge de force, boite en
osier. L'auteur en propose la présentation, assortie de commentaires
sur la réalité de leur usage, les dates et quelques
établissements européens où ils ont été
employés. Les photographies de ces aquarelles sont visibles
sur
le site personnel de l'auteur.
The Henri Ey library of Sainte-Anne (Paris) houses, in the reading
room, ten paintings which illustrate various strange restraint devices
and some weird methods of treatment : baths of surprise, rotatory
machines, a hollow wheel, chains and fetters, restraint cangue,
bed and clock, and a wicker basket". The author describes
them and comments on the true uses which were made of them, on the
periods during which they were used and on a few institutions where
they were promoted. The photographs of these watercolours are available
on
the author's personal website.
(voir le texte intégral -en pdf- sur le site
de l'Université de Caen)
|

Les
querelles du cerveau.
Comment furent inventées les
neurosciences.
Céline
Cherici, Jean-Claude Dupont (sous la direction de)
Paris, Vuibert, 2008, 368 pages
(publié avec le concours du laboratoire REHSEIS - UMR7596)
|
Cet
ouvrage comble une lacune historiographique dans le domaine des
sciences du cerveau, qui correspond à la période antérieure
aux travaux de Fritsch et Hitzig, de Broca, et à la formulation
de la première théorie neuronale par Cajal, à
la fin du XIXème siècle : au cours de cette longue
période de gestation et de querelles, se signalent
entre bien d'autres Thomas Willis, Monro, Baglivi, Soemmering, Vicq
d'Azyr, Antonio Scarpa, Reil et Franz Gall, Magendie, Burdach, Bell,
Flourens, &c. &c.
La couverture reproduit le détail d'un tableau de Thomas
Eakins, The Agnew Clinic, représentant une opération
de mastectomie dirigée en 1889 par le Docteur Haves Agnew
dans l'amphithéâtre de la Faculté de médecine
de Pennsylvanie...
Dix chercheurs français et italiens ont apporté leur
contribution : Jean-Gaël Barbara, Claude Blanckaert, Céline
Cherici, Laurent Clauzade, Jean-Claude Dupont, Rafael Mandressi,
Monica Panetto, Paolo Quintili, David Romand et Giorgio Zanchin.
Table
des matières
Introduction
(Céline Cherici & Jean-Claude Dupont)
Diversité et évolutions des pratiques chirurgicales,
anatomiques et physiologiques du cerveau au XVIIIème siècle
(Jean-Gaël Barbara)
Dynamisme physiologique, contrôle cérébral et
mémoire au xviiie siècle (Jean-Claude Dupont)
Les Éléments de physiologie et lhistoire
du cerveau. Diderot face à la physiologie de son temps (Paolo
Quintili)
Lencéphalite rabique dans un manuscrit inédit
de Vincenzo Malacarne (Monica Panetto & Georgio Zanchin)
Opérations mentales, pathologies cérébrales
et altérations de lintellect : controverses autour
de lanatomie et de la physiologie du cervelet (Céline
Cherici)
Les organes de la sensibilité : Félix Vicq dAzyr
et lanatomie du cerveau (Rafael Mandressi)
Le cerveau chez Cabanis et Gall : La philosophie biologique du xviiie
siècle en débat (Laurent Clauzade)
Johannes Müller et la théorie des énergies sensorielles
spécifiques (David Romand)
La « météorologie du microcosme cérébral
» : controverses raciologiques autour de Paul Broca et Pierre
Gratiolet (Claude Blanckaert)
Repères chronologiques (1660-1860)
Eléments biographiques
Bibliographie générale
Présentation
de léditeur
« Avant
la formulation de la théorie du neurone par Cajal dans les
années 1880, on ne trouve guère de traces dune
véritable histoire des sciences du cerveau. Pourtant la neurophysiologie
existait bel et bien. Ce livre voudrait réparer cet oubli
touchant les pionniers de lâge classique, période
riche de découvertes et davancées dans la compréhension
du fonctionnement cérébral aussi bien que dans le
traitement des maladies cérébrales comme la rage.
Lâge classique est dabord une période de
gestation, tant scientifique que philosophique, notamment à
travers la traditionnelle question des rapports entre lâme
et le corps. Ce questionnement philosophique entraîne une
recherche expérimentale en physiologie, souvent limitée
par les moyens techniques de lépoque : elle sappuie
toutefois sur le perfectionnement de lanatomie cérébrale
engagé dès la Renaissance. On assiste alors à
la constitution dune pensée anatomophysiologique selon
laquelle fonction et morphologie des structures cérébrales
sont liées. Cette période de gestation - où
se côtoient savoir traditionnel et avancées scientifiques
- est marquée par des querelles entre les grands chercheurs
de lépoque doù émergent dune
part une culture du cerveau, et de lautre, les concepts fondamentaux
des neurosciences.»
|

Les
murs de la folie : utopies asilaires et architectures psychiatriques
Dossier
publié dans la Revue de la Société
Française d'Histoire des Hôpitaux (Fédération
Hospitalière de France - Fédération Internationale
des Hôpitaux), n°130 - Septembre 2008; 27-66
|
Des
articles de deux des meilleurs spécialistes de l'architecture
asilaire -avec Jean-Michel Leniaud- :
- deux de Pierre-Louis Laget (docteur en médecine, chercheur
dans le Service de l'Inventaire général du Patrimoine
Culturel) très bien documentés et illustrés
de belles reproductions de gravures et photographies de divers établissements
(Bicêtre, Sainte-Anne, Ville-Evrard, Vaucluse, Dun-sur-Auron,
Maison-Blanche, Saint-Yon, Le Mans, Braqueville, Galkhausen, Montperrin,
Fleury-lès-Aubrais, Ravenel, Lannemezan, La Verrière,
Belair) présentent un panorama et une analyse de deux siècles
d'histoire de l'architecture asilaire en France et dans quelques
pays européens : «La politique de construction des
asiles d'aliénés dans le département de la
Seine (fin XVIIIe - début XXe siècle) : l'abîme
du surencombrement», et «Utopie asilaire : une conception
architecturale bercée par l'illusion d'un effet bénéfique
sur des esprits dérangés».
- un de Lucile Grand, Direction des Archives de France, intitulé
: «L'Inspection générale des asiles d'aliénés
au XIXe siècle : rôle et influence dans l'architecture
asilaire» (auteur de «L'architecture asilaire au XIXe
siècle entre utopie de mensonge», Bibliothèque
de l'Ecole des chartes, 163, 2005; 165-196).
Un article d'Odile Foucaud, Maître de conférences à
l'Université Paul-Valéry, Montpellier III : «L'ancien
Asile de Braqueville, à Toulouse (Centre Hospitalier Spécialisé
Gérard-Marchant), enfin promu monument historique, célèbre
son 150e anniversaire».
|

La
maison de Charenton du XVIIe au XXe siècle : construction du discours sur l'asile
Jeanne Mesmin d'Estienne
Revue
d'histoire de la protection sociale [Comité d'histoire
de la sécurité sociale ; directeur de la publication
Jean-Louis Deroussen]. - N° 1 (décembre 2008);
18-35
|
L'auteur,
doctorante à l'Université de Paris I - Sorbonne, a
soutenu en 2007 un mémoire de master à l'Université
Paris X - Nanterre intitulé La maison de Charenton sous
la direction de Jean-Etienne Dominique Esquirol. Entre Mythe et
Réalité.
Parmi les nombreuses références bibliographiques sur
l'histoire de Charenton, on retrouve les désormais classiques,
Pierre Pinon, Jean-Marie Gaussens, Adeline Fride, Albert Lehalle,
Dominique Giraud, Hippolyte de Colins, Jean-Jacques Pauvert (sur
Sade), Michel
Ibert, Thierry Haustgen (sur Royer-Collard), Charles Strauss,
Monique Dumas (sur Esquirol), Pierre Sevestre (ainsi que, sur un
plan plus général : Robert Castel, Aude Fauvel, Marcel
Gauchet et Gladys Swain, Michel Foucault, Hervé Guillemain,
Jean Imbert, Jan Goldstein, Olivia Piton, Gabriel Bolotte, Henri
Baruk).
Une note renvoie aux «Sources et Bibliographie» du mémoire
de master de 2007 : peut-être y trouve-t-on quelques-unes
des référentes manquantes dans cet article, parmi
lesquelles Michel Gourévitch (sur Sade, sur de Coulmier,
sur Royer-Collard, sur Hugo), Jacques Postel, Claude Quétel
(voir la page «Les
essentiels» de ce site)?
Il y aurait beaucoup à dire de cet article bien écrit
et bien documenté (on regrettera cependant de lire «Esquiro»
pour Esquirol (note 6), et surtout «Jacques René
Ternon» -pour Tenon-, dans le texte page 23, ainsi
que dans la note 16).
L'auteur de l'article évoque le témoignage de Schweigger
au sujet des représentations théâtrales organisées
par le directeur de la maison et le marquis de Sade, et très
critiquées par Esquirol. Schweigger est un botaniste et médecin
allemand qui, parmi d'autres hôpitaux parisiens, visita Charenton
en 1808 et publia le récit de cette visite. Le passage de
l'ouvrage consacré à Charenton est résumé,
et quelques passages traduits de son ouvrage sont proposés
page 33.
La référence de ces traductions (notes 58 et 59) est
: «Schweigger Von (sic) August Friedrich, Kranken-und
armen-anstalten zu Paris, Bayreuth, Johann Andreas Lübecks
Erben, 1804 (sic), 206 p. Cité dans Huard Pierre,
Sciences Médecine Pharmacie de la Révolution à
l'Empire 1789-1815. Paris, R. Dacosta, 1970, 384 p.».
Or, dans cet ouvrage, Huard ne fait que citer l'existence du livre
de Schweigger, et ne propose aucune traduction : les passages cités
reproduisent à la lettre la traduction aisément reconnue
par leurs auteurs.
Cette traduction, que l'on peut lire sur ce même site, a été
publiée en son temps in extenso dans :
Michel Caire, Sabina Veit, Une
visite des établissements parisiens d'aliénés
en 1808. Traduction et commentaires de «Über Kranken-
und Armen-Anstalten zu Paris, von Dr. August Friedrich Schweigger»;
57 p. Société Française d'Histoire des Hôpitaux,
Prix Européen «Cofrahope» 1996
et par extraits dans :
- Michel Caire, Sabina Veit, «Une soirée au théâtre
des fous de Charenton». L'Information psychiatrique, 71, 4,
1995; 383-389
- Michel Caire, «L'utilisation des récits de voyageurs
hommes de l'art au XIXe siècle. Une visite du service des
aliénées à la Salpêtrière en 1808»,
in : Histoire de la médecine, Leçons méthodologiques
(sous la direction de Mme D. Gourévitch), Paris, Ellipses,
1995; 150-154
- Michel Caire, «Les institutions psychiatriques parisiennes
sous l'Empire vues par un visiteur allemand». Histoire des
sciences médicales, 1999, XXXIII, n°1; 61-68
Gageons que cette omission sera corrigée par Madame Mesmin
d'Estienne dans sa thèse de doctorat.
|


Romantisme
n° 141, novembre 2008
Le
XIXe siècle est partout vu comme le siècle de «
lapothéose » de la médecine, le moment
fondateur où les aliénistes sont consacrés
experts de la folie et imposent peu à peu leur vision de
lintériorité psychique à lensemble
du corps social. Sans pour autant remettre en cause la richesse
des travaux précédents, lhistoriographie récente
sest interrogée sur les non-dits de lhistoire
officielle, sur ce dont les psychiatres ne parlent pas ou peu :
les résistances, les concurrences, la façon dont ils
ont été marqués par des discours et des pratiques
ne leur appartenant pas. Dautres que les médecins ont
joué sur la construction du champ de la maladie mentale :
les juges, les familles, le politique, lÉglise, le
personnel infirmier
, tous porteurs de cultures et dexpériences
différentes. Sefforçant de reconsidérer
lhistoire de la psychiatrie dans le sens dune plus grande
pluralité de témoins, cest ainsi une image beaucoup
plus complexe des relations entre patients, société
et médecine qui se dessine aujourdhui. Le présent
recueil propose donc de donner un aperçu de ce renouvellement
des perspectives sur lhistoire de la folie.
La
religion de lasile (1830-1870)
Hervé Guillemain
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008; pages 11 à 21.
|
Si lempreinte chrétienne de la proto-psychiatrie du
premier XIX e siècle est bien connue (Foucault, Goldstein),
elle est souvent considérée comme une dette progressivement
effacée par la mise en place du pouvoir psychiatrique. Pourtant
les décennies qui suivent marquent une forme dapogée
de linfluence cléricale. À partir de la critique
certalienne de Foucault, on se propose ici de décrire lasile
des années 1830-1870 en rappelant cette donnée historique.
Le salut des fous existe hors de lasile. La parole des malades
et le discours des médecins sinscrivent dans une anthropologie
chrétienne qui saccorde fort bien avec le traitement
moral. Loin de décliner, la religion se fait plus présente
dans lasile laïc et public du Second Empire.
Even though the Christian roots of the proto-psychiatry that developed
at the beginning of the 19 th century are well known (Foucault,
Goldstein), it is generally considered that this influence was then
overshadowed by the rise of the psychiatric power. And yet, the
following decades were marked by an acme of the clerical power.
Using Certeaus criticism of Foucaults analysis, this
article thus aims to describe the asylum institution of the years
1830-1870 in the light of this historical influence. There was redemption
for the insane outside the asylum world. The patients voices
and the medical discourse were both impregnated with a Christian
anthropology, which, vice-versa, could very well do with the idea
of a moral treatment. Far from declining, religion played
in fact a growing role in the laic and public asylum of the French
Second Empire.
Les
lectures de lintériorité devant la justice
pénale au XIXe siècle
Laurence Guignard
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008; pages 23 à
35
|
La question
de létat de démence des criminels devient au
cours du XIX e siècle une question centrale et problématique
pour les juristes et les magistrats. Il faut chercher lorigine
de ce nouveau questionnement bien sûr dans lessor de
la psychiatrie et lextension du champ de laliénation
mentale dont elle est porteuse, mais aussi dans lévolution
spécifique du système judiciaire. À partir
du début du XIX e siècle, de nouvelles notions simposent
qui favorisent une individualisation des peines désormais
indexée sur la personnalité des accusés. L
intention du crime, lintensité de la volonté
qua montré le criminel dans son action, le degré
de conscience dont il a fait preuve, acquièrent en justice
une importance capitale. Cette « moralité de lacte
», fondamentale dans la définition de la culpabilité,
produit une nouvelle lecture de lâme des criminels,
qui élargit le rôle de la psychiatrie en justice et
favorise lémergence dune conception psychique
du sujet.
The question of the state of sanity of criminals became a core issue
for jurists and magistrates during the 19 th century. This new questioning
originated in the development of psychiatry and in the extension
of the field of insanity, but it is also linked to the specific
evolution of the judicial system, which attributes a major importance
to the intention behind the crime, the intensity of will exhibited
by a criminal when he acted, and the degree of consciousness he
displayed. This morality of the action, fundamental
for the definition of fault, produced new readings of the criminals
soul. This, in turn, broadened the role of psychiatry in justice
and facilitated the emergence of a psychic conception of the subject.
Le
placement familial des aliénés en France. Le
baron Mundy et lExposition universelle de 1867
Thomas Mueller
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008;
pages 37 à 50
|
Dans les années 1860, la médecine aliéniste
et le système asilaire furent violemment pris à partie.
À lasile fermé traditionnel, mouroir sinistre
où létat des patients empirait au lieu de saméliorer,
les réformateurs opposèrent un nouveau modèle
: celui de la « colonisation familiale ». Le système
belge de la petite ville de Gheel, où les aliénés
étaient pris en charge dans des familles sous la supervision
dune équipe médicale et sous la surveillance
des autorités administratives, devint alors un symbole «
danti-asile ». Les patients y étaient libres,
ils contribuaient au bien commun : il sagissait, en somme,
dun système dintégration et non dexclusion
de la folie. Dans ce combat entre tenants de la doctrine de lasile
et de « lisolement thérapeutique » et partisans
du placement familial, un individu joua un rôle prépondérant
: le baron Jaromir von Mundy. Médecin militaire de formation,
membre la haute société et polyglotte, Mundy se fit
le propagandiste infatigable de la « colonisation familiale
», modèle quil contribua à faire connaître
dans toute lEurope. Cet article cherchera à comprendre
les raisons de cet engagement, et sattachera ensuite à
retracer plus particulièrement linfluence que Mundy
eut sur la scène psychiatrique française, éclairant
ainsi un épisode méconnu de lhistoire psychiatrique
du XIX e siècle.
In the 1860s, criticism of the traditional medical care of
the insane and of the asylum institution grew stronger. Among the
alternatives proposed to the closed institutions, oubliettes
in which those in need of a cure were left to die, the family care
system became strongly advocated by reformists. This solution benefited
from the model provided by the city of Gheel, a small Flamish town,
in which the insane were living among the population, hosted by
foster families, under a medical and governmental supervision. There,
patients were living among the citizens, showing the efficiency
of a logic of integration of madness rather than its exclusion :
soon the city of Gheel became a symbol of anti-asylum.
In the conflict opposing traditionalists, defending the asylum institution
and therapeutic constraint, and reformists, believing in boarding
out systems, the Baron Jaromir von Mundy stands out. This
physician of noble ascent became the strongest advocate of the private
dwelling system, which he relentlessly and passionately defended
across Europe. After trying to shed light on the possible reasons
for such a strong commitment to this cause, this essay will show
how Mundy particularly affected the debates among the French psychiatrists,
thus giving new elements on the history of 19 th century psychiatry.
La
voix des fous. Hector Malot et les « romans dasile
»
Aude Fauvel
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008; pages 51 à
64
|
Hector
Malot est aujourdhui surtout connu pour ses livres destinés
aux enfants. Pourtant ce nest pas là ce qui lavait
rendu célèbre en son temps, mais plutôt Un beau-frère
, une de ses premières oeuvres qui, défrayant la chronique
en 1868, le fit alors apparaître comme le porte-parole de
la cause des fous. Avec ce livre, véritable roman-charge
contre linstitution asilaire, Malot se signala comme le premier
auteur « anti-aliéniste » de sa génération,
initiant une veine littéraire nouvelle, celle du «
roman dasile ». Il fut aussi le premier écrivain
« aliéniste amateur » que de parfaits inconnus
venaient consulter pour lui demander de juger de létat
mental dun proche. Cet article offre donc de redécouvrir
cet aspect méconnu de loeuvre de Malot et, en suivant
le fil de son engagement en faveur des fous, daborder la culture
« anti-aliéniste » de la fin du XIX e siècle,
époque où lon se demanda soudain qui du fou
ou du psychiatre était le plus dangereux.
Nowadays, Hector Malot is mainly known for his books for children.
However, that was not what made him famous in the 19 th century,
a time when he was much more notorious for Un beau-frère
(A stepbrother). In this novel, first published in 1868, Malot gave
a dreadful depiction of the French asylum system. It was a great
success and the controversy was such that from this time on Malot
was considered as a defender of the insane. Malot was thus the first
anti-alienist author of his time, and he created a new
kind of literary genre, which I called asylum
novels. He was also the first writer to be seen as an amateur
psychiatrist : people would come to consult him, ask him to
examine their mental state or request that he visited a confined
relative. By studying this forgotten aspect of Malots work
and life, this article aims to shed light on the anti-alienist
culture of the fin de siècle, a time when people wonder who
was the most dangerous, the mad or their psychiatrists.
De
laliénisme à la littérature davant-garde
ou les ambiguïtés dune consécration
: petite histoire des écrits de fous
Anouck Cape
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008; pages 65 à
78
|
Durant
lentre-deux guerres, les mouvements davant-garde, et
notamment les surréalistes, semparèrent des
textes de fous du XIX e siècle, déclarant quil
y avait une parenté étroite entre art et folie, les
aliénés étant finalement les premiers à
sêtre « libérés » du carcan
des normes de lécriture et de la société.
Puisant leur inspiration dans le corpus psychiatrique, ces écrivains
prétendirent alors donner un statut doeuvres à
des écrits que lon considérait auparavant uniquement
comme du matériau pathologique. En retraçant les chemins
par lesquels les écrits de malades du XIX e siècle
ont traversé les barrières disciplinaires, cet article
entend nuancer la position de rupture que lavant-garde sest
ainsi attribuée. Dès le XIX e siècle les aliénistes
ont en effet été sensibles à la beauté
de ces textes et ont interrogé les liens entre folie et création.
Or en niant cette filiation avec le discours médical, dont
ils perpétuent les pratiques, les surréalistes ont
laissé de côté un problème sous-jacent
: que signifie de dire des fous quils sont artistes, sans
pour autant leur reconnaître le statut dauteurs.
During the interwar period, French avant-garde writers, especially
surrealists, became obsessed with texts written by nineteenth-century
lunatics and suggested that there was a close connexion between
art and madness, as insanity consisted in being free
from social and linguistic norms. As they sought inspiration in
writings extracted from psychiatric literature, they claimed that
they were the first ones to see the insane as artists, when physicians
had only considered their work as clinical material. By exploring
the ways through which nineteenthcentury patients writings
crossed disciplinary boundaries, this article will demonstrate that
the avant-garde was not really fair. Nineteenth-century physicians
were already interested in the literary qualities of these texts
and tried to understand which connexions there were between madness
and creativity. As they denied this legacy, surrealists did not
realize that the so-called artistic status they gave
to the insane writers who did not realize they were writing
was quite problematic.
Gogol,
les moralistes et la psychiatrie du XIXe siècle
Irina Sirotkina
Romantisme n° 141 (3/2008) Novembre 2008; pages 79 à
101
|
En 1847, Nicolas Gogol (1809-1852) publia les Extraits choisis de
ma correspondance avec des amis , un livre qui tranchait avec ce
quil avait précédemment écrit. Le peintre
satiriste des Âmes mortes , dénonciateur des travers
de la société russe et des pesanteurs de lappareil
bureaucratique tsariste, semblait sy être métamorphosé
en conservateur dévot. Devenu adepte dune forme dascétisme,
Gogol brûla en outre le manuscrit de la seconde partie des
Âmes mortes , avant de mourir dépuisement en
1852. La fin de son existence donna lieu à de nombreux commentaires.
Du côté des critiques littéraires russes, on
considéra quun auteur qui changeait ainsi et refusait
de tenir jusquau bout son engagement en faveur de la réforme
sociale, était forcément malade. Les psychiatres,
Bajenoff et Chizh notamment, apportèrent bientôt leur
caution scientifique à cette interprétation morale
et pathologique. Mais après 1905 et le changement de contexte
politique, la situation changea. Rejetant les théories de
leurs prédécesseurs, les médecins de la nouvelle
génération sen prirent à leur perception
de Gogol, qui nétait pas pour eux un malade, mais bien
plutôt un homme de génie, brillant exemple dune
nouvelle étape du développement humain. Étudiant
les diverses interprétations auxquelles lexistence
de Gogol a successivement donné lieu, cet article interroge
les liens que le XIX e siècle, russe en particulier, a tissés
entre génie et folie, et montre combien il est difficile
de séparer létude des catégories psychiatriques
de celles du politique et du jugement moral.
In 1847, Nikolai Gogol (1809-1852) published the Selected Passages
of a Correspondence, a book that was radically different from what
he had previously written. The author of Dead souls, who used to
criticize the flaws of the Russian society and the ludicrous atmosphere
of the bureaucratic tsarist regime, seemed to have morphed into
a pious conservator. As he became a religious zealot, Gogol also
burnt the second part of Dead souls and finally died in 1852, exhausted.
The end of his life was profusely commented. For the most radical
Russian literary critics, Gogol was a sick man, as they considered
that a sane writer would never stop fighting for social reforms.
Psychiatrists soon took their side, and Dr Bajenoff and Chizh wrote
two pathographies which studied Gogols illness. But after
1905, as Russia went through a time of political turmoil, this situation
changed. As they criticized the theories of their predecessors,
psychiatrists of the new generation also rejected the way Gogols
life had been analysed. For them, he was certainly not a sick man,
but a real genius, a prophet of a new kind of humanity. By studying
the successive interpretations of Gogols existence, this article
aims to shed light on the connexions the 19 th century drew between
madness and genius, and will show how psychiatric, political and
moral judgment were at this time indissolubly linked in Russia.
|

La
folie des mères.
Théories et pratiques autour du diagnostic de la folie puerpérale, XVIIe - XXe siècles,
France - Italie
Francesca Arena
Rives
nord-méditerranéennes, 2008
|
Résumé
Le travail présenté ici, dans le cadre dune
thèse de doctorat en cours sur lhistoire de la folie
puerpérale, se propose dutiliser la catégorie
de genre pour sortir de certaines impasses de lhistoire de
la médecine. Lhistoire du corps et de lesprit
de la mère, analysée dans la longue durée (XVIIe
- XXe siècles), ainsi que dans une perspective comparatiste
(France/Italie) nous permet de déceler les théories
et les pratiques liés au diagnostic et den analyser
les enjeux sociaux.
Abstract
This article is issued from a Phd in progress about history of puerperal
insanity. In order to enlarge Medicine history point of view,
we will use the gender category. The history of mothers body
and mind is analyzed in the long term (17th-20th centuries) and
also in a comparative way (France/Italy). With this work, we hope
to lighten theories and practices linked to the diagnosis and analyze
their social stakes.
Riassunto
Il presente lavoro, sviluppato nellambito di una tesi di dottorato
in corso sulla storia della follia puerperale, si propone di utilizzare
la categoria di genere per superare alcune problematiche della storia
della medicina. La storia del corpo e della psiche della madre analizzate
nella lunga durata (XVII-XX secolo) e in una prospettiva comparativa
(Francia/Italia) permette di mostrare le teorie e le pratiche intorno
alla diagnosi e di analizzarne le cause e le implicazioni sociali.
Ce document
est publié en ligne en texte intégral sur le site de
Rives
nord-méditerranéennes. |

L'hospitalisation
des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département
de la Seine
Docteur
Michel Caire
Histoire
des Sciences médicales (Organe officiel de la Société
Française d'Histoire de la Médecine), tome XLII,
2008 n°4, pp.349-358
|
L'auteur
présente l'état actuel de ses recherches sur cette
question jusqu'ici peu étudiée, dans un département
dont les spécificités doivent être prises en
compte. L'étude d'une cinquantaine de dossiers médicaux
et divers documents inédits permet de préciser les
conditions dans lesquelles les personnes persécutées
en raison des lois raciales et hospitalisées en psychiatrie
ont été protégées. Pour ce qui concerne
leurs biens, il apparaît que le système destiné
à protéger les malades mentaux au cours de leur placement
en hôpital psychiatrique a été détourné,
et utilisé pour spolier les malades «se disant Juifs
ou supposés tels».
The author presents the state of his research about a question not
very studied till now in a French department whose specificities
have to be considered. The studying of some fifty medical records
and some unpublished documents allows to point out how people persecuted
by racial laws have been set in psychiatric hospitals and protected.
As for their goods it seems that the system intending to protect
psychiatric in-patients during their stay at the hospital has been
turned away and used to despoil the patients «claimed or alleged
Jews».
|

Présentation
de léditeur
Au
moment où la société sinterroge sur la
place quelle doit accorder au malade mental, cet ouvrage retrace
plus dun siècle dhistoire de lun des plus
importants hôpitaux psychiatriques. De lenfermement
à la sectorisation, le lecteur est invité à
suivre lévolution de cette structure humaine et sociale
ouverte en 1868 sur une exploitation agricole de plus de 300 hectares.
Des milliers dhospitalisés y ont vécu, souffert,
attendu, parmi lesquels Camille Claudel, Antonin Artaud, Komitas,
le président du Conseil Edouard Herriot. Au-delà des
clichés et des idées reçues, lauteur
évoque la réalité de lhôpital psychiatrique
public et lengagement de psychiatres et dinfirmiers,
avec comme fil rouge le respect de la dignité humaine.
Biographie de lauteur
André Roumieux, né en 1932 à Mayrinhac-Lentour
(Lot), a été infirmier psychiatrique à Ville-Evrard
pendant trente-six ans. Depuis sa retraite en 1988, il na
jamais rompu avec son lieu de travail et a entrepris un long travail
de mémoire autour de linstitution. Il ajoute à
la force historique du récit la subjectivité de son
témoignage. Un témoignage entrepris il y a plus de
trente ans avec la publication de ses deux premiers livres, Je
travaille à lasile daliénés
et La Tisane et la camisole.
Table des matières
Préhistoire de lasile daliénés
/ Pussin, lami sincère de lhumanité /
Le domaine du Général / Lasile daliénés
/ Un train de fous / Les aliénés riches et les aliénés
pauvres / La première exposition de travaux daliénés
/ La laïcisation de lasile / Mes aïeuls dans les
murs / On braconne aussi à Ville-Evrard / Les aliénés
au travail / La liberté recouvrée / Mais qui sont
ces personnes accueillies en fanfare / Hervé, frère
de Guy / Marandon de Montyel, un aliéniste de progrès
/ La vie asilaire à la veille du XXe siècle / Développement
de lassistance aux aliénés / Première
incursion du cinématographe à Ville-Evrard /
Le camarade Théo / Manifestations du personnel / La séparation
de lÉglise et de lÉtat / Ce petit Auvergnat
qui voulait tout changer / Des hommes debout / Où il est
suggéré de construire une Arche de Noé / Camille
Claudel ou la statuaire brisée /
La Guerre 14-18 / Chronique daprès-guerre / Au secours,
les rats ont envahi Ville-Evrard / Un aller simple ou le transfert
collectif daliénés / Lexploitation agricole
/ Le Front populaire / Revendications et inquiétudes /
La guerre / La nuit de lOccupation / Une longue attente /
Le malade du 7 / Ami entends-tu / Les hommes libres fêtent
la victoire / Ils arrivent de Dachau, Buchenwald, Auschwitz /
Le CTRS, Centre de traitement et de réadaptation sociale
/ La création artistique à lhôpital psychiatrique
/ Une visiteuse de marque / Le Tremplin / Dans les autres services
médicaux / Enseignement et humanisme / Infirmier Psy / Les
arbres, les petits oiseaux, les blés mûrs et le colon
amoureux de la caissière / La renommée internationale
du CTRS / À lombre des murs démolis / Blancheville
/ Le docteur Sivadon nous quitte / Les droits des malades mentaux
/ Vous dites : un cercle culturel à Ville-Evrard / La dure
réalité quotidienne /
Mai 68 / En civil / La prise de parole des infirmiers psy / Une
des dernières fêtes des moissons / Un monde nouveau
/ Nous sortons des murs : la ville nous accueille / Les blés
ne mûriront plus à Ville-Evrard /
Aujourdhui / Mémoire et histoire : entre oubli et transmission
|

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Les maux & les soins. Médecins et malades dans les
hôpitaux parisiens au XIXe siècle.
Sous la direction de Francis Démier et Claire Barillé ; assistés de Sandie Servais.
Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 2007; 397 p. (co-édité
par la Maison
des sciences de l'homme, Paris)
|
Ce
très bel ouvrage -comme tous ceux de cette collection- a
été publié à l'occasion de l'exposition
réalisée par l'Action artistique de la Ville de Paris
et présentée à la mairie du 4e arrondissement
du 19 juillet au 26 août 2007.
On ne peut que regretter la très faible part accordée
à la psychiatrie, dont le XIXème siècle est
pourtant le Siècle d'Or, au moins pour ce qui concerne l'équipement
hospitalier.
Sans entrer dans tous ses aspects, rappelons l'originalité
de la situation parisienne, ne serait-ce que par le rôle joué
par l'Administration Générale des Hospices -devenue
en 1848 l'Assistance Publique- d'une part, la Préfecture
de police d'autre part.
Deux moments-clé peuvent être identifiés, autour
des années 1838 -avec sa Loi du 30 juin-, et 1867
avec l'ouverture du premier asile d'aliénés du département
de la Seine.
En 1802, un premier évènement considérable
avait eu lieu : la fermeture des salles de traitement de l'Hôtel-Dieu
(qui, comme un hôpital général aujourd'hui,
disposait de "services" de diverses spécialités
: chirurgie, "psychiatrie", obstétrique, etc.),
et la dévolution à La Salpêtrière (pour
les femmes) et à Charenton, puis à Bicêtre (pour
les hommes) de la responsabilité du traitement des aliénés,
sous la direction d'un médecin spécial (c'est-à-dire
spécialiste), dans des locaux réservés à
cet effet. Cette date est celle pour Paris, pour la France elle-même
peut-on dire, de la naissance de l'asile d'aliénés.
Jusqu'en 1838, les règles suivies par le Préfet de
police et par le Conseil Général des Hospices sont
essentiellement définies par l'usage. A partir de 1838, ce
sont les vieux services de Bicêtre (pour les hommes) et de
la Salpêtrière (pour les femmes) qui feront fonction
d'asile, tel que prescrit par cette fameuse loi. Avec la création
de l'Asile Sainte-Anne sous le Second Empire, l'assistance aux aliénés
passe sous le contrôle préfectoral (Préfet de
la Seine), et le restera, hormis une courte période en 1871-1873
où il reviendra dans le giron de l'A.P..
Le département met donc en place dans le courant des années
1860 un dispositif d'assistance hospitalière unique en son
genre, en liaison avec l'Infirmerie Spéciale près
la Préfecture de Police : authentification des troubles mentaux
avant l'internement, création d'un service spécial
d'admission, observation et répartition, d'un établissement
central à vocation d'enseignement et de traitement : l'Asile
Clinique (Sainte-Anne), et plusieurs établissements autour
de la capitale, essentiellement pour la prise en charge des pathologies
chroniques.
Même en laissant à part l'étude des nombreux
établissements privés (Maisons de Santé
parfois appelées Asiles privés, comme celui
du docteur Blanche) et de la Maison de Charenton, cette histoire
parisienne est donc riche.
Pourtant, dans cet ouvrage, tout cela n'est abordé que brièvement, par Jacqueline Lalouette, dans le chapitre intitulé Onomastique, symbolique et mémoire dans les hôpitaux parisiens, qui cite (note 1 page 125) les établissements ne relevant pas de l'Assistance publique, évoque - en référence à la thèse de médecine et au site internet de l'auteur de ces lignes- le Sanitat Sainte-Anne, fondé par Anne d'Autriche au XVIIe siècle, et signale page 130 à Sainte-Anne le bas-relief du pavillon Magnan et la statue de Victor Hugo, ainsi que par Pierre-Louis Laget, page 142, dans sa contribution : L'hôpital et la cité : une conciliation difficile entre les prescriptions de l'hygiène et l'imépratif de rester à la portée du public.
Et le chapitre intitulé «De l'aliénisme à
la psychiatrie : triomphes et déboires de la médecine
de la folie au XIXe siècle» ne traite curieusement ni des médecins
aliénistes parisiens, ni des établissements parisiens
d'aliénés. Sainte-Anne n'apparaît guère
que sur quelques gravures, sans lien avec le texte.
Ce qui n'enlève d'ailleurs rien à l'intérêt
de ce chapitre, en particulier sur le mouvement anti-aliéniste
dont l'auteur, Aude Fauvel, est spécialiste (cf infra).
Une ligne est encore consacrée à Sainte-Anne dans le chapitre
Recension des hôpitaux parisiens : parmi "Les
hôpitaux" sont cités ceux de Forges-les-Bains,
Hendaye, Berck, San Salvadour (on pourrait ici parler d'A.P.centrisme)...
tandis que Sainte-Anne, Bicêtre et la Salpêtrière
font partie des "Autres établissements médicalisés"...
Enfin, Rosine Lheureux, dans Les sources de l'histoire des hôpitaux
parisiens au XIXe siècle, privilégie -à
juste titre- les fonds conservés aux Archives de l'A.P.-H.P.,
et signale l'existence d'archives de Sainte-Anne versées
aux Archives de Paris.
La lecture de l'article consacré aux "triomphes et
déboires de la médecine de la folie" incite par ailleurs
à quelques commentaires et précisions :
Si le déferrement des fous de Bicêtre par Pinel est
bien légendaire, et que 1792, date supposée de l'évènement
avait pu être choisie comme date de la naissance de la psychiatrie
française (en particulier par Scipion, fils de Philippe,
qui est à l'origine de la légende), on sait aujourd'hui
que Philippe
Pinel n'a pris ses fonctions à Bicêtre qu'en septembre
1793, qu'il était médecin en chef des Infirmeries,
et non de l'emploi des fous. Il n'a d'ailleurs lui-même
jamais revendiqué ce haut fait.
Quant à Jean-Baptiste
Pussin, qui était non concierge, mais gouverneur
de l'emploi (voir à ce sujet l'article de Jacques Postel
et François Bing : « Philippe Pinel et les "concierges" »),
et à qui l'on doit en effet l'abandon des chaînes,
l'orthographe de son nom est parfaitement connue : que l'on ait pu
(Michel Foucault notamment) l'appeler Piersin vient d'une
copie de l'erreur commise par Alexandre Tuetey, à la lecture
de la signature du grand homme. Dora B. Weiner (citée en
référence) a elle-même (tout comme l'auteur
de ces lignes) consulté, entre autres archives, le registre
paroissial de Lons-le-Saunier (A.D. Jura, 3E494), et son acte de
mariage (A.N., Minutier central, étude CVII, liasse 626).
Sur le rôle de Pinel et Pussin dans cette période décisive
de l'histoire de la psychiatrie, deux autres références
oubliées : Jacques Postel, Gladys Swain (voir ma page "références
essentielles").
Autre précision qui n'est pas sans importance : la seconde
édition du célèbre Traité de Philippe
Pinel, parue en 1809, porte comme titre Traité médico-philosophique
sur l'aliénation mentale. C'est la première édition,
parue en 1800, qui s'intitule Traité médico-philosophique
sur l'aliénation mentale ou la manie. Une différence
qui renvoie à l'évolution des conceptions nosographiques
de l'auteur, étudiée naguère par Lantéri-Laura.
Certains points abordés (par exemple sur les moyens financiers
sans aucun équivalent accordés aux médecins
d'asile, l'absence de plafond prévu dans les dépenses
liées au service des aliénés, les crédits
illimités dont bénéficient potentiellement
les aliénistes, (p.215), ou encore sur le taux de guérison
(p.217) gonflé en prenant en compte les évasions
camouflées par les autorités asilaires), ouvrent
de très intéressantes pistes de recherche s'ils sont
suffisamment documentés.
L'absence de référence s'explique assez bien par le
type de publication.
La question des moyens financiers pourra être éclairée
par la lecture du savant article de Lucile Grand : «L'architecture
asilaire au XIXe siècle entre utopie de mensonge» (Bibliothèque
de l'Ecole des chartes, 163, 2005; 165-196) qui présente
un avis bien différent dans les pages 186-192, sous le titre
La poursuite d'une chimère : l'institution qui guérit
(qui traitent notamment de « l'inadéquation entre l'ambition
thérapeutique et la réalité des moyens »,
du « fonctionnement obéré par la mauvaise gestion »
et du « manque d'argent dont les malades sont les premières
victimes »).
Dernière précision sur la mort de près de
la moitié des malades décédés d'inanition
pendant la Seconde Guerre mondiale (p.224) : il y eut un nombre
effrayant de morts dans les hôpitaux psychiatriques entre
1940 et 1944, et ces personnes sont en effet mortes d'inanition
(le terme a été choisi comme titre de l'ouvrage consacré
à la question après le Colloque de Lyon), c'est-à-dire
de privations alimentaires, de faim : il y eut sans aucun
doute plus de 40.000 victimes de cette hécatombe
par carence. Mais le nombre de malades hospitalisés durant
cette période est très supérieur à 80.000
(nombre approximatif des lits) : il me semble qu'il est supérieur
à 130.000.
Toutes considérations qui, répétons-le, n'enlèvent
rien à l'intérêt de cette originale contribution
à un ouvrage de qualité.

DANS
LE NUIT DE BICÊTRE
Marie DIDIER
Ed.
Gallimard / L'un et l'autre, 2006, 182 p.
Rééd. Gallimard, Collection Folio (poche),
2007; 199 p.
|
«
Taciturne, secret, toujours obscur (l'histoire officielle ne s'étant
pas privée de t'effacer simplement de ses étagères
glorieuses allant jusqu'à écorcher souvent l'orthographe
de ton nom), j'ai guetté la trace en apparence la plus insignifiante
de ta vie.
Le détail le plus fugace devenait pour moi lueur dans les ténèbres de ton existence.
Tu as connu la maladie, les humeurs froides comme on disait alors en parlant de la tuberculose qui a mis ta vie en péril :
j'ai séjourné plusieurs années en sanatorium
où j'ai failli mourir.
Tu es devenu soignant ; je suis devenue médecin.
Là
s'arrête ce qui nous unit, mais plus tard, en avançant
vers toi, je découvrirai autre chose qui me fera ne plus
vouloir te quitter : par esprit de survie, par nécessité,
par intelligence, par compassion innée, tu as su prendre
des chemins difficiles, de ceux que presque personne jusque-là
en France n'avait osé fréquenter.
Abrupt avec le pouvoir, à la fois ferme, généreux et non violent avec
les insensés, Jean-Baptiste Pussin, simple garçon
tanneur franc-comtois devenu " gouverneur des fous "
de Bicêtre, s'oppose, dans sa façon de les traiter,
à la doxa de l'époque.
Il jouera un rôle, oublié
aujourd'hui et pourtant essentiel, dans l'histoire de la psychiatrie.
» (M. D.)
|

ELÉMENTS
POUR UNE HISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE OCCIDENTALE
Jacques POSTEL
Edition
L'Harmattan, Psychanalyse et civilisations - Trouvailles et
Retrouvailles, novembre 2007; 352 pages
|
Cet
ouvrage rassemble une quinzaine de contributions à l'histoire
de la psychiatrie par un de ses meilleurs spécialistes.
Le lecteur découvrira, de la Renaissance à l'époque
contemporaine, une série d'études allant de la mélancolie
décrite par Du Laurens, à la découverte du
Lagarctil, premier neuroleptique de la révolution psychopharmacologique.
Sont abordés l'oeuvre de Pinel, fondateur de la psychiatrie
moderne, Georget et Bayle, ses élèves directs, le
magnétisme animal, l'importance de la découverte freudienne,
sans omettre le grand Kraepelin...
Toute personne intéressée par l'histoire de la psychiatrie
se doit de connaître cet ouvrage, auquel ne manquent que les
références des articles qu'il rassemble (voir ma page
Principaux
auteurs contemporains et références essentielles)
|

Lombre portée de François Tosquelles
Patrick Faugeras
Edition ÉRÈS, 2007; 381 pages
|
« François
Tosquelles, psychiatre ou plutôt " psychiste ",
comme il aimait à le dire, ne fut pas seulement révolutionnaire
politiquement parlant, il le fut aussi dans le champ de la psychiatrie,
étant à l'origine d'un mouvement, dit de " psychothérapie
institutionnelle ", dont la caractéristique essentielle
pourrait être justement celle d'être un mouvement.
Créer un déséquilibre comme mode d'expression
d'une volonté de voir la vie l'emporter sur les tendances
mortifères que sécrètent les institutions et
la pathologie, tel pourrait être le sens de son combat comme
il le fut et l'est encore pour nombre de ceux qui, à un moment
ou à un autre, devinrent ses compagnons de route.
Cet ouvrage n'est aucunement une biographie ni non plus un recueil
de témoignages visant à cerner le personnage Tosquelles
mais plutôt une suite de récits qui retracent autant
d'itinéraires singuliers dans le champ de la clinique psychiatrique,
que la rencontre avec François Tosquelles a parfois profondément
infléchis.
Hormis leur passion pour la psychiatrie, ou plus exactement leur
respect pour la personne souffrant psychiquement, les personnes
ici interviewées ont aussi en commun une liberté de
penser et de pratiquer la psychiatrie qui, bien que singulière,
a pu se trouver, s'éprouver ou s'affermir dans la rencontre
avec François Tosquelles. Comme si, pour chacun, cette rencontre
avait été l'occasion d'une ouverture à un libre
cheminement. » (Présentation de l'éditeur)
|

Diriger
les consciences, guérir les âmes.
Une histoire comparée des pratiques
thérapeutiques et religieuses (1830-1939)
Hervé GUILLEMAIN
Paris, Editions La Découverte, Collection "L'espace
de l'histoire", 2006; 347 p.
|
«
Quand elles sappliquent à la souffrance des âmes,
médecine et religion sopposent-elles ? Lhistoire
de la folie pourrait sécrire en retraçant
la lente marche vers une « laïcisation de lesprit
» : le prêtre progressivement dépossédé
de son pouvoir guérisseur par le médecin, lâme
qui tend à se fondre dans lunivers neurologique,
linconscient qui surgit avec la psychanalyse au début
du XXe siècle.
Pourtant, létude des pratiques thérapeutiques,
religieuses et laïques, incite à réviser assez
largement cette vision schématique. Dans ce livre ambitieux,
Hervé Guillemain révèle que la thérapie
morale et psychologique des aliénistes et des psychologues
doit quelque chose aux pratiques religieuses. Les techniques hypnotiques
regardent ainsi du côté de lexorcisme et la
psychanalyse du côté de la confession. On sait peu,
par exemple, que, dans lentre-deux-guerres, des chrétiens
jouèrent un rôle important dans la diffusion de la
psychanalyse dans la société française. Lhistoire
des pratiques thérapeutiques de la folie et des troubles
psychiques, depuis le traitement moral appliqué dans les
asiles daliénés au XIXe siècle jusquaux
psychothérapies modernes du XXe siècle, apparaît
à certains égards comme un nouveau développement
de lhistoire des directions de conscience héritées
du christianisme.
Lauteur montre que le savoir scientifique sur la folie et
sur la conscience ne peut être, lui non plus, dissocié
de la morale et des concepts religieux et quil faut comprendre
ensemble le péché et la dégénérescence,
le traitement des aliénistes et la théologie morale,
la possession et lhystérie. Il avance que, loin de
sopposer, la médecine, la psychologie et la religion
font partie dune même histoire sociale et culturelle.
» (présentation de l'éditeur).
|

La mort de l'asile
Histoire de l'antipsychiatrie
Jacques LESAGE DE LA HAYE
Paris, Les éditions Libertaires, 2006; 213 p.
|
«
Jacques Lesage de La Haye, après avoir passé onze
ans et demi en prison, a été psychologue au CHS
de Ville-Evrard et chargé de cours à luniversité
de Paris VIII. Et ici, là et ailleurs, il na cessé
de dénoncer toutes les formes denfermement.
Dans ce livre où se mèlent souvenirs personnels
et analyses théoriques il nous raconte lhistoire
finalement assez peu connue de lanti psychiatrie. De sa
critique psy et de sa critique sociale de lasile. De sa
volonté de promouvoir, via notamment des pratiques autogestionnaires,
la part dhumanité du fou. De sa lutte pour abattre
les murs de lenfermement et réinsérer le fou
dans la vie sociale.
Aujourdhui, tout en continuant à subsister ici ou
là, lasile a été largement remplacé.
Le secteur psychiatrique comprend en effet foyers de jour et de
nuit, appartements associatifs, collectifs et thérapeutiques,
centres daccueil thérapeutique à temps partiel,
hôpitaux de jour, centres médico-psychologiques,
centres de crise et daccueil durgence...
Pour autant, et ce livre en témoigne, la bataille est encore
loin dêtre gagnée. Pire, à lheure
du déferlement dun véritable délire
sécuritaire savamment orchestré par les maîtres
du monde, elle sannonce âpre et si ce livre, qui est
un livre de combat, sort aujourdhui, ce nest nullement
un hasard.
Tout juste une nécessité ! » (présentation
de l'éditeur)
... à l’heure du déferlement d’un véritable délire sécuritaire savamment orchestré par les maîtres du monde... est tout à fait dans le ton de l'ouvrage.
|

Naissance
de la psychiatrie biologique
Jean-Noël MISSA
.
PUF, Collection "Science histoire et société",
2006, 400 pages
|
«
Tout au long du XXème siècle, les psychiatres tentèrent
de mettre au point des traitements efficaces dans le cadre des
thérapies des maladies mentales. Première investigation
historique de grande ampleur sur le sujet en langue française,
cet ouvrage, ponctué de témoignages de praticiens
et d'extraits de dossiers médicaux, aide à comprendre
l'évolution de la médecine psychiatrique. Une histoire
vivante, claire, passionnante, originale et inédite de
la psychiatrie biologique au XXème siècle »
(présentation de l'éditeur).
Jean-Noël Missa est chercheur et professeur à l'Université
libre de Bruxelles, auteur et directeur de plusieurs ouvrages
sur l'histoire et la philosophie des neurosciences.
Table
des matières
Introduction : L'empirisme thérapeutique de la psychiatrie.
I - Calmer. L'ère des traitements par la fièvre :
Naissance d'une discipline empirique au XIXe siècle --
Plasmodium contre tréponème, la malariathérapie
-- Calmer à défaut de guérir, la maîtrise
de l'agitation psychomotrice et l'éclosion de nouveaux
remèdes.
II - Secouer. L'ère des traitements de choc : "De
terribles et merveilleuses thérapies", coma insulinique,
choc au cardiazol, électrochoc -- Les comas insuliniques
-- Le choc au cardiazol de J. L. von Meduna -- L'électrochoc
-- L'efficacité subjective des traitements de choc.
III - Couper. La leucotomie, une parenthèse chirurgicale :
"Devra subir l'opération", la leucotomie ou l'impasse
de la psychiatrie face à l'incurabilité de la schizophrénie
-- D'Egas Moniz à Walter Freeman, premières tentatives
opératoires -- La tentation psychochirurgicale.
IV - Guérir ? L'avènement de la psychopharmacologie :
La découverte de traitements efficaces de l'agitation,
le largactil et l'haldol -- La découverte de la chlorpromazine
-- Premières théories sur le mode d'action de la
chlorpromazine -- Diffusion de la chlorpromazine -- "Une
très simple histoire", la synthèse de l'halopéridol
par Paul Janssen -- Les conséquences de l'introduction
du largactil et de l'haldol dans la pratique psychiatrique --
Guérir ? le neuroleptique, un traitement symptomatique
-- Des traitements de choc aux psychotropes, une longue transition
-- Une époque paternaliste -- Les premiers essais sur les
psychotropes et l'évolution de la méthodologie clinique
-- Mode d'action des traitements et pathophysiologie des maladies
mentales.
Epilogue
Brief
presentation
A
doctor and philosopher, Jean-Noël Missa is Professor of the
History and Philosophy of Biomedical Science at the Free University
in Brussels, and researcher for the Fonds national belge de la
recherche scientifique.
Throughout the 20th century, psychiatrists attempted to perfect
efficient empirical treatments: hypoglycaemic comas, electric
shocks, cardiazol convulsions, the dissection of white matter
fasciculi in the prefrontal cortex
In the second half of
the 20th century, neuroleptics put an end to the excitement
and calmed the madness: lithium would regulate the moods of manic-depressives
and anti-depressors would help melancholics keep up their morale.
Before passing moral judgement on these medical practices, it
is important to analyse in detail the emergence of these therapies
(which played a central role in the birth of biological psychiatry)
by explaining the knowledge of psychiatric science at that time
and the specific contexts that led doctors to place their hopes
in what were sometimes audacious experimental remedies.
This book, the first major historical investigation on the subject,
features practicing psychiatrists testimonies and excerpts
from medical files. It will be of great interest to all those
who are interested in the evolution of medicine.
|

|
L'architecture
asilaire au XIXe siècle, entre utopie et mensonge
Lucile
GRAND
Bibliothèque de l'École des Chartes, 2005, vol. 163, no 1 (264
p.); 165-196
|
Au début du XIXe siècle, la folie est reconnue comme
une affection spécifique que l'on peut et doit traiter.
En l'absence de pharmacopée efficace, c'est le lieu même
où séjournent les aliénés qui doit
agir sur eux comme thérapeutique, venant compléter
le traitement moral défini par Philippe Pinel. Ainsi les
médecins aliénistes, au premier rang desquels figure
Maximilien Parchappe, sont-ils à l'origine d'une architecture
asilaire nouvelle, traduction de leur idéal thérapeutique.
Mais la réalisation matérielle des asiles ainsi
conçus se heurte à de multiples obstacles. La persistance
au sein du corps social d'une volonté d'enfermement systématique
de tous les inadaptés, l'insuffisance des crédits
consacrés à la construction d'asiles nouveaux, le
poids de la centralisation constituent autant de freins à
la mise en oeuvre effective du programme de construction défini
par les médecins aliénistes. Minée par ce
contexte, l'architecture psychiatrique française du XIXe
siècle ne parvient pas dans les faits à atteindre
les objectifs thérapeutiques et humanitaires que les aliénistes
lui avaient fixés. L'utopie a été dévoyée.
Zu Beginn des 19. Jahrhunderts wird das "Verrücktsein"
als spezifische Pathologie erkannt, die behandelt werden kann
und muss. In Ermangelung einer wirksamen medikamentösen Therapie
soll der Ort, an dem die Geisteskranken leben, eine therapeutische
Wirkung entfalten, in Ergänzung der von Philippe Pinel definierten
moralischen Behandlungsrichtlinien. Die Ärzte, allen voran
Maximilien Parchappe, sind somit die Bauherrn einer neuen psychiatrischen
Architektur, die ihr therapeutisches Ideal in Form giessen soll.
Aber die konkrete Verwirklichung der Anstalten stösst sich
an zahlreichen Hindernissen. Der fortlebende Wille, alle gestörten
Personen aus der Gesellschaft auszusperren, die ungenügenden
Finanzmittel für neue Anstaltsbauten und die hemmende Zentralisierung
behindern eine systematische Verwirklichung der geplanten Bauprogramme.
Die französische Anstaltsarchitektur des 19. Jahrhunderts
kann unter diesen Vorgaben die von den Ärzten definierten
therapeutischen und humanitären Ziele nicht verwirklichen.
Die Utopie hat sich erschöpft.
In the early 19th century, madness was specifically acknowledged
as a sickness that could and should be cured. In the absence of
any efficient pharmacopoeia, it was thought that the place where
the insane lived ought to work as a therapy in itself, complementing
the moral treatment outlined by Philippe Pinel. Alienists, first
and foremost Maximilien Parchappe, thus fostered a new school
of asylum architecture, embodying their therapeutic ideals. But
the actual building of such asylums came up against many obstacles.
The persistent will of society to have the mal-adjusted systematically
locked away, the scarcity of asylum building budgets and the unwieldiness
of centralised government all conspired against the effective
implementation of the building programme advocated by alienists.
Crippled by its context, 19th-century French psychiatric architecture
fell short of its therapeutic and humanitarian objectives, another
failed Utopia.
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Le Lion de Florence.
Sur l'imaginaire des fondateurs de la psychiatrie
Pinel (1745-1826) et Itard (1774-1838)
Thierry GINESTE
Albin Michel, 2004; 187 p.
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Un Asile d'Aliénés Saint-Lizier 1811-1969
André ORTET
Impr. Escourbiac, Graulhet, 2004; 198 p., ill.
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« Datant de 1660, l’ancien palais des évêques, devenu l’hôpital psychiatrique de Saint-Lizier, fut l’un de ces lieux d’accueil et d’enfermement des malades atteints de folie, et donc, le témoin et l’acteur de la mutation extraordinaire que vécut la psychiatrie.
C’est l’histoire de cette véritable révolution, et aussi de l’évolution économique et sociale du Couserans, tant malades et soignants en étaient majoritairement originaires, qui nous est contée de la plus captivante façon par André Ortet.
Cadre infirmier spécialisé en psychiatrie, amoureux d’un métier qu’il a principalement exercé à Saint-Lizier, cet ariégeois, passionné de Couserans, a collecté deux siècles de documentation et nous livre bien plus qu’un recueil de documents curieux et enrichissants, de témoignages étonnants et émouvants, nous faisant vivre les péripéties de deux guerres, deux épidémies, et divers évènements de la vie locale.
Cet ouvrage est aussi une déclaration d’amour de l’auteur pour Saint-Lizier. C’est comme un roman d’aventures qui nous conte, avec pertinence, émotion et humour, la vie et le rôle de l’ancien palais des évêques durant les derniers siècles et l’extraordinaire évolution de la psychiatrie dans le même temps. » (présentation de l'ouvrage)
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L'histoire
de la psychiatrie
Jacques HOCHMANN
PUF, « Que sais-je? », 2004; 128 p. |
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Maurice DIDE Paris 1873 - Buchenwald 1944 Un psychiatre et la guerre
Caroline MANGIN-LAZARUS
ERES éd., 1994; 175 p., ill.
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« Le 26 mars 1944, Maurice Dide, ancien directeur-médecin de l'asile de Braqueville à Toulouse, chef de réseau du mouvement Combat, arrêté et déporté au camp de concentration de Buchenwald, meurt à soixante-dix ans, en secourant un codétenu.
Comment expliquer le silence qui entoure cet aliéniste-résistant dont l'oeuvre et l'action s'inscrivent dans l'histoire de France ?
Cinquante ans après sa mort, Caroline Mangin-Lazarus propose la première biographie de Maurice Dide. Elle interroge l'itinéraire scientifique et intellectuel de cet homme d'exception mêlé à tous les débats de l'école française de psychiatrie, qui fut l'auteur notamment d'un traité de référence pour plusieurs générations de médecins.
Quel fut son destin ? Dès son ouvrage Les idéalistes passionnés, en 1913, fresque des tyrans et des tyrannies, il annonça les réactions meurtrières collectives avant même la première guerre mondiale. Comment Maurice Dide devint-il ce psychiatre attentif à son époque et ce combattant des deux guerres mondiales ?
Révéler à la psychiatrie, le résistant, et à la Résistance, le penseur de la psychiatrie française était indispensable. Ce document original est à découvrir à l'heure où les nations européennes ont à nouveau la tentation de la xénophobie et de la purification ethnique. » (présentation de l'ouvrage)
[La dernière phrase était en référence au conflit serbo-bosniaque d'alors]
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Michel Caire, 2006-2022
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